semaine 48
Portrait de Erik Rydberg
Zeitgeist

Menues volutes d’octobre

Le 11 novembre 2020

Octobre est un bon mois pour lire Nietzsche (un rigolo), mais encore Milne (un extra-terrestre) ou Aragon (un roc, cristallin). Feuilles mortes? Non, dit le vent, voyez comme elles dansent!

1. Friedrich Nietzsche (1844-1900), Nous qui sommes sans crainte, 1887, éd. Manucius, 2020, 122 pages, 12 euros, trad. Henri Albers, impression ICN. Nietzsche, c’est un peu comme Kafka: il est drôle (secret bien gardé, ne le répétez à personne). Sa caractérisation des bouffeurs de curé contrastés aux gens de robe de bure, par exemple. Les premiers sont "plus vulgaires, plus gais, plus familiers, plus superficiels" tandis que, les seconds, "plus lourds, plus profonds, plus contemplatifs, c’est-à-dire plus méchants". Relire ça lentement. Les deux "camps" semblent peuplés de clowns pareillement infréquentables. Mais, soyons sérieux, essayons. Pour qui ignore l’existence de ce bref pamphlet (80 pages petit format, hors la lourdingue préface), savoir qu’il s’agit d’une adjonction tardive au Gai savoir de 1882 dans laquelle le philosophe décoche de flèches ce qui lui reste dans le carquois avec, en-tête des billets d’humeur, la cible nommément désignée en toutes lettres, la religion, bien sûr, mais pas seulement. Si Leibniz, Kant et Hegel sont cités avec bienveillance, et plus encore Schopenhauer ("le premier athée convaincu et inflexible"), ce n’est pas le cas de Spinoza qu’il affuble d’une chiquenaude du "poitrinaire". L’invective chez Nietzsche est, on le sait, goûteuse – ces "êtres au sang de grenouille" qui ne comprennent rien à rien ou cet "animal social que l’homme apprend à devenir", qualifié peu avant de "bête domestique". À plus de cent ans de distance, qu’a-t-il à nous dire? Que la mort de dieu demeure en défaut d’un deuil assumé, sans doute encore aujourd’hui, et que la question du "sens" de l’existence, pour le citer, est "une question qui aura besoin de quelques siècles pour être comprise entièrement". On ne perd pas son temps à méditer cela un peu.

2a. Simone Weil (1909-1943), Pour une littérature combattante, 1936-44, éd. Indigène, 2020, 39 pages, 3,90 euros, impression Beta (Barcelone). La "vierge rouge", de son petit nom, que l’édition poids plume remet avec bonheur en circulation sous la forme de quelques brefs beaux textes extraits d’une vie, brève elle aussi. Les quatre écrits réunis ici sont remis en contexte par quelques lignes d’introduction bien utiles: lorsqu’elle résume Antigone, et en rappelle l’éternel message que l’honneur ne saurait admettre aucune compromission, c’est la philosophe ouvrière (Alsthom, Forges de Basse-Indre, Renault) qui s’exprime en soumettant le texte à la revue d’entreprise Tous unis afin de rendre "accessible aux masses populaires", dit-elle, une œuvre de "la grande poésie grecque (…) cent fois plus proche du peuple, s’il pouvait la connaître, que la littérature française classique et moderne." Dans tel autre, resté à l’état de manuscrit, c’est une lettre adressée à l’académicien Jean Giraudoux dont le titre se passe de commentaire: Pas de propagande pour la France coloniale. Comme quoi, faire "bouger les lignes", cela fait un moment déjà que des voix s’élèvent. Ou ses réflexions sur la littérature, sur les censeurs qui souhaitent la moraliser en bannissant l’écrit "immoral" (à ce compte, pourquoi pas "condamner en bloc toute la littérature"?, air connu faisant son retour en force avec la "cancel culture") ou l’envahissement publicitaire aboutissant, aux yeux d’une adolescente crédule, à conférer à une "réclame pour crème de beauté l’autorité attachée autrefois aux paroles des prêtres." En enchaînant: "Peut-on s’étonner d’être tombé ainsi où nous sommes?" Et encore, les ados vissés à leur dumbphone est un spectacle qui lui a été évité. Livre à diffuser, offrir, relire...

