semaine 50

Un patron de presse abject

ConsoLoisirs par Bernard Hennebert, le 03 décembre 2018

Couverture du livre sorti en 2018

Claude François était aussi un patron de presse.
Un livre paru cette année présente sur près de 200 pages les fac-similés des ses notes adressées à la rédaction de son «Podium».
Ce livre mériterait d’être lu et analysé tout particulièrement par les étudiants et leurs professeurs, soit en économie, soit en journalisme. En sciences humaines ou en pédagogie. Et peut-être en santé mentale.

SOMMAIRE

1. Un cadeau à offrir pour les fêtes: est-il saugrenu?
2. Pendant les fêtes de fin d’année: musées ouverts et/ou gratuits
3. Le Ministre des médias Marcourt ne nous répond pas (jusqu’à présent)
4. Organisateurs culturels, soyez plus clairs
5. Beaucoup de travail attend la Ligue des Usagers Culturels (L.U.C.)
6. «Le Monde Diplomatique»: gratuités ou revenu universel?
7. Ne pas connaître le contenu devient normal !
8. Il s’en passe des choses dans ma commune d’Ixelles
9. Journalistes et liberté d’expression menacés?
10. Ceci n’est pas un musée Magritte (1)
11. Ceci n’est pas un musée Magritte (2)

1. Un cadeau à offrir pour les fêtes: est-il saugrenu?

Le newsletter Consoloisirs vous souhaite d’heureuses fêtes de fin d’année et vous propose, comme cadeau, l’idée que vous achetiez pour vos proches un livre concernant Claude François. Est-ce saugrenu?

«Claude François: ses notes confidentielles» a été publié en 2018 chez Michel Lafon et peu de médias en ont parlé.

Plus de 40 ans après son décès, les médias de masse renforcent toujours le mythe de cet artiste de variété, et tout particulièrement en Belgique francophone.

Fin mai 2018, toute notre presse écrite a tartiné sur la découverte de 300 inédits.

Le dimanche 25 novembre 2018, à 19H45, RTL TVi a proposé un entretien de Pascal Vrebos avec Julie Bocquet, la fille cachée de Claude François. Cette émission a été suivie par 474.697 téléspectateurs alors que, sur La Une (RTBF), l’épisode 5 de la série belge à succès La Trève n’en a attiré que 318.723.
Sur ce sujet, deux quotidiens ont consacré une page complète (sans pavé publicitaire) L’Avenir et La Dernière Heure.

Je voulais vous faire mieux percevoir que l’univers de Clo-Clo n’est pas un vieux dossier poussiéreux mais qu’on nous l’impose toujours aujourd’hui à tout bout de champ, et alors on nous rétorquera que, bien sûr, c’est le public qui veut ça. Réagissons avec cette citation plein de bon sens de Patrick Sabatier: «Le public ne peut recevoir que ce qu’on lui donne».

Puisque l’espace consacré aux chansons est limité dans les médias, ce type de monopolisation principalement par des stars de faux hit-parades prend dans la mémoire collective la place des succès de tant d’autres artistes qui leur sont contemporains: Colette Magny, Catherine Ribeiro, François Béranger, Gilles Vigneault, Catherine et Maxime Le Forestier, et tant d’autres.

Vous me demanderez de prouver que les hit-parades sont manipulés?
Laissons répondre Claude François lui-même. Quelques jours avant de se produire à l’Albert Hall, il se confia au quotidien anglais The Guardian: «(…) Tous mes disques ont été numéro un au hit-parade. Quand je ne suis pas numéro un au départ, parce qu’ils ne le méritent pas - je veux dire que la chanson n’est pas assez bonne - je suis si puissant à la télévision que les gens, après avoir entendu la chanson dix fois à la télé, achètent le disque qui devient alors numéro un. C’est ce qui se passe tout le temps. Beaucoup de mes disques qui ne sont pas si bons ont été numéro un (…)».

Tout ceci n’est sans doute pas innocent. Thierry Maricourt notait dans son livre «La Parole en chantant» (paru chez EPO): «(…) Trop peu de critiques, de journalistes ou de simples auditeurs semblent s'être interrogés sur l'idéologie informelle qui se dégage des ritournelles diffusées à longueur de journées sur les ondes. La chanson de variété distille des idées, des valeurs qui finissent par s'ériger en normes. Ces normes, elle ne les invente pas, mais elle les consolide (…)» (plus d’infos).

Alors, quel bonheur de vous proposer en contre poison ces 160 pages peu ordinaires assemblées par Isabelle Catélan. Cette journaliste dirigea la rédaction de «Podium», le journal créé par et pour Claude François, et acheté chaque mois par ses «favinettes».
Occupant le bureau de feu le chanteur-directeur-propriétaire-rédacteur en chef très présent, elle a retrouvé nombre d’archives de la star dans un grand carton et en les publiant, les a sauvés de la destruction pour notre plus grand intérêt.

