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Quand les MRBAB répondront-ils enfin à nos questions?

ConsoLoisirs par Bernard Hennebert, le 01 mars 2017

Les dessous de l’interpellation citoyenne au Conseil communal d’Ixelles (le 23 février 2017) à propos de la mauvaise gestion des Musées Constantin Meunier et Antoine Wiertz.

DOSSIER
Mauvaise gestion des Musées Constantin Meunier et Antoine Wiertz :
Quand les MRBAB répondront-ils enfin à nos questions?

SOMMAIRE

1. Une nouvelle « petite victoire »
2. Les horaires: problème majeur pour le public culturel
3. Ce que j’ai dit au Conseil communal d’Ixelles
4. Déroulement
5. Nouvelle lettre adressée à Michel Draguet le 28/02/2017
6. Les questions qui attendent réponse depuis le 08/12/2016
7. Contreproductif

 

1. Une nouvelle « petite victoire »

Depuis 2008 (voilà donc près de 10 ans), je demande aux Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique (MRBAB) de rectifier le panneau accroché sur la façade côté rue du Musée Meunier parce qu’il informe de façon erronée le public sur ses heures d’ouverture.

La plaque indique que le musée est fermé « le lundi », au lieu du « samedi, dimanche et lundi ». Pire, un ajout en dessous de cette plaque mentionne : « AVIS AUX VISITEURS: faute de personnel, nous sommes contraints de fermer le musée ce week-end. Veuillez nous en excuser ». Ce texte laisse entendre aux passants qu’ils peuvent revenir le week-end suivant alors qu’il n’en est rien.

Pour voir une photo de cette plaque, cliquez : http://blogs.politique.eu.org/Asphyxie-des-musees-Constantin

Comme cette plainte n’a eu aucun effet jusqu’à présent, je me suis permis, ce 13 décembre 2016, d’envoyer une demande d’interpellation sur ce thème au Conseil communal d’Ixelles (commune sur laquelle sont situés ces deux musées), soutenu par les signatures de nombreux habitants.

Entretemps, le parlementaire Gautier Calomne (MR) a également posé une question en ce sens à la Ministre en charge des musées fédéraux, Madame Elke Sleurs (NVA), et celle-ci lui a répondu que le panneau venait d’être remplacé.
Selon mes sources, ce travail a été effectué au cours de la matinée du 24 janvier 2017.

Voilà donc une nouvelle petite victoire qui récompense de la détermination qui s’étale sur neuf ans. Avec un petit bémol qui montre combien on se soucie peu aux MRBAB du droit à l’information du visiteur.
Hélas, alors que la place sur la nouvelle plaque ne manque pas, deux informations utiles aux passants y sont omises :

  • l’entrée à ce musée est gratuite (une gratuité n’est intéressante pour attirer de nouveaux visiteurs que si ceux-ci en sont avertis… et dieu sait si cette institution a besoin de plus de visiteurs)
  • les visites guidées obligatoires et sur réservation préalable pour les samedis et les dimanches coûtent 65 euros pour un groupe de 20 visiteurs au maximum.

2. Les horaires: problème majeur pour le public culturel

Les droits du public à conquérir dans le domaine culturel sont multiples.
Je me suis déjà battu pour certaines gratuités, contre l’évolution disproportionnée des prix, contre la prévente de plus en plus hâtive, contre la phrase léonine mentionnée au dos de nombreux tickets « Ce ticket ne sera ni échangé, ni remboursé », etc.

Aujourd’hui, il s’agit d’un autre droit à graver dans le marbre : que les activités culturelles subsidiées destinées au vaste public respectent dans leurs horaires la population active (travailleurs et étudiants), soit plus de la moitié de nos concitoyens. Ceci n’est rien d’autre que le droit pour le citoyen à pouvoir matériellement participer à la vie culturelle.

À Bruxelles, depuis près de 10 ans, je réclame que ce respect soit appliqué à deux institutions gérées par les Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique, les musées Constantin Meunier et Antoine Wiertz. Aucune réponse satisfaisante ne m’a été donnée.