2b. Simone Weil (bis), Lettre à un religieux, 1941, éd. Poche Gallimard, 2020, 102 pages, 6 euros, impression CPI. Le second texte témoigne des exigences inouïes qu’elle mettait à sa quête spirituelle. Croyante, oui, mais en esprit libre. Et libre au point de juger plus proche d’une foi véritable un Platon ou un adorateur d’Osiris que nombre des abonnés à la messe du dimanche. Elle n’y va pas de main morte. Exemple: "Tout se passe comme si avec le temps on avait regardé non plus Jésus, mais l’Église comme Dieu incarné ici-bas." Exemple: "Le concept thomiste de la foi implique un «totalitarisme» aussi étouffant ou davantage que celui de Hitler." Exemple: "Le zèle des missionnaires n’a pas christianisé l’Afrique, l’Asie et l’Océanie, mais a amené ces territoires sous la domination froide, cruelle et destructrice de la race blanche, qui a tout écrasé." Écrite en octobre 1942, dix mois avant sa mort, cette lettre était adressée au Père dominicain Couturier, qui ne répondra pas. Elle sera publiée en 1943, par Albert Camus.

3. Amin Maalouf (né en 1949), Le naufrage des civilisations, 2019, Grasset, 2ème éd. 2020, 332 pages, 22 euros, impression Floch (Mayenne). Premier Maalouf à fréquenter mon doigt tourne-page, ce panoramique géopolitique semi-autobiographique ne m’engage pas à retenter l’expérience. Jusqu’à la page 165, ça va – mais après, mama mia, ça vole à peine plus haut que le Nouvel Obs ou Newsweek. C’est d’autant plus dommage que ce qui est bon vaut vraiment le détour, de sa naissance à Beyrouth en 1949 à sa vingt-septième année en 1976 quand il quitte définitivement la terre natale levantine et il parle d’expérience – il eût été plus exact, d’ailleurs, d’évoquer dans le titre un naufrage de la civilisation levantine, mais, ça, moins vendeur, hein… Fait pivot, et fin du cosmopolitisme multiconfessionnel, l’an 1967, la guerre des Six Jours, lors desquels, par un assaut aérien éclair surprise, les forces israélienne anéantiront, au sol, tous les avions de combat égyptiens, syriens et jordaniens. Sa thèse, méritant réflexion: le monde arabe ne s’en relèvera pas, mieux, ou pire, cette défaite, et la rancœur impuissante occasionnée, portait les germes de l’islamisme fanatisé et assassin. La figure de Nasser fait place à celle de Ben Laden. On fermera certes les yeux quand il interprète ladite rancœur comme porteuse d’une "haine de soi" et patati patata: la psychologie de quatre sous, que de dégâts! Et comme suggéré, la suite est navrante, une lecture à classer parmi les pures pertes de temps. Avec des envolées voulant que: ah! Si seulement, dans les années quatre-vingt, le capitalisme et le communisme avaient pu s’entendre. Des trucs comme ça. En rire ou en pleurer. Passer son chemin, plutôt. Et lire ou relire Samir Amin et/ou Hobsbawm. (Cerise sur le gâteau: le bouquin vient d’être réédité en Livre de Poche: naufrage de la civilisation européenne?)