Peu après la mort de Claude François, avec Christian Bourgoignie, j’avais interviewé pour Télémoustique (15/03/1979) l’une de ses danseuses, les Clodettes: «(…) Dans Podium, Claude ne disait que ce qu’il voulait bien. Parfois, c’était vrai… Cette presse aux idoles prépare les gosses à lire ensuite la presse à sensation. Les propriétaires des journaux à idoles, souvent des producteurs de certaines vedettes ou des firmes de disques, mettent en évidence leurs poulains. Le public choisit dans le choix qu’ils ont déjà fait ou alors par le biais des hit-parades souvent bidons (…)».

Claude François avait également décrit le fonctionnement de son journal dans son entretien publié par The Guardian: «(…) Je sais exactement comment faire Podium. Si je le faisais mieux, d’un seul coup, il ne se vendrait plus. Il doit être très rigide, très bête, ce qu’il est. J’ai un échantillon de six filles à l’étage, sur lesquelles je teste ce que je veux, comme ça je peux dire exactement ce qui est nécessaire (…)».

L’intérêt du livre que je vous conseille est qu’il propose à chaque page des fac-similés d’originaux à une époque où internet n’existait pas: textes tapés à la machine et annotés à la main, brouillons corrigés, notes de service, etc. C’est une documentation implacable qui concrétise au jour le jour le cynisme absolu déclaré par l’artiste et son entourage (relire ci-dessus les propos publiés dans Télémoustique et The Guardian). Violence à l’égard des lecteurs, à l’égard de son personnel, à l’égard du reste de la «presse des jeunes», à l’égard de ses (faux) amis chanteurs. Difficile de sélectionner ici parmi des centaines d’exemples concrets, élémentaires et parfois plus subtils.

Par exemple, sur le fait que le contenu du «Podium» multiplie les fausses informations… dont la diffusion peut rapporter de l’argent aux firmes de disques (ici, Carrère) via la vente de disques: dans une note qui prépare le sommaire d’un prochain numéro de Podium, on peut lire, au point 10: «LE NOUVEAU CHANTEUR DANS LA VIE DE SHEILA: avec le petit artifice de prendre un poulain de Carrère».

Concurrence loyale avec les autres journaux? «(…) Je crois qu’il faut faire comme on faisait avec HIT: chaque fois qu’ils ont une idée, il faut la leur prendre, plus toutes nos idées qu’on trouve et qu’il ne trouveront jamais autant que pour nous, à la longue, les achever (…)».

Respect du personnel qui bosse à la rédaction? «(…) Qui est encore à l’origine de ces conneries? Malgré que je le demande tous les mois, on ne m’a pas tout soumis. Tout doit même soumis à l’avenir, pour mon accord, puisque vous n’êtes pas capables de faire les choses comme il faut (…)».

Pour ne pas payer les droits, sur une liste d’une dizaine de chansons dont les textes pourraient être publiés par Podium (Marie Myriam, Demis Roussos, ABBA, etc.), Claude François indique des OK au marqueur rouge et ajoute «OK si (souligné 5 fois) gratuits!». Les artistes n’aimeraient-ils uniquement que leurs propres droits d’auteurs?

La bête noire de Cloclo est sans doute Michel Sardou parce qu’il enchaîne tube sur tube mais aussi parce qu’il publie un journal à son nom, MS Magazine. Il faut dire que la première couverture de cette publication fut consacrée à Claude François avec un titre qui n’a guère plus: «Au fou!». Le livre nous apprend ainsi qu’au moment des manifestations à Bruxelles qui dénonçaient notamment la chanson «Je suis pour» lors du débat pour la suppression en France de la peine de mort, Claude François demande de rechercher les photos de ces affrontements pour les aligner sur deux pages car: «D’une part, c’est intéressant pour nous PODIUM, et d’autre part c’est la moindre des choses que de lui rendre un chien de sa chienne».

Ce livre mériterait d’être lu et analysé tout particulièrement par les étudiants et leurs professeurs, soit en économie, soit en journalisme. En sciences humaines ou en pédagogie. Et peut-être en santé mentale.

Le pire, c’est que les proches du défunt aient accepté de rendre public ces étonnantes archives en ne s’imaginant sans doute pas un instant qu’on pourrait les découvrir d’un œil critique, qu’on n’y verrait que les traces de «l’artiste incomparable, le businessman visionnaire, le patron de presse perfectionniste». Et pourtant, malgré lui, ce livre est presque aussi dénonciateur de toute une époque que le très démystificateur et, hélas, peu connu «Questions à la chanson» de Georges Moustaki (publié par Stock en 1973) dont je vous conseille également la (re)lecture.

J’ai fait tout un plat de cette nouvelle parution. Quand on démonte l’industrie pharmaceutique ou nucléaire, pour ne prendre que deux exemples, on trouve les analyses critiques justifiées. Analyser le fonctionnement de la culture dominante au quotidien qui, goute à goute, nous empreigne m’apparait tout aussi indispensable, même si cela se pratique moins souvent. Pour mieux s’en prémunir et surtout pour tenter aussi un «plus jamais ça» dans ce secteur.

