semaine 08
Portrait de Jean-Pol Baras
Les calepins de Jean-Pol Baras

« Attachez vos ceintures et gardez-les fermées ! »

Le 01 février 2017

Lundi 16 janvier

 Le rassemblement à Paris de 75 États pour en décréter deux, Israël et la Palestine, ne connaîtra pas le même succès que la COP 21. Á peine les travaux avaient-ils débuté que Netanyahou considérait cette rencontre comme « futile ». Elle sera en effet inutile. En fait, François Hollande avait programmé cette conférence en misant sur la victoire d’Hillary Clinton. Plutôt que de se soumettre à des injonctions à Paris, le Premier ministre israélien préfère attendre l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche. Celui-ci dépasse même les espérances de Netanyahou qui risque, étrange retournement des choses, de le freiner dans ses ardeurs. Le futur président des États-Unis a en effet déclaré qu’il envisage de transférer son ambassade de Tel-Aviv à Jérusalem, reconnaissant ainsi de manière implicite que la ville sacrée est la capitale de l’État hébreu. Comme casus belli dans la région, il est difficile de trouver mieux.

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 Deuxième débat de la primaire de la gauche retransmis à 18 heures hier sur BFM-TV et I-Télé. François Hollande était au Théâtre des Bouffes-Parisiens pour la dernière du seul-en-scène de Michel Drucker. Ben oui, il avait été invité par l’éternel animateur-présentateur de la télé. Toute la presse relève le fait : François Hollande n’était pas, fébrile, devant son petit écran pour observer ses camarades…  Des émissions, on peut les enregistrer pour les visionner plus tard non ? On peut aussi ne pas les regarder si on n’en a pas envie…

Mardi 17 janvier

 On la croyait dissipée, hésitante, voire perturbée par la situation bancale dans laquelle se trouvait le Royaume-Uni depuis le résultat du référendum. Elle travaillait. Elle n’a pas déçu en prononçant son grand discours d’intentions tel qu’elle l’avait annoncé, en date et heure, tel qu’on l’attendait. Le Brexit sera complet, le divorce total. Le UK n’aura pas un pied dedans, un pied dehors. Il ne fera plus partie du marché unique. La Première ministre britannique Theresa May a énoncé des mesures « claires et nettes » sur l’attitude que son gouvernement adoptera dans les négociations du Brexit. Le leader de l’extrême droite Nigel Farage n’aurait pas osé prononcer pareil plan de discussion pendant la campagne du référendum. En aurait-il seulement été capable, en dehors de ses fausses promesses et de ses constats erronés en forme de slogans ? Mais on reconnaît bien là le comportement des Anglais : clairs et nets. Pas de faux-semblant, pas de demi-mesure. Toute l’Histoire de la Grande-Bretagne le prouve. Á l’Union européenne d’être à la hauteur de ce comportement et des revendications qu’il renferme, sans tergiverser. Ça la changera. Cela dit, si la détermination de Theresa May est impressionnante, elle n’est pas sans risque. La livre sterling va surement connaître une sérieuse baisse et les représentants des régions qui souhaitent rester dans l’Union européenne, comme l’Écosse plus particulièrement, mais aussi l’Irlande du Nord, ne vont pas aller s’agenouiller devant le 10 Downing street.  Mais ça, c’est leur affaire…

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 On lui espérait un grand destin européen. L’Europe, tout le monde en convient, a besoin de retrouver de grandes figures à la dimension de celles de ses pères fondateurs. Elle en manque cruellement. Guy Verhofstadt aurai pu être le grand format dont l’Union a tellement besoin pour recouvrer un visage d’espérance, conduire le destin d’un demi-milliard de citoyens. Verhofstadt a préféré lui aussi entrer dans la petite cuisine du Parlement européen et négocier, au nom du groupe des libéraux, de petits arrangements avec la Parti populaire (PPE) : je retire ma candidature au perchoir et tu me donnes une présidence de commission en plus… Il a provoqué l’éclatement de la grande coalition en s’alliant aux conservateurs et en rejetant les sociaux-démocrates sur les accotements. Soit. Le Parlement sera donc un peu plus à droite

