semaine 08
Portrait de Jean-Pol Baras
Les calepins de Jean-Pol Baras

Trumpitudes et tour de chauffe

Le 16 janvier 2017

Samedi 7 janvier

 Quand un chef d’État évoque publiquement dans son pays la situation d’un pays étranger, il doit toujours se demander comment ses paroles seront accueillies dans ce pays-là. Cette précaution-là non plus ne semble pas être prise par Donald Trump. Ainsi, il n’imagine pas combien ses propos sur Taïwan peuvent blesser la Chine. C’est comme cela que naissent des conflits, sur des broutilles qui enflent. Les questions graves ne débouchent pas sur des querelles ; elles se traitent et se règlent en négociations, certes longues parfois, mais toujours en évitant de faire perler les armes.

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 François Hollande. Une fin de semaine en Corrèze pour une fin de mandat. Il plaisante, il taquine, il se laisse ovationner, il ne s’abandonne à aucune émotion, aucun sentiment de nostalgie ne semble percer, mais dans son bref discours « de retrouvailles plutôt que d’adieux », il emploie trois fois le mot « tristesse »…

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 Même à Las Vegas, au Salon de l’électronique, François Fillon se lance dans un couplet contre les fonctionnaires. S’il continue sur ce ton, cela finira par lui coûter cher.

Dimanche 8 janvier

 Vincent Peillon hier soir sur le plateau de Ruquier : Quelle fougue ! Quelle intelligence du fait ! Quelle superbe défense de la Laïcité ! L’honneur de la Gauche est là, mais surtout celui de la République et de la triade qu’elle représente. Même s’il échouait à la primaire, sa candidature n’aurait pas été inutile. Mais rien n’est encore acquis.

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 Paris, unique, éternel, et à jamais fréquenté, vanté, adulé… Paris, tellement chanté ! Victor Hugo prétendait : « Tout ce qui est ailleurs est à Paris. » Et Stefan Zweig s’interrogeait : « Á quoi bon voyager puisqu’ici, on a tout sous la main ? » Quant à Henry de Montherlant, il célébrait la Ville sous ses aspects propices à la déambulation sereine, dans un goût de solitude qui ressemble à une communion de l’homme avec les lieux : « Les gens s’étonnent toujours que vous ne quittez pas Paris l’été, sans comprendre que c’est précisément parce qu’ils le quittent que vous y restez. » Les mots et l’Histoire virevoltent autour de délicieuses saveurs. La poésie est partout. Oh ! Tant de choses !...

Lundi 9 janvier

 Le journal Le Parisien montre à son tour que le trajet de Manuel Valls vers la candidature est loin de ressembler à une voie royale - si l’on ose dire… - « J’ai changé » prétend-il. Ce n’est pas la meilleure manière de se présenter, alors qu’il vient à peine de quitter Matignon. « J’ai changé » ; l’expression avait servi de pivot au grand discours de candidature de Sarkozy. Du coup, le dessinateur Ranson croque Hollande s’adressant à Valls en lui conseillant : « Arrête de dire ‘J’ai changé’, ça rappelle Sarkozy. » Et l’autre de rétorquer : « Tu préfères que je dise ‘Le changement, c’est maintenant ?’ » Jusqu’au dépôt officiel des candidatures, à  la mi-mars, bien malin qui pourra pronostiquer, dans cette élection présidentielle, le commencement de l’ébauche d’un aperçu de résultat.

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 L’Ami, film sombre, lent, triste et terne de Renaud Fély et Arnaud Louvet. Nourrir l’idéal de la fraternité au début du XIIIe siècle, c’est forcément s’engager en religion. L’Église est sévère sur le respect de la Règle. Aider les pauvres est aussi un idéal respectable, mais y consacrer sa vie devient suspect. Á contrôler. Le moteur de la foi est la souffrance. Ce qui est étrange, c’est que les siècles s’accomplissent selon les mêmes schémas : le détachement de l’autorité, le dévouement au service du Seigneur, la liberté dans la recherche de l’égalité, l’harmonie avec la nature. Le problème, c’est que les lois du profit ont toujours malmené ces belles résolutions poussées à leur paroxysme. L’ami dont il est question, c’est celui de François d’Assise, qui sera canonisé en 1228 par le Pape Grégoire IX, deux ans seulement après sa mort. L’ordre des Franciscains est toujours bien vivant. Le pape actuel a même choisi le nom de François en attachement à leur doctrine. Mais le CAC 40 et le FMI continuent de dominer le monde. Quant à la souffrance qui sévit un peu partout chez les terriens, il serait impudent de penser qu’elle libère.

