semaine 46

La poésie est utile à la respiration

L'as-tu lu,lulu? par Nous on l'a lu, le 07 avril 2018

Les formats informatiques se fichent bien du poète. Pour avoir une idée de la couverture, je l'ai tournée de 90 degrés. On fait ce qu'on peu(t).

Les internautes qui fréquentent Entre les lignes connaissent bien Serge Noël et sa rubrique «le chant la vie» et ses poèmes généralement assez longs, exaltés, imagés, remplis de souvenirs et d'espérances et dont la langue est prenante, voire envoûtante si on s'y laisse aller.

Il est vrai que ce n'est pas d'abord toujours très facile et qu'il faut y entrer. Picorer, une attitude que personnellement je comprends quand on lit de la poésie, est plus délicat ici qu'en beaucoup d'autres recueils. Serge écrit ces textes intimes mû par un besoin impérieux... mais ne pensez surtout pas qu'ils sont intimistes. Le vaste monde et ses luttes sont en première ligne. Homme de gauche engagé, il ne dissocie pas ces combats de la vie privée: tout s'entremêle et finalement c'est ça l'existence, un ensemble dont on n'est qu'une seule pièce mais qui a son importance. On regarde les autres, on se regarde, et tant mieux car on ne vit pas seul même quand c'est douloureux de vivre avec d'autres, avec l'autre, sans l'autre, même quand les lendemains qui chantent ne sont jamais arrivés et que depuis 1789, on espère qu'en effet, le bonheur est une idée neuve.

Le recueil s'appelle «À la limite du prince charmant». Il se termine par ces quelques vers:

un mien ami disait l'autre jour que la poésie ne sert à rien
et que c'est ça qui est beau
je ne le crois pas
la poésie est utile à la respiration
c'est de l'air infrangible qui passe par le mufle des rêves

On ne peut mieux dire. (J.R.)

Serge Noël, À la limite du prince charmant, l'Arbre à Paroles, Amay, 2018, 17€.

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