semaine 25

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En collaboration avec les Presses Universitaires de Bruxelles

Portrait de André Fromont
Haïculs bénis/André Fromont par André Fromont

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17 juin 2018

L'arbre entier

&

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L'arbre entier

Diffuse des idées d'en-haut

D'un ailleurs aveugle

Par quelques mouvements

Par une coulée du vent

Il possible

En pure souche

Bernard ouvre les yeux

Fin de son temps de pause

La conscience ralentie

Le corps ouvert

À l'heure pile

Il se lève

D'un joyeux déséquilibre du pied

Et saute dans l'inconnu

Le moindre plaisir

Lui est rapide patience

Il piétine humus et feuilles mortes

Et caresse l'écorce de l'arbre entier

Sa main diffuse des idées d'en-bas

Des demi-mots

Des signes de vie

Des colères rentrées

Il regarde vers la cime

Se sent dresseur d'épices

Il marche là où tout se vit

De préférence la nuit

Bernard disparaît dans l'image

Un beau silence le suit

L'arbre entier

Diffuse des idées d'en-haut

Il possible

En pure souche

Sans hâte

Et Bernard est saisi

D'un frisson sauvage

Et sage

11 juin 2018

Ecrit par un autre

&

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Quand par hasard

Le cœur léger

Un sérieux flottement

Une chaude étincelle

M’ébranlent

Les nouvelles...

Choc d’images criblées de balles

Une illusion peut-être

Une bonté des caprices

Je m’approche des autres

Vin et pâtes

Attentions

Intenses odeurs

Pensées douces

Enfin l’unité

Et la vie sans fin

Hauteur de vue

N’est pas hauteur de visions

Pourtant

La suite révèle

L’écho d’une énigme

Quand l’autre est mort

Et que tu restes vivant

Ton réveil efface une vie

Les dernières minutes

Retour ici

Oubli de là

Silence et beauté

Plutôt que je-ne-sais-quoi

Sans lumières

Ce que l’orage provoque

Cette nuit de pleine lune

Quand soumis à soi-même

Insoumis à soi-même

Marc fait grand bruit

Par quoi commencer ?

Tout le mal possible

Au nom du bien

Le courage qui manque

Grandeur de l’idiot utile

Marc parle sur Paul

En fait des vagues

Sang et souffrance

Dans le carton-pâte

Je n’ai jamais revu Marc ni Paul

Seul soudain

Je rêve debout

Leur souvenir mal peint

Je vis sans savoir

Les larbins criminels

Passent d’un corps à l’autre

Pour saisir une lueur

Ils courent dans la pénombre

Je les fixe en photo dérivante

Risque la fuite

Me cogne contre le mur de briques

J’ouvre un œil

Ému

Horrifié par le bruit qu’on fait

Une lampe-tempête à la main

Je vise des pipes de foire

Je brise le cou des reins

Loin de mes rêves

Vivre en fauve

Ou vivre en proie

Ou inventer sa chanson

Ni vainqueur

Ni vaincu

Intranquille

Toujours

À la recherche du discours perdu

Je n’abandonne pas le meilleur

Je suis la seconde près

Je prends la place de l’air

Que je respire

Pour toi

03 juin 2018

Une simple lumière

&

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Une simple lumière

Ma curiosité nomade

Survole une autre mer

Au fond de toi

Le gardien de nuit dort

Le zoo, les enclos

Sont ouverts

Une sorte de salut

Grandiose

Une émotion oblique

Mais à l'envers

Un univers de poussière

Forme une étoile

L'ennemi intérieur

Un gros nazi

Travaille le noir, la peur, la mort

Secret absolu

Cette nuit

Au fond de toi

Les choses sont dites

Une lumière simple

Dessine les ombres d'un midi plein

Tout au fond de l'autre mer

Libérée,

Le gros nazi dort

Avec sa bande

Fossilisé sous les algues barrées

27 mai 2018

Le sourire disparu

&

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Le sourire disparu
La cérémonie commence
Ciel ouvert
La nuit, à contre-jour
Un seul geste m'incombe
Un échange de regards
Sous la courbe de la lune
La tête entre les jambes
Est désir de hauteur
La terre disparaît
Dans l'ombre de nos corps
J'oublie tout
Les colères
Ce que fait l'argent
Le souffle court
Les dossiers oubliés
Les interdits et les lointains
Un vent léger
Porte force vitale
Je suis une plante qui pousse
Pacifique
Face aux yeux plissés des autres
Proches, seuls, ensemble
J'évite
Un mouvement de foule
Comme une coulée de boue
Violent
Sismique
Éruptif
Pire que le mal
Qui vient au rythme
De paroles entendues
Répétées, répétées
Évitons
La fin des rêves
La cérémonie commence
Au creux d'une main
Qui soigne
Le sourire disparu

