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En collaboration avec les Presses Universitaires de Bruxelles

Portrait de Jean-Pol Baras
Les calepins de Jean-Pol Baras

Il y a aussi des hommes hystériques

Le 07 décembre 2017

Lundi 20 novembre

 Dans deux jours, il y aura douze ans qu’Angela Merkel accédait à la tête de l’Allemagne. Mais elle n’aura pas le cœur à la fête. En effet, elle ne parvient pas à trouver un accord pour former un gouvernement avec les libéraux et les Verts. C’est la première fois depuis sa création que l’Allemagne connaît pareille crise gouvernementale. La limitation des migrants est la principale pierre d’achoppement des négociations. On sait que dans son propre parti, la chancelière se heurte aussi à l’aile droite dure eu égard à cette question, si prégnante partout en Europe. Sa politique d’immigration la contraindra peut-être à la retraite politique. Et pourtant, l’Histoire lui donnera raison.

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 La bêtise peut se propager partout, y compris dans les arcanes du pouvoir. Les annales parlementaires ne manquent pas d’épisodes croustillants ni d’alinéas consternants. La semaine dernière, Nadine Grelet-Certenais, sénatrice de la Sarthe, a réussi l’envolée lyrique de sa vie. Elle a souhaité que le cinéma français soit désormais frappé d’interdiction dans le cadre de la lutte contre le tabagisme et que l’usage de la cigarette soit donc interdit dans les films. Ce n’est pas de cette manière qu’elle redorera le blason de son parti, le PS, déjà si mal en point. Cette sortie absurde ne serait que loufoque si la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, ne s’était dite très intéressée par cette proposition, et décidée à en discuter avec Françoise Nyssen, sa collègue ministre de la Culture. On ne demande pas à la fiction d’exprimer la vertu, et il est criminel de lui imposer des balises. Que ces dames se le tiennent bien pour dit, et qu’elles n’insistent pas dans leur projet car on imagine déjà les contre-feux qu’elles allumeraient… Du pain bénit pour les journaux satiriques.

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 L’île d’Oléron n’est pas très peuplée ; 22.000 habitants tout au plus. Mais en période touristique et, a fortiori, au moment des vacances, la foule envahit ses petits villages pittoresques. La société Mc Donald l’a bien saisi. Elle veut y installer un restaurant, ce qui ne semble pas réjouir les Oléronais. Mc Donald a jeté son dévolu sur Dolus-d’Oléron, une commune d’un peu moins de 4000 âmes. Son jeune maire, Grégory Gendre, a juré qu’il ne permettrait pas semblable implantation. C’est un écolo actif, ancien joueur de rugby, ancien de Greenpeace ; bref, il a la tête dure. Paris a cédé, Rome aussi, mais Dolus ne cèdera pas ! On est de tout cœur avec lui.

Mardi 21 novembre

 330.000 morts, 1,2 millions d’exilés, tels sont les chiffres qui résultent de six ans de guerre en Syrie.  Le 28 novembre, une conférence internationale devrait, à Genève, entériner la fin du conflit et passer à la phase de reconstruction, éminemment politique. Vladimir Poutine prend les devants afin que ses interlocuteurs connaissent sa position. Á Sotchi, en recevant Bachar al-Assad, il prononce des paroles qu’il veut manifestement essaimées dans le monde : « Je voudrais vous féliciter pour les résultats atteints par la Syrie en termes de lutte contre le terrorisme, pour le fait que le peuple syrien traverse des moments très difficiles et s’approche d’une défaite définitive et inévitable des terroristes. (…) Je pense qu’il est maintenant temps de passer au processus politique. » Faut-il pleurer ? Faut-il en rire ? Jean Ferrat se posait la question (On ne voit pas le temps passer, 1965) ; et Gilbert Bécaud lui avait déjà répondu par avance : « Je vais en rire pour ne plus pleurer » (Et maintenant, 1961)

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 Á la fin du siècle passé, tandis que Lady Diana entretenait une liaison avec Dodi al-Fayet, la famille royale britannique craignait qu’une branche musulmane ne s’immisçât dans la monarchie. Grâce à Stephen Frears et à son film Victoria et Abdul, on sait que cette crainte eu déjà cours en 1887 lorsque la vieille reine s’amouracha d’un domestique venu des Indes, pays faisant partie à l’époque de son empire. Évidemment, l’indignation qui suscitait le scandale ne risquait pas de connaître des suites dévastatrices, Sa Majesté n’étant plus en état de procréer ; mais un vent d’inquiétudes affolantes soufflait apparemment sur la Cour que Frears rend bien, jouant comme il sait si bien le traduire entre le pathétique et le choquant, et qu’un léger flux d’humour harmonise.

