semaine 27

Et une heure de radio, chaque mois!

ConsoLoisirs par Bernard Hennebert, le 06 décembre 2019

La députée Zoé Genot, l’invitée «fil rouge» de notre première émission de radio, le 18 novembre 2019. C’est Philippe Grombeer, responsable culturel (Halles de Schaerbeek, Théâtre des Doms à Avignon) qui lui succèdera au micro de «Radio Consoloisirs», le 16 décembre 2019 à 21H.
(photo Benoit Goossens)

Réussir de l’interactivité entre l’écrit et le sonore, c’est le nouveau challenge de Consoloisirs.
Faire réagir un(e) expert(e) à ce que nous avons publié ici quinze jours plus tôt, afin d’aller plus loin dans la réflexion.
Ensuite, mise par écrit des moments forts de l’émission. Enfin, vous nous envoyez vos commentaires. 
Tout ceci, nous l’espérons, développera un nouveau dynamisme dans notre entreprise de démocratisation culturelle.

Et si on l’a ratée, cette première émission de radio, on est hors course?
Pas du tout. Lisez le point 1 de la présente lettre: il vous propose par un simple clic de la découvrir, où que vous soyiez sur cette terre, maintenant et pendant toutes les années qui viennent. Et ce sera ainsi, désormais, mois après mois.

Et notre newsletter garde sa spécificité. Nous espérons que la lecture des point 6, 7, 8 et 9 vous en convaincra.
D’accord? Pas d’accord? Voici le nouveau courriel où vous pouvez nous envoyer vos commentaire: consoloisirs@gmail.com

SOMMAIRE

1. (Ré)écoutez la première émission «Radio Consoloisirs» avec Zoé Genot
2. Chaque mois, le test de notre invité «fil rouge»
3. Entre doute et enthousiasme
4. Institutions européennes et usagers culturels
5. Quel cadeau pour ce Nouvel An 2020?
6. Interdire les projections en salle de «J’accuse»?
7. Consoloisirs et PointCulture
8. RTBF: incompréhensible, cinq fois
9. Dix erreurs, quatre propositions

1. (Ré)écoutez la première émission «Radio Consoloisirs» avec Zoé Genot

Notre première émission mensuelle de «Radio Consoloisirs» s’est fort bien déroulée le 18 novembre dernier, sur Radio Air Libre. De façon chaleureuse, instructive, militante. La preuve? Écoutez-la.

Des 61 minutes en direct, il n’en reste plus que 42 après nettoyage de l’enregistrement. Nous avons notamment dû rétrécir une partie de chaque morceau musical diffusé pour des raisons de droits d’auteurs. Mais l’essentiel de notre émission, outre mieux connaître notre invité «fil rouge», consiste à tenter de faire évoluer nos législations pour y développer les droits du public dans les matières du «temps libre».

Découvrez donc ici et maintenant cette émission N°1.

L’invitée, la marraine de l’émission, était Zoé Genot, députée régionale bruxelloise (Ecolo). Dans des tranches d’environ huit minutes, elle a commenté trois dossiers de notre newsletter de novembre 2019: plusieurs thématiques «musées»; la censure en France des grands éditeurs et des médias de masse à l’encontre d’un livre sur le président Macron qui, finalement, sera publié par un éditeur belge («Opération Macron» par les éditions du Cerisier); enfin, le début de la diminution de la présence publicitaire à la RTBF et ce, sans augmentation de la dotation.

D’autres thématiques se sont invitées dans la discussion, comme l’évolution de PointCulture ou le fait que KANAL ne répond pas à certains courriers de ses usagers et qu’il n’a pas, actuellement, l’intention de prévoir une journée de gratuité mensuelle lorsqu’il réouvrira après travaux.

Dans chaque newsletter qui suivra notre émission de radio, nous reprendrons par écrit quelques déclarations de notre invité «fil rouge» choisies parce qu’elles permettent d’avancer dans tel ou tel combat concret.

Ainsi, Zoé Genot, notre invitée, est aussi conseillère communale à St Josse-Ten-Noode, dans l’opposition.
Le Musée Charlier qui est géré par cette commune est l’une des quatre institutions bruxelloises dont les horaires réguliers ne respectent pas la population active (on ne parle pas ici d’activités exceptionnelles comme certaines nocturnes). Il est fermé tous les week-ends ainsi que les jours de congé légaux. Les trois autres musées dans le même cas de figure sont: le Musées Wiertz, le Musée Meunier et le Musée de la Banque.

Qu’en pense Zoé Genot? Comment cette situation pourrait-elle évoluer?

«Le Musée Charlier: un très mignon musée à l’ancienne avec beaucoup d’oeuvres du XIXème, mais avec des horaires un peu comme dans des bureaux...
Même si beaucoup de ses habitants sont pauvres, St Josse est une commune riche grâce aux taxes de ses tours truffées de bureaux. Elle peut donc faire des efforts.
Le personnel communal travaille déjà en week-end six fois par an pour l’organisation de grandes braderies. Et il en est de même pour toute une série d’autres festivités qu’apprécie particulièrement notre bourgmestre.
Au conseil communal, on a déjà demandé à plusieurs reprises, mais en vain, que le musée puisse être ouvert un week-end par mois et qu’on ait droit aussi à une journée gratuite par mois. À St Josse, on peut se le permettre. En effet, il n’y aurait pas de grandes pertes de recettes car, actuellement, la vente des tickets représente une part minime des rentrées qui financent ce Musée Charlier».