2. Pendant les fêtes de fin d’année: musées ouverts et/ou gratuits

Voici quelques idées pour visiter gratuitement des musées pendant les fêtes de fin d’année:

  • Mercredi 26 décembre 2018: chaque dernier mercredi du mois, la majorité des musées d’Anvers sont gratuits.
  • Mercredi 2 janvier 2019: chaque premier mercredi du mois, une dizaine de musées bruxellois sont gratuits (souvent, seulement après 13H): voir rubrique «Quels musées sont parfois gratuits à Bruxelles».
  • Samedi 5 janvier 2019: chaque premier samedi du mois, plusieurs musées sont gratuits à la mer.
  • Dimanche 6 janvier 2019: chaque premier dimanche, 150 musées sont gratuits à Bruxelles et en Wallonie.
  • Enfin, à Bruxelles, quels sont les musées gratuits tous les jours.

Un jour de gratuité par mois est donc une «pratique» très généralisée. Rejoignez les citoyens qui s’étonnent qu’à Bruxelles, KANAL Centre Pompidou, largement subsidié, ignore cette façon de vivre la culture. Signez la pétition.

Beaucoup (et tout particulièrement les touristes) pestent que les jours de congé légaux, nombre de musées soient fermés.
Voici deux infos pour leur donner du baume au coeur:

  • À Bruxelles, quels musées sont ouverts le 25 décembre (ici, il ne s’agit plus de gratuité)?
  • À Bruxelles, quels musées sont ouverts le 1er janvier (ici, il ne s’agit plus de gratuité)?

Enfin, n’oubliez pas que le plus grand musée ouvert tous les jours en Belgique est le métro bruxellois. Il n'y fait pas trop froid en hiver! Visitez-le?

3. Le Ministre des médias Marcourt ne nous répond pas (jusqu’à présent)

Puisque l’agenda du Ministre des médias Jean-Claude Marcourt ne lui permettait pas de nous rencontrer, nous lui avons envoyé le 23 octobre 2018 une liste de quatre réflexions sur la publicité à la RTBF à propos desquelles nous lui demandions de réagir le plus rapidement possible.
Sans réponse, nous lui avons envoyé deux rappels les 19 et 23 novembre 2018, en espérant pouvoir offrir ses réponses aux lecteurs de Consoloisirs avant que ne soit signé le prochain contrat de gestion de la RTBF qui devrait entrer en vigueur le 1er janvier 2019.

C’est le silence… Il serait si compliqué pour le ministre de nous répondre?
À vous de juger: lisez ces quatre réflexions dont nous attendons les réponses du ministre. Elles sont énoncées au dernier point, le point 10 de notre newsletter de novembre dernier.

Même si le feu vert de la Fédération Wallonie Bruxelles a été donné, le contrat n’est par encore signé.

Rappel: pour le contrat 2013, c’est le jour même de la signature qu’a été décidé en dernière minute la suppression du placement de produits à la RTBF. Peut-on s’attendre également à d’autres rebondissements d’ici la prochaine signature?

En attendant cette signature, voici les acquis conquis pour les usagers des radios et des télévisions de la RTBF, lors des signatures des contrats de gestion en 2002, 2007 et 2013.

Voici quelques articles annonçant, le 22 novembre 2018, l’accord de la Fédération Wallonie Bruxelles: RTBFMoustiqueRTLL’Echo et La Libre.

4. Organisateurs culturels, soyez plus clairs

Plusieurs demandeurs d’emploi me signalent qu’une réduction ne leur a pas été accordée alors qu’elle était mentionnée dans la tarification, faute d’attestation valable.

En Belgique, comment prouver qu’on est demandeur d’emploi? J’ai posé la question via les réseaux sociaux et j’ai reçu diverses réponses, même farfelues! «La carte bleue qu’on remet tous les mois», le JobPass du FOREM, «ma petite carte magnétique de l’ONEM», «ma carte de pointage avec vignette autocollante de mon syndicat», «carte de pointage», un mail d’Actiris, attestation du FOREM, etc.

J’ai ensuite regardé ce que les institutions culturelles indiquaient sur le site à propos de cette réduction. Par exemple, sur celui de la Centrale, il est indiqué 2,50 euros (au lieu de 8) pour «Demandeur d’emploi (attestation)».

Sur le site des Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique est mentionné: 5 euros (au lieu de 15) pour «Demandeur d’emploi belges et bénéficiaire d’un revenu minimum (loi du 26/02/2002)».

Il serait utile que les organisateurs soient plus précis dans la présentation de cette tarification, qu’ils y indiquent plus clairement quel document dont la présentation sera exigée lors de l’achat du ticket.

Vous êtes un responsable culturel? Quelle formulation proposez-vous?
bernard.hennebert@consoloisirs.be

5. Beaucoup de travail attend la Ligue des Usagers Culturels (L.U.C.)

La Ligue des Usagers Culturels (L.U.C.) est une association sans but lucratif belge dont l’objectif est de «soutenir et développer les droits des usagers dans le domaine de la culture».

Bernard Hennebert, le responsable de la présente newsletter, en est l’un des administrateurs.

En sa qualité d’association de consommateurs, la L.U.C. est d’abord au service du public pour l’aider à connaître ses droits, de l’aider s’il le souhaite à rédiger des plaintes et d’en assurer le suivi.

