semaine 15

Une femme au volant

Cinémarmelade par Joker, le 05 mars 2021

Les deux sœurs aînées dans un pays où elles restent tout de même mineures, mais... (Extrait de la bande annonce)

C'est un film saoudien réalisé par une femme. Quoi, un film saoudien, une femme? Eh oui. Laxisme. On les laisse conduire et voilà où ça mène. En plus c'est l'histoire d'une femme qui est médecin – quoi, elles font des études? Ben faut croire. En prime elle est candidate aux élections municipales. Hein? Pardon? Des élections, déjà? Une femme, candidate? Mais où s'arrêtera-t-on, je vous le demande un peu!...

Le film s'appelle The perfect candidate. Cependant, elle n'est candidate que par hasard. Tout démarre dans un hôpital (Dr Maryam, qu'elle s'appelle) où un vieillard pique une crise de nerfs parce qu'il ne veut pas qu'elle le soigne. Allah le miséricordieux s'en chargera, ou alors, des infirmiers incompétents. Maryam en a ras le niqab, en plus cet hôpital n'a pas d'accès routier, il faut un 4x4 pour traverser la boue (au cas où vous ignoreriez tout de l'Arabie saoudite, il arrive qu'il y pleuve, plus souvent même qu'une femme y réalise un film). Elle pense donc à postuler à Riyad et emprunte des sous à sa sœur, laquelle dirige une société d'organisation d'événements (je n'ai pas de nouvelles par rapport au Covid, c'était avant), et part vers Dubai assister à un congrès médical. Avec en main son passeport et l'autorisation de voyager que son papa, un gentil veuf inconsolable au milieu de trois filles modernistes, dont une cadette égocentrique, lui a dûment signée. (Ah, quand même.) Zut, il faut désormais une autorisation électronique, le papier est mort, et papa est parti en tournée avec son orchestre de musiciens traditionnels. Maryam se précipite sur le cousin Rachid, très occupé à valider les candidatures au conseil municipal. Pour le voir, rien d'autre à faire que signer le formulaire de candidature, que le cousin, magnanime, signera, mais pas l'autorisation de quitter le pays (on n'est jamais trop prudent). Maryam se dit qu'après tout, hein, pourquoi pas, peut-être qu'elle l'obtiendra, sa fameuse route qui reliera l'hôpital au boulevard? Elle axe sa campagne sur ce point et comme elle a une sœur dans l'événementiel, ça aide à faire une campagne où évidemment, elle élargit peu à peu son programme et se révèle non plus timide et réservée, mais forte et sûre d'elle, comme elle ne l'est qu'à l'hôpital.

Si c'est un peu trop didactique, c'est tout de même pas mal. Les rapports intrafamiliaux (zut, je me mets à parler comme un psy) sont subtils et intéressants. C'est moins caricatural que cette vie complètement schizophrène (psy, 2) que ces gens, à part ça furieusement normaux, sont forcés de mener.

Maryam finira par faire comme sa sœur aînée (porter le foulard puisqu'il le faut mais le visage découvert) et verra sa route construite en catastrophe pour l'empêcher de profiter de ce scandale. Le malade stupide du début, guéri, votera pour elle et allez voir le film si vous voulez savoir si elle a été élue.

Bref si cela avait duré un peu moins, cela aurait été un bon film, par ailleurs sympathique comme le vieux papa (mais les losers ne sont pas toujours ceux qu'on croit).

The perfect candidate, un film produit, scénarisé et réalisé par Haifaa El Mansour, avec Mila Azahrani, Dae Al Hilali et Khalid Abdulrhim.

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