Mercredi 22 novembre

 Toute l’actualité pivote autour de la violence faite aux femmes. Chaque jour, une personnalité du monde du spectacle, un responsable d’entreprise, un grand sportif ou un politicien sont obligés de démissionner, de quitter la scène publique, d’être contraints à faire un pas de côté. Parfois, la personne incriminée est accusée de harcèlement homosexuel.  Bien malin qui peut dire aujourd’hui ce qui restera de cette période où les dénonciations entrent dans les pratiques courantes et enclenchent illico des condamnations sans même que la Justice ait son mot à dire. Gare à celui qui oserait un commentaire mitigé. L’heure n’est pas à l’analyse ou à la compréhension d’une tolérance tenace. Il faut virer les porcs ! Soit. Peut-on au moins affirmer que la violence n’existe pas que dans certains rapports  homme / femme, qu’elle domine de plus en plus le monde des humains, qu’elle est donc désormais un élément constitutif d’une société, quelle qu’elle soit ?... Ouvrir ce dossier-là n’arrangerait pas la cause féminine qui se verrait noyée dans un vaste ensemble de carences. Et pourtant, ne faudrait-il pas mieux considérer la violence dans son intégralité, quitte à être redondant et même répétitif plutôt que de la traiter par appartements ? En vrac : Dialogue Onfray-Badiou (Marianne, 13 octobre 2017). Onfray : « … La question de la violence est intrinsèquement associée au communisme à cause de l’expropriation. Le socialisme de mes vœux passe par un mode d’organisation différent de la production et de la répartition… » Badiou : « Vous êtes vraiment dans le socialisme utopique ! … Certes, la violence est détestable mais il est absolument impossible de rejeter toute violence défensive… En politique, il y a des ennemis, et vous ne les désarmerez pas par la non-violence… »  Gérard Depardieu au Journal du Dimanche (29 octobre 2017) : « Je me tiens éloigné des dénonciations et des meutes. Mais je déteste les prédateurs, dans tous les domaines, car ils sont dans l’abus de pouvoir. Il faudrait rappeler que l’hystérie n’est pas un privilège féminin (…) je connais beaucoup d’hommes qui sont hystériques. Les hommes qui sont dans l’abus de pouvoir sont hystériques… »

Jeudi 23 novembre

 L’Office universitaire de Recherche socialiste (L’OURS) publie un numéro hors-série de sa revue sur le thème : Que s’est-il passé ? Parti socialiste – avril-juin 2017. La plupart des intervenants font appel à l’Histoire, certains évoquent carrément le passage du socialisme au macronisme. On ne sent pas d’aigreur ni de déréliction ; juste des explications assez rationnelles. Il est aussi souvent question de refondation, de restructuration, de relance, de réappropriation des valeurs un peu trop négligées durant le quinquennat de François Hollande. En fait, l’effondrement est dû au fait que certains socialistes se sont amusés (oui, amusés) à savonner la planche du gouvernement. L’autodénigrement est une spécialité bien rôdée à gauche. Si l’échec résulte des frondeurs, le rebond viendra. On ne peut cependant pas exclure que la social-démocratie est arrivée au bout de son propre cycle.

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 Si tout a peut-être été dit sur la Seconde Guerre mondiale, tout n’a pas encore été réfléchi, médité. Le centenaire de la Première prouve qu’il reste parfois des zones d’ombre à révéler – celle des mutins, des réfractaires par exemple, tellement nombreux que l’on se demande si ce ne sont pas ceux qui ont, involontairement, provoqué l’Armistice -. Avant-hier, France 2 proposait un portrait de Magda Goebbels qui, après avoir eu des juifs comme compagnons (lesquels furent éliminés sous les ordres de son mari Joseph, le bourreau du régime), devint subjuguée par le nazisme au point d’assassiner ses 6 enfants (tous entre 4 et 12 ans) et d’ensuite se donner la mort avec leur père dans le bunker d’Hitler qu’elle vénérait. Ce soir, FR 3 proposait un documentaire-reportage tout à fait exceptionnel, du grand travail que l’outil audiovisuel peut seul fournir. Il s’agissait de revenir sur le procès de Klaus Barbie, le boucher lyonnais, tortionnaire zélé qui eut notamment Jean Moulin dans son palmarès. Ce procès pour crimes contre l’humanité s’ouvrit le 11 mai 1987 dans la capitale des Gaules. Trente ans plus tard, des personnes qui avaient témoigné à la barre ou qui avaient suivi les débats, parfois en tant qu’étudiantes, exploraient leurs souvenirs et se confiaient. Le téléspectateur était transporté dans une alternance d’images remarquablement harmonisées entre les documents d’époque et, presqu’en un calque des lieux, la mémoire du présent, intacte, fidèle, extraordinairement sage et cependant outrée, outragée. Á présent que les archives audiovisuelles s’accumulent sur plusieurs décennies, il est à souhaiter que cette méthode, où le vivant fait renaître une étape du passé, puisse donner lieu à d’autres émissions du même type, au sujet d’événements qui ont changé le cours de l’Histoire.

