semaine 29

Photographier (ou pas) dans les musées?

ConsoLoisirs par Bernard Hennebert, le 05 juillet 2019

Archive sinistre: la porte d’entrée du seul musée conçu par Victor Horta accueille les visiteurs avec une interdiction de photographier en deux exemplaires (photo prise par Bernard Hennebert à Tournai au Musée des Beaux-Arts, le 05/08/2012).

Voici notre newsletter d’été, avec plusieurs envies de voyager.
Quand on racontera ses souvenirs, on devra peut-être dire: dans ce musée-là, je n’ai pas pu prendre de photos. 

En France, une longue réflexion du monde muséal a abouti à une Charte nuancée qui prône, pour les fonds permanents, que l’autorisation de photographier soit la norme, à condition notamment de respecter les autres visiteurs et les gardiens. 

Par contre, pour deux expositions temporaires du Louvre, une récente décision de justice suite à un plainte lancée par une journaliste du quotidien Libération indique l’inverse.

Et en Belgique? Si on adaptait dans nos régions et au niveau fédéral la charte française?
Une idée utile pour les programmes de nos prochains gouvernements régionaux et fédéral?

Plus de détails: voir le point 3.

Sommaire

1. RTBF radios: pourquoi supprimer d’abord la pub dans les tranches matinales?
2. Gratuité muséale et covoiturage
3. Ce qu’on ne peut pas photographier
4. Plus de bulletin d’info la nuit
5. Voyages, voyages…
6. Je prépare une expo. Avec vous?
7. Fortes ventes estivales pour le nouveau «Sarkozy»?

1. RTBF radios: pourquoi supprimer d’abord la pub dans les tranches matinales?

Pour élaborer le programme du prochain gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, les négociateurs PS et Écolo ont fait appel aux réflexions de la société civile.

Fin juin 2019, je me suis donc permis d’adresser une note aux deux partis.

Je l’ai rédigée en tant qu’expert (coordinateur du site Consoloisirs; auteur de quatre livres qui traitent de la RTBF; ancien coordinateur de l’Association des Téléspectateurs Actifs; membre du collectif «La RTBF nous appartient» qui a été auditionné au Parlement lors de la préparation du contrat de gestion 2019 de la RTBF).

J’ai reçu un accusé de réception (du PS): «Votre message nous est bien parvenu et il sera examiné avec la meilleure attention».

Intitulée «Stop ou encore à la pub RTBF!», la voici dans son intégralité.

«Renforcer les mesures de limitation de la publicité à la RTBF: en radio, en commençant par la tranche matinale; en télévision en préservant l’intégrité des œuvres»: telles sont les propositions du PS et d’Écolo détaillées dans leurs lignes directrices en vue de futures déclarations gouvernementales.

Je viens de les tester sur facebook, par des messages demandant au public d’y réagir, sur mon propre profil (4.960 amis) et sur les pages «RTBF: non à la pub» et «La RTBF nous appartient». L’avis est unanime: c’est un bon début mais l’avancée concrète énoncée est bien trop timide.

A: Que penser de vos propositions?

Personnellement, je m’interroge sur le choix de ces avancées.
Pourquoi celles-là en priorité? La publicité influencerait-elle moins le public dans des tranches radio non axées sur l’information? Ou s’agit-il de faire plaisir au public qui s’intéresse davantage à la politique? Il est vrai qu’un public très nombreux suit ces émissions. Ou (humour) est-ce parce que le personnel politique écoute davantage, faute de temps disponible, ces programmes-là et n’aime pas les voir coupés par des tunnels publicitaires souvent interminables?

En télévision, qu’est-ce que signifie «préserver l’intégrité des œuvres»?
Je suppose qu’il s’agit d’à nouveau renoncer au placement de produits (celui-ci a déjà été interdit à la RTBF, puis réintroduit) qui permet la pollution des images mêmes des programmes (les œuvres: films, documentaires, magazines, etc., sauf les programmes pour enfants et les JT dont ils sont exclus) par des marques publicitaires en échange d’argent ou de services? C’est une très bonne idée puisqu’elle permet aux réalisateurs de ne plus travailler comme des marchands de tapis qui s’invitent, un pied dans la porte, chez les téléspectateurs et, ainsi, de reconsacrer toute leur énergie à leur œuvre. Supprimer le placement de produits, c’est rétablir le droit du public de pouvoir zapper (car, quand la marque publicitaire s’insinue dans le programme lui-même, il devient quasi impossible pour tout usager d’user de ce droit).