Le hasard veut qu’en ce mois de novembre 2019, en France, la ville de Pau décide de rendre l’accès gratuit tous les jours pendant un an pour ses deux grands musées car les rentrées de la billeterie sont si peu importantes qu’il est improductif en terme de démocratisation culturelle de continuer à rendre leur accès payant.

Que les responsables politiques et tous les habitants de St Josse sachent que les colonnes de notre newsletter sont prêtes à relayer à nos lecteurs les suites de ce combat.
Qui nous proposera les chiffres de fréquentation détaillés de cette institution financée essentiellement avec l’argent public (qu’y soient distinctes les visites en groupe, les visites individuelles et les personnes qui viennent au musée pour assister à une activité comme un concert)?
L’idée suggérée de façon implicite par Zoé Genot – lier les thématiques «horaires respectant la population active» et «conquête d’une journée gratuite mensuelle» – nous semble judicieuse.
Rejoindre les 150 musées qui pratiquent la gratuité du premier dimanche du mois répondrait positivement d’une pierre deux coups aux problèmes posés.
Ceci permettrait de plus au Musée Charlier relativement peu connu du grand public hors St Josse d’avoir accès gratuitement à la promo régulière de cette gratuité, ce qui n’est pas négligeable.

Sur le site d’Arts & Publics, voici la liste des 150 musées belges gratuits chaque premier dimanche en Wallonie et à Bruxelles.
Une newsletter mensuelle spécifique vous met au courant des différentes nouveautés de cette gratuité. Inscription: info@artsetpublics.be

2. Chaque mois, le test de notre invité «fil rouge»

Chaque mois, sous forme de «test», les mêmes quatre questions sont posées à l’invité «fil rouge» de notre émission «Radio Consoloisirs». Voici les réponse données le 18 novembre 2019 par Zoé Genot .

A: Dites-nous quelle est la «pratique» que vous aimeriez soutenir dans les activités culturelles «de chez nous»?

Zoé Genot: Il n’y a pas de culture sans artistes. Le statut de ceux-ci a terriblement été attaqué ces dernières années. Un labyrinthe de règles qui changent tout le temps et qui fragilisent. Ils devraient utiliser leur temps pour créer plutôt que pour se défendre. Il faut se battre sur ce thème particulièrement au niveau fédéral.

B: Dites-nous quelle est la «pratique» à laquelle vous vous opposez particulièrement dans les activités culturelles «de chez nous»?

Zoé Genot: Le son trop fort! Dans certaines salles de cinéma. Il est tellement élevé que, non seulement je trouve cela désagréable, mais je suis particulièrement mal à l’aise lorsque je suis accompagnée par une fille de six ans aux tympans plus fragiles que les miens. La partie publicitaire, c’est l’enfer. Mais c’est même le cas pour des films dits «plus classiques»! Lorsque vous parlez de ceci à des personnes du milieu du cinéma, il n’y a plus aucun interlocuteur responsable pour répondre et personne ne peut faire évoluer cette situation. Veulent-ils que l’on reste chez nous, dans nos salons, à regarder la télévision?

C: Dites-nous quelle est la «pratique» que vous aimeriez soutenir dans l’univers des médias «de chez nous»?

Zoé Genot: On ne les classe pas habituellement dans cette rubrique «médias», mais je vais vous parler des bibliothèques. Pour moi, ce sont des outils indispensables. Quand j’étais petite, je voulais devenir bibliothécaire. Je lisais un nombre invraisemblable d’ouvrages. On y accédait gratuitement. C’était le paradis sur terre.
Avoir des bibliothèques dans les quartiers, c’est indispensable pour moi: qualité, accessibilité.

D: Dites-nous quelle est la «pratique» à laquelle vous vous opposez particulièrement dans l’univers des médias «de chez nous»?

Zoé Genot: Quand je regarde un JT en néerlandais, les déclarations des francophones y sont sous-titrées. À l’inverse, dans les JT francophones, on plaque des voix sur les déclarations en néerlandais. Comment exiger des jeunes qu’ils apprennent le néerlandais s’ils ne l’entendent pas plus fréquemment? Il faut la musique des langues dans nos têtes. Il faut donc de plus en plus de médias en langue originale sous-titrée.

Commentaire:
Concernant ce point D, il en était déjà largement question dans cet article que j’ai publié en mars 2009.

Voici une carte blanche collective publiée dans La Libre qui a nourri cette réflexion en février 2009.

En 2019, la RTBF fait des efforts en ce sens dans ses JT mais le texte de son contrat de gestion sur ce thème n’est pas encore assez ferme (sous-titrer est souvent plus cher et moins rapide).
Par contre, une intervention publique à l’égard des JT de RTL TVi est plus aléatoire puisqu’il s’agit d’un diffuseur privé sans dotation et surtout parce que, désormais établies au Grand Duché du Luxembourg, ses chaînes de télévision ne dépendent plus actuellement de notre organe de régulation, le CSA.
Contactée pour l’écriture de cette newsletter, Régine Florent, une indéfectible meneuse de ce combat, nous fait part de ses récentes observations: «Au niveau du (non) respect du contrat de gestion de la RTBF, il y a les nombreux exemples de film "en V.O." le lundi soir qui sont, en fait, des films en français!!! Je demande aussi depuis longtemps que la possibilité de voir le film en V.O. soit annoncée, ce qui n'est jamais fait. Au niveau du JT, il me semble qu'il y a depuis quelque temps plus d'anglais qui est sous-titré... à encourager!».