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 Qui peut se représenter ce que vaut un milliard d’euros, qui pourrait identifier, matérialiser cette somme mirobolante ? Peu de citoyens sans doute. Mais quand on évoque des milliards d’euros dans des comparaisons objectives, se dégage alors une échelle de valeurs suffisamment nette pour qu’une opinion puisse se forger, base d’une option politique. Exemples : 1) 8 milliardaires possèdent à eux seuls la richesse de 50% de la population mondiale. Soit 8 hommes d’un côté ; 3,5 milliards de l’autre. 2) Les membres du gouvernement de Trump totaliseront à eux seuls 1/3 de la richesse du pays qu’ils dirigeront. 3) En 2010, sous Sarkozy, la dette de la France s’élevait à 148,8 milliards d’euros. Elle n’a cessé de diminuer sous Hollande. Elle était, pour 2015, de 72,3 milliards d’euros. Seule l’Allemagne fait mieux. C’est le résultat du travail minutieux et discret de Michel Sapin, ministre de l’Économie et des Finances, et de Christian Eckert, ministre du Budget (on connaît le nom de son prédécesseur, Jérôme Cahuzac, mais le sien, pourtant bien plus important pour la gestion de l’État, reste ignoré…)

Mercredi 18 janvier

 Le Parlement européen a donc désigné à sa tête Antonio Tajani, le copain de Silvio Berlusconi. Désormais, le PPE détient les trois postes-clés de l’Union européenne : la présidence du Conseil, celle de la Commission et celle du Parlement. Le premier des trois, Donald Tusk, devra laisser son mandat en mai. Reste à espérer que ce mandat fut promis à Verhofstadt pour qu’il abandonne sa course à la présidence du Parlement. C’est la seule excuse qu’on pourrait lui trouver.

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 Tandis que des cérémonies et des concerts se préparent pour évoquer le 220e anniversaire de Franz Schubert (1797 – 1828), il est bon de rappeler que ce merveilleux compositeur ne vécut que 31 ans emporté par une fièvre typhoïde qu’une syphilis ne faisait qu’aggraver. On décrit souvent à raison le génie adolescent par le talent de Rimbaud (1854 – 1891) ou de Mozart (1756 – 1791) et bizarrement, Schubert est toujours délaissé dans cette catégorie-là. Peut-être est-ce tellement il a composé de symphonies, sonates ou autres lieders qu’il légua en quelques années l’œuvre de toute une vie…

 Jeudi 19 janvier

 Verhofstadt président du Conseil européen ? Et pourquoi pas François Hollande ?

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 Demain, Donald Trump entrera à la Maison Blanche. Jusqu’à la dernière minute, des manifestations marquant la désapprobation auront eu lieu à Washington et à New York. Celle de ce soir, très massive, était conduite par des vedettes de la télévision et du cinéma : Alec Baldwin, Cher, Michael Moore et aussi Robert de Niro. Il en faudra davantage pour décourager le turbulent milliardaire.

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 Dernier débat pour la primaire de la gauche. Deux constats : comme pour la droite, les échanges furent un peu plus vifs mais cordiaux. Par ailleurs, ils s’inscrivent bien tous dans une perspective dans les valeurs de la gauche : l’égalité, les mêmes chances pour tous, ne laisser personne sur le bord du chemin, etc. Et une évidence : bien malin qui pourrait pronostiquer le résultat de dimanche. Valls et Montebourg disposent du programme le mieux charpenté, mais sera-ce cette qualité que les votants mettront en exergue dans leur choix ? Peillon est celui qui parle le mieux du socialisme, mais les militants qui ont quitté la famille, déçus, sont-ils prêts à y revenir si vite ? Ont-ils seulement suivi les débats ? François de Rugy adopte une attitude présidentielle devant les problèmes et les périls ; sérénité, sagesse, fermeté. Mais les socialistes sont-ils prêts à s’effacer pour se donner à un écologiste ?