Comme ces deux musées fédéraux sont établis sur Ixelles et que j’ai la chance d’habiter cette commune, j’ai décidé d’interpeller le Conseil communal.

Mon temps de parole est limité à 10 minutes.
Ensuite : « (…) la Bourgmestre et le membre du Collège compétent répondent à l'interpellation séance tenante. Un temps de parole de 5 minutes est prévu pour les chefs de groupe ou leur représentant s'ils souhaitent intervenir ».
Tous les détails : http://www.ixelles.irisnet.be/site/12-Interpeller-le-Conseil

La Bourgmestre d’Ixelles, Madame Dominique Dufourny, m’a confirmé le 12 décembre 2016 que son Collège avait acceptée ma demande et c’est à la séance du jeudi 23 février 2017 que j’interviendrai.

3. Ce que j’ai dit au Conseil communal d’Ixelles

Je ne suis ni un comédien, ni un orateur politique. Difficile pour moi d’improviser en pareille circonstance. De plus, mieux vaut ne pas être approximatif. Enfin, il fallait que mon intervention ne dépasse pas les dix minutes réglementaires. Donc, je me suis tenu à la lecture du texte suivant devant le conseil communal d’Ixelles, le 23 février 2017.

Mesdames, messieurs,

Depuis le jour où je fus interviewé sur le sujet qui nous concerne ce soir par Télé-Bruxelles, il y a près d’une dizaine d’années, en pleine rue de l’Abbaye, devant la maison-musée de Constantin Meunier, le problème a perduré.

De quoi s’agissait-il? D’une plaque de ce merveilleux musée fédéral qui était placée à front de rue et dont les informations pouvaient induire en erreur les passants à propos de ses heures d’ouverture.

Heureusement, comme souvent, la détermination et l’astuce citoyennes peuvent résoudre plein de petites situations conflictuelles.
Le premier effet de l’annonce de ma présente interpellation auprès de vous mais aussi la question posée au sujet de cette plaque trompeuse par Gautier Calomne à la Ministre Elke Sleurs au Parlement ont eu pour conséquence le retrait de l’objet de mécontentement, le 24 janvier dernier.
C’est une belle victoire du bon sens. Félicitons-nous de l’utilité de la vie démocratique au Parlement et de la « pratique » de l’interpellation des habitants dans ce conseil communal.

Venons-en à la seconde partie de mon interpellation.
Trop souvent, dans le domaine de la culture, la population dite active (les travailleurs, les étudiants, etc.) est discriminée.

À Ixelles, vous respectez cette population active. Vous avez décidé, pour le musée d’Ixelles, que les vernissages des expositions soient accessibles à tous, en nocturne. Avec un incomparable succès comme vient encore de le montrer l’événement Pierre & Gilles.

En culture, les horaires sont un enjeu majeur. Par exemple, l’ouverture des bibliothèques le dimanche constitue en France depuis quelques années un thème important de débat et de revendication par voie de pétition.

À Bruxelles, se développe depuis peu la mauvaise habitude d’augmenter le prix des tickets, les samedis et les dimanches, notamment dans de grandes expositions.
Or, la population active chez nous, c’est plus de la moitié des citoyens. Ce n’est donc pas un problème mineur.

Pour les musées Constantin Meunier et Antoine Wiertz, la situation est problématique depuis de nombreuses années. Les travailleurs doivent mordre sur un jour de leurs congés légaux s’ils veulent les visiter.

En effet, ceux-ci sont fermés:

  • chaque week-end (sauf réservation préalable, avec entrée gratuite mais avec visite guidée obligatoire à 65 euros pour 20 visiteurs au maximum)
  • pendant le temps de midi, les jours d’ouverture, soit du mardi au vendredi,
  • les jours de congé légaux.

Est-il impossible de prévoir au moins une plage horaire régulière hebdomadaire ou mensuelle (et pas une soirée exceptionnelle) qui n’exclut pas plus de 50% de la population?

