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En collaboration avec les Presses Universitaires de Bruxelles

Parenthèse new-yorkaise

Pérégrinations par Lucie Van de Walle, le 08 juin 2017

Pause-déjeuner à Bryant Park © jherrent

Quelle information prodigieuse ai-je ramenée de New York? Pas la moindre, sinon que cette ville unique ressemble toujours à elle même et, a priori, ne paraît pas encore être affectée par les remous qu’occasionne le très spécial Président des USA. Bien sûr, entre les chaînes de télévision qui diffusent non-stop des programmes culinaires ou des talk-shows invraisemblables, on peut en trouver qui sont centrées sur le débat politique en cours. Le tout étant naturellement interrompu par d’interminables tunnels publicitaires. Probablement l’Américain affamé ne parle-t-il pas politique dans les restaurants où se côtoient des écrans L au XXXL, exclusivement liés à des chaînes de sport et dont le son est systématiquement coupé. Se juxtaposent alors les matches de base-ball, de rugby et de hockey sur glace, dont le public est très friand de ce côté-là de l’Atlantique.

Bien sûr, dans cet incomparable pôle culturel où chaque visite, dont celle au Whitney Museum of American Art avec son actuelle biennale d’art contemporain ou bien à l’étonnante Morgan Library, aurait largement mérité d’être détaillée. Mais devant l’ampleur de la tâche, je me contente d’évoquer les squares et parcs de cette ville – du moins dans Manhattan – qui sont nombreux et très fréquentés à la belle saison.

Le calme logiquement recherché dans ces parcs et squares est réparti de façon manière inégale dans cette ville en chahut constant.

En termes de bruit, et parmi les nombreux sites visités, la palme revient au propret Freeman Park situé au cœur d’un lacis de voies rapides et où néanmoins des chaises de jardin de couleur verte avec parasols assortis et une petite fontaine invitent le riverain à se détendre. Niveau vacarme, le second prix est attribué ex aequo au très couru Bryant Park entouré de gratte-ciels faisant caisse de résonance au bruit des véhicules en rotation dans les environs, prix donc partagé avec le petit Herald Square coincé entre les magasins Macy’s, H&M ou Gap et où des personnes sirotaient vaillamment leurs sodas ou consommaient leurs glaces synthétiques. Leur résistance aux décibels est certainement différente de la mienne.

Plus bucolique est l’assez spacieux Washington Square Park qui est le refuge de pas mal de musiciens, tandis que le modeste et plus ou moins tranquille Sheridan Square est dédié aux personnes LGBT (Lesbian,Bisexual,Gay,Transgender).

Dès les beaux jours, tous ces lieux sont très animés. Bien sûr, beaucoup de New-Yorkais viennent y pique-niquer montre en main. Mais ceux qui disposent d’un peu de temps ont le choix parmi une série d’activités dont la variété et le nombre laissent pantois. Un peu partout on trouve des initiatives que je qualifierais “d’éducation permanente” et l’un des endroits les plus nantis en matière d’offre d’animations organisées et d’ateliers est Bryant Park. Il y a des espaces de lecture – adultes ou enfants – avec des albums, romans, magazines et journaux frais à disposition. Un lieu pour des poètes ou des conférenciers. Des concerts y sont régulièrement donnés selon un horaire et un programme annoncés. Des espaces de jeux sont réservés à la pétanque, au ping-pong ou aux parties d’échec et autres jeux de société. Il y a aussi des leçons de tricot comme des cours de langues étrangères. Pendant l’été on y propose du théâtre. En ce moment Shakespeare y est mis à l’honneur.

Le tout est gratuit et en plein air, mais je ne sais pas ce qu’il en advient en hiver.

Plus couramment dédié à la promenade et au jogging, il y a la superbe High Line et ses espèces végétales préservées, le Battery Park le long de l’Hudson River, sans oublier Central Park où en fin de journée – et sur des itinéraires réservés – se talonnent les coureurs selon un rythme qui fait songer à un marathon au quotidien.

Qu’en est-il des compagnons à quatre pattes? Les maîtres qui veulent permettre à leur animal de courir sans laisse les emmènent dans les parcs proposant des espaces spéciaux et donc clôturés. Ils sont parfois aménagés de pistes, équipés de petits obstacles et toujours de fontaines destinées aux chiens, avec une séparation prudente selon le poids : moins de 22 livres ou plus de 22 livres! C’est ce qu’on appelle de l’organisation!

Pour beaucoup, tout cela semble être des détails, mais ils sont de ceux qui – du reste comme toute initiative culturelle au sens large – améliorent la vie, surtout s’ils sont à portée de tous. À New York comme ailleurs!

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