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Portrait de André Fromont
Haïculs bénis/André Fromont

Ah ! Les balles à blanc...

Le 06 juin 2017

&

Image: 

Ah! Les balles à blanc
La contagion
L'impatience d'agir
Ah! Les violentes soutanes
Qui pleurent en public
Et planent au-dessus du soupçon
Ah! Les fureurs glaciales
Après tout ce qu'on a fait pour toi
Les instants d'oubli
Ah! La beauté rebelle
De la fine fleur
Au rire obéissant
Par calcul et par intérêt
Ah! La vie de la rue vue à la télé
L'image évanouie
De tout l'or du monde
Ah! La vie lui manque
Au présent tourmenté
Indéchiffrable

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Du même auteur

Ne pas croire aux fantômes
N’empêche pas d’entendre
Parfois
Les voix de ceux qui ont vécu

Les punaises
Les merveilleuses punaises
Soutiennent des déchirures d’images
Retiennent des fins de phrases
S’abandonnent à vieillir
Sous le feu d’une ligne de soleil
Où danse la poussière
La merveilleuse poussière

Une télé toute ronde sort d’une cloison
Elle joue un combat d’indiens
En noir et blanc
Pour les disparus du quartier
Tous assis sauf un
Qui tourne les boutons
Noirs et blancs
Et couvre l’image de son gros cul
T’es pas transparent, râle-t-on

Dans un souffle du son
Disparaissent les disparus
Et les indiens
Chacun derrière sa punaise
Sa merveilleuse punaise
Machine rouillée
A remonter de temps en temps
Le temps
Le merveilleux temps

Ne pas croire aux fantômes
N’empêche pas d’entendre
Parfois
Les voix de ceux qui ont vécu

07/01/2007

Amoureux du mystère
Et de la clarté lunaire
L'esprit, ailleurs
Attiré par la porte solaire
Le radar humain
Hume dans un demi-sommeil
Les portraits cachés
Dans les histoires familières
La présence de sel
Dans les silences gênés
Le sang versé
Dans les files indiennes

Amoureux du mystère
Et de la clarté lunaire
L'esprit, ailleurs
Attiré par la simple présence
De carrés de lumière
Le radar humain
S'éveille
Il louvoie, tranquille
Dans l'océan immense
Des imprévus
Des champs de vision
Des marches à suivre

Dans ce ciel d'automne
Un fracas de scierie
Implose le silence
Un sursaut de vieille peur me colle à l'écorce d'un saule
De ma tranchée
Mes yeux affolés découvrent l'envol d'une famille de cygnes
Mon corps crispé injecte dans chacune de ses cellules
Une liqueur apaisante
Que je bois chaque jour à la beauté de l'oiseau sauvage.
Que vive en chaque inspiration
Ce terrible baiser de l'effroi qui tue
Et de la splendeur qui bruit.

Choses mentales
De sérieux vestiges
Claire ribambelle
Dans les plumes
Bien des voyages
Aube en soirée
Nuit en fin
Le blanc des lignes
Pas si simple
Le noir des signes
Compliqué
Le bleu de tes yeux
Limpide
Le nez du masque
Étiré
Plus de secret ?
Demi lune
Dis-tu
Dans les plumes
La lune

Emma est pétrifiée
Sa nuit a été blanche
D'histoires revisitées
Mais que voulais-tu, en fait ?
Combien de toujours appelles-tu ?
Un homme timide
Une colère drôle
Les mots dérapent
Personne n'a revu Jules
Le grand jamais, Jules !
Qui traîne là où tournoie la poussière
Emma est pétrifiée
Petites crises, vertige, fleurs de peau
Du balcon, elle regarde les saisons
L'ordinaire, encore
Elle suit des yeux un nuage
Et accepte ce qui arrive
Emma dérive
Chassée d'elle-même
Elle sort du bois
Traverse au rouge
Fait face à ce qui aurait pu arriver
La pluie fraîche éteint sa douleur

2017

Une promenade sur les hauteurs
Le torrent est en crue
L’odeur de l’herbe est dans le vent
Un orchestre joue
Mes secrets
Mes confidences
Hors de portée
Oiseau rare ou…
Ver de terre
Zone ouverte ou…
Surface des choses
L’air est frais
Sur les hauteurs
Lumineux
Une vie très simple
Pierre de désert
Sens unique(s) ou…
Paradoxe(s)
Poursuites aveugles d’une hasardeuse
Images simultanées
À la surface
Faut que je bouge
En zone ouverte
L’eau est claire
Sur les hauteurs

Lune de mai

Christian dort en tremblant
Sur le sable chaud
Hanté par le souvenir
D'une lune de mai
En 1955
Sur la route Latérale
A Marchienne-au-Pont
L'astre énorme collait
Au pare-brise arrière de la Chevrolet
Menaçant
Un peu à l'écart et partout autour
Les feux follets des industries
Et leurs reflets vibrants
Sur les eaux sombres du canal
Christian portait ses habits du dimanche
Sur la banquette de la Chevrolet
Il ne dormait jamais quand
De retour du café enfumé de la tante Renée
Place de la Digue à Charleroi
Venait le soir intense et coloré
Le long du canal
A Marchienne-au-Pont
Christian rêve éveillé
Assis sur le versant clair de la lune énorme
Il regarde les lumières folles
D'il y a 60 ans
Sur la route latérale
À Marchienne-au-pont
Et la fumée des cigarettes
Emprisonnée dans le café de sa tante
Place de la Digue
A Charleroi

Fromont, 2016

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