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En collaboration avec les Presses Universitaires de Bruxelles

«La droite m’a tuer»

Pasta par Michel Noirret, le 05 avril 2018

Dessins de Wichel

J'ai peu de nouvelles des intellectuels de gauche. C'est de ma faute: je ne les lis plus. Est-ce que ça se fait encore, intellectuel de gauche, sauf parfois pour parader? Alors j'ai changé d'habitude et je lis les intellectuels de droite.

Ces temps-ci La Libre Belgique leur donne allègrement la parole, notamment àceux du MR d’Alors. J’ai failli plusieurs fois avaler ma tartine de travers.

C’est en général au petit-déj que je prends des nouvelles du monde. C’est une bonne idée . Après ça je suis de bonne humeur toute la journée : Chaque jour apporte son lot de forfaitures, mensonges, bombardements, tueries variées, fausses-nouvelles, rien que la binette de Trump montre à quel degré de déréliction nous en sommes.

Et puis essayez de vous tenir la passoire en état de marche au milieu de ce déchainement!

Si bien qu’après lecture, parler à ma compagne, rencontrer mes voisins, dire bonjour au facteur est un moment de vrai bonheur, sans fioriture.

Donc la Libre Belgique du mois de mars sacrifiant à la pensée intellectuelle de droite nous donne une idée de l’élévation du débat politique chez nous.

Par exemple, l’intellectuel Dejardin, juriste de son état, passe en revue tous les derniers scandales financiers et politiques (l’un va rarement sans l’autre), qui ont secoué la Belgique ces derniers temps.

Il fustige toutes ces associations subsidiées qui en profitent pour faire de l’idéologie (rhôôôôô !), d’autres pour caser des copains, d’autres pour engouffrer plein de pognon dans la poche des dirigeants, etc.

Il en conclut QUE ÇA DOIT CESSER !

Non ?

Si !

Eh ben ! Heureusement qu’il y a des intellos pour nous le dire, sinon, on n’y aurait jamais pensé nous-mêmes.

Sur sa lancée d’intellectuel il daube sur la gauche culturelle.

Qu’est-ce que la gauche culturelle ?

Peut-être une blague compréhensible qu’entre amis de droite. En tout cas, je connaissais pas. Je devrais sortir plus.

J’ai pas bien compris, mais quelque chose me dit que ce doit être par exemple des écrivains, des théâtreux, des peintres, des musiciens, des chanteurs (depuis que Sardou a pris sa retraite il y a en effet un manque dans la droite culturelle) etc. qui ne chantent pas, ne mettent pas en scène la beauté, la densité d’une existence de SDF sur les trottoirs de nos villes, grâce à la volonté inébranlable des politiques libérales. Des gens qui, plutôt que de se réjouir des bénéfices faramineux des dirigeants de Google, d’Apple, Amazon, pour citer les plus connus, tirent une gueule jusque par terre, comme on dit dans nos contrées, à la description de leurs exploits financiers, des musiciens qui n’écrivent pas d’oratorio à la gloire de l’esprit astucieux des évadés fiscaux, etc.

Des jaloux, c’est tout !

L’intellectuel Dejardin, emporté par son désir de donner au cerveau de droite toute sa densité intellective, en oublie les racines du cerveau de gauche culturelle qui existe au moins depuis Victor Hugo, -c’est dire si c’est moderne, hein !- et son ignoble « Les Misérables », lâche attaque contre les petits indépendants qui triment, le pathos indécent du public envers cette Cosette qui, si la Sécurité sociale avait existé, se serait fait déclarer en Burn out par un médecin complice. Ne parlons pas de l’infâme Zola !

Mais il n’est pas tout seul lintellectuel Dejardin

L’intellectuel de Salle - de bain ? À manger ? D’opération ?

D’opération ! Il est docteur.

En philosophie.

Perso, je suis moi aussi philosophe. Mais de comptoir. Au moins quand je dis des conneries j’ai l’excuse d’être bourré.