Le «en commençant» de votre déclaration me pousse à vous demander si vous avez l’intention d’aller plus loin durant cette législature.
Si on commence… c’est parce qu’on compte poursuivre.
Écolo a-t-il totalement abandonné dans les négociations le texte novateur de son programme: supprimer en 10 ans la publicité à la RTBF et le faire progressivement, à savoir 10% par an, année après année? Pouvez-vous clarifier un éventuel non-dit à ce sujet?

J’aimerais émettre une réflexion à vos attentions.
Vos choix de priorité correspondent, me semble-t-il, à un des trois aspects négatifs de la publicité, et ne prend pas en compte les deux autres. Or, l’aspect choisi ne me semble pas du tout prioritaire.

Quelles sont les trois raisons principales pour lesquelles il faut s’orienter le plus rapidement possible vers la suppression de la publicité (et du sponsoring? Évitons la faute commise par Nicolas Sarkozy à propos de France Télévisions où, après 20H, le sponsoring a pris la place de la publicité):

1: Supprimer la publicité parce qu’elle gêne l’écoute ou la vision d’une chaîne. J’appellerai ceci la «suppression populaire».

2: Supprimer la publicité parce que les directions des chaînes sont influencées dans leur travail de programmation par les annonceurs.

Ceux-ci aiment davantage certains types de programmes (notamment le divertissement au sens le plus large), pour certains publics (par exemple, les jeunes car ils changent plus rapidement que les plus âgés leur comportement de consommateurs de produits ou de services vantés par les publicités) et selon certains horaires (lorsque Jean-Paul Philippot est entré en fonction, une semaine de prime sur La Une était composée de 5 soirées d’information et de social (au sens très large) et de 2 soirées de divertissement; aujourd’hui, on a inversé les proportions, avec 5 soirées de divertissement et 2 soirées d’info-social).
C’est ce que ressent fortement le public et nombre d’experts qui dénoncent une «RTLisation» de notre service public.
J’appellerai ceci la «suppression influence programmes».

3: Supprimer la publicité car nombre de ses spots seront rapidement à proscrire si on veut lutter sérieusement contre le réchauffement climatique.
La publicité contribue à créer beaucoup de faux besoins énergivores.
D’autre part, le public (les parents, par exemple, par rapport à l’éducation de leurs enfants) qui veut s’impliquer dans ce combat vital a besoin, dans son paysage audiovisuel, d’au moins une chaîne généraliste radio et TV (La Trois n’est pas une chaîne généraliste) sans tentations publicitaires.
On revendique le pluralisme et la diversité dans les matières culturelles. C’est de cela qu’il s’agit ici aussi. Que ceux qui ne veulent pas de publicité ne soient pas obligés de ranger à la cave leur poste. Eux aussi, paient des impôts et ont droits à suivre des programmes régulièrement.
J’appellerai ceci la «suppression empêcher la prolifération de faux besoins».

Je pense que vos propositions de ligne directrice s’apparentent essentiellement à ce que j’appelle la «suppression populaire». C’est sans doute pour cela quelle apparaissent aussi timides à nombre e citoyens.
N’est pas en contradiction avec la plupart de vos autres grandes options de gouvernance?

Débarrassée de la publicité et du sponsoring, ce qui mènera bien entendu à un évolution importante de son contenu, la RTBF devrait pourtant constituer l’un des outils majeurs favorisant une évolution des mentalités et des façons de vivre, indispensables pour contrer les menaces climatiques qui se rapprochent.
Oseriez-vous vous passer de cet outil?

B: Internet, si important… et oublié?

