semaine 48

Le père No Way

Pasta par Michel Noirret, le 12 novembre 2020

D'après un artiste bien connu sur un plafond romain

Ceux qui me lisent savent que je ne suis pas un admirateur de Georges-Louis Bouchez, mais ça n’empêche pas de me sentir en parfait accord avec lui sur ce coup!
Il s’agit du projet de la bourgmestre de Molenbeek de suspendre un enseignant pour cause de caricatures du prophète des musulmans montrées à des enfants.
La cause de l’ire mayorale n’est pas la plus intelligente des caricatures qui ait été produite jusqu’à présent.  Le prof pouvait expliquer que la liberté d’expression permettait de publier ça, aussi. Il aurait peut-être dû poursuivre le cours sur l’esprit, l’humour, surtout vache, ça n’aurait pas été inutile. D’un autre côté, si chaque fois qu’un ou une bourgmestre faisait ou disait une connerie on le suspendait de ses fonctions… notez, ce ne serait peut-être pas une si mauvais idée que ça. A creuser.
Je ne sais pas pourquoi le président du MR intitule sa déclaration dans La Libre du 03/11: « ma position est claire, c’est No Way! »
Peut-être parce qu’en anglais, selon lui « No way » serait plus compréhensible, plus fort que « Non »? En cette période de novlangue dans tous les domaines, faut s’étonner de rien.
En tout cas, bien que ma pratique de l’anglais soit généralement limitée à la lecture de modes d’emploi d’appareils numériques, j’ai compris que par « No Way » il voulait dire, et je l’approuve, « non! niet! que dalle! va te faire contempler par le peuple hellène ! »,  en réponse aux projets de sévices administratifs contre un prof peut-être pas très malin, mais on ne l’a pas entendu à ce sujet.
Restons calmes, relativisons:  Dans l’intérêt de la possible victime, l'édile n’a pas fait dresser la guillotine devant l’entrée de la maison communale de manière à ce que la décapitation soit moins artisanale. Elle a, c’est certain, le socialisme à visage humain. Peut-on le portraiturer?
En tout cas mon Georges-Louis préféré (sans lui la vie politique belge manquerait un peu d’ambiance) est un des premiers politiques à prendre aussi clairement position, sans faux fuyants quant à la contamination de la vie publique par l’islam politique et l’ahurissante régression sociale, politique, intellectuelle et culturelle qu’il entraine.
Il serait temps que les élus du peuple professionnels cessent de confondre fond de commerce électoral et principes démocratiques : ils sont sérieusement menacés. Je suis tout de même estomaqué (pour tout dire j’ai du mal à m’en remettre) qu’au 21ème siècle, en Europe, on décapite un enseignant pour cause d’atteinte à la religion. On recule de 300 ans, au temps où les bondieuseries vaticanesques faisaient la loi.
Hélas, l’histoire nous montre qu’il n’est pas nécessaire d’être croyant ou de faire semblant pour commettre des exactions. Des gens sans foi ni loi y sont arrivés, y arrivent encore très bien aussi. La foi ou l’athéisme ne sont pas des brevets de vertu.
Heureux tout de même les pastafariens qui, détenteurs de la vraie foi ne voient aucun inconvénient à ce que certains en aient une autre, ou même plusieurs si c’est leur choix éclairé.
Quoiqu’en ces matières ce soit plutôt l’obscurantisme ambiant qui décide.
Dans l’état actuel des choses, partager un spaghetti avec un coupeur de têtes, un planteur de couteau, un fondu de la Kalash, un homophobe, un antisémite, un barbu plein de sang, etc.. n’est pas envisageable en pastafarisme : le spaghetti, de nature sensible, vomit rien qu’à la vue d’un tel homoncule. J' veux pas qu’homoncule.... hurle-t-il dressé sur ses petites pâtes - oui, oui petites pâtes. (NDA) - Le vomi de spaghetti, c’est pas mangeable.
Le Monstre en Spaghetti Volant, créateur de tout un lendemain de cuite, ne nous fait pas porter le chapeau de ses erreurs. Comme la maman des poissons chère à Bobby Lapointe, il ne fronce jamais le sourcil, ni ne fait la morale. Il se fout pas mal qu’on le caricature, il nous a fait bien pire en créant le monde et le sait. Mais son omnipotence, sa magnificence ne risquent en rien d’être ébranlées par des gribouillis de galopins dans un journal parisien. On dit même que ça le fait rire.
Qu’il vous touche de son appendice nouilleux.
Ramen.

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