semaine 29

Rechercher

En collaboration avec les Presses Universitaires de Bruxelles

Portrait de André Fromont
Haïculs bénis/André Fromont

L'arbre entier

Le 17 juin 2018

&

Image: 

L'arbre entier

Diffuse des idées d'en-haut

D'un ailleurs aveugle

Par quelques mouvements

Par une coulée du vent

Il possible

En pure souche

Bernard ouvre les yeux

Fin de son temps de pause

La conscience ralentie

Le corps ouvert

À l'heure pile

Il se lève

D'un joyeux déséquilibre du pied

Et saute dans l'inconnu

Le moindre plaisir

Lui est rapide patience

Il piétine humus et feuilles mortes

Et caresse l'écorce de l'arbre entier

Sa main diffuse des idées d'en-bas

Des demi-mots

Des signes de vie

Des colères rentrées

Il regarde vers la cime

Se sent dresseur d'épices

Il marche là où tout se vit

De préférence la nuit

Bernard disparaît dans l'image

Un beau silence le suit

L'arbre entier

Diffuse des idées d'en-haut

Il possible

En pure souche

Sans hâte

Et Bernard est saisi

D'un frisson sauvage

Et sage

Ajouter un commentaire

Du même auteur

Jos goûte l'air frais de la nuit

Avant d'ouvrir l'œil

L'esprit occupé

Les sens en éveil

Face au tableau idéal

D'une scène familière

Sombre

Reflet de son absence

Il détourne le regard

In extremis

L'espace frissonne

Remué par des pensées énervées

Qui paradent et chahutent

Pandore

Sous la table

Est invisible

Le souffle coupé

Jos lève la nappe

Lance ses lignes

Avec vigueur

Silence soudain

Se déroule une longue liste

Des bonnes plumes

Des places au doute

Des airs connus

Des premières réactions

Des enfances perdues

Des messages cachés

Des mauvaises passes

Des tribunes libres

Des services rendus les bras croisés

Un coup de foudre

Les pensées s'apaisent

Consumées comme tant de rêves

Jos capte une dernière facétie

Une émotion nue

Indifférent aux caprices de Pandore

Il est ravi

Il respire l'air frais du matin

Ouvre l'œil

L'esprit et le corps libres

Une rue silencieuse

Sur le chemin du retour

Mortimer, l'air impassible

Croise l'obscurité des regards

Du commun des mortels

Inconsolables

Un instant crucial

Une chance pareille

Un détail

Les yeux implorants de Joëlle

Bel obus non explosé

Mèche rebelle

Rire dansant

Elle lance la machine du goût de vivre

Éblouissement

Autour du bassin rond

Inéluctable vie nouvelle

Vite Joëlle et Mortimer se donnent le coup d'épaule

Du sourire éternel

Invisible perte de vue

Vidange des lacs noirs

Mortimer retrouve la voix perdue

Dès la case départ

Joëlle aux nerfs d'acier

De tête brûlée

Change le climat

D'un clic

Inéluctable vie nouvelle

Elle est patience

Beauté

Combat à vie

Joëlle dans les bras de Mortimer

Invisible perte de vue

Sur le chemin du retour

Une vile fantôme

Un ciel peint

D'avant l'orage

Frontières disparues

Temps difficiles

Léa a les jetons

Elle craque

Regrette la vie passée

Les arbres, un verger

Une vue imprenable

Sur les choses familières

Et les couleurs

Rien ne pressait

 

En un rien de temps

Les temps difficiles

Sens inverse

Eaux sombres

Masses mouvantes

Léa tourne de l'œil

Entre la foudre et le paratonnerre

Coupée du monde

Électrifiée

Elle marche

Dans sa ville fantôme

Silencieuse

Agitée

De peurs primitives

Le sommeil ne vient pas

Ébullition

Une pluie aveuglante

De souvenirs non-dits

La vie coule en-dessous

En sens contraire

Comme un mouvement d'humeurs

Le calme revient

La maison s'envole

La vie prend le dessus

D'un signe de tête

Quelques secondes de rêve

Fragilité totale

Tout se tient

Je dors

L'arbre entier

Diffuse des idées d'en-haut

D'un ailleurs aveugle

Par quelques mouvements

Par une coulée du vent

Il possible

En pure souche

Bernard ouvre les yeux

Fin de son temps de pause

La conscience ralentie

Le corps ouvert

À l'heure pile

Il se lève

D'un joyeux déséquilibre du pied

Et saute dans l'inconnu

Le moindre plaisir

Lui est rapide patience

Il piétine humus et feuilles mortes

Et caresse l'écorce de l'arbre entier

Sa main diffuse des idées d'en-bas

Des demi-mots

Des signes de vie

Des colères rentrées

Il regarde vers la cime

Se sent dresseur d'épices

Il marche là où tout se vit

De préférence la nuit

Bernard disparaît dans l'image

Un beau silence le suit

L'arbre entier

Diffuse des idées d'en-haut

Il possible

En pure souche

Sans hâte

Et Bernard est saisi

D'un frisson sauvage

Et sage

Quand par hasard

Le cœur léger

Un sérieux flottement

Une chaude étincelle

M’ébranlent

Les nouvelles...

Choc d’images criblées de balles

Une illusion peut-être

Une bonté des caprices

Je m’approche des autres

Vin et pâtes

Attentions

Intenses odeurs

Pensées douces

Enfin l’unité

Et la vie sans fin

Hauteur de vue

N’est pas hauteur de visions

Pourtant

La suite révèle

L’écho d’une énigme

Quand l’autre est mort

Et que tu restes vivant

Ton réveil efface une vie

Les dernières minutes

Retour ici

Oubli de là

Silence et beauté

Plutôt que je-ne-sais-quoi

Sans lumières

Ce que l’orage provoque

Cette nuit de pleine lune

Quand soumis à soi-même

Insoumis à soi-même

Marc fait grand bruit

Par quoi commencer ?

Tout le mal possible

Au nom du bien

Le courage qui manque

Grandeur de l’idiot utile

Marc parle sur Paul

En fait des vagues

Sang et souffrance

Dans le carton-pâte

Je n’ai jamais revu Marc ni Paul

Seul soudain

Je rêve debout

Leur souvenir mal peint

Je vis sans savoir

Les larbins criminels

Passent d’un corps à l’autre

Pour saisir une lueur

Ils courent dans la pénombre

Je les fixe en photo dérivante

Risque la fuite

Me cogne contre le mur de briques

J’ouvre un œil

Ému

Horrifié par le bruit qu’on fait

Une lampe-tempête à la main

Je vise des pipes de foire

Je brise le cou des reins

Loin de mes rêves

Vivre en fauve

Ou vivre en proie

Ou inventer sa chanson

Ni vainqueur

Ni vaincu

Intranquille

Toujours

À la recherche du discours perdu

Je n’abandonne pas le meilleur

Je suis la seconde près

Je prends la place de l’air

Que je respire

Pour toi

Une simple lumière

Ma curiosité nomade

Survole une autre mer

Au fond de toi

Le gardien de nuit dort

Le zoo, les enclos

Sont ouverts

Une sorte de salut

Grandiose

Une émotion oblique

Mais à l'envers

Un univers de poussière

Forme une étoile

L'ennemi intérieur

Un gros nazi

Travaille le noir, la peur, la mort

Secret absolu

Cette nuit

Au fond de toi

Les choses sont dites

Une lumière simple

Dessine les ombres d'un midi plein

Tout au fond de l'autre mer

Libérée,

Le gros nazi dort

Avec sa bande

Fossilisé sous les algues barrées

entreleslignes.be ®2018 design by TWINN