Vendredi 20 janvier

 Voici donc le jour de l’investiture de Donald Trump. Roosevelt aura été promu grâce à la radio, Kennedy grâce à la télévision, et Trump grâce à Twitter. Soit. Ce n’est pas pour autant rassurant. D’ailleurs, rien n’est rassurant chez cet homme-là : le retrait de l’OTAN, la remise en question de la COP 21, celle de l’accord avec l’Iran sur l’énergie nucléaire, le mépris pour l’Union européenne, cela constitue déjà une fameuse masse de craintes pour la paix dans le monde, sans compter son inexpérience politique et celle de ses principaux ministres devant les soubresauts de l’Histoire, inconnus à ce jour. Quand un dirigeant est imprévisible, il n’affronte jamais bien l’imprévu.

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 Très mauvaise nouvelle pour Emmanuel Macron : Alain Minc, le roi des louseurs, annonce qu’il votera pour lui.

Samedi 21 janvier

 Trump président est le même homme que Trump candidat. Que tous ceux qui croyaient que les habits le la charge suprême le changeraient se le tiennent pour dit. Son discours d’investiture ressemblait comme deux gouttes d’eau, tant sur le plan de l’intonation que sur celui du contenu et même de la gestuelle, à une prestation de meeting. Quant à son credo, le voici également confirmé, poing levé : « L’Amérique d’abord ». La plus grande puissance du monde joue le repli, base du protectionnisme. George W. Bush avait déjà suivi ce principe jusqu’à ce que deux avions viennent percuter les tours de Manhattan, démontrant – c’était une première - que les Etats-Unis pouvaient être attaqués sur leur propre territoire…

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 Macron, Macron… Durant cette période d’observation et de mise en jambes, ce virtuose du poil à gratter embête autant un camp que l’autre. Fillon à une concurrente sérieuse en son extrême, Marine Le Pen. Le vainqueur de la primaire en a aussi un sur son extrême, Jean-Luc Mélenchon. Et puis il y a les petits prétendants : Henri Guaino et Michèle Alliot-Marie d’un côté, Macron de l’autre. C’est comme cela que l’on commente aujourd’hui. Comme si Macron ne prenait des voix qu’aux socialistes et aux écologistes. La véritable ligne de départ, ce sera le 15 mars, lorsque l’on connaîtra le nom des qualifiés grâce aux parrainages.

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 La 32e année que Damien Chazelle, natif de Providence, petite ville du comté de Rhode island, a célébrée avant-hier pourrait bien marquer une étape décisive dans sa biographie. Son film La La Land a raflé sept trophées lors de la cérémonie des Golden Globes après avoir été primé à la Mostra de Venise et il serait très coté parmi les favoris des futurs Oscars. Ce n’est pas une comédie musicale, c’est un film musical ; le jeune réalisateur insiste sur cette nuance. Du reste, il y a réalisé beaucoup de scènes parlées plutôt que chantées. En outre, le happy end gnangnan nous est épargné. Si le premier rôle masculin est remarquablement interprété par Ryan Gosling, c’est surtout Emma Stone qui perce l’écran. Á 28 ans, elle possède déjà une filmographie impressionnante mais ce sont les deux films récents de Woody Allen (Magic in the Moonlight, 2014 et Irrational man, 2015) qui l’ont révélée. Elle sera une grande actrice parce qu’elle a déjà prouvé qu’elle savait tout faire. En l’occurrence, à l’instar de Jean Dujardin dans The Artist, elle danse admirablement. Si l’histoire se déroule à Los Angeles, montrant de très beaux coins de cette ville miraculeuse, c’est à Paris que la consécration artistique est trouvée. La magie de la Ville Lumière fonctionne toujours, même si ce petit cocorico peut être un tantinet amendé : d’une part Damien Chazelle tient son nom français de Bernard, son père, et d’autre part, soyons de bon compte : si les Étatsuniens ambitionnent d’authentifier leur gloire à Paris, les artistes français espèrent confirmer la leur à New York ou à Hollywood…

Dimanche 22 janvier

 Dans la série Trump restera Trump, ce conseil de François Bujon de l’Estang, qui fut ambassadeur de France à Washington de 1995 à 2002 : « Attachez vos ceintures et gardez-les fermées ! »

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 Une pauvre primaire de la gauche en participation, et une sélection sans grand élan pour le deuxième tour. Qui choisir entre Benoît Hamon et Manuel Valls ? François Hollande bien sûr…

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 Grâce aux progrès techniques découlant de l’informatique, la photographie est devenue pratique ordinaire qui confère encore à l’image une banalité accentuée par le nombre. Les albums contenant les clichés choisis après poses et pressage de bouton parcimonieux, c’est fini. Désormais, comme le cliché ne coûte plus rien, chacun possède des milliers d’images dans son patrimoine iconographique. Reste l’art.

