semaine 38

Colette Belle Époque

Pérégrinations par Lucie Van de Walle, le 18 janvier 2019

"Colette", un séduisant biopic à la mode British. Réalisation de Wash Westmoreland,

Publié en 1910  La Vagabonde  est le roman sur lequel s’achève le biopic « Colette » du réalisateur américano-britannique Wash Westmoreland, fraîchement sorti sur nos écrans. Il a effectivement fait le choix de se centrer sur les débuts dans la vie de femme et d’écrivaine de celle qui est devenue par la suite l’auteure respectée d’une large quarantaine d’ouvrages. Il est vrai aussi que l’existence de la remuante Colette  (1873 - 1954) pourrait facilement être le sujet d’une série répartie sur plusieurs saisons. Choix nécessaire donc de relater une période sans doute séduisante pour le public, laquelle court depuis sa rencontre avec le séducteur - et éditeur - Willy  à l’intrépide de Colette bazardant progressivement  les codes d’alors du mariage. Période aussi qui la voit écrire et publier sous la signature de Willy, les Claudine, oeuvres efficacement rentabilisées par cet époux qui, selon le film, aurait déjà appliqué à ces succès de librairie ce qu’on appelle actuellement le « marchandising ».

C’est en compagnie de la lumineuse Keira Knightley et de Dominic West, ambigu à souhait, que nous plongeons dans le Paris de la Belle Époque. En suivant la trame d’un scénario qui tient de bout en bout, nous suivons l’évolution - parfois surprenante - de l’héroïne que l’on présente comme féministe, en oubliant quelque peu que l’écrivaine menait plutôt un combat personnel aidé en cela par un tempérament audacieux. Par exemple : revendication de son statut d’auteure pour les Claudine ; divorce mais aussi deux autres mariages au compteur ;  liaisons diversement scabreuses ; bisexualité assumée ; finances plus ou moins auto-assurées, notamment grâce à ses spectacles de music-hall et à la générosité de son amante Missy. Surtout focalisé sur Colette et Willy, il serait dommage d’oublier quelques autres rôles dits « secondaires » de ce biopic. Il y  a celui de Missy, compagne intermittente de Colette, incarnée avec classe par Denise Cough et aussi celui de Georges Wague, mime donné par l’élégant Dikie Beau.

Tous ces ingrédients ne font pas du film  « Colette » un chef-d’oeuvre du septième art, mais il est fort agréable à regarder. Au final, il incitera probablement certains à reprendre en lecture quelques titres de cette femme originale dont l’écriture au style imparable lui avait ouvert les portes de l’Académie Goncourt.

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