semaine 48

Chemins noirs - Poèmes inédits de Serge Noël

Le Chant la vie par Serge Noël, le 06 novembre 2020

Une photo que Serge Noël appréciait. Photos © Jean-Frédéric Hanssens

Serge avait commencé à écrire des poèmes inspirés par quelques unes de mes photos qu’il avait choisies. Il m’avait dit, dès que les poèmes écrits en regard des dessins de Roger Somville sont terminés, je poursuis avec « Chemins noirs ». Ce mardi 27 octobre, en début en soirée, il est parti pour une destination inconnue, laissant encore ces quelques traces indélébiles de son art. Il se nourrissait de poésie pour y puiser la force de lutter pour un monde meilleur.
Jean-Frédéric Hanssens

Poème écrit sur base de la photo  ci-dessus

vois la petite rose noire

pousser dans la boue l’amertume

ô jour enfant où vient l’espoir

frapper de ses pieds le bitume
 

qu’est-ce qui reste de vos jeux

dans la poussière et dans le vent

vous êtes beaux et courageux

puisque vous êtes des enfants
 

et sur les épaules du monde

moineaux nés de l’ambre et du miel

contre les lois les gens immondes
 

les peurs les haines démentielles

vous chantez vous menez la fronde

vos poings tendres levés au ciel

fleur de rêveurs rose des vents

tu te souviens de moi souvent

tu ris tu pleures et comme avant

tu vas-tu regardes devant
 

marchons alors et sur les routes

dans les villes immenses amères

emporte espoirs songes et doutes

tu penses à moi qui suis ta mère
 

à moi de ta mère les yeux

la voix le chant l’odeur d’été

sous un ciel pâle toujours pluvieux
 

bois l’aube chaude comme un thé

quand le sommeil est oublieux

marche je suis ta liberté

aveugles de leurs yeux de marbre

ils ne regardent qu’en dedans

nous sommes au désert comme l’arbre

plaie ouverte rage de dent
 

nos mains frappent les chauds tambours

et de nos voix scandent les chants

dans leurs villes et dans leurs faubourgs

ils ont des rêves noirs méchants
 

ils font de nous les criminels

qui les hantent aux petites heures

fantômes étrangers éternels
 

ils vendent leur âme pour la peur

pourtant c’est nous les sentinelles

de nos cœurs humains et des leurs

sur ce banc je suis seul et nu

devant les rideaux qui s’effacent

toujours perdu et revenu

revenir et perdre la face
 

les allées mènent au bout du monde

mais ils ne comprendront jamais

la vie que j’ai la vie immonde

ils croient qu’on est toujours en mai
 

et que les hivers passent à l’as

l’hiver la faim la nuit tombant

dans les rues le bruit et la crasse
 

je suis seul et nu sur ce banc

sous un crachin gris dégueulasse

comment leur dire ce ciel plombant

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