semaine 27
Portrait de Henry Landroit
Pour remettre les idées à l’endroit...

Pour remettre les idées à l'endroit

Le 29 mai 2020

Un choc, ce jeudi matin. Je me réveille avec l'annonce officielle de la réouverture des classes maternelles et des classes primaires le mardi 2 juin.

Non seulement elles rouvrent, mais les exigences sanitaires sont assouplies. Adieu le respect de la distance sociale, adieu les masques, etc. Les écoles et les enseignants sortent d'une période où il leur a été enjoint de prévoir 4 m2 par élève et 8 m2 par enseignant, de rester en « silo », etc. Cette période à peine entamée, les écoles à peine en état de marche, tout va mieux soudainement  : notre fameuse courbe n'est pas remontée à cause du déconfinement, 269 pédiatres se sont fendus d'un appel pressant au retour à l'école, suivi de 16 000 médecins. Le ministre de la Communauté flamande a annoncé que les écoles rouvriraient le 2 juin alors que le Conseil de sécurité avait annoncé le 8 juin. Tout cela a suffi à pousser les francophones à obéir à ce changement à 180 degrés. Qu'importe les heures difficiles passées par les enseignants et leurs directions pour répondre à une série d'exigences drastiques. Qu'importe les nouvelles heures qui s'annoncent ces deux jours (jeudi et vendredi) et le weekend de la Pentecôte pour certains afin de revenir en arrière et réaménager les classes. L'Esprit-Saint est descendu (un peu prématurément) sur les têtes de nos responsables et la loi, c'est la loi, ils sont habitués à parler plusieurs langues, voici l'occasion de le faire et de dire le contraire de ce qu'ils disaient il y a à peine quelques jours.

Entendons-nous bien. Je ne nie pas qu'il aurait été particulièrement difficile d'accueillir les enfants de maternelle en suivant le protocole sanitaire, la distanciation physique principalement. Mais conscients de cela, les politiques avaient le choix entre deux solutions, le statuquo (« restez chez vous » claironné jusqu'alors ou la garderie organisée). Ils ont fait le troisième choix : tout le monde rentre ! Du coup, le problème est résolu : plus de distanciation nécessaire !

Les scientifiques considèrent que l'on doit porter le masque et respecter la distanciation physique, le peuple s’exécute. Les experts demandent que l'on ferme les écoles, tout le monde comprend. Puis ils décident de rouvrir celles-ci par étapes et suivant un protocole sanitaire précis. Ça nous parait dur, mais assez logique. On se félicite même de ne pas suivre l'exemple de la France où le déconfinement de tous les enfants est brusque et s'avère chaotique. Dans la classe de Lou, le plus jeune de mes petits-fils, 13 ans, dans l'Aude, ils étaient 26. 6 d'entre eux sont rentrés à l'école.

Et puis bardaf, c'est l'embardée. Le jeudi 28 mai, chez nous, on ouvre les vannes.

On est en droit de se demander quelle a été l'influence de la décision du ministre de l'Éducation en Flandres, dans toute cette affaire. L'enseignement et l'éducation ont été confiées depuis belle lurette aux Communautés. Comme ces décisions qui viennent d'être prises l'ont été par les instances fédérales, elles ont un relent politique inapproprié. Jaloux de ses prérogatives, un ministre pourrait-il mener le bal ?

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