semaine 38

Chicago Green

Pérégrinations par Lucie Van de Walle, le 04 septembre 2019

Chicago Skyline, vue depuis Lincoln Park Photo © Lucie Van de Walle

Chicago : Four Seasons, Marc Chagall (1972) Photo © Lucie Van de Walle

Il ne s’agit pas ici d'un commentaire sur un club de golf dans l’Illinois ! Je veux juste partager mon enthousiasme pour cette ville qui pourtant est d’évidence liée à la criminalité. En 2018, le score fut de 2.355 « shooting incidents » dont 524 homicides, auxquels il faut ajouter des vols en pagaille. Ces chiffres seraient en diminution par rapport à l’année 2017 tandis que l’objectif est de ne pas dépasser 200 morts par balle. Pour commencer, il faudrait que la police cesse de tuer ses concitoyens. Ainsi, pas sûr que Chicago soit une destination de rêve.

Nonobstant, poussée par mon attirance pour les grandes villes, j’ai parcouru cette mégapole, avec une enviable (?) inconscience, sans m’inquiéter de me trouver dans la trajectoire d’une balle perdue. Du reste, tout semblait calme et sans aucun doute n’ai je pas traversé les quartiers livrés à la misère et aux gangs.

En revanche, en ces temps de climatocatastrophisme et climatoscepticisme que l’on perçoit comme être surtout américain en raison des tonitruantes et stupides bordées du T President, j’aime corriger cette idée reçue.

Assurément, Chicago n’est pas n’importe quelle ville. Depuis le 19e siècle, elle est tournée vers l’innovation architecturale et culturelle, et elle tranche avec le conservatisme et le puritanisme courant ailleurs. Dûment élue au printemps dernier par une majorité Démocrate, Madame Lori Lightfoot, Maire noire ouvertement gay, tient le volant de la troisième ville des États-Unis qui, assurément, est une ville verte où volent des passereaux.

Il y a partout des parcs publics entretenus avec des espaces de repos et de jeux, avec des fontaines rafraichissantes. Nombre d’avenues et de rues sont plantées d’arbres et pas mal de trottoirs sont agrémentés de parterres aux feuillages harmonieusement combinés. D’imposantes dimensions, des sculptures urbaines créées par Calder, Kapoor, Miro, Picasso, Dubuffet et bien d’autres prestigieuses signatures, ponctuent cette grande cité établie au bord du lac Michigan, une situation qui permet des promenades aux airs de bord de mer. Une proximité qui provoque aussi ce vent quasi constant auquel le chaland est exposé selon l’orientation des rues. En été, c’est d’un effet rafraichissant. En hiver, ce vent favorise l’arrivée d’air polaire.

Outre l’effet décoratif de ces choix « environnementaux », il existe une volonté écologique manifeste. Bien sûr, il y a le chambard de ce métro antédiluvien - à mon avis à classer comme patrimoine industriel - dont les structures aériennes rythment les quartiers hérissés d’audacieux et esthétiques gratte-ciel et dont le skyline rivalise avec celle de Manhattan.Mais le « green transport » date de 2014 avec une imposante flotte de bus électriques quadrillants les quartiers. Il y a aussi des vélos en libre service qui, une fois arrimés sur un charriot, sont à leur point d’ancrage par des vélos cyclistes. Et enfin, le tri sélectif des déchets est partout présent, dans les rues comme dans les restaurants libre-service où sont proposés des emballages ou de la vaisselle recyclable.

Cette généralisation des dispositifs écologico-responsables ne fait évidemment pas de Chicago une ville vertueuse. Livrée au fléau des armes à feu, Madame la Maire fait plein pot de défis. Même pas peur !

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