N’acceptons pas la réponse « manque d’argent » car voici une proposition qui ne coûtera pas un euro de plus. En effet, passons de quatre jours à deux jours seulement par semaine, avec un double salaire, ces deux jours-là, pour les gardiens. Que les deux musées ouvrent normalement les samedis et les dimanches, et qu’en semaine, ce soit comme le week-end actuellement, c’est-à-dire sur réservation avec visite guidée payante.
L’autre réponse qui nous fut proposée était la difficulté de trouver des gardiens.
Cela nous sembla surréaliste car l’immense majorité des musées sont justement ouverts et fréquentés durant les week-ends. Leurs conservateurs sont payés pour mener à bien ce travail d’organisation. Un an plus tard, quand nous avons vu que les MRBAB inauguraient un nouveau musée, le musée Magritte, avec des solutions en week-ends pour le gardiennage, nous avons eu plus que l’impression d’avoir été menés en bateau.

Je menais ce combat seul, imaginant qu’un simple visiteur pouvait se faire entendre. j’ai dû constater que ce n’était pas le cas. J’ai alors lancé au cours de l’automne dernier une pétition. J’ai été très étonné de constater qu’à propos d’une thématique aussi pointue, plus de 1.300 personnes soutenaient mon projet et, mieux encore, plus de 300 ne se contentèrent pas de signer mais proposèrent avis, remarques et propositions. Tout ceci fut remis aux MRBAB, le 8 décembre dernier, avec une série de questions précises pour mieux cerner les enjeux et tenter une négociation. À l’heure actuelle, aucune réponse concrète n’est proposée, aucun dialogue n’est entamé.

Les résultats de cette pétition montrent aux édiles d’Ixelles qu’un vaste public affectionne ses deux petits musées.
À Paris, des maisons ou ateliers d’artistes assez analogues remportent un grand succès. Personnellement, j’ai adoré y découvrir les maisons où vécurent Victor Hugo ou Ossip Zadkine, ou le musée de la Vie Romantique.
Hélas, chez nous, très peu de visiteurs découvrent les musées Meunier et Wiertz, et pour cause. Outre les horaires, ils manquent également cruellement de promotion.
Même s’ils dépendent du fédéral, ils devraient permettre, avec le Musée d’Ixelles, pour notre commune, la conquête d’une renommée touristique à un niveau national et même international. C’est rare, trois trésors ainsi sur un même espace territorial.

Me voilà donc venu au coeur de mon interpellation : la Commune d’Ixelles pourrait-elle soutenir publiquement l’ouverture des deux musées chaque samedi et dimanche notamment en s’engageant, si les MRBAB décident d’en tenir compte, à promouvoir régulièrement ces deux institutions établies à Ixelles (sur le site internet de la commune, dans le toutes boîtes communal, par l’impression d’affiches dans sa célèbre imprimerie, etc.) et d’ainsi favoriser encore davantage le tourisme culturel sur ses terres?

J’imagine le sujet délicat car il existe déjà d’excellents contacts entre la Commune, le musée d’Ixelles et les MRBAB en terme d’échanges d’oeuvres pour des expositions temporaires, etc.
Mais puisqu’il y a déjà de beaux projets qui ont ainsi abouti, pourquoi ne pas aller encore un peu plus loin avec celui-ci? La situation des deux musées doit évoluer. La Commune doit y être attentive puisqu’ils habitent sur son territoire et n’oublions surtout pas que l’immense sculpteur et peintre Constantin Meunier est toujours actuellement l’un des Ixellois les plus célèbres dans le monde entier. J’ai encore admiré personnellement ses oeuvres assez récemment qui étaient exposées, tenez du peu, au Musée d’Orsay à Paris et au Musée des Beaux-Arts de Montréal.

Une proposition plus concrète? Créez un groupe de travail sur cette thématique avec obligation d’aboutir dans les six mois, ouvert aux habitants d’Ixelles.
Offrons nos trésors aux Ixellois et au monde entier. Tout ceci peut se concrétiser sans grand budget, et avec imagination, s’il y a une volonté politique.