Dans vos propositions, vous ne parlez que des radios et de la télévision.
Tout d’un coup, la star de toutes vos réflexions d’avenir de l’audiovisuel… est oubliée. Est-ce parce que c’est surtout là que la publicité va à l’avenir le plus se repositionner à la RTBF?

Or, la situation actuelle est pour le moins problématique.
Je vous propose un témoignage public (puisque publié sur facebook le 28 juin 2019) d’une personnalité reconnue pour ses livres et son travail au quotidien Le Soir, Marc Metdepenningen: «La RTBF abuse de la pub! En se branchant sur La Première par internet à 10h59.59, t'as droit à une pub (qui ne passe pas sur le réseau hertzien) qui fait rater le début du JP. Puis, si t'es Bruxellois et que tu veux entendre "Débats Première Bruxelles" (le vendredi, c'est régionalement séparé), t'es obligé de passer à l'onglet "Bruxelles" (Wallonie est le réglage par défaut) et absorber une nouvelle pub. Et cinq minutes après, pour suivre le débat "Wallonie", zou, nouvelle pub… Trop gourmande la RTBF! (…)».

S’ensuit, sur son facebook, une dizaine témoignages d’autres usagers de la RTBF tout aussi alarmants.

C: Enfin, arrêter de confisquer le débat public

Jamais, lors des deux dernières législatures, le public n’a eu droit à un débat contradictoire détaillé sur la suppression ou le maintien de la publicité et du sponsoring à la RTBF.

Tout aussi grave je pense, le fait que plusieurs partis politiques n’ont jamais programmé ce type de démarche pour leurs militants. J’aborde ce sujet dans ma lettre. Voir le milieu du point 1.

Il est donc primordial que le prochain gouvernement organise ce débat public en début de législature.

Pour rappel, lorsque Christian Druitte était administrateur général, une soirée complète en vrai direct présentée par Jean-Jacques Jespers avait été organisée lors de la préparation du prochain contrat de gestion RTBF avec une quinzaine d’interlocuteurs. Un quotidien (La Libre) avait préparé le déroulement de cet événement grâce à la publication pendant une semaine d’un rédactionnel approprié.

Bien entendu, il ne faut pas se focaliser uniquement sur cette thématique publicitaire lorsqu’on veut envisager l’avenir du service public.

Mon texte voulant être limité en nombre de signes, j’ai choisi pourtant de n’aborder que cette thématique, tout simplement parce qu’elle constitue une priorité absolue dont découlera plein d’autres sujets à traiter concernant la RTBF.

Ressemblant de plus en plus au privé et chassant sur ses terres alors que la dotation couvre prés des 3/4 de son budget, la RTBF risque de disparaître, l’Europe considérant qu’il s’agirait-là d’un cas concret de concurrence déloyale.
D’autre part, la RTBF devenant de moins en moins un vrai service public, certains voudront un jour rapatrier sa dotation pour mieux nourrir les budgets culturels de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

2. Gratuité muséale et covoiturage

Faisons tous la promo de la «gratuité du premier dimanche du mois» dans plus de 150 musées!

La prochaine fête du premier dimanche, le 7 juillet 2019, se déroulera à Bastogne.
Nouveauté: le Musée en Piconrue vous propose une coordination pour du covoiturage.

Parmi les 150 musées gratuits ce jour-là, certains vous gâtent en vous accueillant particulièrement bien. Voici ce qu’ils vous proposent pour ce 7 juillet en Wallonie et à Bruxelles.

Le 4 août 2019, la fête du «premier dimanche» se déroulera à Mons où les onze musées et sites de la ville appliquent cette gratuité.

Pour les mois de juillet et août, si vous êtes en vacances, n’oubliez pas que les musées fédéraux à Bruxelles proposent une demi journée de gratuité mensuelle: le premier mercredi du mois, uniquement de 13H à 17H. Quels musées?

La plupart des musées de la ville d’Anvers sont gratuits chaque dernier mercredi du mois, durant toute la journée.

Enfin, toujours sur le site d’Arts & Publics, voici la liste des 150 musées belges gratuits chaque premier dimanche en Wallonie et à Bruxelles.