3. Entre doute et enthousiasme

Puisque nous nous rapprochons des fêtes de fin d’année, nous allons faire une courte trêve des invités «fil rouge» élus politiques et nous accueillerons le lundi 16 décembre 2019 à «Radio Consoloisirs» un grand témoin, Philippe Grombeer, travailleur culturel «à plein temps» (de 1968 à 2011).

À l’ULB, son mémoire de fin de licence en sciences politiques traitait des origines et des causes de l’intervention US au Vietnam (1939-1954).

De 1968 à 1971, il sera l’animateur permanent de la «Maison des Jeunes de Woluwe-Saint-Lambert» qui deviendra un lieu alternatif «expérimental» sous le nom de «La Ferme V».
La salle de spectacle qui ne peut accueillir que quelques centaines de personnes programmera le 7 mai 1971 le premier concert belge de Genesis.

Mais ce fait d’arme exceptionnel ne doit pas occulter l’aspect profondément novateur au quotidien de cette MJC. C’était un lieu et un projet de croisement des émergences artistiques pluridisciplinaires et de services à la jeunesse selon l’esprit anglo-saxon (ce que l’on a appelé, aussi, la «contre-culture»). On y a inventé un travail en équipe (collectif de quatre animateurs), une longue réflexion sur le rôle de pareille structure «jeunesse» dans un environnement urbain, des soirées artistiques hybrides (théâtre, performance, cinéma, littérature, musiques), un service «Help» (aide psy et conseils aux jeunes) quasi intégré aux soirées rock... Sacré cocktail en ces années où l’avortement était encore interdit en Belgique, et l’information balbutiante sur la pilule. Et ne parlons même pas de l’usage du cannabis en public, de l’homosexualité cachée, du service militaire obligatoire, etc.

C’est dans le même esprit et avec la même imagination, la liberté de pensée, et d’action, que Philippe mènera au moins deux autres missions à bon port: la coordination des Halles de Schaerbeek (1974-2002) et la création du Théâtre des Doms à Avignon (2002-2011).
Le «Grombeer» comme il se nomme parfois lui-même avec un large sourire, s’est confié dans un long entretien publié dans un livret d’une cinquantaine de pages au titre pas innocent: «Entre le doute et l’enthousiasme» (collection «Chemin des passions» aux éditions Lansman).
Sa longue carrière s’est déroulée en public, au sein de multiples publics. Mais sans doute qu’on l’a rarement interviewé sur les droits de usagers culturels. Il a été prévenu un mois à l’avance de sa participation à notre émission. Il a le temps de se préparer! Et son regard extérieur nous intéresse.

Le sommaire de l’émission de radio consistera à détailler davantage le contenu de la présente newsletter. N’hésitez pas avant le 13 décembre 2019 à nous interroger à propos de tout ce que vous lisez ici, et si vous avez des questions pour Philippe Grombeer, c’est le moment: écrivez à consoloisirs@gmail.com

Pour notre émission suivante, celle du 13 janvier 2020: retour aux invités «fil rouge» politiques. Et il sera bien rouge puisque nous accueillerons une députée du PTB qui a notamment questionné au Parlement la ministre de la culture sur l’avenir de PointCulture, Madame Amandine Pavet.

4. Institutions européennes et usagers culturels

Rêvons: serait-il possible que les institutions européennes subventionnent la promotion chaque mois de la gratuité muséale du premier dimanche du mois dans les pays ou régions qui l’appliquent?

Cette «pratique culturelle» deviendrait vraiment une belle habitude, entrerait ainsi complètement dans les moeurs. Pourquoi n’est-ce pas déjà le cas? Qui devrait se charger de la mise en place de pareille évolution? Les moyens financiers serait-ils faciles à obtenir? Dans quel laps de temps?

Voilà des questions que j’aimerai poser à Philippe Grombeer. Il connait bien les arcanes européennes de la culture. Il s’est investi dans l’organisation de plusieurs réseaux et forums culturels européens. Plus précisément, il a fondé le réseau européen TransEuropeHalles dont il a assuré la coordination de manière bénévole pendant dix ans (1983-1994).

Pendant quelques mois, il a participé à un groupe de réflexion pour lancer le processus de «Bruxelles, Ville européenne de la Culture en 2000». Y participait aussi Bernard Foccroule qui a été successivement directeur de La Monnaie à Bruxelles, puis du Festival d’art lyrique d’Aix-en-Provence.
Justement, à propos de l’Europe, répondant à une question lors d’un colloque en 2008 au Théâtre des Amandiers à Nanterre organisé par le quotidien Libération, celui-ci déclarait: «(...) Le manque d’associations de consommateurs culturels est un problème très important à travers toute l’Europe. Le monde culturel donne l’impression de se défendre lui-même. On serait plus fort si l’on avait des associations qui nous soutenaient. Cela se ressent surtout pendant les moments de crise. C’est exact que le monde culturel n’a pas su s’organiser sur ce point de vue et c’est un de ses points faibles (...)».