Sur base de ses expériences de terrain, d’une revue de presse hebdomadaire fouillée et d’expériences vécues d’usagers, la L.U.C. répertorie les difficultés les plus significatives et tente d’élaborer des solutions en s’adressant entre autre aux chercheurs, aux médiateurs et aux législateurs.

La publication de tribunes dans la presse et le lancement de pétitions figurent aussi parmi ses moyens d’actions.

Pour sensibiliser le public, la L.U.C. prépare une exposition itinérante «grand public» de première sensibilisation, notamment destinée aux centres culturels, aux halls de salles de cinéma, de théâtres et de musées qui présentera une dizaine de «problématiques usagers culturels»: la prévente de plus en plus tôt; le sens des textes imprimés sur les tickets; une collection de pochettes de disques aux indications trompeuses; la présentation de trois cas où des places ont été remboursées; etc.

Durant le premier trimestre 2019, la L.U.C. proclamera les résultats de la troisième édition du «Prix L.U.C. & FLOP» afin de mettre en exergue la meilleure «pratique» culturelle découverte en Belgique durant toute l’année 2018, et de stigmatiser la moins bonne.
Nous reviendrons ici sur ces Prix, dans notre prochaine newsletter, et nous vous proposerons de participer à la sélection des deux lauréats.

La L.U.C. peut également se positionner sur d’importants sujets d’actualité. On sait que les acteurs du monde culturel (artistes, syndicats, sociétés de droits, etc.) souhaitent que l’État et ses régions consacrent des budgets plus importants à la culture. Les décideurs politiques ne seraient-ils pas davantage sensibilisés à cette revendication si des associations d’usagers culturels participaient activement à ce combat ?

Pour recevoir régulièrement des informations sur les activités de la L.U.C., communiquez lui votre adresse électronique à: liguedesusagersculturels@gmail.com

Vous pouvez également suivre ses activités sur son blog et sur sa page Facebook.
Contact postal: L.U.C., rue Américaine 106 - 1050 Bruxelles - Belgique

6. «Le Monde Diplomatique»: gratuités ou revenu universel?

N’imaginez pas que lorsqu’on aborde ici le thème de la gratuité «pour tous», on ne pense qu’aux musées et qu’au fait qu’ils devraient être gratuits tous les jours.

Notre objectif se limite à une gratuité rare et récurrente: une journée par mois, soit 12 jours sur 365 par an.

D’autre part, il ne s’agit pas uniquement des arts plastiques! Chaque discipline culturelle cultive ses gratuités «pour tous». De l’accès et du prêt gratuit de livres dans les bibliothèques publiques aux festivals gratuits (Fête de la musique, Fête de la Fédération Wallonie-Bruxelles, etc.).

Enfin, ne confondons pas réductions pour certaines catégories sociales, cartes d’abonnement et gratuité destinée à tout le public. Qu’elles coexistent.

Voici deux extraits de l’article «Éloge de la gratuité» par Paul Ariès paru dans «Le Monde Diplomatique» de novembre 2018:

1. «Revenu universel ou gratuité, ainsi se résume le dilemme : vaut-il mieux donner de l’argent aux citoyens ou leur fournir des services gratuits ?»;

2. «La gratuité ne se limite pas aux biens et services qui permettent à chacun de survivre, comme l’eau ou le minimum alimentaire. Elle s’étend à tous les domaines de l’existence, tels que le droit aux parcs et jardins publics, à des terrains de jeux, à l’embellissement des villes, à la santé, au logement, à la culture, à la participation politique… L’enjeu est bien de multiplier des îlots de gratuité dans l’espoir qu’ils forment demain des archipels et après-demain des continents (…)».

De quoi vous mettre l’eau à la bouche? Voici l’intégrale de cet article.

7. Ne pas connaître le contenu devient normal!

Selon la RTBF (et de nombreux quotidiens dont L’Avenir), pour le festival Les Ardentes 2019, «(…) 2.000 pass Very Early Bird, avec ou sans camping, ont été mis en vente à des tarifs préférentiels avant que les premiers noms ne soient dévoilés».

Même si cette façon de faire (ne pas annoncer les noms des artistes programmés) emporte du succès auprès du public et même si la presse la promeut comme si elle était normale, il me semble qu’elle applique fort mal un droit du public culturel précisé dans le «Code de respect des usagers culturels» qui doit être respecté par les organisateurs culturels subsidiés (conventions, etc.) par la Fédération Wallonie-Bruxelles. Il s’agit du point 2.

Il est anormal que le contenu d’un festival ne soit pas rendu public avant le démarrage de la prévente.
Bien entendu, un certain nombre de spectateurs n’y attachent pas d’importance car ce qui comptent pour eux, c’est l’ambiance du festival.
Néanmoins, cette attitude discrimine les spectateurs qui souhaitent au contraire connaître le contenu de l’activité avant de réserver et on imagine que ceux et celles qui sont prêts à acheter un chat dans un sac ne seront pas malheureux s’ils découvrent le menu musical avant de payer l’addition!

