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En collaboration avec les Presses Universitaires de Bruxelles

Gaza : sur le délire d’injustice

Les indignés par GL, le 15 mai 2018

Des Palestiniens ont peint leurs visages comme des personnages du film "Avatar" lors de la sixième semaine des manifestations pour le retour #Greatreturnmarch dans Gaza sous blocus. Photo @saidkhatib /AFP).

Philippe TANCELIN, poète et philosophe français, lance un cri d’alarme aux opinions publiques : « Non! Pas par désespoir.... ».

Quand la plupart des dites démocraties à travers le monde ont pu s'enorgueillir au cours de leur histoire respective de la résistance de leur peuple aux oppressions, aux occupations dont ils ont été victimes, quand ces mêmes démocraties imbues de leurs droits et de leur lois, consomment le déni de révolte du peuple palestinien contre le supplice moral et physique qui lui est infligé depuis des décennies, alors que reste-il à ces démocraties de dignité et de respect de leur propre mémoire? Que reste-t-il de foi en leur parole et leurs accords?

Lorsque dans des organes de presse de ces démocraties, victimes et bourreaux, armées et foules poitrines droites, colons expansionnistes et colonisés reclus, terres volées et territoires occupés sont mis sur le même plan de nomination, que reste-t-il du langage? Que reste-t-il des mots pour dire le délire d'injustice, la corruption des pouvoirs?

Lorsque sur les scènes diplomatiques l'impudeur pour ne pas dire, l’obscénité des réprobations officielles, confine à cette maltraitance du verbe humain par le retournement de son sens qui ferait surgir une légitimité du crime de guerre au nom de la défense de frontières, contre une illégalité du droit de révolte des enfermés, que reste-t-il de la leçon d'histoire d'une lutte des peuples pour leur indépendance?

Quand dans cette civilisation du chiffre, des dizaines d'assassinés et des milliers de blessés, des centaines de milliers de marcheuses de marcheurs "pour le retour" ne font plus le poids des mots ni le choc des photos, que reste-t-il?

Doit se lever notre louange du courage, non pas de mourir pour la liberté mais de vivre, de courir de toutes ses forces, de tout son imaginaire d'horizon, de toute sa volonté de crier son devenir libre dans chacun de ses pas précipités contre ce qui y fait obstacle, contre les murs, contre le déni qui voudrait l'anéantir mais jamais n'y parviendra pas... car l'effort splendide, l'ardeur des palestiniens ce jour ne se puisent que dans l'espoir: cet espoir qui sait prendre le risque de l'accident de mourir pour le désir éternel de vivre devant soi.

 

 

 

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