Autre question qui me brûle les lèvres. Autrefois, la location pour un spectacle commençait 3 ou 4 mois à l’avance. Aujourd’hui, on peut friser les 12 ou 15 mois, et, de façon assez contradictoire, surtout pour des spectacles qui demandent très peu de temps pour être sold-out.
Si l’on réussissait à prouver que cette pratique peut s’assimiler à une forme de concurrence déloyale à l’égard des moyens et petits organisateurs qui n’ont pas la force de frappe pour annoncer aussi tôt leur programmation, l’Europe pourrait-elle décider de limiter la prévente, à six mois par exemple, et que celle-ci ne pourrait s’entamer que lorsque l’ensemble du programme aurait été publié, ce qui n’est plus du tout le cas, par exemple, avec les festivals d’été.
Si les usagers revendiquaient pareille évolution, ils deviendraient les alliées des organisateurs de moyenne et petite taille.
Pareil combat ne peut pas se dérouler uniquement au niveau de la Belgique car il entraînerait sans doute pour de nombreuses tournées des délocalisations de notre territoire. Est-il pensable d’imaginer un plan d’attaque à un niveau européen?

5. Quel cadeau pour ce Nouvel An 2020?

Cela devient une tradition dans notre newsletter que, dans sa livraison du mois de décembre, de vous proposer une idée de cadeau originale.

L’année dernière, nous vous proposions un nouveau livre qui démontrait combien le chanteur Claude François était un patron de presse abject tant à l’égard de son personnel mais aussi de son public.
Les notes à l’attention de son personnel du chanteur-rédacteur en chef de «Podium» ont été retrouvées assez récemment dans de vieux cartons. Comme Clo-Clo notait tout et ne se souciait aucunement d’apparaître comme un tyran, un opportuniste, un vilain copieur ou un marchand sans morale, les innombrables fac-similés publiés sur près de 200 pages méritent d’être lus et analysés tout particulièrement par les étudiants et leurs professeurs, soit en économie, soit en journalisme. En sciences humaines ou en pédagogie. Et peut-être en santé mentale («Claude François: ses notes confidentielles», 2018, Éditions Michel Lafon).
Lisez notre critique détaillée.

Et pour ce nouvel an 2020?

Découvrez le livre de 280 pages qui fête les 40 ans du label belge Igloo, «Igloo Records en 40 mouvements».
Ce volume ne raconte pas seulement l’histoire (1978-2018) d’une maison d’édition discographique mais «(...) il nous donne l’occasion de porter le regard sur la vitalité créative, les initiatives et les trajectoires croisées de centaines d’artistes, de compositeurs, d’interprètes, d’ingénieurs du son, de techniciens spécialisés, de graphistes, de producteurs, d’administrateurs publics, etc. (...) Il contribue à l’établissement d’une histoire culturelle de l’institution des pratiques musicales actuelles, au sein de notre communauté francophone de Belgique.
Les 440 disques d’Igloo ont favorisé « (...) les prises de conscience individuelles et collectives, au sein d’une profession qui travaille à la reconnaissance des modes opératoires singuliers de ses arts, de ses nécessités et des réalités sociales et culturelles dont ils sont la «vibration» (...)».

Dans notre émission de radio, Philippe Grombeer nous commentera sans doute ce nouveau livre. Les musiques, c’et l’un de ses dadas professionnels. Il a, par exemple, participé activement (entre 2014 et 2016) à un processus de «transmission» entre les festivals le «Temps des Cerises» (1976-79) et «Esperanzah !» (depuis 2002) se déroulant sur le site du collège-abbaye de Floreffe (Namur).

Ses deux choix musicaux pour «Radio Consoloisirs»: «Paris Mai» de Claude Nougaro (la chanson qui a marqué son enfance ou le début de son âge adulte) et «A Love Supreme» de John Coltrane (le morceau qu’il aimerait que l’on diffuse lors de ses funérailles).

6. Interdire les projections en salle de «J’accuse»?

La contestation par des activistes de la diffusion en salles du film «J’accuse» a plusieurs effets.
Elle favorise une médiatisation accrue de l’opposition aux violences faites aux femmes et à la façon dont la justice et le pouvoir politique ne les prennent pas suffisamment en compte.
Elle permet aussi de développer auprès d’un très vaste public la réflexion sur le fait de séparer ou non la vie privée de l’artiste de son oeuvre.
Ce débat hante toute l’histoire de la culture et il est utile qu’il soit toujours réactualisé.
Une exemple: vient de ressurgir à cette occasion sur les réseaux sociaux ce texte de 2018 qui mérite peut-être votre attention.

Que des activistes expriment sur le trottoir avec cris, slogans et pancartes ce qu’ils pensent à des spectateurs qui ont décidé d’entrer dans une salle pour voir ce film, ce n’est pas critiquable car cela n’atteint pas à la liberté d’expression de tous.