Merci pour votre attention.

4. Déroulement

Pendant la demi-heure qui a suivi mes dix minutes d’exposé (voir point 3), place au débat où des représentants de tous les partis démocratiques présents au Conseil communal ont soutenu assez enthousiastes ce combat désormais revendiqué par plus de 1.300 personnes. Franchement, j'ai été étonné d'une telle unanimité.

Enfin, ce fut au tour de l'échevin de la culture Yves de Jonghe d’Ardoye (MR) de conclure : il déclare tout le contraire et reprend exactement les arguments que le Directeur général des MRBAB me répète depuis neuf ans (sans jamais répondre à mes sous-questions). C’est comme si je n’avais rien dit de concret dans mon interpellation! La méthode Coué. Je propose une évolution qui ne coûtera rien. Il n’analyse pas mon argumentaire et dit que le problème des MRBAB est d’être de moins en moins subsidié. Comme si je ne le savais pas! Point final.

Il y a un côté paternaliste désagréable « donneur de leçon à l’élève amateur irresponsable » dans cette façon de rappeler l’aspect financier du problème… au citoyen-visiteur qui, justement conscient de ce fait, a élaboré une proposition de solution qui ne coûterait rien et qui tente de remédier au manque de fréquentation dramatique des deux musées.

L’échevin nous dévoile même sans pudeur que Michel Draguet, le directeur général des MRBAB, est venu participer avec le Collège d'Ixelles à une réunion de travail pour préparer la réaction à envisager par rapport au contenu de ma future interpellation.

Ceci me semble trahir le sens même d'une interpellation citoyenne dans un conseil communal.

OK bien entendu sur le fait que les édiles rencontrent avant Michel Draguet pour se documenter, mais alors qu'ils consacrent aussi une réunion préparatoire avec l’habitant d’Ixelles qui interpelle, simplement pour avoir une vision contradictoire de la problématique avant le déroulement du conseil communal. Cela n'a pas été le cas.

Heureusement, la bourgmestre Dominique Dufourny (MR) m’a redonné la parole en fin de parcours et j'ai pu expliquer combien l'échevin pratiquait la langue de bois. Beaucoup de sourires entendus dans l'assemblée style « comment ose-t-il s’exprimer ainsi ici...».
J'ai même été applaudi lorsque j'ai terminé ma réponse improvisée en affirmant que tout ceci (et surtout l'attitude de Michel Draguet) était une insulte aux 1.300 signataires de la pétition.

Une des propositions à discuter au prochain Conseil communal sera une motion à envoyer aux MRBAB (à suivre!).

5. Nouvelle lettre adressée à Michel Draguet le 28/02/2017

Après le conseil communal d’Ixelles, voici la lettre que j’ai adressée le 28 février 2017 à Michel Draguet, Directeur général des Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique (MRBAB):

Monsieur le Directeur général,

Le 8 décembre 2016 à 19H00, nous avons remis les premiers résultats de la pétition « Non à l’asphyxie des musées Constantin Meunier et Antoine Wiertz » à une personne dont nous ignorons le nom et qui s’est annoncée comme étant votre représentant, dans les locaux du Musée Constantin Meunier sis à Ixelles, lors de la nocturne exceptionnelle organisée par le Conseil des musées bruxellois, devant de nombreux sympathisant(e)s de notre combat culturel.

Ces résultats sont assortis d’une série de questions auxquelles nous vous demandons de nous répondre par écrit.
C’est dans un geste constructif que nous les avons rédigées pour tenter d’aplanir d’éventuels malentendus et pour faire progresser notre dossier.

Sans accusé de réception, nous vous avons renvoyé le 15 décembre 2016 les mêmes documents par la poste, en recommandé.

Ce 23 février 2017, nous n’avons toujours pas reçu de réponse écrite détaillée à nos questions de votre part alors que l’usage est d’un délai d’un mois au maximum, mais nous avons eu de vos nouvelles indirectement.
En effet, ce soir-là, se déroulait le Conseil communal d’Ixelles au cours duquel j’étais invité à présenter mon interpellation concernant ces deux musées sis à Ixelles.

