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En collaboration avec les Presses Universitaires de Bruxelles

D’Air, d’eau, de feu et de terre

Pérégrinations par Lucie Van de Walle, le 22 juin 2018

Un des “Paysages chimiques” (2005-2018) de Hicham Berrrada Photo © Jherrent

“Weather Drawings” (1969) de Marinus Boezem Photo © Jherrent

Avec un titre tel que “Cosmogonies, au gré des éléments”, on ne sait trop à quoi s’attendre. Comme cette exposition se trouve au Musée d’Art moderne et d’Art contemporain, dit le MAMAC, à Nice, on est certain d’être dérouté. Si je résume bien, le propos est, à travers la création artistique, d’approcher les composantes de l’univers.
Sur les traces de Yves Klein qui en 1960 tentait de capter les “Etats-moments de la nature”, d’autres plasticiens se sont dirigés vers l’émergence de formes “assistées” par la nature.
Ainsi cette cinquantaine d’artistes - parmi lesquels John Cage, Denis Oppenheim, Boyle Family, Marina Abramovic, Peter Hutchinson,  Marinus Boezem, Yoko Ono et Yves Klein himself - nous déclinent l’éphémère, l’impermanence.
L’exposition est tellement diverse et foisonnante qu’il est difficile ici d’entrer dans les détails. En fait, ce sont surtout les idées et les modes opératoires qui sont surprenants et parfois beaucoup plus séduisants que le résultat, qui relève beaucoup de l’aléatoire. Et, pour cette fois, j’engage chaque visiteur à lire les notices qui accompagnent les oeuvres.
C’est ainsi que l’on découvre des bocaux de verre dans lesquels l’artiste a enfermé des nuages, ailleurs on voit une collection de vents du monde, matérialisés grâce à des fils de cristal qui furent préalablement placés à l’extrémité de feuilles. Sur un thème analogue, on trouve des coloriages et des lignes galbées des cartes météorologiques. D’autres artistes se rendent encore la vie plus compliquée en exposant des supports variés (et forcément aussi soi-même) aux fumées et émanations diverses. Une telle ira sept fois en Amazonie colombienne afin (entre autres) de redécouvrir onze plantes avec des processus d’extraction des pigments pouvant être utilisés sur des supports naturels, pigments  que l’on peut découvrir sur une série de papiers teintés. Enfin, plus massifs, sont les représentations en trois dimensions de textures du sol de lieux sélectionnées au hasard parmi mille endroits de la planète.
Toutes ces oeuvres sont à la fois poétiques et sophistiquées et montrent comment les artistes évoquent la fragilité de l’ordre naturel et, même si ce n’est pas pour tous toujours leur idée initiale, montent au créneau de la défense de l’environnement.
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“Cosmogonies, au gré des éléments”, jusqu’au 16 septembre au MAMAC, place Klein, 1, Nice
Informations : www.mamac-nice.org

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