20 mai 2018

Un léger parfum

&

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Un léger parfum

Une goutte... et le vase
S’ouvre une crise
Imprévisible
Rien ne convient au fleuve en crue
Sans une plainte
Il avance
Il monte
Il ravage
Son milieu et ses marges

A chaque instant fuyant
Un amour est perdu
A chaque signal d’alarme
Un amour est perdu
A chaque fusion froide
Un amour est perdu
A chaque dernier mot
Un amour est perdu
A chaque désir effacé
Un amour est perdu
Sans raison précise

Pedro vire au gris
Le feu dans les veines
Britt joue le silence
Sur ses charbons ardents
May cogne à la porte
Inutile d’insister
Bogdan abat son jeu
Dos au mur
Anne s’oublie
Dans l’horreur du vide

Une goutte... et le vase
S’ouvre une crise
Imprévisible
Rien ne convient au fleuve en crue
Sans une plainte
Il avance
Il monte
Il ravage
Son milieu et ses marges

Et pourtant
Un léger parfum
Trouble
L’obscurité

14 mai 2018

Le retour même

&

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Le retour même

Une nuit solitaire
Long soupir
Derrière un rideau gris
Humide
Tout était prêt
Dans le tunnel du temps
Pour les tremblements du mystère
Les pousses folles
Les vols planés
Emerveillé par la réapparition du même
Yves a le regard troublé
Il manque d’air
Sous les arbres encore nus
L’hiver se brise
Contre un monde qui palpite et chante
Dans le tunnel du temps
Yves respire et s’abandonne
A la fanfare
Soleil

08 mai 2018

Un siège en terrasse

&

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Et si
Vraiment
Rien ne s'était passé
Les piétons figés dans le passage
Et ça ne s'arrête pas là
Simple
Simple simplicité
Glissade retenue sur la peau d'un chien nu
Céline suit la mode
Elle est hors d'elle
Elle veut se faire voir
Céline veut bouger
Dans sa main gauche
Elle a la vitesse de la lumière
Simple
Simple simplicité
Immobile Céline
Sur la passage pour piétons
Et ça ne s'arrête pas là
Quand rien ne se passe
J'offrirais une goutte de ma semence
En échange
D'un siège en terrasse
Simple
Simple spectacle

28 avril 2018

Toute puissance/Petits riens

&

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Toute-puissance/Petits riens

Ainsi
En lisière du monde
Le fil du temps passe inaperçu
La terre en tremble
C'est le prix à payer
Une catastrophe se prépare
Action dans le burn-out
Les lois secrètes du réel
Toujours entre-deux-guerres
Indomptées
Avec en creux
Les plages solaires du rêve
Indomptées

En avant
Toute-puissance
Final de feu
Odeur de poudre
Au fond des sens
En un jeu de hasard qui n'en est pas un

Freine alors
Attendrissement
Grâce infinie
D'un monde perdu
Détails idiots
Ni vrais ni faux

Passion d'un mariage arrangé
De toute éternité
Oui
Le hasard n'en rate pas une
En lisière du monde
Où le fil du temps passe inaperçu

19 avril 2018

Paréidolie

&

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Un nuage, deux nuages
Je peux savoir
Jamais comprendre
Mais que voit-on ?
La répétition générale
D'un univers sans limite
Sans cordon ombilical
Rite de passage
Pour souffre-douleur
Mauvaise foi
Dévoration de l'autre
Allergie aux baisers
Toi, ta rivière écume
Tu vois des formes dans les nuages
Et voilà ton pied qui danse
Avec le vent
Et ton corps suit
Ça chauffe
Tu fuites en avant
Sur le droit chemin
Tu achètes en seconde main
Les indices disséminés
De ton passage sur terre
Ni une ni deux
Cerise et gâteau
Ton histoire est vraie
Leurs lois fourbes
Leur roulettes russes
Je peux comprendre
Jamais savoir
Mais que voit-on ?
Peut-être le vent et tes nuages...

05 avril 2018

Indéfiniment

&

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Dans un non lieu
Indéfiniment
La déesse mère
Avance
Elle se gonfle de
L'éternel recul des neiges
L'eau coule de ses yeux
Sur l'ombre d'un sourire
Sublime lenteur
Elle est force des choses
Elle a les choses en main
Elle avance
Indéfiniment
Elle est agitation migratoire
Elle est tous les oiseaux
Sublime lenteur
Vers ailleurs
Elle est toutes les longueurs d'ondes
Elle est le temps
Indéfiniment
Elle est sourire, elle est son ombre
Elle est sublime
Lenteur
Elle est ailleurs

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