Je me demande si de Salle pourrait produire un tel alibi.

Il est aussi directeur du bureau d’études du MR d’Alors, le Centre Jean Gol (Droite Jean Gol, serait tout de même plus pertinent que Centre).

Donc, même à jeun semble-t-il, de Salle est du même avis que Dejardin, sur la nécessité d’une droite décomplexée. L’un et l’autre déclarent sans vergogne leur flamme pour feu Daniel Ducarme, député du MR d’Autrefois, le PRL. Comme un vulgaire secrétaire d’État socialiste français, il oubliait de payer ses impôts, ce qui lui a valu quelques soucis avec le fisc et la justice, infiltrés par la gauche, comme chacun sait, et qui voient le mal partout.

Laquelle Gauche n’avait cependant de leçons à recevoir de personne et l’a largement démontré depuis.

Mais ça montre tout de même qu’il était décomplexé, Ducarme.

Normal, un libéral, ça n’aime pas les impôts. Les impôts, ça sert, entre autres, à payer des hôpitaux, des transports en commun, des services sociaux aux pauvres, qui évidemment ne le méritent pas. Sinon, ils seraient riches.

Le MR d’Alors aimerait donc ne plus avoir honte de casser du chômeur, de faire trimer les infirmières, les infirmiers, les enseignants, de ruiner les services publics, etc. Du moins il aimerait le faire sans la moindre ride de contrariété au front, naturellement, en sifflotant, les mains dans les poches.

Ça n’a pas lair facile.

D’autant plus que selon de Salle, la RTBF a œuvré à liquider la « droite intellectuelle ».

C’est exagéré ! il reste tout de même Dejardin et lui.

Perso j’écoute la RTBF depuis bientôt 50 ans, il m’arrive aussi de regarder ce qu’elle produit dans les lucarnes. Ce n’est donc pas à la légère que je déclare que la RTBF n’est ni de droite ni de gauche, bien au contraire !

« Entreprise audiovisuelle de service public, la RTBF est dirigée par un Conseil dadministration (CA) dont les membres sont désignés par le parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, pour la durée de la législature et sur base de la représentation proportionnelle des groupes politiques reconnus » .Y compris le MR d’Alors.

Notre docteur aurait pu profiter des pages qui lui étaient offertes pour administrer une volée de bois vert aux représentants de son parti qui n’ont rien foutu, bande de glands, se sont fait rouler dans la farine , se sont laissé terroriser (si, si !) par ce qu’il persévère à appeler la gauche. Moi aussi faute d’un terme plus adéquat.

Heureusement, que la gauche est là pour ce qu’il reste des intellectuels de droite, sinon elle ne pourrait même pas exister, la droite !

On dit merci qui, Corentin de Salle ?

Un qui m’emmerde cest le Nazillard-en-chef de la NVA, Bart de Wever.

Pas moyen de faire le moindre calembour vaseux -pléonasme, oui, je sais- avec son nom.

Ce peu recommandable individu s’est fait une vertu de démocrate propre sur lui, une aura de respectabilité grâce au VLD, au MR d’Alors et au CD&V.

Historien de son ancien état, il en a sorti une bien bonne sur la manière dont les Romains voyaient et agissaient face à l’immigration.

Évidemment, pas pendant toute la durée de la République et de l’Empire romain, dans les deux mille ans tout de même, mais juste une petite période, durant laquelle, ça tombe bien, les Romains avaient les mêmes vues que BDW sur l’immigration. Laquelle, bien entendu avait les mêmes caractéristiques, les mêmes raisons que celles d’aujourd’hui ! BDW aurait pu faire empereur s’il était né plus tôt.

On peut pas avoir de la chance tous les jours.

Par contre, il ne nous a rien dit de l’approche de l’immigration chez les chasseurs-cueilleurs, les néandertaliens, les Sumériens, etc. Dommage.

Être historien et raconter des histoires c’est pas la même chose, car de nombreux historiens encore actifs lui ont légèrement resserré l’élastique du caleçon, au raconteur d’histoires.