8. Il s’en passe des choses dans ma commune d’Ixelles

Je trouve passionnant de participer en tant qu’habitant à la vie de ma commune. Assister au conseil communal est parfois instructif, surtout lorsqu’il y a des interpellations d’une dizaine de minutes faites par des personnes qui ont rassemblé un certain nombre de signatures pour soutenir leur proposition (voici le mode d’emploi).

J’assisterai le 6 décembre 2018 à 20H, à la maison communale située Place Fernand Cocq (entrée par la Chée d’Ixelles), au premier conseil communal de la nouvelle législature avec une majorité ECOLO-PS. L’entrée est bien sûr gratuite et accessible à tous.

Le musée d’Ixelles qui est fermé jusqu’en 2021 pour rénovation propose actuellement deux fois par an une sortie de ses réserves d’œuvres qui sont exposées durant un week-end (de 13H00 à 18H00) chez une dizaine d’habitants d’un même quartier. Le samedi est réservé aux visites des proches des habitants, et le dimanche, pour l’ensemble du public.

Notez que le prochain rendez-vous est fixé place Fernand Cocq pour le week-end des 8 et 9 décembre.
Les habitants qui souhaitent accueillir pour troisième week-end une œuvre chez eux doivent contacter maintenant le musée (le quartier Place de Londres, Chée de Wavre, Rue de la Tulipe, etc., pour les 22 et 23 juin 2019).

Nous serons attentifs au fait que la réouverture du musée d’Ixelles s’accompagne du retour de la gratuité du premier dimanche qui avait été supprimée par la majorité précédente. L’échevin Romain De Reusme (PS, qui est reconduit dans ses attributions) avait déjà en avril 2018 annoncé le retour probable de cette gratuité à Consoloisirs. Voir point 1.

Bien sûr, n’oublions pas les deux petits musées fédéraux établis sur le territoire de la commune d’Ixelles. Les musées Antoine Wiertz et Constantin Meunier sont inaccessibles à la population active car fermés tous les week-ends, les jours fériées, et en semaine pendant le temps de midi.
J’ai lancé une pétition sur cette thématique pour proposer une solution qui n’aurait pas d’incidence financière, mais jusqu’à présent la direction des Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique (à qui appartiennent ces deux musées) refuse toute négociation. Espérons que la nouvelle majorité communale trouve intérêt à tenter de mettre fin à cette problématique et s’accorde sur une évolution avec les MRBAB.
La pétition a recueilli 2.975 signatures. Essayons de fêter le cap des 3.000 signatures au conseil communal du 6 décembre?

L’un de ces deux musées risque d’être fermé pendant un certain temps pour travaux. La Libre nous apprenait en effet, le 10 novembre 2018, qu’un bail emphytéotique (50 ans avec possibilité de 4 prolongements pendant 12 ans) du Fédéral avait été signé avec le Parlement européen pour la maison du peintre Wiertz. Le Parlement rénovera la maison. Le musée attenant, quant à lui, accueillera également des travaux de restauration mais ceux-ci sont exécutés par la Régie des bâtiments.

9. Journalistes et liberté d’expression menacés?

À propos de deux dossiers dont la presse a abondamment parlé au cours de ce mois de novembre 2018, voilà deux articles «au dessus de la mêlée» qui ne cherchent pas le buzz et que, même s’ils sont longs à lire, je trouve remarquables.

Le journal POUR publie sur son site «Brouillard médiatique et gilets jaunes», un article d’Isabelle Masson-Loodts.

Le journaliste Fabrice Grosfilley propose sur son blog «Emmanuelle Praet: les médias, la politique et les fake news».

10. Ceci n’est pas un musée Magritte (1)

Près d’une quinzaine d’œuvres, dont plusieurs majeures, n’ont pas été exposées au Musée Magritte Museum durant près de cinq mois et l’institution fédérale en a très mal informé à son comptoir le public avant qu’il n’achète ses tickets.

Dès le début du mois de mai 2018, Consoloisirs vous a informé de cette problématique.

Comme le musée a refusé de rembourser le ticket de David H, celui-ci, avec l’aide de la Ligue des Usagers Culturels (L.U.C.), a préparé et déposé une plainte au Service du Médiateur Fédéral, Le 5 novembre 2018.
Ci-dessous, dans le point suivant de cette newsletter (le point 11), Consoloisirs vous propose le texte du communiqué de presse de la L.U.C. ainsi que le texte complet de la plainte.

Cette affaire a fait l’objet d’un article de près d’une page dans le quotidien «La Capitale» du 8 novembre 2018 sous le titre «Ceci n’est pas un musée Magritte». Dans son enquête, la journaliste MH a constaté qu’il ne s’agissait pas d’une plainte isolée: «(…) On peut toujours lire dans les commentaires en ligne que des visiteurs récents, dont des touristes, ont été déçus car ils ne savaient pas, avant d’avoir payé leur billet, qu’ils manquait des œuvres».

