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En collaboration avec les Presses Universitaires de Bruxelles

Le Luxe selon Horta et Wolfers

Pérégrinations par Lucie Van de Walle, le 08 décembre 2017

Pendentif  "Cygne et Serpents" (1899) or, émail, diamant, perle. Signé Philippe Wolfers.

Partout à Bruxelles on peut voir l’affiche montrant un bijou emblématique de la célèbre Maison Wolfers Frères. Très difficile d’ignorer ici que le Musée du Cinquantenaire vient – dans ses locaux- de rouvrir à l’identique l’intérieur de cette fameuse joaillerie bruxelloise dont une large série de chefs-d’œuvre signée par le créateur « maison », à savoir Philippe Wolfers (1858-1929). 

Cette joaillerie doit sa célébrité à plusieurs éléments. 

Autour des années 1900, la firme Wolfers était un des plus importants producteurs d’argenteries et de bijoux et s’est, avec talent, rapidement distinguée par d’exquises pièces Art Déco et Art Nouveau. Du reste, c’est l’architecte Victor Horta qui signait en 1912 le magasin Wolfers rue d’Arenberg à Bruxelles. Les vitrines travaillées, les comptoirs en acajou, les tissus utilisés, et même les portes d’origine sont désormais rendus au plaisir du public.  

On y trouve forcément les incontournables de la bijouterie Wolfers Frères dont le délicat modèle « libellule » dans différentes variations. À titre d’information, les prix d’acquisition de certains bijoux pouvaient représenter le salaire annuel d’une domestique sinon d’un fonctionnaire. 

Sphinx mystérieux (1897), ivoire et argent. Charles Van der Stappen 

Néanmoins, une bonne part des vitrines sont occupées par des pièces venues des « greniers » du musée, dont 80% n’avaient jamais été exposées. Par exemple, ces œuvres emblématiques de l’art nouveau dont ces chandeliers de Henry Van de Velde, ces vases d’Émile Gallé ou de Jacques Grüber, ou encore, ce coffret de Philippe Wolfers, qui ne dessinait donc pas que des bijoux. On peut aussi noter les matières utilisées pour les réaliser, matières qui sont souvent combinées entre elles. Il y a l’argent bien sûr, l’or, les pierres précieuses, la porcelaine, mais aussi quantité d’ivoire, ce qui est inimaginable aujourd’hui. Sous nos cieux, en principe. 

On sait que l’Art Nouveau, versant architecture, amène déjà beaucoup de visiteurs à Bruxelles. Avec l’exposition Horta & Wolfers, le Musée du Cinquantenaire contribue à aimanter davantage les amateurs de ce style si longtemps décrié et qui jouit à présent d’un large regain de faveur. 

"Horta & Wolfers" : Musée du Cinquantenaire, Parc du Cinquantenaire 10, 1000 Bruxelles. Jusqu’au 31 décembre 2018. 

http://www.kmkg-mrah.be/fr/informations-pratiques 

 

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