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En collaboration avec les Presses Universitaires de Bruxelles

Portrait de André Fromont
Haïculs bénis/André Fromont

Les coordonnées du hasard

Le 29 mai 2017

&

Image: 

Pour trouver les coordonnées du hasard
Il faut
Se trouver le 16 avril 2014
À onze heures quarante-cinq
Face au parvis couvert de fleurs
De l’église de Chichicastenengo
Dans la cohue de la Semaine Sainte
Il faut
Se diriger à gauche
Vers un passage couvert
Décoré de fresques colorées
Il faut
S’y frayer un chemin
Dans la foule dansante
En mouvements flous
Il faut
Mettre la main droite sur son portefeuille
Serrer son appareil photo dans la gauche
Admirer la fresque de l’indien au soleil rouge
Il faut
Lever bien haut la jambe droite
Pour éviter la tête du vieil homme
Profondément endormi sur le sol
Il faut
Porter le dos vers l’arrière
Pour éviter l’énorme bouquet de gypsophiles
Qui chatouille le nez et brouille le regard
Il faut
Tordre son corps vers la droite
Poussé par une indienne, un coffre sur la tête
Il faut
Perdre l’équilibre
Retrouver l’équilibre
Au-delà du vieillard couché
Mettre la main sur la poche droite
Subitement vide
Il faut
Regarder dans les yeux
Un jeune homme qui s’écarte tranquillement
Il faut
Était-il un ?
Étaient-ils trois ?
Était-ce lui ?
Il faut
Constater « Je m’ suis fait avoir »
Pacifiquement
Habilement
Il faut
Photographier les détails de la fresque
Qui avait attiré mon regard
Il faut
Mémoriser
Les coordonnées du hasard

fromont, 2014

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Portrait de christine
presque comme une danse, la danse du regard multiple

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L'arbre entier

Diffuse des idées d'en-haut

D'un ailleurs aveugle

Par quelques mouvements

Par une coulée du vent

Il possible

En pure souche

Bernard ouvre les yeux

Fin de son temps de pause

La conscience ralentie

Le corps ouvert

À l'heure pile

Il se lève

D'un joyeux déséquilibre du pied

Et saute dans l'inconnu

Le moindre plaisir

Lui est rapide patience

Il piétine humus et feuilles mortes

Et caresse l'écorce de l'arbre entier

Sa main diffuse des idées d'en-bas

Des demi-mots

Des signes de vie

Des colères rentrées

Il regarde vers la cime

Se sent dresseur d'épices

Il marche là où tout se vit

De préférence la nuit

Bernard disparaît dans l'image

Un beau silence le suit

L'arbre entier

Diffuse des idées d'en-haut

Il possible

En pure souche

Sans hâte

Et Bernard est saisi

D'un frisson sauvage

Et sage

Quand par hasard

Le cœur léger

Un sérieux flottement

Une chaude étincelle

M’ébranlent

Les nouvelles...

Choc d’images criblées de balles

Une illusion peut-être

Une bonté des caprices

Je m’approche des autres

Vin et pâtes

Attentions

Intenses odeurs

Pensées douces

Enfin l’unité

Et la vie sans fin

Hauteur de vue

N’est pas hauteur de visions

Pourtant

La suite révèle

L’écho d’une énigme

Quand l’autre est mort

Et que tu restes vivant

Ton réveil efface une vie

Les dernières minutes

Retour ici

Oubli de là

Silence et beauté

Plutôt que je-ne-sais-quoi

Sans lumières

Ce que l’orage provoque

Cette nuit de pleine lune

Quand soumis à soi-même

Insoumis à soi-même

Marc fait grand bruit

Par quoi commencer ?