Une newsletter mensuelle spécifique vous met au courant des différentes nouveautés de cette gratuité du premier dimanche. Inscription: info@artsetpublics.be

3. Ce qu’on ne peut pas photographier

Depuis de nombreuses années, et ce n’est pas fini, photographier dans un musée (sans flash bien sûr) constitue un sujet de débat bien tranché entre les «pour» et les «contre».

Nouvelle pièce à joindre au dossier: une journaliste spécialisée dans les nouvelles technologies du quotidien «Libération» a attaqué le Musée du Louvre faute d’avoir pu photographier les œuvres exposées lors des expositions temporaires Vermeer et le Valentin en avril 2017.
À ce propos une décision de justice intéressante vient de tomber.

En France, si la situation est complexe pour les expositions temporaires, constatons que la norme, pour les fonds permanents, est l’autorisation de photographier.

En Belgique par contre, on navigue à vue! Je me souviens, par exemple, sur la porte d’entrée en bois du bâtiment conçu par l’architecte Victor Horta pour le musée des Beaux-Arts de Tournai, d’avoir vu affichés deux autocollants «interdit de photographier». Quel accueil navrant des visiteurs de la part d’une institution culturelle subsidiée, et sans aucune explication concrète pour justifier cette suppression unilatérale autoritaire de leurs droits.

Depuis cinq ans déjà, le Ministère français de la Culture a publié et veille à l’application d’une Charte «Tous photographes» qui détaille, sur cette thématique, les «bonnes pratiques» à respecter dans les établissements patrimoniaux.

Il conviendrait que nos futurs gouvernements fédéraux et régionaux la transposent chez nous.

En plus:
Autre information récente particulièrement intéressante à propos du Louvre: une photographe a organisé une action dans la cour du musée, appelant sa direction à débaptiser une aile nommée en l'honneur d'une famille de mécènes détenant le laboratoire produisant l'Oxycontin, un puissant analgésique.

4. Plus de bulletin d’info la nuit

Depuis le 1er juillet 2019, il n’y a plus de flashs infos en direct à la RTBF radio durant la nuit, c’est-à-dire de minuit jusqu’à 5 heures. Ils sont remplacés par une synthèse préenregistrée de l’actualité, avec la possibilité d’intervenir en cas d’événement majeur via l’agence Belga ou des journalistes maison.

Ne pas proposer des informations 24h/24 pour un service public a fait l’objet de polémiques à plusieurs reprises.

En fait, ces flashs ne figurent pas dans les obligations du contrat de gestion. Ils ont été instaurés à l’époque de la première guerre du Golfe par une décision du conseil d’administration.

Sudpresse a publié un article sur ce sujet dans ses éditions du 25 juin 2019. Avec une question malicieuse à un membre du personnel qui a requis l’anonymat: le site internet de la RTBF prendra-t-il le relais? «Non, il n’y a pas de garde de nuit pour l’information en ligne».

Réduction de la voilure donc lorsqu’il s’agit d’informer le public. Désintérêt pour les auditeurs de la nuit qui pourtant participent comme ceux du jour au financement de la dotation qui couvre près de 80% du budget ertébéen.

On supprime ainsi, si possible discrètement, ici et là, des services utiles aux usagers mais, par contre, il y a toujours d’amples moyens pour le divertissement style RTL-TF1.
En effet, la RTBF a toujours des moyens pour produire les émissions chéries des annonceurs publicitaires, et même si bien souvent, ce qui est un comble, elles ne remportent pas le succès d’audience espéré, comme celle du meilleur coiffeur de chez nous (l’année dernière) ou le concours de barbecue (cette saison).

Après les attentats terroristes chez nous, j’avais été choqué que la RTBF ne propose pas de nouveaux programmes pédagogiques et se lance avec fracas dans cette télé-réalité capillaire. J’avais alors publié une carte blanche suivante qui, je pense, garde toute son actualité.

