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En collaboration avec les Presses Universitaires de Bruxelles

Portrait de Henry Landroit
Pour remettre les idées à l’endroit...

Y en a qui fêtent Mai 68 à leur façon...

Le 28 mars 2018

Libre à n’importe qui de fêter Mai 68  : les soixante-huitards attardés (comme on les appelle injustement), les femmes et hommes politiques, les présidents, les écoles, les enseignants, les étudiants, les journalistes, bref tout le monde.

À coup de reportages divers, d’interviews d’acteurs et d’actrices de l’époque (il faut se dépêcher, bientôt ils ou elles ne répondront plus au téléphone ou auront perdu la mémoire), les radios et les écrans évoquent ce temps, béni pour les uns, honni pour les autres.

Mais évoquer Mai 68 à coups de battes et de barres de fer, c’est plus inédit, ça fait plus tendance. C’est ce qui est arrivé en France, un peu avant l’heure il est vrai.

 

D’abord au Lycée autogéré de Paris, une dizaine d’individus armés de barres de fer ont agressé étudiants et professeurs. Saluts nazis et insultes homophobes étaient de la partie.

Il est clair que le Lycée, ne serait-ce que par son nom, se devait d’attirer ce genre de personnages. Cette fois, ils procédaient à visage découvert comme membres du groupe GUD (Groupe union défense), un syndicat étudiant habitué aux actions violentes.

 

Ensuite à la Faculté de droit (sic) de Montpellier, où des étudiants manifestant contre le Plan étudiants dans un amphi ont été agressés à coups de poing par des hommes cagoulés et armés de planches cloutées et de tasers (il faut dire que l’atmosphère était électrique, si j’ose dire). Bilan  : plusieurs personnes blessées, trois hospitalisations...

Le doyen apparait comme étant de mèche avec les agresseurs en leur facilitant l’accès aux bâtiments. Il démissionnera par la suite. Les agents de sécurité laissent faire... On aura tout vu. Des étudiants ont même reconnu certains de leurs professeurs parmi leurs agresseurs.

 

Décidément, cinquante ans après, on peut s’interroger longuement sur les effets de Mai 68. De grands ténors de l’époque comme Daniel Cohn-Bendit, Alain Geismar et d’autres soutiennent Emanuel Macron qui se tâte pourtant pour commémorer cet évènement (le fera, le fera pas ?) et pratique une politique à cent lieues des idéaux de 68.

 

On dit que pour qu’une idée nouvelle s’implante dans notre société, il faut en moyenne septante ans.

Rendez-vous en 2038 ?

 

 

 

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