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En collaboration avec les Presses Universitaires de Bruxelles

Portrait de André Fromont
Haïculs bénis/André Fromont

Parfois, les choses sont simples

Le 27 janvier 2018

&

Image: 

Parfois, les choses sont simples
Me disait Luis
Sur la pointe de l'ivresse
Je vois
L'épine dans mon pied
Et des œufs dans les arbres
Je marche droit
La tête sur la table
Je sors d'un monde clos
Fuis les grands de ce petit monde
Le moment venu
Je m'injecte une dose massive
De tout va bien
Histoire de sauver ma peau
Dans un effort de guerre éperdue
Parfois, les choses sont simples
Me disait Luis
La tête sur la table
Personne ne sait comme moi
Contrer les forces de l'habitude
S'abstraire du manque de vivre
Enterrer les calamités naturelles
Disparaître d'un coup
Dans mon sombre derrière
Courbe et charnu
Parfois, les choses sont simples
Quand tout est chamboulé
Sur la pointe de l'ivresse

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Un léger parfum

Une goutte... et le vase
S’ouvre une crise
Imprévisible
Rien ne convient au fleuve en crue
Sans une plainte
Il avance
Il monte
Il ravage
Son milieu et ses marges

A chaque instant fuyant
Un amour est perdu
A chaque signal d’alarme
Un amour est perdu
A chaque fusion froide
Un amour est perdu
A chaque dernier mot
Un amour est perdu
A chaque désir effacé
Un amour est perdu
Sans raison précise

Pedro vire au gris
Le feu dans les veines
Britt joue le silence
Sur ses charbons ardents
May cogne à la porte
Inutile d’insister
Bogdan abat son jeu
Dos au mur
Anne s’oublie
Dans l’horreur du vide

Une goutte... et le vase
S’ouvre une crise
Imprévisible
Rien ne convient au fleuve en crue
Sans une plainte
Il avance
Il monte
Il ravage
Son milieu et ses marges

Et pourtant
Un léger parfum
Trouble
L’obscurité

Le retour même

Une nuit solitaire
Long soupir
Derrière un rideau gris
Humide
Tout était prêt
Dans le tunnel du temps
Pour les tremblements du mystère
Les pousses folles
Les vols planés
Emerveillé par la réapparition du même
Yves a le regard troublé
Il manque d’air
Sous les arbres encore nus
L’hiver se brise
Contre un monde qui palpite et chante
Dans le tunnel du temps
Yves respire et s’abandonne
A la fanfare
Soleil

Et si
Vraiment
Rien ne s'était passé
Les piétons figés dans le passage
Et ça ne s'arrête pas là
Simple
Simple simplicité
Glissade retenue sur la peau d'un chien nu
Céline suit la mode
Elle est hors d'elle
Elle veut se faire voir
Céline veut bouger
Dans sa main gauche
Elle a la vitesse de la lumière
Simple
Simple simplicité
Immobile Céline
Sur la passage pour piétons
Et ça ne s'arrête pas là
Quand rien ne se passe
J'offrirais une goutte de ma semence
En échange
D'un siège en terrasse
Simple
Simple spectacle

Toute-puissance/Petits riens

Ainsi
En lisière du monde
Le fil du temps passe inaperçu
La terre en tremble
C'est le prix à payer
Une catastrophe se prépare
Action dans le burn-out
Les lois secrètes du réel
Toujours entre-deux-guerres
Indomptées
Avec en creux
Les plages solaires du rêve
Indomptées

En avant
Toute-puissance
Final de feu
Odeur de poudre
Au fond des sens
En un jeu de hasard qui n'en est pas un

Freine alors
Attendrissement
Grâce infinie
D'un monde perdu
Détails idiots
Ni vrais ni faux

Passion d'un mariage arrangé
De toute éternité
Oui
Le hasard n'en rate pas une
En lisière du monde
Où le fil du temps passe inaperçu

Un nuage, deux nuages
Je peux savoir
Jamais comprendre
Mais que voit-on ?
La répétition générale
D'un univers sans limite
Sans cordon ombilical
Rite de passage
Pour souffre-douleur
Mauvaise foi
Dévoration de l'autre
Allergie aux baisers
Toi, ta rivière écume
Tu vois des formes dans les nuages
Et voilà ton pied qui danse
Avec le vent
Et ton corps suit
Ça chauffe
Tu fuites en avant
Sur le droit chemin
Tu achètes en seconde main
Les indices disséminés
De ton passage sur terre
Ni une ni deux
Cerise et gâteau
Ton histoire est vraie
Leurs lois fourbes
Leur roulettes russes
Je peux comprendre
Jamais savoir
Mais que voit-on ?
Peut-être le vent et tes nuages...

Dans un non lieu
Indéfiniment
La déesse mère
Avance
Elle se gonfle de
L'éternel recul des neiges
L'eau coule de ses yeux
Sur l'ombre d'un sourire
Sublime lenteur
Elle est force des choses
Elle a les choses en main
Elle avance
Indéfiniment
Elle est agitation migratoire
Elle est tous les oiseaux
Sublime lenteur
Vers ailleurs
Elle est toutes les longueurs d'ondes
Elle est le temps
Indéfiniment
Elle est sourire, elle est son ombre
Elle est sublime
Lenteur
Elle est ailleurs

Un soleil orange
Sur un horizon intact
Epouse cette ligne à franchir
Que les dieux nous envient

Un homme bien chaussé
Le ciel ne l’arrête pas
Son œil brille
Quand les vents froids balaient son nez
Sa faim de loup
Le pousse à tous les départs
Il est pures formes
Comme nuages
Il se ride dans les fissures
De l’état sauvage
Il est pure force
Quand il nage dans un lac perdu
Dans un coude lumineux
Et secret
L’homme bien chaussé
Crépite
Sur la terre ferme
Blanche, inexplorée
Là où aucune route n’est tracée
Il aperçoit l’insensé
Dans cette absence d’ombre
La force de ses bras
Écarte
Pourriture et cliquetis
Sonneries et soubresauts
Sombres obstacles et surgelés
Recoins glauques et vieilles haleines
L’homme bien chaussé
Sait qu’une pointe d’envie
Tue tout désir
Il marche ici même
Sous nos yeux
Le ciel ne l’arrête pas

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