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En collaboration avec les Presses Universitaires de Bruxelles

Orfeo et Majnun  : Un projet interculturel de L’Opéra La Monnaie

Pérégrinations par Lucie Van de Walle, le 08 février 2018

Orphée ramenant Eurydice des enfers, toile de Camille Corot. 

Jusqu’il y a quelques jours, j’ignorais l’existence de la fable Leïla et Majnun. Il s’agit d’une légende pré-islamique transcrite en farsi et contant l’histoire – vraie, dit-on - du poète Imrou’l Qays, lequel poète sombra dans la folie à cause de sa passion pour la belle Leïla. Cette histoire peut, quelque part, se rapprocher de la légende grecque antique d’Orphée et d’Eurydice. Orphée était poète et musicien. Ces histoires anciennes d’amants malheureux ont, chacune de leur côté culturel, été à la base de créations importantes, picturales, musicales et même cinématographiques. 

On sait que Orphée et Eurydice de Monteverdi a joué un rôle majeur dans la naissance de l’opéra occidental, tandis que Leïla et Majnun fut le premier opéra arabe, lequel fut créé à Bakou sur une musique de Uzerir Hajibeyov, un compositeur d’Azerbaïdjan qu’on m’excusera, je l’espère, de ne pas connaître. 

Cela étant, l’Opera Royal de la Monnaie à Bruxelles, a choisi de combiner ces récits et ces personnages dans un événement inséré dans un “Communty Project”, qui est une coopération transnationale soutenue par “Creative Europe”. J’ajoute ici que La Monnaie vient d’être nominée par les « International Opera Awards » dans la catégorie « Education and Outreach » et reçoit ainsi une belle reconnaissance pour son engagement sociétal et sa tradition pour les projets sociaux et éducatifs qui visent à ouvrir l’opéra et la musique classique à divers publics. Car oui, par différentes actions sur lesquelles on pourrait à l’occasion revenir, l’opéra La Monnaie tente de se mettre à la portée de personnes fragilisées et “Orfeo & Majnun” en est l’exemple. 

Très populaire, le récit de Majnun et Leïla illustre l’amour fou à la mode orientale. 

Le programme Orfeo & Majnun est réparti en deux parties. Le premier volet est participatif et rassemble depuis plusieurs mois déjà des jeunes et citoyens divers puisés dans des écoles, des centres culturels, des espaces publics où sont développés toutes sortes d’ateliers, par exemple de chant, de gestuelle, de théâtre d’ombres. Ces participants se mettront en route pour un parcours intitulé ”Love, Loss & Longing” (décidément La Monnaie se la joue vraiment très anglophone). Cette procession fera événement à Bruxelles le 30 juin à 15 h 30. 

L’autre volet sera un spectacle de théâtre musical au sens propre qui sera donné le 29 juin à 20 h. Il  est, comme il se doit,  intitulé  Orfeo & Majnun. Les spécificités culturelles se feront écho dans ce spectacle chanté en anglais (!) et en arabe et raconté par un narrateur.  De son côté, l’orchestre sera composé d’instruments occidentaux et orientaux. Techniques du théâtre d’ombres et images vidéos créées en temps réel complèteront cette soirée qui réunit aussi des choeurs amateurs, des choeurs d’enfants  et des manipulateurs de figures du théâtre d’ombre.

Pour l’heure, tout cela mijote gentiment au coeur des quartiers, dans des endroits, a priori improbables, de Bruxelles, le tout dans une effervescence que l’on peine à vraiment imaginer. On se doute que cet événement assez tentaculaire réclame une solide organisation. L’équipe artistique composée de professionnels représentant tous registres de la création, oeuvre au quotidien à la réussite de cette fête à la fois musicale, interculturelle et – largement – participative, ce qui en fait le principal intérêt. 

 

 

 

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