semaine 34

Demain on rase vert

Pasta par Michel Noirret, le 18 février 2019

Dessin de Wich

Étonnant ! l’auriez-vous cru ? À part les écolos (qui le sont depuis leur création*)  voilà des décennies, que dis-je ? Des siècles ! qu'on avait que des écologistes au pouvoir. Et on ne s’en rendait pas compte. Tssss ! 

Toutefois, si notre environnement a quelques soucis de santé, ils n’y sont pour rien. C’est la faute à la mauvaise volonté de la nature qui ne comprend rien au productivisme, à la croissance, à l’épanouissement des dividendes et à la réélection au prochain scrutin.

Le barnum législatif ("Lèche la tif", comme disent les journaliste de le RTBF et probablement d'autres)  approchant, tous les politiques, de droite et de gauche ayant déjà largement contribué au désastre, malgré les nombreux avertissements de scientifiques, vont nous expliquer comment après nous avoir délibérément submergé dans leur merde, vont nous en sortir.

D’ailleurs, ont-ils jamais fait autre chose ? 

C’est un métier.

Il n’y a donc qu’à les croire, ce sont de grands professionnels.

Les plus impressionnants se trouvent au MR, ( Mouvement Réformateur- Ça ne veut rien dire, en tout cas pas ce que ça veut réformer, ça mange pas de pain et ça ratisse large) conseillés par une officine MRdique Le Centre d’études Jean Gol, un nid de docteurs en philosophie. Certes, on savait la philosophie malade, mais l’attitude des Diafoirus philosophes tourne à l’acharnement ontologique. Peut-être conviendrait-il de rebaptiser ce centre en Centre Jean Lol.

Pour étayer sa thèse des avantages de la privatisation pour la protection de l’environnement, dans L’Écho du 11/02, Corentin de Salle, le chef des penseurs du Centre y va franco de la métaphore, comme Bison bourré suite à son troisième verre de cognac après le déjeuner au volant de sa voiture : « Buuurrrrp ! Et maintenant, je fonce ! » Si les baleines étaient privatisées et qu’on leur implante des GPS, on saurait qui les décime.

Corentin de Salle devrait de temps à autre sortir prendre l’air pour se délasser de ses fatigantes études : il saurait ainsi que la décimation systématique des baleines est le fait d'entreprises de pêche japonaises, norvégiennes et islandaises.  Mais ça, il ne faut pas le dire, ça peut nuire au commerce. Et un libératichon (les prosélytes du libéralisme sont des propagateurs de la foi) ne peut aller à contre-courant des dogmes et de ses propres métaphores.

Notez qu’il aurait pu parler des abeilles, qui, elles, sont déjà largement privatisées par les apiculteurs. Pas besoin de leur implanter des GPS pour savoir qui les décime. Ce sont les fabricants de poison à destination des entreprises agroalimentaires. Rien que d’honnêtes commerçants ! Il ne convient donc pas de les dénoncer sous peine de nuire à la Libre Entreprise. Et puis, une abeille c’est tout petit, ça s’écrase d’un coup de tapette, tandis qu’une baleine, c’est d’une autre superficie et ça vous pose une entreprise dans l’échelle des valeurs libérales.

Corentin de Salle n’a donc pas démérité du MRdalors

Afin de maintenir sa cote de popularité, et tenir en haleine son fan-club, il a récidivé dans la Libre Belgique du 13/02.

L’écologie ne sera pas verte, di-il en substance, mais bleue. Parait que les libéraux, c’est bleu et qu'il faut  accorder l'environnement et le libéralisme. Bientôt sera mis au point un système permettant aux files de camions qui encombrent les autoroutes, de lâcher un élégant panache de fumée bleue au lieu de noire. Ce sera un grand progrès écologique.

Il a invité, élections obligent, un incertain David Clarinval, député fédéral, à co-signer le poulet. (Aux hormones). Je ne sais pas si l’incertain Clarinval a vraiment lu le texte avant. En tout cas, je crains (ou plutôt, je me réjouis) que ses électeurs trouvent, tant qu’à être pris pour des cons, qu’il vaut mieux voter pour Laurent Louis. (Il existe encore çui-là ? Sinon, faut le ressusciter).

Il semblerait donc que toutes ces associations et partis écolos seraient paternalistes, anxiogènes, moralisateurs, dirigistes. Waouh ! tout ça pour des petits artisans ! Eh oui, ces malfaisants font savoir aux populations qu’il vaut mieux, dans l’intérêt de l’environnement, limiter ses déplacements en avion, acheter local, manger moins de viande, etc. Quel dirigisme ! Tandis qu’avec la méthode libérale, pas de conseils, pas de paternalisme, pas d’angoisse, pas de dirigisme. Le caddie est votre seul guide ! Il y a pas le choix, il y a rien d’autre, sinon les restos du cœur. Alors, « Ta gueule et suis les rails qu’on a installés pour toi, suis bien les prescriptions du bon docteur Pub. Ne les quitte surtout pas au risque de tomber dans les mains des paternalistes, des moralisateurs, etc. »

Mais c’est pas fini. On ne manque jamais de bonheur avec les intellos du MRdalors.

Résumons la suite de la pensée de Salle ( de garde ?) dans le même journal : il ne faut surtout pas s’arrêter de saccager notre biotope, car ce saccage a permis de faire avancer les connaissances et si nous persévérons nous serons à même de gagner la bataille.

Me vient un doute terrible!  Corentin de Salle, sous ses airs de libératichon serait-il un adepte de Karl Marx infiltré?  Car son raisonnement rappelle celui du Manifeste du Parti communiste : construisons un Etat fort, très fort, qui nous permettra de détruire l’Etat.

Le résultat dépassa toutes les espérances, du moins en ce qui concerne l’Etat fort.

Mais je fais référence au grand Karlos pour faire étalage de mon immense culture politique.

J’aurais pu faire plus simple: la pensée de Corentin de Salle et de ses acolytes ( invétérés ?) relève de celle de Gribouille : se jeter à l’eau pour éviter d’être mouillé par l'orage .

Que le Monstre en Spaghetti Volant vous touche de son apprendice nouilleux

Ramen.

* "Le truisme est un tigre de papier qui sera vaincu par l'infatigable détermination des larges masses populaires". Président Mao Tsé Noirret.

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