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En collaboration avec les Presses Universitaires de Bruxelles

Portrait de Henry Landroit
Pour remettre les idées à l’endroit...

Faire pipi assis

Le 28 janvier 2018

On connait le féminisme, mais on connait moins le masculinisme.

Les masculinistes sévissent maintenant sur la toile. 

Dans le film « La domination masculine », interrogés par le réalisateur, ils stigmatisent les hommes alliés des femmes et qui « font pipi assis ».

La honte ! C’est donc un signe de virilité dérangée pour ces machos.

Vers mes trente-cinq ans, je me suis surpris assis sur le pot pour uriner.

C’était bien agréable, ma foi... Depuis, c’est devenu une habitude.

Quelle jouissance ! Imaginez, la main n’est plus obligée de guider l’engin récalcitrant, responsable souvent de taches douteuses sur la lunette.

Imaginez une sensation de liberté totale, comme doivent en éprouver nos compagnes.
 Je suis persuadé que si l’homme avait dès le début décidé d’assurer cette fonction comme la femme (ou si Ève y avait initié Adam), beaucoup de problèmes auraient été résolus dans nos relations...

Certes, s’il avait décidé aussi de passer l’aspirateur, de langer les bébés, de faire la vaisselle, de la laisser voter, de ne pas la voiler (et j'en passe), bien des choses auraient encore évolué.

Non seulement l’homme ne peut pas faire pipi assis pour les masculinistes, car il renie ainsi une virilité durement acquise et maintenue, mais il ne peut pas pleurer. Déjà, on l’en déshabitue, petit garçon. Ne pleure pas comme ta sœur.

Alors, il crâne toute sa vie, il serre les dents, ses mâchoires se contractent. C’est pour cela que le créateur, dans sa bonté divine, l’a pourvu, dès son adolescence, d’une barbe camouflante (mais que certains s’obstinent pourtant à raser tous les matins).

Je l’avoue, moi aussi je pleure. Non, pas à tout bout de champ (bien qu’il y aurait matière rien qu’en ouvrant son journal, sa radio ou sa télévision). Mais de temps à autre. Certes, rarement en public. Mais par exemple sur un lit d’hôpital, en 2005, devant mes visiteurs, après un accident vasculaire cérébral. J’avais une excuse toute prête, évidemment.

La prochaine fois ? Je ne sais. Mais sans complexe, en tout cas... 


 

Commentaires

Portrait de prevost.marianne
Très joli ! et je vais regarder ce film, je ne savais pas que le masculinisme allait si loin dans votre intimité, pauvres chers hommes!
Portrait de Odile
Chouette texte.. Merci Henri!

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