semaine 39

Rechercher

En collaboration avec les Presses Universitaires de Bruxelles

Moi je suis tango tango

À table avec l'Ogre par L'Ogre, le 26 janvier 2018

Mauvais reportage photographique © J. Rebuffat

On n’a pas toujours de la malchance. En débarquant à Buenos Aires, par exemple. Car ne croyez pas que le métier de chroniqueur gastronomique est toujours paradisiaque. Il n’y a pas que des bons restaurants et comme il faut vivre dangereusement, essayer n'est pas toujours adopter. Ici je me suis demandé si je n’allais pas demander l’asile. Explications.

D'abord vous êtes accueillis cordialement. Quoi de plus normal? Certes mais nul sourire commercial, juste la bonne humeur communicative de Bouchra, de Leo et de Carlos. La jolie petite salle ne comprend que quelques tables. Au départ, la Nueva Buenos Aires était conçue comme une sorte d’annexe au service traiteur qui se trouve dans la maison d’à côté et où l’on vendait… des pâtes, ce qui n’est que paradoxal car l’immigration italienne a été importante là-bas. Mais l’Argentine, ce sont des viandes réputées qui vont bientôt nous régaler, un peu de patience, je suis le premier, l’Ogreline avait du boulot, je l’attends en étudiant la carte tout en sifflant un pisco sour (parfait). «Oooh», s'exclame-t-elle sur WhatsApp.

La carte est courte et fait la part belle aux empanadas, ces petits chaussons fourrés à plein de choses

et aux ceviches, où c’est l’acide qui cuit le poisson (du saumon, en l’occurrence), que vous pouvez trouver en tête de l'article, car c'était la moins désastreuse des illustrations (quand on oublie son appareil photo, on n'a plus le choix que d'user des ressources de son téléphone). Que nous partageons, bien entendu, arrosés d’un malbec argentin qui dément la réputation du cépage qui donnait mauvaise haleine aux manants. Belle carte de vins principalement argentins et chiliens («Oui, mais Carlos est chilien»), soit dit en passant. Bon, si toute l’Amérique du sud se ligue pour nous faire plaisir, ne nous plaignons pas et passons aux choses sérieuses, c’est-à-dire à la falaise d’une viande épaisse et saignante, 400 grammes, rien de moins, accompagnée de quelques légumes pour nous rappeler notre condition de mammifères omnivores et d’un chimichurri frôlant la perfection.

Bon, faim, ce n’est pas tant ça, mais l’Ogreline est gourmande et entame l’ascension d’un volcan chocolaté (c’est pourtant aztèque, le chocolat, non?) tandis que je retourne en Italie avec un sabayon au marsala à se damner, ce qui sera sûrement notre lot.

Bref, si tout cela n’est ni cher ni bon marché, c’est bon et sympa. L’endroit d’où l’on sort avec regret et tant pis si l’on a raté le dernier tram. Demain, je me mets au tango, un peu de marche ne nuira pas. Franchement, l’un de mes coups de cœur de ces derniers temps.

La Nueva Buenos Aires, chaussée de Waterloo, 586, à 1050 Ixelles. Ouvert le lundi soir et midi et soir du mardi au samedi. Le traiteur est à côté, au 588, et vous voulez un scoop? Bientôt il s’y ouvrira un bar à empanadas.

 

Ajouter un commentaire

Du même auteur

Ces radis contiennent de l'acide ascorbique et des tanins. Aargh, ce sont des additifs, comment la nature peut-elle nous faire ça, et en prime, inonder la menthe d’à côté de E140 (plus connu sous le nom de chlorophylle)? Photo J. Rebuffat

Tentative de suicide collectif en famille chez l'Ogre. Photo © J. Rebuffat

Puis-je vous inviter à me suivre? Reportage photographique J. Rebuffat

Lequel préférez-vous? Photo © J. Rebuffat

Parfois, une brève accalmie permet de penser qu'en avril à Madrid, il peut faire beau: les terrasses sont aussitôt prises d'assaut. Reportage photographique © J. Rebuffat

Quoi, encore le Vietnam? Mais oui. C'est l'une des meilleures cuisines du monde, non? Reportage photographique © J. Rebuffat

Reportage photographique © J. Rebuffat

entreleslignes.be ®2018 design by TWINN