Par contre, revendiquer et tenter de forcer le retrait du film à l’affiche nous semble être un moyen inadéquat pour populariser un combat qui a toute sa légitimité.
Un moyen dangereux et contreproductif car il ouvre un peu plus la voie à d’autres activistes qui prétexteront cette atteinte-ci à la liberté d’expression pour se lancer à leur tour dans d’autres demandes de censure d’oeuvres artistiques, et sans doute pour des motifs bien différents.

Prévention: en tous les cas, n’oublions jamais les nombreux blessés dont certains gravement dans l’incendie criminel du cinéma St Michel à Paris en 1988.

7. Consoloisirs et PointCulture

La nouvelle ministre de la culture Bénédicte Linard (Écolo) a pris plusieurs décisions dans le dossier difficile et urgent concernant PointCulture.

La forte pression pendant plus de huit mois par de très nombreux usagers qui souhaitent la poursuite du prêt, et qu’il continue d’être alimenté par l'acquisition des nouveautés, a porté ses fruits.

Est interrompue, pour le moment, la revente d’une partie du patrimoine sous forme de solderie (CD à 1 euro, DVD à 2 euros et jeux à 3 euros, parfois rares et convoités) alors que celui-ci a été financé par le public (les locations) et par les subsides de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Une revente a déjà eu lieu à Namur. Celle prévue à Bruxelles en janvier 2020 est annulée.
Reportage par L’Avenir sur ce qui s’est passé à Namur.

Par contre, les deux discobus qui sillonnent la Province du Luxembourg vont rapidement cesser leur activité. Selon «Moustique» (21 novembre 2019), dans cette province, «plusieurs communes envisagent de racheter la collection du discobus pour créer une médiathèque en leur sein. Ces initiatives sont encore au stade de la simple idée pour l’instant».
Un échevin de Libramont est interviewé sur cette thématique par La DH.

Sur l’ensemble de ce dossier et de ses enjeux, je vous conseille cet article de Gwenaël Brees (journaliste et militant culturel, il fut un des créateurs et reste une des chevilles ouvrières du cinéma Nova de Bruxelles).

Il reste maintenant la suite de l'aventure à inventer: quelles vont être les priorités à choisir pour consolider l'avenir de cette asbl culturelle dont les subsides sont très importants, et le personnel fort nombreux (plus d’une centaine d’emplois).

Consoloisirs prône depuis le début du conflit, il y a huit mois déjà, qu’une des nouvelles orientations prennent directement en compte les intérêts des usagers culturels: «Puisse PointCulture devenir aussi notre Test Achats (en plus virulent)». Celle-ci était détaillée au point 6 de notre newsletter de mai 2019.

Bien entendu, une orientation aussi inédite par rapport à d’autres propositions plus conventionnelles demande beaucoup d’efforts pour tenter d’être prise en compte. La route est longue et sinueuse, mais nous avançons, et plutôt rapidement.
Lorsque ce projet a été présenté au cours de la soirée revendicative au cinéma Nova, il a été fortement applaudi.
Un délégué du personnel de PointCulture a été approché longuement.
Deux déjeuners de travail avec deux membres de la direction se sont déroulés avant et après les grandes vacances.
Maïté Bodart, Cheffe de la cellule culture au cabinet de la ministre Bénédicte Linard, a accueilli «avec intérêt» notre proposition et nous a demandé de rencontrer Thomas Prédour, l’expert mandaté pour proposer «des pistes d’avenir» pour le moyen et le long terme de PointCulture.
Au moment où nous vous envoyons cette newsletter, nous attendons qu’il nous fixe ce rendez-vous.

Enfin, Consoloisirs achève actuellement l’écriture d’un dossier détaillé sur sa proposition. Il sera introduit par cette citation. En 2004, Henry Ingberg, administrateur général de la culture, déclarait: «(...) Le rapport à l’usager est un véritable enjeu. Jusqu’à présent, l’autorité publique n’a pas pris en compte cette problématique de manière systématique et organisée. Il y a là distorsion par rapport à une amplification des pratiques de loisirs par la collectivité».

8. RTBF: incompréhensible, cinq fois

Incompréhensible: la RTBF annonce la fin de son émission emblématique «Questions à la Une». Et elle ne nous explique pas par quel type de programme précis elle va la remplacer.
Si le service public ne sait pas encore de quoi l’avenir sera fait, vu le temps qu’il faut pour préparer, produire, réaliser et promouvoir un nouveau programme, c’est une faute professionnelle.
Et si elle le sait, c’est détestable de ne pas en informer ses usagers. N’ont-ils plus droit qu’à de la com? Ou alors, comme souvent, elle va prétexter qu’il faut du temps au temps, et elle va nous priver d’un magazine d’investigation pendant quelques mois, ce qui permet de faire des économies (faut bien financer The Voice pour les petits enfants).

Incompréhensible: les membres du conseil d’administration finissant de la RTBF ont choisi en dernière minute les noms des experts qui doivent analyser le travail abattu ces dernières années par Jean-Paul Philippot afin de déterminer s’il serait souhaitable qu’il entame dans quelques mois un quatrième mandat de six ans d’administrateur général.
Comme le conseil d’administration vient d’être quasi entièrement renouvelé, il aurait été plus logique que ce soit cette nouvelle cuvée qui choisisse ces experts. Mais non, quand certains détiennent un pouvoir, ils veulent l’utiliser jusqu’à la dernière goutte.
Les noms des experts ont fuité. Le service public existe pour ses usagers. On ne le dirait pas, vu les personnalités sélectionnées. Aucun de ces experts ne représente les intérêts du public.