Vendredi 24 novembre

 235 morts dans une mosquée du Sinaï égyptien. Tout porte à croire qu’il s’agit à nouveau d’un carnage fomenté par Daech. Abdel Fattah al-Sissi, chef de l’État, promet une réaction d’une « force brutale ». Sur la mise en œuvre de cette expression, on peut lui faire confiance.

Samedi 25 novembre

 Égypte. On est passé de 235 à 305 du côté des statistiques de l’horreur dans la mosquée, à quoi il convient d’ajouter plus d’une centaine de blessés. Ah oui ! Á propos de chiffres, notons encore que 12 homosexuels viennent d’être emprisonnés. Heureusement pour eux, ils n’étaient pas dans la mosquée.

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 Le Brio, un film d’Yvan Attal. 1 heure 35’ de bonheur. Une belle réussite ce cinéma qui rend hommage aux mots, au langage, en réhabilitant le concours d’éloquence. Grâce à un duo magnifique. Daniel Auteuil et Camélia Jordana sont magnifiques. On s’en souviendra aussi, sans doute, à la cérémonie des Césars.

Dimanche 26 novembre

 Á présent que de nombreuses universités dispensent des cours consacrés à l’intelligence artificielle, on perçoit que le temps se rapproche où les robots joueront un rôle prépondérant dans la vie quotidienne. Comme toutes les inventions humaines, celles qui remplacent la fonction du cerveau présentent des avantages et des inconvénients, dégagent des situations positives et d’autres, plutôt néfastes. Ainsi, des chercheurs viennent de constater que la maladie d’Alzheimer avait considérablement augmenté chez les chauffeurs de taxis londoniens. Explication donnée : leur mémoire n’est plus en activité. Jusqu’à l’apparition des GPS, ces hommes s’appliquaient à retenir l’intégralité des rues de Londres. Désormais, cet effort-là est devenu superflu. La maladie devient la conséquence du confort.

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 Exercice de style. Dans Le Moment fraternité (Gallimard, 2009), Régis Debray proclame : « Les cardiologues ne sont pas tenus d’avoir bon cœur. » Étendre le coq-à-l’âne parabolique devient un jeu délicat : Les ophtalmologues doivent être tenus à l’œil ; Mon oto-rhino a du flair ; Le gastro-entérologue en a gros sur la patate ; …

Lundi 27 novembre

 Les dates prétextes à commémoration ou évocation historique offertes par le système décimal ont négligé le Général de Gaulle. La conférence de presse toujours très attendue (1100 journalistes et correspondants, 200 caméras…) qu’il donna voici 50 ans jour pour jour aurait pu être mentionnée au moins sur deux points : le Québec et l’Angleterre. Le 24 juillet de cette année 1967, de Gaulle s’était écrié « Vive le Québec libre ! » depuis le balcon de l’hôtel de ville de Montréal. En quelque 17 minutes devant son auditoire, il confia la justification de son geste en une démonstration historique magistrale dans laquelle on relève une nouvelle fois l’expression « Français du Canada », aussi erronée qu’audacieuse, mais surtout provocatrice (de Gaulle, maniant avec talent et intelligence sa belle langue, savait qu’il aurait dû parler de « francophones » et non de « Français »…) Dans la foulée, il expliqua une fois de plus pourquoi il s’opposait à l’entrée de l’Angleterre dans le Marché commun européen. On oublie trop souvent qu’après la signature du Traité de Rome le 25 mars 1957, dès 1961, le Royaume-Uni (« les Îles britanniques » disait de Gaulle, un rien goguenard) avait sollicité son adhésion. Deux ans plus tard, de Gaulle s’y était opposé sans même consulter ou informer ses partenaires. La demande revenant à l’ordre du jour avec la dévaluation de la livre sterling, le Général se vit obligé d’exprimer les raisons de son refus (pour ne pas dire son rejet…) En ces temps de négociation du Brexit, l’on ne peut que constater le volet visionnaire de la pensée gaullienne. 1967 offrait donc deux beaux cinquantenaires gaullistes à célébrer qu’Internet peut désormais restituer. Malheureusement, on pourrait leur en opposer un troisième où l’aspect visionnaire serait raillé : le message des vœux aux Français le 31 décembre : « C’est vraiment avec confiance que j’envisage pour les douze prochains mois l’avenir de notre pays (…) Je crois cependant qu’au total notre situation continuera de progresser et que tout le monde y trouvera son compte (…) On ne voit donc pas comment nous pourrions être paralysés par des crises. » Cinq mois plus tard, mai deviendrait houleux…