Ce témoignage a poussé Consoloisirs à chercher sur la toile ces différents commentaires et ils sont nombreux:

  • Nous sommes hyper déçus de notre visite! Déjà, il n’y avait plus aucun audioguide de disponible et zéro explication dans le musée (…). Résultat nous avons déambulé dans le musée sans savoir ce que nous regardions. Ensuite, on voit partout dans la ville des affiches avec les œuvres les plus connues de Magritte pour faire la promotion du musée. Problème? Il y en a AUCUNE dans le musée (elles sont toutes ou presque aux US). Bref, allez visiter les autres musées ou si vous aimez Magritte, allez visiter la boutique!
  • Des œuvres majeures manquent.
  • Un beau musée présentant une très belle collection des œuvres du peintre mais beaucoup de frustration car de nombreuses peintures ont été prêtées à New-York. Compréhensible mais nous aurions aimé en être informé. Ticket d’entrée à 10 euros.
  • Navrant d’apprendre après paiement des tickets qu’une partie de la collection est absente pour prêt. Pièces manquantes remplacées par œuvres faites en 2018 par peintre contemporain. Impression de bouche trou.
  • Déçu. Je m’attendais à voir les œuvres les plus connues de Magritte. Je les ai photographiées à la boutique. Un comble!
  • Intéressant mais pas complet.
  • Très beau musée mais l’entrée est un peu cher pour les œuvres de Magritte que nous voyons, certaines intéressantes, mais manquent les plus importantes (…).
  • Musée sympa mais attention ne venez pas exprès pour les peintures les plus connues. Elles n’étaient pas là quand j’ai eu l’occasion de visiter le musée.
  • Très beau musée, très aéré. Dommage, c’est après avoir franchi l’entrée que nous apprenons que des tableaux ont été prêtés aux USA… et qu’ils sont remplacés par un autre peintre. Visite très agréable malgré tout, avec une vraie volonté de décrire la vie de Magritte.
  • Très déçu. Beaucoup d’œuvres majeures ne sont pas exposées car en déplacement à l’étranger. Le musée manque d’explications hors audioguide, ce n’est pas très ludique.
  • Beau lieu, dommage qu’une partie des toiles étaient aux USA.
  • Un peu décevant car les plus belles œuvres sont en prêt à San Francisco. Intéressant malgré tout.
  • Ceci n’est pas un musée… Blague à part, nous avons appris après avoir payé les tickets d’entrée que, jusqu’en octobre 2018, toutes les œuvres intéressantes et connues de Magritte ne sont pas là mais à San Francisco. Leur absence a été remplacée par un autre peintre largement influencé par Magritte. Du coup, la visite a été beaucoup moins intéressante. J’aurais aimé être prévenu de l’absence de ses œuvres phares avant de payer l’entée… Mais le lieu est sympa…
  • Magritte sans Magritte, il manque l’essentiel de l’œuvre remplacé par un sous produit «à la manière de»… sans talent. Seul, le prix d’entrée et le personnel restent inchangés, l’un en trop, les autres en pas assez.
  • Etc.

Lorsque le Service du Médiateur Fédéral aura traité et répondu à la plainte de David H., Consoloisirs vous proposera cette réaction.

11. Ceci n’est pas un musée Magritte (2)

- A: Communiqué de presse envoyé par la L.U.C.

L’asbl la Ligue des Usagers Culturels (L.U.C.) a aidé David H. à déposer une plainte au Service du Médiateur Fédéral, ce 5 novembre 2018. Elle pose un problème de fond qui mérite d’être débattu dans l’espace public. Les musées devraient-ils indiquer clairement à leurs visiteurs avant qu’ils ne paient leur ticket (par exemple, par un avis écrit placé sur le comptoir de leur caisse ET par une mention sur leur site internet) clairement les titres des œuvres de leur collection (et à fortiori les œuvres fortement médiatisées dans les guides touristiques, en couverture des catalogues, faisant le sujet de cartes postales diffusées au shop du musée, etc.) qui sont momentanément absentes des cimaises?

David H. a dû batailler tout l’été pour que le Musée Magritte Museum de Bruxelles place un avis à son comptoir indiquant que «quelques» œuvres étaient manquantes, alors qu’il demandait que cet avis mentionne clairement qu’une quinzaine d’œuvres (dont plusieurs majeures, comme l’emblème du musée, «L’Empire des Lumières») avaient intégré une exposition à San Francisco et que leurs titres soient mentionnés.

D’autre part, le Musée Magritte Museum refuse de rembourser le ticket de 10 euros de David. C’est ce dernier point qui fait l’objet de sa plainte du Service du Médiateur Fédéral.
Ce cas de non information détaillée du contenu d’une activité culturelle avant achat d’un ticket est impossible en Fédération Wallonie-Bruxelles chez les organisateurs culturels subsidiées car ceux-ci doivent respecter depuis le 2 février 2006 les quinze points du «Code de respect des usagers culturels», dont le point 2: «(Obligation de) fournir aux usagers – avant le déroulement de l’activité culturelle envisagée et si l’accès est payant, avant le paiement du billet d’accès – une information la plus complète qui ne comporte pas d’indications ou de représentations susceptibles de les induire en erreur, notamment sur la nature, l’éventuel prix d’accès, la durée et la date de l’activité».
Il conviendrait donc d’adapter ce Code aux activités fédérales.

