semaine 34

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En collaboration avec les Presses Universitaires de Bruxelles

Portrait de André Fromont
Haïculs bénis/André Fromont

A décharge de mon pas libre

Le 02 octobre 2017

&

Image: 

A décharge de mon pas libre

Comment
Je m’isole dans cette décharge
A l’entrée de Galaxidi
Pourquoi
Quand
Mes amis montent vers le paysage
Une fleur jaune
Vive
A vaincu mon regard

Ici encore
Le hasard crée l’original
L’original crée la copie
La copie crée l’original
Facétieux Hasard
Quand
Mon pied heurte
Un volume en forme de livre
10/18
Calciné
Terreux
Camouflé
Comment
Mes mains détachent
Une à une
Ces pages improbables
Pourquoi
Émerge
Dans un feulement de plastique
Un mélange
De couleurs, de poussières, de plissures
Aquarelles délivrées
Quand
Mon souffle chasse les brouillards
Mon Nikon cadre, numérise, mémorise
Les images orphelines font
« M’as-tu vue ? »
Pourquoi
Aussitôt
Le soleil éteint ce qui s’expose
Bref
Quand
Une bourrasque lumineuse joue
Dans un envol éclair
Fellini Roma
Quand
L’air vicié du dehors défait
Les fresques antiques du sous-sol
Alors
Mon pied droit shoote
Dans le livre
Éventail planant
Étripé
Mort
Incinéré

Ici
Encore
Le hasard crée l’original
L’original crée la copie
La copie crée l’original
Saisissant hasard
Quand
A nouveau devant un paysage
Singulier
Je suis une copie originale
Le pas libre
Où…

Galaxidi, juin 2007
Texte du film « Aquarelles calcinées »

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Entre les lèvres

Une arme blanche

Aldo est mauvais ange

Il passe les nuits ailleurs

Et les jours au lit

Sa beauté obscure

Donne chair de poule

Fait peur, fait mal

Aldo, dans le sommeil

Est frappé par des rafales

De lignes claires

Entrées clandestinement

Avec une armée de lucioles

La belle lumière attaque Aldo

Entre ses lèvres

Une larme blanche

Des rires tintent

A bonne distance

Ailleurs

Défi lancé à la peur et au mal

Ici

Mets pied à terre, Aldo

Quand tu le veux

Marche pieds nus dans l’herbe fraîche

Étoile tombée d’un ciel caché

Éveille-toi

L’eau peut laver

Tes flammes noires

Tilt

Game over

Entre ses lèvres

Une goutte du sang

De l’autre qu’il déchire

Aldo reste un mauvais ange

Qui passera ses nuits Ailleurs

Et ses jours au lit

De son cœur sombre

Suinteront

Des humeurs sèches

Des roses gelées

Un roulement de tambour

Sinistre et long

Quelques secrets...

Tilt

Game over

Ailleurs

A bonne distance

Personne ne pleure

Ni ne soupire

Ici

Ça craint

Bella sème le trouble

Hurle

Nouvelle sirène

Sur le tarmac

D'une mer urbaine

Bella Crie

Mariage forcé

Nuits agitées

Appels en absence

Absences

Dans la ville blessée

Une foule murmure

Le suspense monte

Bella Hurle

Blessures

Cuivres et percussions

Nuit de bush

Dans la ville blessée

Le suspense monte

Une voix d'ange

Subtile et ferme

Corde sensible

Dit Pile ou face

S'entendre ou s'ignorer

Bella entend

Fond dans le décor

Trouve la piste perdue

Dans la nuit géométrique

Un courant marin

La dépose sur l'invisible ligne

D'horizon

Valentin l'y attend

Il dit Assez

Assez crié

Assez

S'entendre ou s'ignorer

Pile ou face

Présence

Des ombres

Au regard dur

Se gardent à vue

Au coin de la rue

Les murmures cessent

Distance

Bella et Valentin

Se taisent

S'enlacent

Et disparaissent

Dans une mèche de cheveux

Dans la ville blessée

Silence

On vous appellera

A-t-il entendu

Ce soir-là lentement tombé

L'idée de la défaite

L'angoisse, la vie, plus rien

Sans porte de sortie

Armand est une maison en flammes

Cloué au sol

Dans les senteurs de la terre

 

Quelqu'un a du feu ?

A-t-il entendu

Extrême immersion

Dans un hasard troublé

Rien à craindre /Tout à craindre

L'essentiel abonde de riens

 

Écoute une minute

A-t-il entendu

Seul sans le silence

Sans longueur d'avance

Armand libre, court

Dans la direction opposée

Ce soir-là lentement tombé

 

Imaginez Armand sourd

Jos goûte l'air frais de la nuit

Avant d'ouvrir l'œil

L'esprit occupé

Les sens en éveil

Face au tableau idéal

D'une scène familière

Sombre

Reflet de son absence

Il détourne le regard

In extremis

L'espace frissonne

Remué par des pensées énervées

Qui paradent et chahutent

Pandore

Sous la table

Est invisible

Le souffle coupé

Jos lève la nappe

Lance ses lignes

Avec vigueur

Silence soudain

Se déroule une longue liste

Des bonnes plumes

Des places au doute

Des airs connus

Des premières réactions

Des enfances perdues

Des messages cachés

Des mauvaises passes

Des tribunes libres

Des services rendus les bras croisés

Un coup de foudre

Les pensées s'apaisent

Consumées comme tant de rêves

Jos capte une dernière facétie

Une émotion nue

Indifférent aux caprices de Pandore

Il est ravi

Il respire l'air frais du matin

Ouvre l'œil

L'esprit et le corps libres

Une rue silencieuse

Sur le chemin du retour

Mortimer, l'air impassible

Croise l'obscurité des regards

Du commun des mortels

Inconsolables

Un instant crucial

Une chance pareille

Un détail

Les yeux implorants de Joëlle

Bel obus non explosé

Mèche rebelle

Rire dansant

Elle lance la machine du goût de vivre

Éblouissement

Autour du bassin rond

Inéluctable vie nouvelle

Vite Joëlle et Mortimer se donnent le coup d'épaule

Du sourire éternel

Invisible perte de vue

Vidange des lacs noirs

Mortimer retrouve la voix perdue

Dès la case départ

Joëlle aux nerfs d'acier

De tête brûlée

Change le climat

D'un clic

Inéluctable vie nouvelle

Elle est patience

Beauté

Combat à vie

Joëlle dans les bras de Mortimer

Invisible perte de vue

Sur le chemin du retour

Une vile fantôme

Un ciel peint

D'avant l'orage

Frontières disparues

Temps difficiles

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Les arbres, un verger

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En un rien de temps

Les temps difficiles

Sens inverse

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Masses mouvantes

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Entre la foudre et le paratonnerre

Coupée du monde

Électrifiée

Elle marche

Dans sa ville fantôme

Silencieuse

Agitée

De peurs primitives

Le sommeil ne vient pas

Ébullition

Une pluie aveuglante

De souvenirs non-dits

La vie coule en-dessous

En sens contraire

Comme un mouvement d'humeurs

Le calme revient

La maison s'envole

La vie prend le dessus

D'un signe de tête

Quelques secondes de rêve

Fragilité totale

Tout se tient

Je dors

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