Après celle-ci, l’échevin de la Culture Yves de Jonghe d’Ardoye d’Erp s’est adressé aux autres membres du Conseil, au public plutôt nombreux ainsi qu’à moi-même.

L’échevin a indiqué donc à cette assemblée que vous aviez participé à une réunion restreinte antérieure avec quelques membres du Collège et que vous aviez notamment expliqué que vous n’aviez pas reçu les données des signataires de notre pétition pour nous accorder la suite demandée.

Les données de cette pétition sont en votre possession puisqu’elles vous sont automatiquement fournies, depuis le démarrage de la pétition et jusqu’à aujourd’hui encore (actuellement près de 1.350 signataires), par un e-mail, à chaque nouvelle signature, directement du site CHANGE.0RG, via les deux membres du personnel des MRBAB dont les noms sont mentionnés au début de la pétition : Patricia Robeets (patricia.robeets@fine-arts-museum.be) et Marleen Madou (marleen.madou@fine-arts-museum.be) puisque le site officiel des MRBAB n’indique pas le courriel du directeur général lui-même (et j’ai la délicatesse de ne pas utiliser votre e-mail personnel).
Ces innombrables messages confirmant chaque signature ont donc bien été adressés aux deux personnes qui oeuvrent à votre secrétariat, comme indiqué officiellement sur votre site internet : https://www.fine-arts-museum.be/fr/contact

Votre secrétariat, et donc vous-même (je ne doute pas que vous êtes bien organisé) avez donc bien reçu les données des signataires.

Dès lors que le seul obstacle pour ne pas répondre de façon circonstanciée à notre questionnaire consistait à prétendre de pas être en possession de ces signatures, j’attends avec impatience que vous fassiez ce pas avant la fin de votre présent mandat, afin qu’un dialogue constructif puisse enfin s’établir afin d’imaginer des solutions pour que les musées Meunier et Wiertz que vous et nous aimons tant soient enfin mieux traités dans un avenir le plus proche possible.

Au plaisir de vous lire.

6. Les questions qui attendent réponse depuis le 08/12/2016

Ici, pour la première fois, je les rends publiques.

Voici les questions que le Directeur général des MRBAB a reçues par envoi recommandé avec les résultats de notre pétition, et dont nous attendons avec beaucoup de patience les réponses: « Afin d’avancer vers une solution qui pourrait nous satisfaire tous, notamment en évitant tout malentendu ou approximation, pourriez-vous nous répondre aux questions suivantes? ».

A : FRÉQUENTATION

1 : À propos de la fréquentation, on relève qu’en 1927 (près de 60 ans après la mort de l’artiste) le musée Wiertz fut visité 46.632 fois.
Interpellée par la sénatrice Zakia Khattabi en décembre 2010, la ministre fédérale Sabine Laruelle affirma aux parlementaires que le public n’avait « jamais massivement fréquenté » les musées Constantin Meunier et Antoine Wiertz. C’est, nous semble-t-il, dès lors quelque peu tronquer l’Histoire!

Actuellement, il y aurait donc environ 150 fois moins de public!
En tant que visiteur, nous n’avons pas accès facilement aux résultats de fréquentation.
Les MRBAB préfèrent communiquer régulièrement sur le nombre de visiteurs qui viennent au musée Magritte plutôt que sur le nombre de ceux qui découvrent, année après année, les musées Constantin Meunier et Antoine Wiertz.
Notre source étant la presse écrite, nous nous basons sur le chiffre cité par le quotidien L’Avenir (19 juin 2015) pour le musée Wiertz :
« Six visiteurs, en moyenne, par semaine : le musée est complètement méconnu. Ce temple kitsch de l’insolite mérite pourtant mieux ».
Suite à cette publication, aucun rectificatif n’a été indiqué aux lecteurs.

Plusieurs commentaires recueillis par notre pétition vont dans le sens de notre estimation.