Incompréhensible: On apprend que cela se bagarre ferme pour choisir la tendance politique du futur président du conseil d’administration de la RTBF. On comprendrait qu’il faille un panachage marchandage entre ces forces politiques à l’intérieur même du conseil d’administration, avec quand même un petit regard sur les qualités du futur sélectionné, et surtout en tenant compte de qui la RTBF aurait besoin à son gouvernail pour s’épanouir durant les prochaines années. Mais non. C’est un panachage-marchandage à partir de plusieurs organismes d’intérêt public: ONE, WBE, RTBF. Alors, vogelpic?

Incompréhensible: D’une récente rencontre avec quelques journalistes dont un collaborateur de L’Avenir (28/11/2019) et la directrice du Pôle Culture et Musique Hakima Darhmouch (ex RTL TVi), il ressort que La Une ne porte toujours aucun projet culturel.
Bien sûr, ceux-ci trouvent refuge surtout sur La Trois où il a bien souvent 10 à 20 fois moins de public potentiel, et donc le très vaste public doit plutôt se contenter du divertissement omniprésent qui a squatté sur la chaîne amirale de nombreux espaces en prime time naguère consacrés à la culture et également au social au sens large.
Pour rappel, il y a juste cinq ans, Le Soir (26/11/2014) titrait sur cinq colonnes: Philippot: «La culture n’est pas faite pour le prime time».
L’administrateur général tient donc toujours parole et il n’y a plus de première sensibilisation à la culture pour le plus vaste public des télévisions de la RTBF, celui du prime time de La Une.

Incompréhensible: La direction de la RTBF semble incapable de reconnaître ses torts. Si elle les reconnaissait plus rapidement, quelles économies financières et d’énergie demandé à son personnel ne ferait-elle pas!
Le Conseil supérieur de l’audiovisuel l’a condamnée pour des propos tenus à l’antenne par son animateur Alain Simons (ex Bel RTL) incitant à la discrimination pour des raisons d’ethnie («Attention! Je vous signale quand même la présence de gitans dans la région (...) Si vous avez des trucs volables chez vous, faites attention!»).
Considérant que son animateur n’avait pas eu «l’intention» de discriminer par ces propos, la RTBF a alors introduit une requête en annulation auprès du Conseil d’état. La RTBF semble donc protéger davantage son personnel que les auditeurs, et cela coûte.
La RTBF vient d’être déboutée. Le Conseil d’état explique qu’il n’est pas nécessaire de prouver qu’Alain Simons avait «l’intention» de discriminer pour impliquer la responsabilité de la RTBF.
L’attitude du service public est d’autant plus irresponsable que l’explication du Conseil d’état était prévisible, nous semble-t-il, et que sa requête en annulation a eu pour conséquence le fait que la presse est revenue une nouvelle fois sur l’affaire, ce qui amplifie probablement sa mauvaise réputation auprès du public.

9. Dix erreurs, quatre propositions

Vous souvenez-vous que Paul Magnette, l’actuel informateur nommé et reconduit dans sa fonction par le roi, organisa en 2012 une consultation publique concernant un nouveau Musée d’Art Moderne pour Bruxelles?
Je lui avais à l’époque envoyé la contribution suivante.

Quand viendra le temps de la construction d’un programme pour le futur gouvernement fédéral, il sera probablement question du refinancer nos institutions scientifiques et culturelles nationales (des ministères différents administrant les musées du Cinquantenaire, le musée de l’Armée, BOZAR, etc.).
Bien entendu, nous soutenons à fond ce refinancement et, ce qui est sans doute plus inédit, nous pensons que c’est le moment idéal pour exiger qu’en même temps des mesures concrètes (le plus souvent très peu coûteuses) soient décidées afin que ces institutions respectent mieux leurs visiteurs.
En effet, durant la dernière législature, il nous apparait qu’il y a eu une cavalcades d’attitudes ou de mesures incorrectes prises aux dépens du public. Nous en avons sélectionné dix plus ou moins récentes que nous vous détaillons en deuxième partie du présent texte.

Puisque les problèmes sont évidents, commençons par énumérer quatre propositions de solution concrètes à mettre en place rapidement afin qu’un respect plus grand des usagers s’installe au sein de ces différentes institutions fédérales.

1: L’adaptation au fédéral du Code de Bonne Conduite en faveur des usagers culturels initié en Fédération Wallonie-Bruxelles.
Qu’il existe enfin des règles communes (chaque musée ayant pour le moment son propre règlement) pour que les institutions fédérales respectent mieux les droits de leurs visiteurs.
Il est intéressant de rappeler que Michel Draguet, le patron des Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique (MRBAB), entité regroupant les Musées d’Art Ancien, Magritte, Fin de Siècle, Meunier et Wiertz, avait fait part, après analyse par ses services, de son intérêt écrit pour adapter les points 1 à 15 de ce Code à un niveau fédéral.

