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En collaboration avec les Presses Universitaires de Bruxelles

Portrait de Henry Landroit
Pour remettre les idées à l’endroit...

Faudra-t-il les tester tous ?

Le 11 octobre 2017

Il y a peu, le ministre de l’Enseignement supérieur a proposé que les futurs professeurs soient soumis, avant leurs études, à un test de connaissance du français.

Selon nos informations (nous ne dévoilerons pas nos sources ici), différents ministres ont réagi.

Jusqu’à ce jour, le ministre de l’Environnement a demandé l’instauration d’un test du même type portant sur la géographie, celui des Finances sur les mathématiques (et particulièrement sur les compétences en gestion des tableaux Excel), celui des Cultes sur la connaissance approfondie des différentes religions. Les ministres de la Culture se tâtent encore pour demander un test sur la connaissance de l’histoire et de l’actualité.

Il se dit même, dans les coulisses de la Défense nationale, que le ministre va prendre en charge la préparation d’un examen portant sur les connaissances en matière d’arts martiaux des candidat.e.s et leurs capacités à pratiquer l’autodéfense, cela pouvant être utile lors d’une nomination dans les quartiers chauds des grandes villes.

La ministre de l’Éducation réclame quand à elle le passage des candidat.e.s à l’Alcotest avant chaque séance de contrôle des connaissances.

Entretemps, les associations professionnelles d’enseignants (et en particulier celle des professeurs de français) se sont fendues d’un communiqué fustigeant les mesures envisagées par les ministres où elles accusent ceux-ci de pratiquer une sorte d’amalgame mêlé de discrimination en mettant ainsi sur la sellette, que dis-je, en appelant à la vindicte populaire les milliers de professeurs (et d’instituteurs) qui suent quotidiennement sang et eau à enseigner les règles du participe passé ou celles qui président à la rédaction d’un texte argumentaire quand ce ne sont pas les bases d’une élocution fluide et claire.

En coulisses cependant, nous avons pu constater que nombre de ces professeurs tiennent en privé les mêmes propos que les ministres et considèrent que les élèves sortant du secondaire ont en général une connaissance relativement minimale de la langue de Voltaire (de qui ? demandent des jeunes de 16-17 ans présents à l’entretien), qu’ils la dominent mal, qu’ils connaissent mieux l’anglais que leur langue maternelle,qu’ils lisent de moins en moins (sauf sur leurs smartphones), qu’ils s’expriment avec réticence et hésitation, qu’ils connaissent mieux les rappeurs que Victor Hugo ou Aragon, qu’ils lisent plutôt (quand ils lisent) Nos étoiles contraires ou la trilogie de Hunger games que Christian Bobin ou Balzac, bref, que ça va plutôt mal.

C’est pourquoi une pétition se prépare, demandant solennellement aux hommes politiques de dresser une statue en hommage aux professeurs de français dans un lieu public très fréquenté comme l’Atomium ou la Grand-place eu égard à la dangerosité de leur métier.

Une artiste contactée (Delphine Boël pour ne pas la citer) se propose d’en assumer la paternité la maternité, ce dont nous la remercions surtout parce qu’elle a promis de reverser 80 % de ses droits d’autrice au F.S.E.P. (Fonds de secours aux enseignants pensionnés), malgré les frais que lui occasionne un procès qui n’en finit pas...

Henry Landroit

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