Suite aux récentes élections, la composition du conseil d’administration de la RTBF va évoluer.
Ces dernières années, ses treize administrateurs étaient peu turbulents lorsqu’il s’agissait de soutenir les droits des usagers (par contre, quand un parti se sent attaqué à l’antenne, c’est autre chose!).
En fait, le seul représentant d’Écolo assistant aux réunions comme observateur n’avait même pas le droit de voter.
Bientôt donc, les administrateurs des partis traditionnels seront moins nombreux (PS, CDH, MR) et quatre de leurs strapontins seront occupés par des représentants des partis qui viennent de gagner davantage de suffrages des électeurs: deux strapontins pour Écolo et deux pour le PTB. On verra si ceux-ci parviendront à faire évoluer sensiblement l’orientation actuelle de la RTBF.

Pour la VRT, c’est une entrée en force de l’extrême-droite (le Vlaams Belang) dans son conseil d’administration.

Puisse ceci servir de leçon aux francophones. Inutile de pleurer si pareil cas se passerait un jour aussi chez nous. Il suffit d’être prévoyant dès aujourd’hui.
Quand donc les partis francophones opteront pour qu’un nombre important des membres du CA de la RTBF ne soient plus des représentants de partis politiques?
Place à la société civile. Personnellement, j’opterais pour une formule de tirage au sort (complété d’un travail de formation pluraliste aux coulisses des médias et de la démocratie pour ces élus dont cette fonction pourrait devenir leur nouvelle profession).

En plus:
Par ailleurs, saviez-vous qu'au pouvoir en Fédération Wallonie-Bruxelles, le gouvernement PS-CDH a récemment permis la concentration des radios privées entre les mains d'une paire d’éditeurs et en défaveur des radios dites (vraiment) libres?
Quelle que soit sa composition, il faudra que le prochain gouvernement arrête ce scandale. C’est la thématique abordée dans cette excellente carte blanche.

5. Voyages, voyages…

Vive les grandes vacances! Chaque fois que je voyage, je me dis que je devrais publier une nouvelle édition augmentée de mon livre «Les musées aiment-ils le public?».

Dans chaque ville que je découvre, les musées m’apportent leur lot de bonheur et de déception. Bien entendu, je ne me permettrai pas de publier ici mes avis esthétiques personnels sur la qualité des collections ou des expositions temporaires mais, à ce plaisir qui appartient à ma vie intime, s’ajoute, dans mes visites, une attention sur la manière dont les institutions culturelles respectent ou non leur public, et là, je peux vous partager mes impressions.

Découvrant Munich pendant une semaine au cours du mois de juin 2019, je vous dévoile deux raisons d’être irrité et un coup de cœur.

L’Alte Pinakothek expose une collection de peintures classiques comparable à celle du Louvre ou du Prado (Léonard de Vinci, Rembrandt, Bruegel, Rubens, Dürer, El Greco, Poussin, etc.).
Le Routard termine sa présentation avec humeur et un peu de cynisme: «Excellentes portions de tarte à la cafétéria du musée, pour vous consoler d’avoir vu certaines salles fermées». On comprend bien entendu qu’il faille fermer des salles pour rénover cette institution.
Par contre, il est inadmissible que ce fait ne soit pas détaillé dans un avis qui pourrait se lire à l’entrée, au comptoir où l’on achète son ticket, avec mention des titres des œuvres habituellement exposées qui ne pourraient pas momentanément être admirées.

La langue française me semble peu respectée au Château de Nymphenburg.
Les panneaux indicatifs sont en allemand et anglais. On ignore donc le français (pourtant une langue d’un des pays limitrophes de l’Allemagne), très bien… sauf que le Château reconnait indirectement qu’il est visité par de nombreux visiteurs qui parlent cette langue puisqu’il utilise quand même le français… pour les panneaux «Ne touchez à rien» ainsi que pour la location d’un audioguide en français (facultatif à 3,50 euros).

Les plus grandes institutions muséales de Munich ne pratiquent pas une gratuité mensuelle pour tous mais bien l’entrée à 1 euro, tous les dimanches. Et le public nombreux semble enchanté.

6. Je prépare une expo. Avec vous?

Beaucoup parmi vous me lisent attentivement, mois après mois, depuis longtemps.
J’aimerais vous demander de collaborer à ma prochaine initiative. N’hésitez pas!

