semaine 51
Portrait de André Fromont
Haïculs bénis/André Fromont

Il n'y a rien à comprendre

Le 05 octobre 2018

&

Image: 

Comme ma bouche grimace

Quand au hasard de l'obscurité

Une force enfle en moi

Avec un bruit de vieux moteur

Tout s'agite tout remue

Comme une mer qui se retire

Et qui te toise de sa plus haute vague

Tout a disparu

Le monde arrêté

Endormi

Envie d'allumer

D'un éclair silencieux

Cette aube noire

À l'odeur de vieux bois

Devant moi, une chaise vide

Le rire des autres

Comme les cris de hiboux à la dérive

Lucas me surprend

Son inquiétant sourire

Son regard circulaire

Sandra passe rapidement

Sans direction certaine

Elle pleure

Émilie hésite

Elle est née comme ça

Angelica se lève et s'en va

Les yeux au plafond

Le cœur en bois

Franz veut le contraire

Toujours

Tête baissée, immobile

Michel et Marc serrent les dents

Ils ont mal à deux

Ils sont lourdeur et risques

La compagnie des ombres flasques

Disparaît dans les lignes obliques

De la lumière du matin

Enfin

Le rire des autres est avalé

Par les bruits naissants de la rue

Une force enfle en moi

Avec un bruit de vieux moteur

Tout s'agite tout remue

Comme une mer qui accoure

Sans précaution

Et qui amplifie le chant des oiseaux

Ma bouche grimace

De plaisir

Une étreinte chaude me surprend

De mille façons

Tout s'agite tout remue

Tout éteint les mauvais tours

De cette pauvre nuit

Ajouter un commentaire

entreleslignes.be ®2018 design by TWINN