semaine 39

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En collaboration avec les Presses Universitaires de Bruxelles

Portrait de André Fromont
Haïculs bénis/André Fromont

A décharge de mon pas libre

Le 02 octobre 2017

&

Image: 

A décharge de mon pas libre

Comment
Je m’isole dans cette décharge
A l’entrée de Galaxidi
Pourquoi
Quand
Mes amis montent vers le paysage
Une fleur jaune
Vive
A vaincu mon regard

Ici encore
Le hasard crée l’original
L’original crée la copie
La copie crée l’original
Facétieux Hasard
Quand
Mon pied heurte
Un volume en forme de livre
10/18
Calciné
Terreux
Camouflé
Comment
Mes mains détachent
Une à une
Ces pages improbables
Pourquoi
Émerge
Dans un feulement de plastique
Un mélange
De couleurs, de poussières, de plissures
Aquarelles délivrées
Quand
Mon souffle chasse les brouillards
Mon Nikon cadre, numérise, mémorise
Les images orphelines font
« M’as-tu vue ? »
Pourquoi
Aussitôt
Le soleil éteint ce qui s’expose
Bref
Quand
Une bourrasque lumineuse joue
Dans un envol éclair
Fellini Roma
Quand
L’air vicié du dehors défait
Les fresques antiques du sous-sol
Alors
Mon pied droit shoote
Dans le livre
Éventail planant
Étripé
Mort
Incinéré

Ici
Encore
Le hasard crée l’original
L’original crée la copie
La copie crée l’original
Saisissant hasard
Quand
A nouveau devant un paysage
Singulier
Je suis une copie originale
Le pas libre
Où…

Galaxidi, juin 2007
Texte du film « Aquarelles calcinées »

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Tout paraît si calme

Dans le territoire des filles

Le reste du monde

Sur son fil tendu

Ne cesse d'être envieux

Michel se fait oublier

Albert se reproduit

Luc attend la bonne réponse

Jean reproduit Albert

Moi

J'ai l'insouciance du plongeur

Je fends l'air

Je te cherche

C'est après toi, personne

Tout vibre

Sombre cascade

Chuchotements résignés

Colère du ciel

Partage des larmes

Jusqu'à l'assèchement de l'œil

Je m'écrase lourdement

Sur le reste du monde

Tout paraissait si calme

Dans le territoire des filles

Entrent Par la fenêtre ouverte

Et les bruits de la nuit

Et des lamelles de temps

Et des empires disparus

Dans des spirales de poussières

L'univers connu

Si compliqué

 

Ray existe à peine

Roi déchu

D'un chœur souriant

Une ombre, un reflet

Rien de plus

Soudain

Un vague souvenir

Une étoile morte

Éveille ses sens

Emma dévisagée

Sur les marches du musée

Son innocence précoce

Ses yeux miroir d'eau

Son goût du feu

Son derrière docile

Ses secrets

Ses absences

Sa brusque disparition

Nuage d'écume

Évaporé

Une nuit de mer

 

Ray existe à peine

Une ombre, un reflet

Rien de plus

Par la fenêtre ouverte

Surgit son père

Perdu de vue

Il a ce rire étrange de

Quand il lui offrait

Une Chevrolet Dinky Toy

"Ta mère t'aimait" Dit-il

Lèvres pincées

Nerveusement

 

Entrent

Par la fenêtre ouverte

Et les bruits de la nuit

Et des lamelles de temps

Et des mensonges nécessaires

Et des empires disparus

Dans des spirales de poussières

L'univers connu

Si compliqué

Qui change

En un éclair

Éperdu de vie

Seul

Le hasard est libre

Comme le carré de la distance

Entre la paupière et le cil

La poussière dans l’œil

Dit l’atome insoumis

 

Qui a vu l’ombre d’un atome

Qu’éclaire la lumière

Rapide

Seul devoir

Vivre avant la mort

En attentive poussière

Entre chianti et grappa

Entre tambour et kalachnikov

 

Les mots sont hasards

Aussi Larmes engraissant les décombres

Se glissant dans les fissures

Little big bangs

Une graine attire une larme

La larme chauffe la graine

Qui, lentement,

Explose

À l’ombre moite

Des volcans

Où la fraicheur vapote

En torpeur incertaine

Grappa et chianti

Seul le hasard est libre

La lumière rapide

L’atome insoumis

 