Depuis près d’une quarantaine d’années, je conserve les traces de «tromperies» à l’égard du public dans le domaine culturel (des romans, des 33 tours ou des CD, des BD, des films, de la promo pour des expositions, etc.)

Pour sensibiliser le public mais également le monde professionnel à ces dérégulations, et tenter d’y trouver des solutions afin qu’elles ne se renouvellent plus, j’ai l’intention dans les mois qui viennent de créer une exposition itinérante qui aura pour but d’être visitée dans des lieux où le public vient découvrir précisément la culture: des halls de cinéma, des bibliothèques, des musées, des salles de théâtre, des librairies, etc.

Ce «Résiste» (titre provisoire de l’expo) pourra être programmé en décentralisation durant plusieurs années (en Belgique et peut-être dans d’autres pays francophones).

Il ne demandera pas un lieu d’exposition fort ample. Le contenu de l’exposition se transportera facilement. L’objectif est d’éviter des frais importants.

Une vingtaine d’objets seront placés dans des bulles ou des niches en verre, ce qui renforcera leur attrait pour les regards des visiteurs.
Aucune indication écrite n’est prévue dans l’exposition. Les objets présentés ne sont pas expliqués. Le public se demandera donc pourquoi ils sont là. Chaque visiteur emprunte un classeur. Celui-ci contient autant de pages que d’objets exposés. Sur chaque page, une photo d’un des objets est publiée et un texte explique le pourquoi sa présence dans l’exposition.

Les premières expériences menées (avec 5 sur les 20 objets) montrent que le public (jeunes adultes et personnes plus âgées) prend vraiment le temps de lire les textes que contiennent les classeurs. Lorsqu’une rencontre-débat suit la visite, les questions et échanges d’expériences sont nombreux.

Durant cet été 2019, je vais travailler à la présentation de 15 objets pas encore traités. J’aimerais avoir les conseils et les critiques de quelques-uns parmi vous sur ce travail: des usagers, des professionnels du monde culturel, des journalistes, des enseignants. Cela se pratiquera par des échanges d’e-mail.

Si vous êtes intéressé, contactez-moi: bernard.hennebert@consoloisirs.be
J’attends avec beaucoup d’intérêt votre réaction.

D’autre part, connaissez-vous des lieux où cette exposition pourrait être programmée dès 2020?
Puis-je ajouter votre adresse e-mail dans le listing des personnes que j’informerai régulièrement de l’évolution de la conception de ce «Résiste»?

7. Fortes ventes estivales pour le nouveau «Sarkozy»?

Sur mon site Consoloisirs, prenez le temps durant ces vacances de prendre connaissance simplement des titres de près de 200 de mes articles. Peut-être aurez envie de lire complètement l’un ou l’autre parmi eux.

Alors que les médias nous abreuvent ces jours-ci d’une promo conséquente pour le nouvel ouvrage de Nicolas Sarkozy, il est sans doute pas inintéressant de relire ce que j’écrivais en 2006:

«Témoignage», le nouveau livre de Nicolas Sarkozy a été imposé aux librairies par son éditeur XO.
De nombreux exemplaires leur ont été envoyés sans avoir été commandés.
L’effet est double, explique Anne-Sophie Mercier dans son enquête publiée par Charlie Hebdo, le 26/07/2006: «Premièrement, permettre de faire monter les ventes de l’ouvrage, puisque l’on sait qu’une bonne exposition favorise l’achat. Deuxièmement, gonfler artificiellement un chiffre présenté comme celui des ventes, alors qu’il ne s’agit à ce stade que de livres mis en circulation».
Cette pratique de vente forcée ne permet plus aux différents écrivains d’avoir une chance équivalente d’être découverts par le public et coûte scandaleusement cher aux libraires car c’est eux qui doivent acquitter les frais de livraison et d’éventuels renvois.

Je publiais donc ceci, il y a treize ans déjà. Soyez donc attentif aujourd’hui à ce que les médias nous racontent aujourd’hui à propos de la nouvelle production de l’ancien président français.
Et bel été à vous!

 

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