Pourriez-vous nous informer avec des chiffres précis sur l’évolution de la fréquentation des musées Constantin Meunier et Antoine Wiertz au cours de ces dix dernières années?
Pour chacun d’eux, quel est le pourcentage de visites collectives (groupes scolaires, groupes de touristes, etc.) dans ces résultats?

2 : Pourriez-vous avoir l’amabilité de nous indiquer également le nombre de personnes (gardiens, concierges, etc.) que nécessitent les horaires d’ouverture actuels dans chacun des deux musées?

B : LA PREMIÈRE REVENDICATION : LE CHANGEMENT D’HORAIRE

1 : Partagez-vous le constat suivant?
Les horaires réguliers (nous ne parlons pas ici d’ouvertures exceptionnelles comme celles des Nocturnes de musées bruxellois) décidés par les MRBAB rendent inaccessibles les deux musées à plus de la moitié de la population (les personnes qui travaillent ou étudient)… sauf demande à son employeur d’une demi journée de congé.
Tous deux sont fermés chaque week-end (sauf réservation pour groupes avec achat d’une visite guidée); ouverts de 10H00 à 17H00 du mardi au vendredi mais fermés pendant le temps de midi ; fermés enfin les jours de congé légaux.

2 : Êtes-vous d’accord avec le fait qu’il est normal dans les horaires d’un musée « grand public » (qui ne s’adresse pas à un public très spécifique) de prévoir au moins une ouverture régulière (non exceptionnelle) accessible à la population active?

3 : Depuis près de dix ans, bien qu’alertée sur cette discrimination de la population active, la direction des MRBAB n’a pris aucune initiative pour faire évoluer ces horaires malgré leurs effets néfastes sur la fréquentation. Pourquoi ce statu-quo?

4 : La réaction de la direction des MRBAB n’a jamais varié au fil de ces dix dernières années : elle invoque un problème de financement et de recrutement de gardiens.
On peut le comprendre mais lorsqu’il s’agit de multiplier les musées (Magritte, Fin de Siècle, etc.), on trouve du gardiennage pour chaque week-end, quitte à faire même appel au privé. Deux poids, deux mesures donc.
On trouve toujours une solution pour rendre accessibles chaque week-end les trois grands musées aux entrés payantes, jamais pour les deux petits musées aux entrées gratuites.
Pourquoi pareille inertie sur cette problématique précise?

Par exemple, puisque ces deux musées sont établis sur la commune d’Ixelles, les MRBAB ont-ils déjà tenté de solliciter une collaboration logistique avec cette agglomération qui possède notamment le très beau Musée d’Ixelles?

Plusieurs signataires affirment être prêts à s’engager dans du bénévolat pour favoriser ces ouvertures en week-end. Que leur proposez-vous?

5 : Le fait nouveau que plus d’un millier de citoyens demandent une évolution des horaires va-t-il vous donner envie de prendre une initiative en ce sens? Que leur proposez-vous concrètement?

6 : Que pensez-vous de la proposition suivante soutenue par de nombreux signataires? « Or, il existe une solution indolore financièrement déjà proposée à plusieurs reprises. Nous demandons qu’elle soit enfin mise en place et régulièrement médiatisée. Puisque le gardiennage coûte le double en week-end, nous proposons d’ouvrir au public ces deux musées chaque samedi et dimanche avec entrée gratuite et, d’autre part, de pratiquer du mardi au vendredi uniquement des visites guidées payantes pour groupes avec réservation »?

C : LA DEUXIÈME REVENDICATION : PROMOUVOIR LES DEUX MUSÉES

1 : Que pensez-vous des observations suivantes?

- En 2008, pour l’exposition « Meunier à Séville: l’ouverture Andalouse » dans les locaux de la rue de la Régence, Michel Draguet indique dans le catalogue: « Meunier reprend place aux MRBAB ». Mais, en même temps, aucune information dans ce catalogue et aucun avis à la sortie de l’exposition n’indiquent aux visiteurs conquis l’existence et la localisation du Musée Meunier pour poursuivre leur découverte de l’oeuvre du sculpteur-peintre. Une belle occasion manquée de faire sans aucun frais un coup de promo auprès d’une cible idéale. 