Tout le mal possible

Au nom du bien

Le courage qui manque

Grandeur de l’idiot utile

Marc parle sur Paul

En fait des vagues

Sang et souffrance

Dans le carton-pâte

Je n’ai jamais revu Marc ni Paul

Seul soudain

Je rêve debout

Leur souvenir mal peint

Je vis sans savoir

Les larbins criminels

Passent d’un corps à l’autre

Pour saisir une lueur

Ils courent dans la pénombre

Je les fixe en photo dérivante

Risque la fuite

Me cogne contre le mur de briques

J’ouvre un œil

Ému

Horrifié par le bruit qu’on fait

Une lampe-tempête à la main

Je vise des pipes de foire

Je brise le cou des reins

Loin de mes rêves

Vivre en fauve

Ou vivre en proie

Ou inventer sa chanson

Ni vainqueur

Ni vaincu

Intranquille

Toujours

À la recherche du discours perdu

Je n’abandonne pas le meilleur

Je suis la seconde près

Je prends la place de l’air

Que je respire

Pour toi

Une simple lumière

Ma curiosité nomade

Survole une autre mer

Au fond de toi

Le gardien de nuit dort

Le zoo, les enclos

Sont ouverts

Une sorte de salut

Grandiose

Une émotion oblique

Mais à l'envers

Un univers de poussière

Forme une étoile

L'ennemi intérieur

Un gros nazi

Travaille le noir, la peur, la mort

Secret absolu

Cette nuit

Au fond de toi

Les choses sont dites

Une lumière simple

Dessine les ombres d'un midi plein

Tout au fond de l'autre mer

Libérée,

Le gros nazi dort

Avec sa bande

Fossilisé sous les algues barrées

Le sourire disparu
La cérémonie commence
Ciel ouvert
La nuit, à contre-jour
Un seul geste m'incombe
Un échange de regards
Sous la courbe de la lune
La tête entre les jambes
Est désir de hauteur
La terre disparaît
Dans l'ombre de nos corps
J'oublie tout
Les colères
Ce que fait l'argent
Le souffle court
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Les interdits et les lointains
Un vent léger
Porte force vitale
Je suis une plante qui pousse
Pacifique
Face aux yeux plissés des autres
Proches, seuls, ensemble
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Comme une coulée de boue
Violent
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Éruptif
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La cérémonie commence
Au creux d'une main
Qui soigne
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Un léger parfum

Une goutte... et le vase
S’ouvre une crise
Imprévisible
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Sans une plainte
Il avance
Il monte
Il ravage
Son milieu et ses marges

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Un amour est perdu
A chaque signal d’alarme
Un amour est perdu
A chaque fusion froide
Un amour est perdu
A chaque dernier mot
Un amour est perdu
A chaque désir effacé
Un amour est perdu
Sans raison précise

Pedro vire au gris
Le feu dans les veines
Britt joue le silence
Sur ses charbons ardents
May cogne à la porte
Inutile d’insister
Bogdan abat son jeu
Dos au mur
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Dans l’horreur du vide

Une goutte... et le vase
S’ouvre une crise
Imprévisible
Rien ne convient au fleuve en crue
Sans une plainte
Il avance
Il monte
Il ravage
Son milieu et ses marges

Et pourtant
Un léger parfum
Trouble
L’obscurité

Le retour même

Une nuit solitaire
Long soupir
Derrière un rideau gris
Humide
Tout était prêt
Dans le tunnel du temps
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Les pousses folles
Les vols planés
Emerveillé par la réapparition du même
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Il manque d’air
Sous les arbres encore nus
L’hiver se brise
Contre un monde qui palpite et chante
Dans le tunnel du temps
Yves respire et s’abandonne
A la fanfare
Soleil

Et si
Vraiment
Rien ne s'était passé
Les piétons figés dans le passage
Et ça ne s'arrête pas là
Simple
Simple simplicité
Glissade retenue sur la peau d'un chien nu
Céline suit la mode
Elle est hors d'elle
Elle veut se faire voir
Céline veut bouger
Dans sa main gauche
Elle a la vitesse de la lumière
Simple
Simple simplicité
Immobile Céline
Sur la passage pour piétons
Et ça ne s'arrête pas là
Quand rien ne se passe
J'offrirais une goutte de ma semence
En échange
D'un siège en terrasse
Simple
Simple spectacle

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