Lundi  23 janvier

 Au Chili, visitant une centrale solaire ou dialoguant avec la présidente socialiste Michelle Bachelet, François Hollande s’aère loin des cafouillages du parti socialiste dans le calcul des résultats de l’élection primaire. Manuel Valls a très bien résumé l’enjeu : au deuxième tour, les votants auront « le choix entre la défaite assurée et la victoire possible. » Très juste. Seul Manuel Valls pourrait avoir une petite chance de gagner l’élection. Mais pour quoi faire ? se demandent les militants de gauche… Là est la véritable question, très récurrente dans l’histoire du socialisme. Car il ne faut pas négliger les propositions de Benoît Hamon qui paraissent irréalistes. Elles ne le sont point ; elles sont utopiques, c’est-à-dire qu’elles se réaliseront un jour encore lointain, comme tant de conquêtes sociales. Prenons le revenu universel. L’idée n’est pas neuve, elle a depuis longtemps déjà mûri dans des cercles de pensée progressiste, notamment à l’Université catholique de Louvain, autour du professeur Philippe Van Parijs, promoteur du « revenu de base », très influencé par les thèses de John Rawls, le philosophe libéral américain hanté par « la perfection démocratique ». Cette idée deviendra un jour réalité mais ce n’est pas Benoît Hamon qui la portera au pouvoir. Pas de charisme, pas assez d’expérience. L’homme a juste réussi sur un point : il a démontré que les idées de gauche ne sont pas mortes, car contrairement à ce qu’a déclaré un jour Manuel Valls, la gauche ne peut pas mourir. Tant qu’un système produira des exclus, des laissés-pour-compte, des victimes du profit pour le profit, des exploités, bref, tant qu’il y aura des inégalités, il y aura toujours des partageux qui lutteront pour les éliminer ou, à tout le moins, les réduire.

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 Roman Polanski avait été pressenti afin de présider la 42e cérémonie des Césars. Aussitôt, les médias sociaux et certaines associations féministes se sont déchaînés. La mode est au bashing, on ne s’étonnera pas de la volée de bois vert. Simplement, on rappellera que l’abus sexuel sur mineure qui pèse encore sur sa conscience (et qui lui vaut toujours une menace de passer devant les tribunaux américains) eut lieu aux Etats-Unis il y a 40 ans, que Polanski purgea 47 jours de prison et que la « victime » a plusieurs fois souhaité que cette affaire soit tue et classée, pour ne pas notamment nuire à la sérénité de sa famille. « Meurtri », Roman Polanski vient de renoncer à présider la cérémonie des Césars. C’est une triste décision qui renforce l‘irresponsabilité des « honnêtes gens » (comme disait Brassens) se plaisant à jouir tous les jours devant leur écran pour dire du mal des personnalités en vue et qui, bien entendu, eux, n’ont rien à se reprocher.

Mardi 24 janvier

 Bastonnage, rossée, raclée, défoulement, dénigrement… Autant de mots qui vous permettent d’éviter l’anglicisme bashing. Cela dit, mieux vaudrait que cesse un peu cette mode qui est si prisée par les amateurs d’audience et les obsédés de l’ego.

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 (Pensée subtile en méditant celle de Michaux : « Même si c’est vrai, c’est faux ») : C’est à partir du moment où il a commencé à envoyer des télégrammes que Marcel Proust a été ruiné.