4. O.P. Gilbert (1898-1972), Bauduin des mines, 1948, éd. Marabout (sans date), 213 pages, 50 centimes (Marché aux Puces), impression: allez savoir… Trouvaille que ce petit joyau de sociologie ouvriériste romancée qui donne à voir, à la manière de Germinal (grève et éboulement fatal inclus), le quotidien des gueules noires au nord de la France aux alentours de 1934, ce au travers des yeux d’un patron de la vieille école, paternaliste et aussi impitoyable avec les autres qu’avec lui-même. C’est passionnant, émouvant et bien croqué. Ces photos du passé: le buste de Jaurès que tous les mineurs ont installé sur la cheminée, ou le carcan imposé aux jeunes femmes bourgeoises auxquelles on réservait "une éducation ménagère (…), le sens de l’utilité domestique et de l’inutilité cérébrale" ou, à l’inverse, cette femme de mineur qui, se sachant seule, ose mettre le genoux à terre pour prier – et qui, quand Pierre, son mari, rentre, désavoué par ses camarades, remet le café sur le réchaud et lui dit doucement: "Pierre, il ne faut pas souffrir." (Gilbert, fils d’un pharmacien et directeur d’hôpital à La Louvière, se fera également un nom comme journaliste à France-Soir, L’Aurore et Notre Temps.)

5. A.A. Milne (1882-1956), Nalle Puh, 1926, éd. Bonnier/Carlsen 1976, 148 pages, 4 euros (bouquinerie des Petits Riens), impression… à Singapour (sic). Il s’agit évidemment de Winnie l’Ourson, premier de la série, traduit en suédois (1930) et réédité à l’occasion du jubilé de la parution originelle dans une belle édition rendant honneur aux illustrations charmantes de EH Shepard. Milne fait partie, avec Sempé, Tove Jansson, Charles Schulz, Jean de Brunhoff, de cette féerique tribu d’auteurs qui écrivent avec les yeux d’un enfant, donc avec des mots qui n’ont pas été infectés par le mille-feuilles vénéneux de l’acquis. À lire à voix haute, à deux, trois ou plus. Le livre peut être une joie. (Mais merci de ne pas abuser.)

6. Paul Léautaud (1872-1956), In memoriam, 1905, éd. Sillage 2016, 77 pages, 8,50 euros, impression… en UE (sic). Léautaud, on sait ou devrait savoir, était un forcené de l’écriture. Son journal, c’est dix-huit volumes et quelque 6.500 pages. Ici, on le goûte dans le format court de la stèle mortuaire – érigé à la mort de son père. Un père qu’il a peu connu et peu aimé, s’en trouvant d’ailleurs lui-même peu aimé. De ce père, il étale la lubricité maniaque, d’un autre temps: le couple parental tenait du couple de cocus consentants. Il faut de tout pour faire un monde…

7. Caroline Fourest (née en 1975), Éloge du blasphème, Grasset 2015, rééd. Livre de Poche 2016, 157 pages, 7 euros et 5 centimes, impression CPI. Le titre est trompeur. Ç’aurait dû être Éloge de Charlie Hebdo (voire Moi, je trouve que) tant il s’agit, de la première à la dernière ligne une réaction pamphlétaire à chaud après l’attentat (7 janvier 2015) contre l’hebdomadaire parisien dit satirique, exclusivement centrée sur la geste héroïque du canard en question. C’est bourré de pataquès, - s’insurger contre le groupuscule Les Indigènes de la République pour aussitôt préciser que son discours est "inaudible en dehors de petits cercles" (alors à quoi bon les épingler?), qualifier la Russie de "principale menace contre les intérêts français" (et pourquoi pas le lobby anglophile de Belgrade?), donner l’islam comme compatible avec les valeurs de la France selon 47% d’un sondage Ipsos (tout en faisant l’impasse sur les 53% qui logiquement étaient d’un avis contraire et partant problématique), instrumentaliser Camus afin de pourfendre les confusions sémantiques entretenues autour des notions de racisme et d’islamophobie (parmi les "plus graves de notre époque", pas moins), et illico tomber elle-même dans la choucroute, car racisme, pour elle, qui s’abstient de définir, la lecture va de soi: ah bon! première nouvelle! Cela étant, en temps que document miroitant l’époque, ça ne manque pas d’intérêt. Y compris, rappel utile, s’agissant de la croissance galopante visant à judiciariser la parole interdite (incitation à la haine, "racisme", négationnisme, apologie du "terrorisme", etc.): refiler la patate aux juges, c’est bien dans l’air du temps "managérial", et nulle critique chez Fourest. Sauve qui peut? L’appel est comme étouffé par la noyade collective.