- Rebelotte pour, dans le même lieu, la grande retrospective Meunier, fin 2014. Indiquer aux visiteurs l’existence du musée, et surtout son entrée gratuite, son adresse et ses heures d’ouverture aurait-il été indécent?

- Il en est quasi de même sur ce thème de la promotion, et également à deux reprises, pour le Wiertz. 
Fin 2009, après une fermeture durant de très nombreux mois pour travaux lourds, aucune conférence de presse n’est organisée pour faire découvrir son imposante verrière magistralement réhabilitée. 

- Le 18 juin 2015, on aurait dû célébrer les 150 ans de la mort de l’artiste. Rien n’est initié par les MRBAB. Pour stigmatiser cet « oubli », s’organisa alors une visite-manifestation d’habitants de Dinant, la ville où il naquit.

- Dans le hall d’entrée des MRBAB (rue de la Régence), des petits flyers qui présentent chacune des cinq institutions étaient mis à la disposition du public dans des présentoirs spécifiques (cinq cases y sont prévues pour proposer les flyers du musée d’Art Ancien, du musée Magritte, du musée Fin de Siècle, du musée Wiertz et du musée Meunier). Très bien! Mais aujourd’hui, les flyers concernant les musées Wiertz et Meunier ont été retirés et se retrouvent désormais dans les musées eux-mêmes : les flyers du Wiertz au musée Wiertz, les flyers du Meunier au musée Meunier… Ou comment un élément de promotion pour faire découvrir un musée devient une sorte de souvenir qu’on vous offre quand on est dans le musée… si on en trouve le chemin.

- Au-dessus des guichets dans le hall d’entrée des MRBAB (rue de la Régence), les écrans vidéos projetaient naguère des photos illustrant chacun des musées. Désormais celles concernant les musées Wiertz et Meunier ont été retirées.

- Le nouveau dépliant présentant l’historique des MRBAB (intitulée « de 1400 à 2000 ») indique les horaires et l’adresse des musées situés rue de la Régence… mais omet de mentionner les adresses et les horaires des musées Wiertz et Meunier.

2 : Depuis le 10 octobre 2016, les MRBAB, via la publication de la carte blanche dans La Libre, sont alertés du manque de promotion à l’égard des deux petits musées.
Mais pourquoi donc, un mois et demi plus tard, cette direction n’a-t-elle pris aucune initiative pour faire connaître l’existence des musées Meunier et Wiertz aux 6.852 visiteurs qui ont célébré le dimanche 27 novembre 2016 les 215 ans des Musées Royaux des Beaux-Arts?

Notons que, pour ce jour de fastes, les musées Meunier et Wiertz étaient à nouveau punis : privés du gâteau d’anniversaire! Ils étaient fermés.
Ce n’est pas une raison pour, en plus, ne pas indiquer leur existence à tant de visiteurs qui ont arpenté le musée Magritte, le musée d’Art Ancien et le musée Fin de Siècle…

Caché? Vraiment? Aucune mention de l’existence (et point d’adresse, point d’horaire d’ouverture) de ces deux petits musées: aucune feuille photocopiée au comptoir des Amis du musée tenu par des bénévoles chaleureuses, rien au comptoir à l’accueil, aucune affiche près des toilettes, aucun flyer là où sont rassemblés des dizaines et des dizaines de tracts différents (en face des toilettes au rez-de-chaussée, près des vestiaires).

Votre apparente inertie va-t-elle évoluer? Dans quel sens?
Elle ne semble pas être due uniquement à un problème de manque de moyens financiers, ni de diminution de personnel…

3 : Soyons constructifs.
Plus d’un millier de citoyens sont intéressés par cette problématique. C’est un signe très positif de l’intérêt que suscitent vos deux institutions muséales auprès du public.
Comment pourriez-vous évoluer, et dans quels délais, pour répondre positivement à la deuxième revendication des signataires de la pétition : « Nous voulons que pour leur médiatisation auprès du public ces deux musées disposent enfin de moyens analogues et de la même imagination que ceux déployés pour populariser les activités de leurs trois grands frères »?
Que leur proposez-vous?

