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En collaboration avec les Presses Universitaires de Bruxelles

Portrait de André Fromont
Haïculs bénis/André Fromont

Tout est prévu

Le 11 septembre 2017

&

Image: 

Tout est prévu
Aux limites du raisonnable
Ange s'égare
Dans un modeste rêve
Et regarde
Bouche bée
Un monde rétréci
De la taille d'un nuage
Ange frôle la surface d'une île
Aux senteurs vagues
Tout est imprévu
Aux limites du raisonnable
Le monde s'élargit
Dans un cauchemar soudain
Un océan et ses marées
Une forêt et ses branches
Un désert et ses dunes
Une ville et ses aventures
Une plongée sans regret
Un moment sans
Retour

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Du même auteur

Lune de mai

Christian dort en tremblant
Sur le sable chaud
Hanté par le souvenir
D'une lune de mai
En 1955
Sur la route Latérale
A Marchienne-au-Pont
L'astre énorme collait
Au pare-brise arrière de la Chevrolet
Menaçant
Un peu à l'écart et partout autour
Les feux follets des industries
Et leurs reflets vibrants
Sur les eaux sombres du canal
Christian portait ses habits du dimanche
Sur la banquette de la Chevrolet
Il ne dormait jamais quand
De retour du café enfumé de la tante Renée
Place de la Digue à Charleroi
Venait le soir intense et coloré
Le long du canal
A Marchienne-au-Pont
Christian rêve éveillé
Assis sur le versant clair de la lune énorme
Il regarde les lumières folles
D'il y a 60 ans
Sur la route latérale
À Marchienne-au-pont
Et la fumée des cigarettes
Emprisonnée dans le café de sa tante
Place de la Digue
A Charleroi

Fromont, 2016

Rien
Pas un papillon de nuit
Aucune lueur d’ivresse
Rien n’est
(Mal) incurable
Rien n’est
(Bien) incurable
Ni criminel de la pensée
Ni droit commun
Quasi invisible
Le bistouri
Tranche le
(Mal) incurable
(Bien) incurable
Faux pas
Glissade
Va-et-vient
Rien

2011

A décharge de mon pas libre

Comment
Je m’isole dans cette décharge
A l’entrée de Galaxidi
Pourquoi
Quand
Mes amis montent vers le paysage
Une fleur jaune
Vive
A vaincu mon regard

Ici encore
Le hasard crée l’original
L’original crée la copie
La copie crée l’original
Facétieux Hasard
Quand
Mon pied heurte
Un volume en forme de livre
10/18
Calciné
Terreux
Camouflé
Comment
Mes mains détachent
Une à une
Ces pages improbables
Pourquoi
Émerge
Dans un feulement de plastique
Un mélange
De couleurs, de poussières, de plissures
Aquarelles délivrées
Quand
Mon souffle chasse les brouillards
Mon Nikon cadre, numérise, mémorise
Les images orphelines font
« M’as-tu vue ? »
Pourquoi
Aussitôt
Le soleil éteint ce qui s’expose
Bref
Quand
Une bourrasque lumineuse joue
Dans un envol éclair
Fellini Roma
Quand
L’air vicié du dehors défait
Les fresques antiques du sous-sol
Alors
Mon pied droit shoote
Dans le livre
Éventail planant
Étripé
Mort
Incinéré

Ici
Encore
Le hasard crée l’original
L’original crée la copie
La copie crée l’original
Saisissant hasard
Quand
A nouveau devant un paysage
Singulier
Je suis une copie originale
Le pas libre
Où…

Galaxidi, juin 2007
Texte du film « Aquarelles calcinées »

Adam se sent vivant
Le déluge est passé
La dernière pluie tombée
Cloué sur place
Sous un ciel assombri
Adam perçoit des cris étouffés
Sortant des corps perdus
Fascination
Obsession
Addiction
Une expérience parfaite
A même la peau
Là-haut
Une oie sans tête
Vole vers les pâles lumières
Ça tourne pas rond
En ce soir de solstice
Si doux pour la saison
Adam se sent vivre
La vie des autres
Vivants comme morts

Image ? Impossible...
On ne sait jamais pourtant
Si en tendant
Vers mes propres yeux
Le temps qu'il faut
Émerge un cheval d'oreille

Images ? Etats d'âmes...
Sur l'astre Voisinage
Vous avez tort
À travers
Le trou du lapin
D'être promesses périmées

Image ? Fertile erreur...
Elle opine
Entend un secret
Au plus profond
Après
Toute évasion
D'ombres sans mémoire

Images ? Sors, avenir...
Aucune trace d'usure
"L'image était avant"
Disait Asger Jorn
Le Cobra
On ne sait jamais où
Flottent les regards
Sur les couleurs
De l'astre Voisinage

fromont, 2017

Tout est prévu
Aux limites du raisonnable
Ange s'égare
Dans un modeste rêve
Et regarde
Bouche bée
Un monde rétréci
De la taille d'un nuage
Ange frôle la surface d'une île
Aux senteurs vagues
Tout est imprévu
Aux limites du raisonnable
Le monde s'élargit
Dans un cauchemar soudain
Un océan et ses marées
Une forêt et ses branches
Un désert et ses dunes
Une ville et ses aventures
Une plongée sans regret
Un moment sans
Retour

Il faut mourir une fois
Embaumé dans le ventre d'une horloge
Petits temps/Grands espaces
Ressentir une joie intense
Comme la première lumière
Ecouter la voix des animaux
Sauvages
Swinguer leurs exercices spirituels
S'ouvrir à la pluie au goût d'orange
Il faut mourir une fois
Sans attirer les mouches
Par nos boules à facettes
Petits temps/Grands espaces
Pour savoir qu'en vérité
Rien ne tient le tout

fromont, 2015

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