2: La création d’un site internet spécifique où se retrouveraient les «livres d’or» de tous les musées fédéraux (et autres institutions scientifiques) qui serait fortement promu auprès du public dans la durée par chacune des institutions concernées.

3: L’organisation dans chaque institution d’une rencontre, une fois par an, selon un horaire favorable à la disponibilité de la majorité des usagers, gratuite et fortement médiatisée (tant son annonce que son compte-rendu ainsi que la présentation des résultats) destinée à tout le public, sur les droits de ses usagers (il ne s’agit donc pas d’une séance consacrée à la promotion des activités de l’institution).
Tous les membres de la direction et autres personnes à responsabilité doivent assister et participer à l’intégralité de ce rendez-vous qui doit être enregistré, puis rendu public sur le long terme.

4: Si l’intérêt pour le public est évidemment dans toutes les pensées des membres du personnel de ces institutions, la surcharge du travail, la priorité prise désormais presque partout par le besoin de faire de la com ainsi que la recherche effrénée bien souvent d’une rentabilité immédiate ne permettent plus vraiment de concrétiser jour après jour cet intérêt.
Il convient donc de retrouver au sein des diverses institutions le moyen de rendre incontournable cette préoccupation des droits et du respect du visiteur. Par exemple, qu’une personne soit attentive au fait que la sculpture qui servira d’emblème pour telle exposition ne soit pas rapatriée avant la fin de la manifestation à son propriétaire! Quelles langues à utiliser sur l’affiche pour qu’elle reste compréhensible pour les populations auxquelles elle est destinée? Etc.
Il convient donc qu’au sein de chaque institution, le travail d’une personne ressource consiste à défendre en interne, de façon transversale, dans tous les départements, et y compris celui de la direction, les intérêts des usagers.

Tous ces garde-fous permettraient d’éviter bien des erreurs qui ternissent la réputation de nos institutions culturelles et scientifiques fédérales, tant auprès de nos concitoyens que des touristes (le Musée Magritte Museum affirme que plus de 67% de son public est composé de visiteurs étrangers).

Il y a bien entendu aussi des avancées positives en faveur des usagers dans la gestion de nos musées fédéraux. Il faut bien sûr le souligner ici mais nous voulons dans le présent texte surtout alerter sur l’utilité de créer notamment un Code de bonne conduite en faveur des usagers.
Ainsi, notons, par exemple, cette formidable avancée en terme de démocratisation culturelle: la gratuité, tant pour les fonds permanents que pour les expositions temporaires, s’est fortement élargie pour les jeunes, hors cadre scolaire: de 6 à 18 ans.

Des erreurs? Tous azimuts... En voici dix sélectionnées pour leur diversité.

1: Les Musées Royaux des Beaux-Art de Belgique (MRBAB) proposent l’exposition Chagall du 28/02 au 28/06/2015 dont la tarification discrimine la population active (travailleurs et étudiants): 14,50 euros en semaine et 17,50 euros pendant les week-ends.

2: C’est le 3 septembre 1997 que dans les musées fédéraux fut instaurée la gratuité «pour tous» du premier mercredi du mois pour les collections (il s’agit seulement d’une demi-journée de 13H à 17H, afin de garder sans doute l’accès payant le matin principalement pour les groupes scolaires). C’est en fait une bien maigre consolation par rapport à l’arrêt de la gratuité tous les jours qui a pris court le 28 janvier 1997.

Sous l’actuelle législature, le courant qui tend à annihiler la gratuité mensuelle prend de l’ampleur dans un silence médiatique troublant.

Le 8 décembre 2018, à Tervueren réouvre l’Africa Museum qui met fin à sa demi-journée de gratuité mensuelle pour tous sans aucune explication. Pire, comme le musée n’indique pas sur son site internet et dans ses dépliants qu’il a décidé d’arrêter son avantage, il reçoit des plaintes de visiteurs venus de bonne foi spécialement ce jour-là et se sont sentis piégés pour payer l’entrée alors qu’ils n’en avaient pas l’intention, d’autant plus que cette institution est située loin du centre de Bruxelles.

Il existe une autre astuce déjà développée en France depuis des années (notamment par le Musée Zadkine): supprimer temporairement une gratuité des collections à cause de la présence d’une exposition temporaire qui envahit trop les locaux du musée.
Cette stratégie est utilisée actuellement par le Musée de la Porte de Hal durant son exposition «Back to Bruegel». Du 18 octobre 2019 au 18 octobre 2020, douze gratuités mensuelles sont ainsi confisquées au public.

Un avis sec placardé sur la porte d’entrée ne donne aucune explication du pourquoi de cette mesure. Pendant cette exposition, le fonds permanent à découvrir n’est pas rangé à la cave et est bien visitable puisque le dépliant de «Back to Bruegel» indique dans sa rubrique «Infos pratiques»: «Les tickets donnent également accès aux collections permanentes».

Dans ce dépliant, c’est le silence sur la gratuité mensuelle. Pour éviter toute confusion, il aurait dû être mentionné clairement que l’habituelle gratuité mensuelle n’a pas cours pendant une année. Et comme les visiteurs sont des êtres humains, un petit mot d’excuse aurait été apprécié puisqu’on leur gèle de façon unilatérale ce qu’on peut considérer comme un de leurs droits.