Du temps

Un sacré temps

La graine humide et chaude

Little big bang

Retouche

D’immenses terres

Entre les lèvres

Une arme blanche

Aldo est mauvais ange

Il passe les nuits ailleurs

Et les jours au lit

Sa beauté obscure

Donne chair de poule

Fait peur, fait mal

Aldo, dans le sommeil

Est frappé par des rafales

De lignes claires

Entrées clandestinement

Avec une armée de lucioles

La belle lumière attaque Aldo

Entre ses lèvres

Une larme blanche

Des rires tintent

A bonne distance

Ailleurs

Défi lancé à la peur et au mal

Ici

Mets pied à terre, Aldo

Quand tu le veux

Marche pieds nus dans l’herbe fraîche

Étoile tombée d’un ciel caché

Éveille-toi

L’eau peut laver

Tes flammes noires

Tilt

Game over

Entre ses lèvres

Une goutte du sang

De l’autre qu’il déchire

Aldo reste un mauvais ange

Qui passera ses nuits Ailleurs

Et ses jours au lit

De son cœur sombre

Suinteront

Des humeurs sèches

Des roses gelées

Un roulement de tambour

Sinistre et long

Quelques secrets...

Tilt

Game over

Ailleurs

A bonne distance

Personne ne pleure

Ni ne soupire

Ici

Ça craint

Bella sème le trouble

Hurle

Nouvelle sirène

Sur le tarmac

D'une mer urbaine

Bella Crie

Mariage forcé

Nuits agitées

Appels en absence

Absences

Dans la ville blessée

Une foule murmure

Le suspense monte

Bella Hurle

Blessures

Cuivres et percussions

Nuit de bush

Dans la ville blessée

Le suspense monte

Une voix d'ange

Subtile et ferme

Corde sensible

Dit Pile ou face

S'entendre ou s'ignorer

Bella entend

Fond dans le décor

Trouve la piste perdue

Dans la nuit géométrique

Un courant marin

La dépose sur l'invisible ligne

D'horizon

Valentin l'y attend

Il dit Assez

Assez crié

Assez

S'entendre ou s'ignorer

Pile ou face

Présence

Des ombres

Au regard dur

Se gardent à vue

Au coin de la rue

Les murmures cessent

Distance

Bella et Valentin

Se taisent

S'enlacent

Et disparaissent

Dans une mèche de cheveux

Dans la ville blessée

Silence

On vous appellera

A-t-il entendu

Ce soir-là lentement tombé

L'idée de la défaite

L'angoisse, la vie, plus rien

Sans porte de sortie

Armand est une maison en flammes

Cloué au sol

Dans les senteurs de la terre

 

Quelqu'un a du feu ?

A-t-il entendu

Extrême immersion

Dans un hasard troublé

Rien à craindre /Tout à craindre

L'essentiel abonde de riens

 

Écoute une minute

A-t-il entendu

Seul sans le silence

Sans longueur d'avance

Armand libre, court

Dans la direction opposée

Ce soir-là lentement tombé

 

Imaginez Armand sourd

Jos goûte l'air frais de la nuit

Avant d'ouvrir l'œil

L'esprit occupé

Les sens en éveil

Face au tableau idéal

D'une scène familière

Sombre

Reflet de son absence

Il détourne le regard

In extremis

L'espace frissonne

Remué par des pensées énervées

Qui paradent et chahutent

Pandore

Sous la table

Est invisible

Le souffle coupé

Jos lève la nappe

Lance ses lignes

Avec vigueur

Silence soudain

Se déroule une longue liste

Des bonnes plumes

Des places au doute

Des airs connus

Des premières réactions

Des enfances perdues

Des messages cachés

Des mauvaises passes

Des tribunes libres

Des services rendus les bras croisés

Un coup de foudre

Les pensées s'apaisent

Consumées comme tant de rêves

Jos capte une dernière facétie

Une émotion nue

Indifférent aux caprices de Pandore

Il est ravi

Il respire l'air frais du matin

Ouvre l'œil

L'esprit et le corps libres

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