semaine 17

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En collaboration avec les Presses Universitaires de Bruxelles

Portrait de André Fromont
Haïculs bénis/André Fromont

A décharge de mon pas libre

Le 02 octobre 2017

&

Image: 

A décharge de mon pas libre

Comment
Je m’isole dans cette décharge
A l’entrée de Galaxidi
Pourquoi
Quand
Mes amis montent vers le paysage
Une fleur jaune
Vive
A vaincu mon regard

Ici encore
Le hasard crée l’original
L’original crée la copie
La copie crée l’original
Facétieux Hasard
Quand
Mon pied heurte
Un volume en forme de livre
10/18
Calciné
Terreux
Camouflé
Comment
Mes mains détachent
Une à une
Ces pages improbables
Pourquoi
Émerge
Dans un feulement de plastique
Un mélange
De couleurs, de poussières, de plissures
Aquarelles délivrées
Quand
Mon souffle chasse les brouillards
Mon Nikon cadre, numérise, mémorise
Les images orphelines font
« M’as-tu vue ? »
Pourquoi
Aussitôt
Le soleil éteint ce qui s’expose
Bref
Quand
Une bourrasque lumineuse joue
Dans un envol éclair
Fellini Roma
Quand
L’air vicié du dehors défait
Les fresques antiques du sous-sol
Alors
Mon pied droit shoote
Dans le livre
Éventail planant
Étripé
Mort
Incinéré

Ici
Encore
Le hasard crée l’original
L’original crée la copie
La copie crée l’original
Saisissant hasard
Quand
A nouveau devant un paysage
Singulier
Je suis une copie originale
Le pas libre
Où…

Galaxidi, juin 2007
Texte du film « Aquarelles calcinées »

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Un nuage, deux nuages
Je peux savoir
Jamais comprendre
Mais que voit-on ?
La répétition générale
D'un univers sans limite
Sans cordon ombilical
Rite de passage
Pour souffre-douleur
Mauvaise foi
Dévoration de l'autre
Allergie aux baisers
Toi, ta rivière écume
Tu vois des formes dans les nuages
Et voilà ton pied qui danse
Avec le vent
Et ton corps suit
Ça chauffe
Tu fuites en avant
Sur le droit chemin
Tu achètes en seconde main
Les indices disséminés
De ton passage sur terre
Ni une ni deux
Cerise et gâteau
Ton histoire est vraie
Leurs lois fourbes
Leur roulettes russes
Je peux comprendre
Jamais savoir
Mais que voit-on ?
Peut-être le vent et tes nuages...

Dans un non lieu
Indéfiniment
La déesse mère
Avance
Elle se gonfle de
L'éternel recul des neiges
L'eau coule de ses yeux
Sur l'ombre d'un sourire
Sublime lenteur
Elle est force des choses
Elle a les choses en main
Elle avance
Indéfiniment
Elle est agitation migratoire
Elle est tous les oiseaux
Sublime lenteur
Vers ailleurs
Elle est toutes les longueurs d'ondes
Elle est le temps
Indéfiniment
Elle est sourire, elle est son ombre
Elle est sublime
Lenteur
Elle est ailleurs

Un soleil orange
Sur un horizon intact
Epouse cette ligne à franchir
Que les dieux nous envient

Un homme bien chaussé
Le ciel ne l’arrête pas
Son œil brille
Quand les vents froids balaient son nez
Sa faim de loup
Le pousse à tous les départs
Il est pures formes
Comme nuages
Il se ride dans les fissures
De l’état sauvage
Il est pure force
Quand il nage dans un lac perdu
Dans un coude lumineux
Et secret
L’homme bien chaussé
Crépite
Sur la terre ferme
Blanche, inexplorée
Là où aucune route n’est tracée
Il aperçoit l’insensé
Dans cette absence d’ombre
La force de ses bras
Écarte
Pourriture et cliquetis
Sonneries et soubresauts
Sombres obstacles et surgelés
Recoins glauques et vieilles haleines
L’homme bien chaussé
Sait qu’une pointe d’envie
Tue tout désir
Il marche ici même
Sous nos yeux
Le ciel ne l’arrête pas

Les extrémités se touchent
Le diable est dans les détails
L’infini se multiplie
Dire adieu aux amis
Au petit jour
Marcher
Entrer dans un bar
Boire un caffè ristretto
Lire l’univers dans le marc
Marc de l’univers
Bar de l’université
Renverser le hasard
Sortir au-delà
Quelqu’un vomit sur le trottoir
Un reflet de lune m’attire
J’y marche
J’affronte les détails et le diable
Je multiplie l’infini
Je mouche les extrêmes
J’inspire un trou d’air impur
Le hasard me renverse

avril 2008

Voilà
Une halte forcée
Dans un lieu oublié
Des chercheurs d'or
Titien efface ses traces
Ne pense plus
À rien
Il est un dernier enfin premier
Un visage perdu lui revient
De sa bouche fine et aimée
Surgit un troublant chant de louve
Qui efface les sons du monde
Et fait rêver la lune
Titien est seul au monde
Il écoute cette musique ancienne
Et chante
Une onde
Sans dessus dessous
Féconde cette terre du milieu
Ce lieu oublié
Des chercheurs d'or
Pour Titien
Rien n'existe
Que ce chant choral
Animal et sacré
Cette mystérieuse fermentation
D'amours oubliées

Dans les arbres voisins
Aucun oiseau ne chante
À l'arrière-plan
Un mur de flammes
Le vent se lève
La pluie se calme
Hugo aime ses peurs
Sa part d'obscurité
Il chante une version oubliée
D'un blues rural
Qui dit l'ombre d'un nuage
Le prix à payer
Toujours
Pour les crises de nuit
Hugo est amer
Le corps tendu
Il a payé
Bouffées de colère
Retenues
Il longe la rivière
Le lieu en impose
Hugo en marche
Se creuse en volcan éteint
Il étouffe les signes avant-coureurs
Des désastres imminents
Hugo imagine la fin
Le cœur ouvert au silence
Rien ne presse
Ce sera juste un moment perdu
Il fixe les moutonnements
Du monde organique
En haut, en bas
Il reprend le vieux blues au refrain
Il danse
En longeant la rivière
À l'ombre d'un nuage

Madame Pierre

Paysages
Déroulez-vous
Gauche droite gauche
Fixes
Le grand cirque sanglant est levé
Aux midis
Le milan en vol guette le mulot
Aux crépuscules
Dans le brouillard lumineux
Les loups affamés hurlent
Arrachent le bras du bébé de madame Pierre
Rongent les os de madame Pierre
Les faubourgs avalent les cultures
Et les rayons du soleil
Je marque mon territoire
De larmes dérisoires de pisse froide
L’herbe rampe dans mes chaussures
Me pénètre
Me coince sous la lune pleine
Tout bonheur est dans la marche avant
Paysages
Bougez-vous

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