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 Le comité d’appel des pays membres de l’Union européenne vote une prolongation de cinq ans pour l’autorisation d’utiliser l’herbicide controversé glyphosate. La Belgique et la France ont voté contre, l’Allemagne pour… De deux choses l’une : ou bien le glyphosate n’est pas dangereux pour l’environnement et, en définitive, pour la santé, auquel cas il n’y a pas lieu de le mettre en débat ; ou bien il est nocif et l’on ne peut que déplorer l’attitude si divisée de l’Union, en craignant que des lobbys soient parvenus à gérer le comportement de certains membres.

Mardi 28 novembre

 Hier soir, sur la scène du Casino de Paris, le Premier ministre Édouard Philippe a expliqué comment il fut amené à devenir le nouveau locataire de Matignon. « Tout commença le 24 avril, lendemain du premier tour… », et c’est parti pour un exercice de confidences. Mais seuls les privilégiés qui avaient pris leur billet d’entrée auront entendu la suite car la règle de ces rencontres à la mode impose l’absence d’enregistrement, de photos ou de caméras… Ce qui est certain, c’est que le Premier ministre a communiqué mais il n’a pas informé. C’était le jeu… Jamais la politique-spectacle n’aura aussi bien porté son nom.                     

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 François Hollande lauréat du prix de l’Humour politique pour quelques petites phrases amusantes prononcées durant les derniers mois de son mandat.

Mais c’est très bon pour sa popularité cela !...

Mercredi 29 novembre

 La diplomatie est souvent une affaire de discrétion. Mais la videosphère est cruelle : tout ce qui ne passe pas à travers ses phares est censé ne pas exister. Au cours de son voyage en Birmanie, le pape François n’a pas eu un mot devant la presse pour les Rohingyas, ces peuplades maltraitées qui fuient le pays par centaines de milliers. Nul doute cependant qu’il évoqua le sujet au cours de ses longs colloques singuliers avec Aung San Suu Kyi, la cheffe de l’État. Et qu’il parvint peut-être, en termes d’efficacité, à être mieux entendu et suivi que s’il s’était indigné devant les médias. La politique-spectacle a ses limites.

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 De Luc Dellisse, L’Amour et puis rien (éd. L’herbe qui tremble, Paris 19, rue Pradier, 25 – remarquable impression d’une jeune maison à encourager). Une remontée vers la source du bonheur en permanente quête. Un exercice de lenteur par un poète en sentinelle de sa mémoire. Lenteur apprivoisée par le désir de vivre ou de revivre. S’il y règne une course d’obstacles, c’est juste pour mieux jouir de la beauté des choses. L’amour et puis rien, parce que l’amour et rien d’autre.

Jeudi 30 novembre

 Les multiples annonces fausses concernant la mort de Fidel Castro qui finiraient bien un jour par être vraies… La bourde de Jean-Pierre Elkabbach, vieux routier de l’info, faisant annoncer sur sa chaîne la mort de Pascal Sevran qui l’entend de son lit… La chasse au scoupe à tout prix est vraiment la suprême des vilenies journalistiques. C’est au tour de Johnny Hallyday, aujourd’hui, d’en faire les frais. « Je ne vais pas mal, mais rassurez-vous, un jour je ne manquerai pas de mourir. » (Charles de Gaulle. Conférence de presse du 5 février 1965).

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 Depuis les manifestations contre « Le mariage pour tous » et les attentats contre Charlie hebdo, l’énumération des actions et menaces en faveur de mœurs rigoureuses pourrait donner naissance à une liste impressionnante. Et maintenant, des affiches représentant des nus d’Egon Schiele ont été censurées dans le métro londonien et dans un aéroport allemand. Vienne célèbrera l’an prochain le centenaire de l’artiste et commence à diffuser des annonces d’expositions dans toute l’Europe. Il faut dire les choses comme elles sont : l’ordre moral est occupé à réinvestir l’art. C’est toujours ainsi que commence la période ultraréactionnaire. Demain, c’est toute la société qui sera soumise aux ciseaux des bien-pensants.

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Des photos d’œuvres d’Egon Schiele censurées dans le métro londonien. Photo © France Culture

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