semaine 25

Équipée Magritte

Pérégrinations par Lucie Van de Walle, le 21 mars 2019

Sonnette de la maison de René Magritte, sésame pour un tour en coulisses.

Les trajets s’évaluent depuis le lieu de départ. Plus que jamais, il  est de bon ton d’utiliser les transports en commun et je m’y applique avec une belle régularité. Cela ne va pas sans complications ni perte de temps, parfois importantes. Rater une correspondance entre metro-tram-bus et voir s’afficher un nouveau délai d’attente qui peut monter jusqu’à 20 minutes ou davantage peut  provoquer un dépit qui fait instantanément s’évanouir les meilleures dispositions "climatiques". 

Mais ce premier jour du printemps me fait oublier les contorsions STIB qu’il a fallu pour atteindre - d’une Commune bruxelloise à une autre -  la maison qui pendant 24 ans fut le domicile du célébrissime artiste peintre René Magritte. 

Rendue à l’arrêt "Cimetière de Jette", je m’attends à trouver une indication m’indiquant le trajet – pédestre cette fois – pour atteindre ladite maison. Nenni ! Je m’adresse à une passante qui semble être du quartier. Maison Magritte ? Cela doit être une maison de repos À une autre : Magriet ? Elle ne travaille plus ici. Je me pince puis plonge dans l’application géolocalisation. 

De l’extérieur, la maison René Magritte est parfaitement quelconque. De l’intérieur – où est conservé le mobilier d’origine – elle est tout aussi ordinaire. Ce qui est extraordinaire, c’est que ce lieu tellement conventionnel a abrité un créateur aussi imaginatif et productif que René Magritte. 

Du fait de ses six chiens successifs, tous de type Loulou de Poméranie, le couple formé par René et Georgette avait besoin d’un logement au rez-de-chaussée avec jardin. En revanche, s’il existe bien au fond du jardin un studio destiné aux travaux de publicité, c’est dans la salle à manger, endroit étroit et obscur contigu à la cuisine, que Magritte peignait ses tableaux. On reste aussi perplexe en visitant le salon à l’air stupide où, avec d’autres artistes, Magritte concoctait de multiples extravagances "surréalistes".  

Le Musée René Magritte (à ne surtout pas confondre avec l’autre Musée Magritte qui est une section spécifique des Musées Royaux des Beaux-arts à 1000 Bruxelles) est géré par une ASBL qui organise les visites des lieux dont les étages sont essentiellement consacrés à des éléments biographiques liés à l’artiste. Il y a pas mal de photographies, des documents écrits, des affiches, dont par exemple celle du film “Michel Strogoff”, des objets, comme ce bilboquet en bois, figure récurrente dans plusieurs toiles. On trouvera aussi quelques gouaches et dessins. 

Locaux mal éclairés, présentation en vitrines dépassée, il n’en demeure pas moins que cette visite amusante par certains côtés, amène un côté coulisses bien intéressant. Si quelques décideurs le voulaient, avec des idées et forcément quelques finances, il y aurait moyen d’améliorer les conditions de visite de cette maison elle aussi, à certains égards, complètement surréaliste. 

Musée René Magritte : rue Esseghem, 135, 1090 Bruxelles. Se visite du mercredi au dimanche de 10 h à 18 H.      

voir : www.magrittemuseum.be

 

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Commentaires

Portrait de Jean Rebuffat
Lucie, je ne suis absolument pas sûr que c'est plutôt l'intérieur de la maison de Magritte qui dénote. Je pense que l'homme était en effet aussi un petit bourgeois promenant son chien et qu'il n'avait finalement que très peu le côté artiste maudit... D'ailleurs sa peinture est plus intéressante au niveau historique qu'au niveau de la qualité: il n'est pas spécialement doué. Je n'ai cependant pas dit qu'il ne peignait que des croûtes :-) mais le personnage est selon moi surtout important dans l'histoire de l'art comme manieur de concepts.
Portrait de anonyme
Pour moi, Magritte est un peintre neo-classique. Néanmoins, le type de contrastes et d'associations d'éléments picturaux nécessite des dispositions créatives particulières. Je me suis demandé si son côté plan-plan, charentaises et chien d'appartement, n'était pas une sorte d'image qu'il a voulu donner, comme s'il s'agissait par ce choix de se démarquer précisément des "artistes" qui ne doivent pas être obligatoirement maudits pour être talentueux. Hypothèse donc.

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