8. Susette Gontard (1769-1802), La Diotima de Hölderlin, éd. Verdier, 189 pages, 18 euros, trad. Thomas Buffet, impression Normandie Roto (Lonrai). L’amour fou, la passion chaste de Susette et Friedrich, c’est aussi, sinon plus, d’un autre temps. Mélancolique, mélancolique. En décembre 1795, le poète Hölderlin entre dans la maisonnée Gontard comme précepteur du fils aîné. Il tombe irrémédiablement amoureux de madame et réciproquement. Elle a vingt-six ans, elle sera emportée par la rubéole à trente-trois mais, durant sept ans, une correspondance enflammée faisant foi, elle ne vit plus que pour lui, s’agrippant au souvenir de moments heureux, s’extasiant de l’apercevoir brièvement de sa fenêtre, s’immolant dans la lecture de ses billets doux – car le poète ardent avait été tôt prié d’aller au diable par le mari à juste titre soupçonneux. Demeurent seules, donc, les lettres éplorées de l’ardente épouse infidèle, Susette, surnommée Diotima, ainsi que, reproduites, une photo de son buste et de son masque mortuaire. Cette relation aurait été parfaitement chaste, platonique, mais fiévreusement. Aurait été? Dans une des lettres à son "amour céleste", elle s’adresse à lui sous les traits d’une "ombre au moment où je voulais t’enlacer", ce qui peut paraître comme un élan charnel. Mais elle n’en dit pas plus. Et pas un mot, jamais, de son mari. On ne sait de sa vie que son désir, constant mais d’évidence à tout instant contrarié, de s’abîmer dans la solitude de sa chambre en pensant à lui, celui à qui elle écrit que "plus personne ne t’aimera comme moi je t’aime". Amour entre fantômes fait de fugitives fantasmagories sublimées, fugitives comme ces quelques traces épistolaires. (Les lettres avaient été éditées en 1920 par un lointain descendant de Hölderlin ainsi que, en français, en 1948, 1967 et 2020 pour cette édition critique de Thomas Buffet, prenant appui sur l’édition allemande due à Adolf Beck en 1980.)

9. Jean Paulhan (1884-1968), Le guerrier appliqué, 1917, cinquième édition de 1930, Nrf Gallimard, 154 pages, 10 euros (bouquinerie Het Ivoren Aapje), impression F. Paillart (Somme). Je me le suis offert rien que pour l’édition, Nfr de petit format, un in-octavo hybride broché (16,8x11,2cm) avec dessin de couverture de Jean Émile Laboureur. Parce que question roman romancé des tranchées 14-18, ce n’est… ni bon, ni mauvais. Préférer, de loin, Georges Duhamel.

10. Aragon (1897-1982), En étrange pays dans mon pays lui-même avec en sous-titre En Français dans le Texte, suivi de Brocéliande, 1945, éd. À la voile latine (Monaco), 116 pages, 8 euros (bouquinerie Pêle Mêle). Outre que évidemment Aragon a déterminé l’achat, c’est tout autant la curiosité bibliophile qui a séduit: une édition aux cahiers non cousus, "cet ouvrage achevé d’imprimer le trente et un juillet mille neuf cent quarante-cinq par la S. G. I. É. À Paris a été tiré à huit cent quatre-vingts exemplaires sur papier pur fil des papeteries Johannot à Annonay", le mien portant la matricule N° 610. Ajouter à cela le poèteux, ah! Avec un introduction fantasque nommée De l’exactitude historique en poésie qui induit le lecteur à n’y voir que pur déconnage (avec des fusées du genre "Les grands chênes de Vézelay seraient des noyers, que cela ne m’étonnerait pas.") mais cela ne dure pas. Pince-sans-rire, le grand Louis resitue, en effet: le poème Brocéliande, rappelle-t-il, a été écrit quand "les Nazis tenaient le haut du pavé dans mon pays, et d’une façon pas du tout mythique", ceci expliquant cela, à savoir que pour échapper à la censure, à l’arrestation, au convoi de solution finale, la poésie se devait d’être un tantinet hermétique, allusive et sournoise, afin que l’occupant barbare n’y voie que du feu et, les compatriotes, du bon bois venant réchauffer cœur et ardeur résistante. Aragon souffle encore aujourd’hui sur les braises.