Finissons-en presque avec la Droite pas encore tout à fait décomplexée

À Mons, Il y en a un qui promet ! Il met les Bouchez doubles pour être calife à la place du calife et n’hésite pas à dire n’importe quelle connerie, l’essentiel étant qu’on parle de lui dans les journaux. Ce que je m’empresse de faire, car il ne faut pas perdre une occasion de rire.

« Il y a des atteintes régulières à la séparation des pouvoirs qui viennent de magistrats », hurle en trépignant notre Iznogoud Montois.

Ciel !

Quel dérapage ont encore commis ces suppôts de la Gauche ?

L’un, président du tribunal de première instance de Bruxelles, Luc Hennart, l’autre, Manuela Cadelli, présidente de l’association syndicale des magistrats.

Comme chacun sait, il existe trois sortes de magistrature : la magistrature debout, la magistrature assise (voir Wikipédia pour ceux qui n’y connaissent rien) et la magistrature couchée, comme celle de Vichy qui appliquait sans broncher les pires lois, même rétroactives, du gouvernement Pétain. (On n’en est tout de même pas là ! Question de complexes à surmonter, peut-être ?)

Bouchez-double dans son style hystérico-branchouille-décomplexé bien connu, reproche à ces magistrats de refuser d’entrer dans la troisième catégorie, pire, de le dire publiquement !

La justice en Belgique, comme chacun sait, est dans un état de délabrement avancé. Il pleut dans les bâtiments, les archives entassées n’importe comment s’autodétruisent, les magistrats peuvent repeindre eux-mêmes leurs bureaux s’ils veulent que ça ressemble à autre chose qu’un camping de SDF, l’informatique n’en parlons pas, plus les divers tripatouillages politiques pour la rendre la plus inopérante possible vis-à-vis des amis dans les affaires.

Mais voilà ! faut pas le dire ! surtout pas un président de tribunal !

Tant qu’il ne doit pas passer lui-même la serpillière sous sa table lorsqu’il pleut dans le Palais de Justice de Bruxelles, de quoi se plaint-il ? Revendication de gauche, évidemment ! Qui ne concerne en rien la Justice que le citoyen prend dans la gueule au besoin !

Et la présidente d’un syndicat ! Avoir sur ces mêmes sujets des opinions ! non-conformes, qui plus est, à celles de son employeur ! Où s’arrêtera cette dérive gauchiste ?

« Bouchez, si tu continues

Tu seras pendu par la peau des fesses !

Bouchez, si tu continues

Tu seras pendu par la peau du cul ! » chantent pendant ce temps les petits voyous, graine d’anarchistes, dans la cour de récréation.

Allons ! Allons, Noirret ! Pourquoi tant de haine ?

D’autant plus que, toujours ce mois-ci, le patron du MR d’Alors, le jeune Chastel, nous a assuré qu’il n’y aurait pas de dérive droitière dans son parti.

Faire plus à droite que de gouverner avec un parti peuplé d’admirateurs des Nazillards Flamands (Franckenstein, Jambon de Bâillonne et toute la bande), on voit certes bien comment c’est possible, mais il est encore trop complexé, le MR d’Alors.

Et pour finir, quelque chose qui n’a rien à voir : Un qui savait tout

C’est le curé de Trèbes. Il était sûr que c’était sa foi chrétienne qui avait conduit le colonel Beltrame à son geste courageux lors d’une prise d’otages par un sympathique Padamalgam bien barbu. Agnostique, protestant, bouddhiste, taoïste, athée, pastafari il en eût été bien incapable, c’est sûr.

Mais on dira ce qu’on voudra, Dieu aurait pu récompenser autrement cet acte de foi que par un égorgement. Mais bon, c’est peut-être parce qu’il était aussi Franc-Maçon. Fallait marquer le coup.

Que le Monstre en Spaghetti Volant vous touche de son appendice nouilleux. Ramen.

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