B: Texte de la plainte adressée au Services du Médiateur Fédéral, le 5 novembre 2018

Monsieur, Madame, aux MRBAB (Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique), le 27 juillet 2018, j’ai demandé le remboursement de mon ticket du 18 juillet 2018 au Musée Magritte Museum de Bruxelles car je n’ai découvert qu’après l’achat de celui-ci à l’accueil au 3, rue de la Régence, pendant ma visite, qu’un grand nombre d’œuvres habituellement exposées, ne l’étaient pas: une quinzaine sans doute (l’institution ne m’en indiquera jamais le nombre et ne me proposera jamais, ni à moi, ni au public dans l’avis qu’elle publiera finalement à ma demande, une liste des titres de œuvres retirées) dont trois parmi les plus renommées: Le Retour, Le Domaine d’Arnheim et L’Empire des Lumières (celle de la collection des MRBAB car il existe au Musée Magritte Museum deux versions différentes de cette œuvre).

Ces œuvres ont été décrochées pour être exposées du 19 mai au 28 octobre 2018 au MoMA à San Francisco.

Durant tout cet été 2018, s’est déroulée une importante campagne de communication dans le métro bruxellois (aux stations De Brouckère, Rogier, Bourse, Comte de Flandre, etc.) avec, sur de très grandes affiches lumineuses, une reproduction justement de cette dernière œuvre qui sert habituellement d’emblème au musée, ce qui m’a encore davantage induit en erreur avant d’acheter mon ticket, concernant mon choix de visiter ou non ce musée.

J’ai donc demandé le remboursement de mon ticket à 10 euros. Dans ce premier e-mail envoyé le 28 juillet 2018, j’ai également proposé avec insistance que le musée place un avis explicatif sur le comptoir où j’avais acheté mon ticket, dans le grand hall d’entrée, au 3, rue de la Régence, pour éviter à l’institution fédérale de devoir rembourser d’autres visiteurs mécontents durant cet été 2018.

Cette demande sera concrétisée seulement plus de deux mois et demi plus tard, après la saison estivale sans doute propice aux visites de touristes. Ne peut-on pas parler ici d’une pratique commerciale trompeuse par omission sans doute volontaire?

Le musée refusera de me rembourser mes dix euros demandés mais sera prêt à offrir un autre ticket gratuit pour une visite ultérieure.

Ce positionnement m’a paru inopportun. J’ai donc réécrit au musée pour réaffirmer ma volonté d’être remboursé en expliquant que le règlement (extrêmement détaillé) du musée qu’il m’était possible de lire avant l’achat de mon ticket n’abordait pas ce cas précis. Malgré mon exigence à être remboursé, le musée, sans aucune médiation nouvelle, autoritairement (la politique du fait accompli), m’adressa un courriel, le 15 octobre 2018, où il m’indiqua «Comme promis, nous vous avons envoyé un ticket combi gratuit» et m’envoya effectivement par la poste un ticket «All Museum Press» (alors que je ne suis pas journaliste… est-ce déontologique?).

Comment, dans pareil cas, les MRBAB peuvent-ils me refuser le remboursement? Il me semble que les visiteurs doivent être traités de façon égale et qu’il serait bien sûr ahurissant de proposer un ticket combi gratuit plutôt qu’un remboursement… de dix euros à des visiteurs qui habitent à 100 ou 10.000 kilomètres du Musée Magritte Museum!

Je demande donc au Service de médiation fédéral d’agir afin que les MRBAB me remboursent mon ticket et je suis prêt bien sûr, en conséquence, à leur restituer le ticket combi qu’ils m’ont envoyé.

L’autoritarisme des MRBAB me semble inacceptable.

J’ai retrouvé un cas analogue où il y a bien eu remboursement et qui s’est déroulé également à Bruxelles. Il pourrait faire office de jurisprudence. Extrait du livre «Les musées aiment-ils le public?» paru aux éditions Couleur Livres (pages 35 à 37):