7. Contreproductif

Le nouveau numéro de la publication communale d’Ixelles « Info » déposé dans ma boîte le 28 février 2017 propose quatre pages sur le Musée Antoine Wiertz (deux en français, deux en néerlandais) alors que je demandais à mes responsables communaux (dans ma demande d’interpellation envoyée le 15 décembre 2016) de proposer aux MRBAB de faire la promo des deux petits musées ixellois que dans le cas où ceux-ci proposeraient enfin des horaires accessibles à la population active.
Ce n’est pas le cas, si l’on s’en tient à ce qui a été exprimé au Conseil Communal par l’échevin de la culture. Dès lors, la Commune semble abdiquer alors qu’aucun débat contradictoire n’a eu lieu, prend position pour la direction des MRBAB contre son habitant, et cette belle promo sera d’une grande inefficacité puisque la majorité des Ixellois ne pourront matériellement pas franchir les portes du Wiertz même si l’envie est là.

Le journal communal ne fait dans cet article aucun travail d’éducation permanente. Il y donne la parole à Isabelle Bastaits, la responsable de la communication des MRBAB, ce qui est bien son droit, mais il ne devrait pas pourtant endoctriner pour autant son public!

Un seul exemple : quand Madame Bastaits fait l’éloge de son institution en indiquant que celle-ci a accueilli 767.000 visiteurs en 2015 (donc pour le musée Magritte, le musée d’Art Ancien, le musée Fin de siècle, les grandes expositions temporaires, les deux musées ixellois)… il serait bien utile de rappeler aux lecteurs que les Musées d’Art Ancien et Moderne (avec tous les Magritte car le musée Magritte n’existait pas encore) recevaient 953.316 visites en 1996 (durant la dernière année de leur gratuité quotidienne).
Cinq ans après, en 2001, quand l’entrée payante était devenue une habitude, on est tombé à 306.321 visiteurs.
Mais pour comprendre à sa juste mesure le résultat de 2015, il ne faut pas oublier qu’aujourd’hui on additionne les entrées de trois musées différents de la rue de la Régence alors qu’avant, il n’y avait qu’une entrée à payer pour tout voir.

Par contre, bien qu’il s’agit d’un article qui traite uniquement du musée Wiertz, on ne demande même pas à Madame Bastaits combien de visiteurs fréquentent celui-ci chaque année. A-t-on peur que les Ixellois se rendent compte de l’acuité du problème?

Le seul chiffre que j’ai lu à ce sujet dans la presse écrite est de « 6 visiteurs en moyenne par semaine » (paru dans « L’Avenir » du 19 juin 2015).
Vrai, faux? Aucune rectification ne fut publiée dans les jours qui suivirent par le quotidien. D’autres chiffres un peu plus élevés mais toujours tristounets circulent.
Des statistiques officielles et vraiment fiables? Au musée Wiertz (et au Musée Meunier) on en est toujours au stade où le gardien note avec un crayon dans un carnet une petite barre chaque fois qu’un visiteur entre.

Cet article oublie une autre information concrète utile au lecteur. Il dit bien que, chaque week-end, on ne peut visiter le Wiertz qu’en groupe et en réservant au préalable. Mais il ne mentionne pas le prix de la visite guidée dont il faut s’acquitter : 65 euros (l’entrée restant gratuite comme c’est le cas tous les autres jours de la semaine).

Cet article est probablement une conséquence à l’envoi de mon interpellation et de la fameuse réunion « préalable » de membres du Collège avec Michel Draguet (voir point 4).
Pourquoi « Info » omet-il de le signaler à ses lecteurs?
Il rate là une occasion de rappeler aux Ixellois qu’il leur est possible d’interpeller le conseil communal alors que cette possibilité d’agir en citoyen responsable n’est pas encore assez connue de la population.
 

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