Mercredi 25 janvier

 On s’attendait à pire sur la forme, à cause du fond. Le débat entre Benoît Hamon et Manuel Valls pour le deuxième tour de la primaire de la gauche a été correct. Mais il a bien démontré qu’il y avait deux gauches (qu’il y a toujours en fait, comme déjà du temps de Jules Guesde et de Jean Jaurès). « Irréconciliables » disent les commentateurs. « Riches de leur diversité » ajoutent les historiens du socialisme. Et le téléspectateur, que dit-il le téléspectateur ? Car c’est lui qui décidera ! Depuis que la télévision s’est imposée dans la vie des foyers, on avait coutume de souligner que le citoyen était désormais le téléspectateur. Á présent que les primaires se sont imposées dans le paysage audiovisuel, l’électeur est aussi devenu le téléspectateur. La télévision vient de franchir un pas de plus dans le pouvoir qu’elle détient sur la marche de la société. Car c’est une évidence : on n’imagine pas qu’une campagne pour l’élection présidentielle puisse avoir lieu désormais sans primaire organisée par les chaînes de l’audiovisuel. Mieux : il ne sera bientôt plus possible d’exister en tant que candidat sans passer, comme Macron, Mélenchon et d’autres, par les débats des primaires.

Jeudi 26 janvier

 Il est des soirées où l’on a envie de se flinguer après avoir regardé le journal télévisé. Alors, il importe de retourner sur le site de l’hebdomadaire Courrier international qui, le 30 décembre, proposait, en une vidéo d’un peu plus de 2 minutes, un tour d’horizon de nouvelles positives survenues en 2016. Et de citer le quotidien d’information britannique The Guardian : « Les médias ont aussi la responsabilité d’écrire ce qui arrive de positif dans le monde, notamment pour que cela invite le lecteur à agir. »

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 Lorsqu’il publia son récit autobiographique en 1973, Joseph Joffo obtint un très grand succès de librairie et son livre fut traduit en plusieurs langues. C’est terrible à dire mais 44 ans plus tard le film que réalise Christian Duguay adapté du roman (Un sac de billes) donne presque l’impression de raconter une histoire certes étonnante, mais bien peu émouvante et en tous cas pas traumatisante. Ce n’est pas dû aux acteurs, très biens dans leur rôle, que ce soit Elsa Zylberstein qui joue la mère, Patrick Bruel qui interprète le père, et surtout le petit Dorian Le Clech dans le rôle de Joseph et Batyste Fleurial dans celui de Maurice, son frère… Non, c’est plutôt l’époque. La Shoah est entrée dans l’Histoire, elle devient lointaine, elle doit en rester une balise essentielle pour témoigner de la folie humaine mais dans les cœurs et dans les consciences, d’autres guerres, d’autres horreurs et d’autres périls sont apparus qui inquiètent et font frémir le citoyen.

Vendredi 27 janvier

 Personne ne connaît le nom de Nesta Carter mais tout le monde sait qui est Usain Bolt, le Lucky Luke des stades, celui qui court plus vite que son ombre…

Toute la presse souligne que Bolt a perdu sa neuvième médaille d’or olympique pour une question de dopage, disqualifié aux Jeux de Pékin en 2008… Réaction logique du lecteur : comment ? Tout va mal, pas moyen de trouver une nouvelle positive, et voilà que le Dieu du sprint, celui qui dans son allure de gazelle malgré son quintal nous donne un peu de joie, pendant à peine les dix secondes mais dix secondes de légende comme dix secondes d’orgasme, voilà que ce diable de la piste en cendrées, ce charmant guépard nous aurait aussi bluffé ? Il faut approfondir la lecture du commentaire pour comprendre que Nesta Carter était l’un des quatre athlètes jamaïcains qui avaient remporté le 4 x 100 mètres à Pékin, qu’il vient d’être convaincu de dopage, qu’en l’occurrence il était disqualifié , disqualifiant aussi du même coup tout le quatuor, dont le champion Usain Bolt…

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 Pour faire le pendant des Oscars, la France créa les Césars ; et pour imiter la fête du cinéma dans ses territoires de création artistique, la Belgique inventa les Magrittes, du nom de ce génie qui révéla les caprices de l’image. Cette année, Jean-Pierre et Luc Dardenne ont été nommés aux Césars pour leur film La Fille inconnue tandis qu’ils ne furent même pas retenus (« nominés », dit-on pour montrer que l’on s’y connaît, un faux anglicisme tiré de nominated, comme on dit à Hollywood). La morale de l’histoire est facile à dégager : Nul n’est prophète en son pays… Certes, mais n’y aurait-il pas un vent de jalousie, une brise de règlement de comptes derrière cette sélection ? Cela dit, avant de prendre connaissance des palmarès, notons que les frères Dardenne seront aussi en compétition par le biais de leur maison de production Les Films du fleuve avec deux films qui auront marqué l’année2016 : Baccalauréat, de Christian Mungiu, et Moi, Daniel Blake, de Ken Loach.