«Près de six mois de pression ont finalement conduit Henri Simons, alors échevin de la culture de la ville de Bruxelles, à écrire à mon avocate, le 14 octobre 2002:
«C’est avec plaisir que je charge mes services de rembourser à votre client le montant de 6 €».
Cette somme correspond au prix de l’entrée (avec réduction) de l’exposition Rubens qui s’est tenue du 12 mars au 28 juillet 2002 à l’Hôtel de ville de Bruxelles.
Trois mois avant la fin de cette exposition, le Silène Rêvant , une toile souvent mise en évidence par la critique dans ses comptes-rendus, a été rapatriée à Vienne. Quelques jours plus tard, je viens visiter cette exposition. Sur le trottoir de la Grand Place, un panneau affichant un poster de cette œuvre prématurément décrochée était toujours disposé pour baliser l’entrée de l’exposition.
Dans la salle d’accueil, sur le comptoir où l’on paie sa dîme, une petite vitrine éclairée exposait un catalogue malencontreusement ouvert à la page qui reproduisait l’œuvre manquante ! Aucun avis n’était affiché pour informer le visiteur de ce changement des toiles exposées, et le dépliant n’était pas plus loquace (…).
Ma lettre eut deux conséquences : le rangement du panneau litigieux qui se trouvait sur le trottoir et le changement de page du catalogue exposé. En revanche, aucun avertissement ne fut affiché, ce qui est inexcusable. Plus rien n’est faux mais l’évolution n’est toujours pas indiquée au visiteur. Une sorte de mensonge par omission.
Me faire rembourser mon ticket fut laborieux. Mes simples courriers d’usagers, même en envoi recommandé, n’aboutirent à aucun résultat concret.
Finalement, Mr Simons réagira positivement à la lettre envoyée le 2 octobre 2002 par l’avocate Isabelle Lohisse : «(...) Mon client n’entend actuellement qu’être remboursé du prix déboursé pour visiter cette exposition ne présentant pas l’un des tableaux de Rubens annoncés (...) À défaut de règlement amiable de ce litige, mon client ne manquera pas de faire valoir ses droits, se réservant expressément, en outre, de réclamer notamment des dommages et intérêts pour les désagréments que lui causerait votre attitude».
Sans doute que le revirement tardif de l’échevin sera aussi consécutif à plusieurs articles qui dénoncèrent le problème dans la presse écrite, dont une enquête signée par Guy Duplat qui s’était rendu sur les lieux pour constater les faits et avait titré en «une» de La Libre Belgique : «Combat : Ces tableaux que l’on n’a pas vus...», le développement en page intérieure s’intitulant «Une expo, cela peut tromper» (08/05/2002).
Contacté sur ce cas concret dès le 28 juin 2002, Charles Picqué, le Ministre des affaires économiques (qui avait en charge, notamment, la protection des droits des consommateurs), répondra le 29 octobre 2002. Sa lettre, dont voici quelques extraits, pose la base d’un droit à la protection des consommateurs culturels: «Un principe de droit exige qu’avant la conclusion de tout contrat, la partie «dominante» doive fournir à son futur cocontractant toutes les informations utiles à une prise de décision en connaissance de cause. Agir autrement enfreindrait la bonne foi. Les Cours et Tribunaux ont, depuis longtemps, en effet, reconnu l’existence d’une obligation générale de renseignements à charge des fabricants, vendeurs et prestataires de services professionnels. Ce principe juridique permet de sanctionner un comportement fautif au cours de la période précontractuelle. Dès lors, je suis également d’avis que la Ville de Bruxelles aurait dû faire le nécessaire afin que les visiteurs soient avertis de la disparition d’une œuvre maîtresse de l’exposition».
Mais combien de visiteurs osent ou peuvent se permettre pareille obstination? Une réglementation devrait donc s’élaborer, qui tienne davantage compte des droits du public. Que se pérennise un «mode d’emploi» pour les remboursements en cas de situation abusive, et que celui-ci soit, bien entendu, largement médiatisé».

Bien sûr, mon action a un objectif symbolique et citoyen. Il me semble que tout musée devrait indiquer sur internet ET à ses guichets (c’est ce dernier point qui fait l’objet de ma plainte) les titres des œuvres habituellement exposées (et à fortiori les «emblèmes» d’un musée ou d’une exposition: les œuvres mises en avant dans la promotion, ou servant d’illustration de la couverture de catalogues ou de dépliants, ou en vente sous forme de carte postale dans le musée lui-même, etc.) qui ne sont pas momentanément accessibles au public pour une raison valable (ce que je n’ai jamais contesté: il est logique que les œuvres voyagent, soient restaurées, etc.).

Enfin, le service de médiation fédéral pourrait-il se positionner par rapport au fait que les MRBAB ont mis tant de temps pour concrétiser leur acceptation par e-mail de placer d’un avis sur leur comptoir (pratiquement toute la saison touristique estivale): à savoir, près de deux mois? De quoi remettre en question cet extrait de la première réponse du musée: «Les commentaires de nos visiteurs nous aident toujours à améliorer nos services». Pas très vite, il faut hélas bien le constater !
Il faut aussi constater que le musée n’a pas concrétisé la proposition suivante annoncée dans sa deuxième réponse (voir annexe): «(…) ajouter un slide dans le défilé des écrans digitaux».
Et que pense-t-il du contenu de cet avis où le musée n’a pas accédé à notre demande élémentaire d’indiquer au public clairement le nombre d’œuvres parties pour intégrer l’exposition à San Francisco et les titres de ces œuvres? Le public vient parfois pour découvrir une ou des œuvres particulières et il a droit de savoir pas APRÈS mais AVANT d’avoir payé son ticket s’il pourra voir concrétiser son désir. Si d’autres toiles de Magritte devaient partir pour d’autres expositions en novembre 2018 (et cela va être d’ailleurs le cas) ou plus tard, que fera le musée pour en avertir les visiteurs? Puisse votre décision tenir compte de cette ultime question!

Je tiens ici à remercier l’ASBL «Ligue des Usagers Culturels» (L.U.C.) qui m’a soutenu dans la rédaction et le suivi de cette plainte.

Dans l’attente de vous lire, je vous prie de croire en l’expression de mes sentiments les plus cordiaux. D.H.

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