11. Sara Lidman (1923-2004), Kropp och själ (Corps et âme), 1987-2000, éd. Bonniers 2003, 142 pages, 10 euros (bouquinerie Rönnells, Stockholm). Mentionnée ici en passant: Sara Lidman n’a guère été traduite en français, ce qui est parfaitement regrettable. Mentionnée, aussi, parce qu’écrivaine prolétarienne, catégorie de gens de lettres qui, à ce titre, comme en Suède, s’inscrivent dans une tradition encore vivace et fièrement revendiquée. En Europe méridionale (en dessous de Copenhague, mettons), c’est plus évaporé. De ce recueil d’articles de presse sortis de la plume de cette militante rouge (elle fut aux côtés des mineurs lors de la grande grève 1969-70), on peut épingler, 1991, sa dénonciation du projet secret signé Commission européenne visant à transformer le nord du pays, passablement dépeuplé à part quelques rennes, en un vaste cimetière pour déchets nucléaires. Entre-temps, la région sert de plaine de jeux de guerre pour l’Otan. Kif-kif.
(On épinglera aussi le fait que Lidman a sa "société" littéraire, bien vivante: http://saralidman.se/

12. Éric Chauvier (né en 1971), Laura, 2020, éd. Allia, 139 pages, 8 euros, impression en UE (sic). Encore un petit Chauvier, qui semble s’être spécialisé dans le roman mono-thématique court. Ici, pour résumer, c’est l’histoire d’une drague mais, attention, de haut niveau, le narrateur, qui soliloque quasi solo n’était son inaccessible Laura, il cherche, ouvrez les guillemets, "l’amour impossible". Elle, pas. Elle veut juste prendre son pied, picoler, vivre "fun". Bon, il y a, en arrière-plan faisant avant-plan (sans doute un chouïa autobiographique) le scénario d’un type qui a quitté sa petite ville provinciale de bouseux pour réussir dans la Capitale tout en restant obnubilé, fasciné par son rural "crush" d’ado, Laura, la plus belle et sexy de la classe que tous ses camarades boutonneux désiraient mais qui, las!, a complètement raté son ascension sociale, se mettant à la colle avec le fils à papa du notable n°1, lequel papa va enjoindre fiston de larguer l’affriolante élue de son cœur car, franchement, trop populo. Tout cela se lit avec un sourire en coin.

13. Jean Dutourd (1920-2011), Le paradoxe du critique, 1971, Flammarion, 60 pages, 8 euros (Librairie André Leto), impression Mathan (Boulogne Sur Seine). Encore en raison de la charmante édition, tiré à 1.100 exemplaires sur Velin Pur Fil Johannot dont j’ai le 875ème. C’est une petite chose nostalgique où Dutourd, rendant son tablier de critique dramatique à France-Soir après sept années de services fidèles et loyaux, en livre quelques souvenirs. Me lira-t-on encore dans trente ans, glisse-t-il dans l’introduction millésimée 1971? Mais oui, même cinquante ans après, en 2020. Il écrivait ses recensions à minuit, après le spectacle, rendant ensuite sa copie à une heure du matin. Monde englouti que celui-là. Monde englouti encore que les grands patrons de presse, ici Pierre Lazareff qui, lorsque Dutourd, inquiet d’avoir étrillé une pièce que son patron subsidiait, lui demande à en être prévenu à l’avenir: "Jamais, coco! La critique est sacrée." fusera la réponse dans un grand éclat de rire. Autre temps...

Image: 
Susette Gontard, l'amour céleste de Hölderlin. (Photo Rydberg du livre La Diotima de Hölderlin, éd. Verdier).

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