Samedi 28 janvier

 Trump est un homme honnête ; ce qu’il a dit qu’il ferait au cours de sa campagne, il le fait. Ainsi, il n’arrête pas de signer décret après décret et d’en arborer les textes au-dessus de sa griffe à la presse. Peu importe les conséquences. Une interdiction d’entrée sur le territoire pour les réfugiés et ressortissants de sept pays musulmans, tous soupçonnés d’être des terroristes. Il y en a qui peuplent les aéroports, devant rejoindre une fille aux études ou bien une réunion dans leur entreprise ?… Eh bien qu’ils fassent demi-tour… !

Dimanche 29 janvier

 Arnaud Montebourg, le porte-parole grande gueule des frondeurs socialistes, beau garçon intelligent, un rien baroudeur élégant, n’a même pas franchi le premier tour de la primaire. Manuel Valls, Premier ministre sortant, patine et Benoît Hamon, la surprise de la compétition, ne dégage aucun charisme, aucune carrure pour représenter la France. Voici que François Fillon, vainqueur incontestable et incontesté de la sélection à droite, ayant brillamment éliminé Nicolas Sarkozy et Alain Juppé (entre autres), François Fillon le gendre parfait se débat dans des affaires d’argent. Il regimbe mais les médias, jamais en retard d’une prévision négative, anticipent déjà son retrait. Si François Hollande avait choisi la stratégie du pourrissement, les faits dépasseraient ses espérances. Resterait juste une étape à son retour sur la scène : le ticket avec Macron. C’est quasiment improbable. Mais il y a tant de choses improbables depuis quelques mois en politique…

Lundi 30 janvier

 En une semaine à la Maison-Blanche, Donald Trump a déjà réussi à se mettre le monde entier sur le dos. Non ! Au fait, pas le monde entier ! Le monde entier, sauf  Poutine…

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 La participation au second tour de la primaire de la gauche fut plus importante que la semaine dernière. Plus de deux millions d’électeurs se sont mobilisés. Comme il fallait s’y attendre, Benoît Hamon remporta largement le duel contre Manuel Valls. Les récents scrutins, depuis le référendum britannique de juin, ont été si imprévisibles que l’on se gardera de prédire l’itinéraire de cette candidature socialiste. Mais il est quand même à craindre que le parti se divise, Hamon ne présentant pas un programme ù le possible pourrait éclore. Et du même coup, Emmanuel Macron apparaît plus crédible. Mais Macron sans Hollande son mentor, son pygmalion, cela reste un compétiteur bancal. 

Mardi 31 janvier

S’il y a un grand pays au monde qui s’est construit par l’émigration, ce sont bien les Etats-Unis d’Amérique. Parmi les décrets que Donald Trump a signés au cours de sa première semaine de présidence, celui qui concerne l’anti-immigration (comme on commence à le nommer) passe mal. Des manifestations de réprobation naissent dans toutes les grandes villes. Le président Obama n’aura même pas laissé une décade à sa réserve diplomatique. Il s’est exprimé sobrement mais fermement. Les chefs d’État et de gouvernement du monde entier s’offusquent, Angela Merkel donne même une leçon à Trump par médias interposés. Philippe, le roi des Belges (le Roi des Belges !) exprime son rejet en un discours approprié… Pour les caricaturistes, c’est du pain béni. Trump est un sujet en or. Leurs crayons ne suivent plus leur pensée, ils la dépassent. Oui, mais leurs dessins ne font plus rire, ils font grincher.

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 Martin Schultz a quitté son poste de président du Parlement européen tant désiré, tant envié, si confortable, pour conduire son parti aux élections législatives de septembre face à une Angela Merkel briguant un quatrième mandat en étant au sommet de son art. Si le SPD ne parvient pas à réaliser un score honorable, après ce qui s’est passé dans l’Union européenne ces derniers temps et singulièrement en France ces jours-ci, on pourra reconnaître que la social-démocratie européenne est à bout de souffle.

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