3: Interdiction pendant plusieurs années pour les «simples» visiteurs de pouvoir dessiner ou prendre des notes au Musée Magritte Museum et dans les grandes expositions temporaires des MRBAB. Un article paru en France dans Télérama sera suivi dès le lendemain par une campagne des médias belges et cette funeste initiative confisquant toute créativité aux visiteurs sera mise en sourdine.
Pourquoi donc ces interdictions? Elles pouvaient permettre d’accélérer le flux des visiteurs, ce qui peut favoriser le développement de la vente de tickets pour des activités fort prisées par le public (constatez que la mesure ne touche ni le musée d’Art Ancien, ni le musée Fin de Siècle).

4: Le dernier musée fédéral gratuit tous les jours, le Musée de l’Armée, est devenu payant en janvier 2016. Depuis cette date-là, il interdit aux visiteurs le paiement de l’entrée en liquide. Il faut nécessairement utiliser une carte bancaire. Cette pratique est exceptionnelle dans le milieu muséal, voire illégale. Les plaintes n’ont pas manqué d’arriver et, à chaque fois, il est répondu qu’une solution sera bientôt trouvée. Presque quatre ans plus tard, rien n’a évolué. D’autre part, le dépliant de présentation diffusé pendant plus de trois années avec la nouvelle tarification omettait de signaler qu’il faut emporter avec soi sa carte bancaire si on veut entrer au musée.

5: Le 1er janvier 2018, deux ans après la fin de sa gratuité quotidienne, le Musée de l’Armée n’augmente pas le prix de son ticket en fonction de l’évolution du coût de la vie mais le double.

6: Malgré une pétition de plus de 3.000 signatures, les MRBAB ne proposent aucune solution au fait qu’il est impossible à la population active si elle se fie aux horaires réguliers (on ne parle donc pas ici des nocturnes exceptionnelles) de visiter sans prendre un jour de congé les musées Meunier et Wiertz puisqu’ils sont fermés tous les week-ends, les jours de congés légaux, et lors de leurs ouvertures du mardi au vendredi, ils sont également clos pendant le temps de midi.

La proposition des pétitionnaires est indolore financièrement, notamment en frais de gardiennage: ils demandent de n’ouvrir au public les deux musées que pendant les week-ends et que, du mardi au vendredi, ces deux institutions ne soient plus accessibles que sur réservation pour des groupes, avec visite guidée payante. Avec cette proposition, il y aurait même, en plus, des économies d’électricité!
Actuellement, la fréquentation désastreuse de ces deux musées quasi inaccessibles à la majorité des citoyens est acceptée comme une fatalité.

7: En 2018, le Musée des Instruments de Musique a utilisé un moyen inédit pour augmenter les frais du public.
Son audio guide a toujours été indispensable à la visite, c’est pourquoi il était compris dans le prix de l’entrée. Juste après avoir augmenté le ticket (incluant l’audio guide) de 8 à 10 euros, le musée a séparé la location de cet audio guide du prix de l’entrée, rendant son utilisation facultative et fixant l’usage de ce service à 2 euros supplémentaires.
Comme de très nombreux touristes étrangers visitent ce musée et ignorent que l’apport de l’audio guide est indispensable pour entendre bien les sons des centaines d’instruments présentés dans les vitrines, ils se passent d’audio guide et endurent une visite plus que morose. Il convient donc de réintroduire l’usage de l’audio guide dans le prix du ticket (comme cela se pratique dans d’autres musées fédéraux comme le musée de la Porte de Hal).

8: Encore trop de musées décident selon leur bon vouloir, et parfois même avec des justifications mensongères, s’ils refusent au public son droit de photographier, même sans flash, même en respectant les gardiens et les autres visiteurs.
Depuis 2014, existe en France sur cette thématique une charte synthétique des bonnes pratiques «Tous photographes!». Elle pourrait inspirer nos institutions fédérales:.

9: À trois reprise en moins de deux ans, le Musée Magritte Museum prive son public de nombreuses oeuvres parmi les plus connues qu’il a l’habitude d’exposer.
Cette pratique n’est pas critiquable (il faut prêter des toiles à d’autres musées, les restaurer, etc.) sauf si le musée se refuse à indiquer aux futurs visiteurs avant qu’ils ne payent leurs tickets les titres des oeuvres ainsi «manquantes».
Alors que «L’Empire des Lumières», la toile la plus célèbre du musée, était exposée à San Francisco durant plusieurs mois, aucun avis ne mentionnait ce fait au comptoir du musée alors qu’à la même époque, les stations du métro bruxellois proposaient une campagne de grande affiches avec une reproduction justement de cette toile «L’Empire des Lumières» pour faire la promotion du musée.

10: (suite du point 9) Concernant cette thématique, comme le musée a refusé le remboursement de son ticket à 10 euros, un visiteur a alerté le Médiateur Fédéral afin qu’il fasse le travail qui lui est dévolu. Une année s’est passée avec de nombreux échanges de courriels mais le plaignant n’a toujours pas connaissance à l’heure actuelle (29/11/2019) d’un aboutissement de cette médiation.
Voici le texte de sa plainte déposée le 5 novembre 2018 au Service du Médiateur Fédéral.

 

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