Mardi 10 janvier

 Le milliardaire Bernard Arnault (groupe de luxe LVMH) est le premier français à être reçu publiquement par Donald Trump. Pour quoi faire ? « Pour créer des emplois, beaucoup d’emplois… » déclare le futur président des États-Unis. L’usine Louis Vuitton de Californie va en effet s’agrandir considérablement et produire beaucoup plus. Fort bien. Et puis un jour, il n’y aura plus d’acheteurs et la baudruche miroitante se dégonflera. C’est alors qu’apparaîtront les alchimistes en tous genres. Ceci n’est pas de la futurologie, c’est un croquis inspiré des expériences passées, celles qui conçurent des pouvoirs totalitaires.

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 L’exposition Picasso – Giacometti au musée Picasso, (rue de Thorigny, 5 ; jusqu’au 5 février) révèle admirablement la complicité des deux amis que vingt années séparaient. Pablo naquit en 1881 et Alberto en 1901. D’emblée, le visiteur est confronté à deux autoportraits à vingt ans. Picasso est sombre, l’air maladif, en pleine période bleue, dans les temps de vache enragée. Giacometti se choisit un arrière-plan coloré, paraissant de profil, assez décidé, résolu. Le contraste est flagrant. Le cadre historique est aussi différent : 1921 est une année plus joyeuse que celle de 1901, qualifiée à tort de Belle époque. Les présentations étant faites, on peut voyager avec nos deux amis, complices et souvent aussi complémentaires. Les œuvres se regardent et s’additionnent en méditations soudaines, sans laisser à l’évasion le temps d’un retour : une sororité positive émerge naturellement, comme si un geste, une inspiration, provoquaient un acte de création partagé, chacun avec son style, chacun avec sa force. Les sculptures s’harmonisent et les tableaux les enchantent. Lorsque le voyage s’achève, on a envie de faire demi-tour. Et dehors, des phrases de Picasso étayent l’émotion que le souvenir conservera. Comme celle-ci : « Il n’y a pas d’art abstrait. »

Mercredi 11 janvier

 Les images d’Obama prononçant son discours d’adieu au peuple américain depuis Chicago, où son engagement politique a pris son élan, avait sur la fin, inévitablement des accents hollywoodiens émouvants, notamment quand il s’est adressé à sa femme, à ses filles et à son vice-président Joe Biden. Mais avant cette fin qui souleva la salle enthousiaste, il avait décliné un testament politique grave, où les recommandations en faveur du maintien de la démocratie et de la nécessité de gouverner pour le bien de tous, sans exception, laissaient planer des mises en garde à propos de son successeur, sans jamais citer son nom. « Yes we did ! » se devait-il aussi de clamer en énonçant son bilan. Une autre ère commencera le 20 janvier avec l’investiture d’un milliardaire habitué aux outrances. Le contraire de la sagesse et de la lucidité qui animaient Barack Obama. L’American way of live s’identifiera totalement aux pouvoirs de l’argent. Ce n’est pas neuf mais ici la vision sera poussée à son paroxysme. Cette année, on évoquera le centième anniversaire de la Révolution d’Octobre, celle-là même qui avait conduit son initiateur Vladimir Illitch Oulianov dit Lenine, à prétendre qu’il allait construire des pissotières en or. Son projet s’est effondré en 1989 mais c’est peut-être le temple du capitalisme qui le concrétisera. Á quel prix ? That’s the question.

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 Romain Gary se raconte : « … Á un certain moment, je me souviens, je racontais au général de Gaulle les changements de culture que j’ai subis et je lui ai raconté l’histoire du caméléon. On met le caméléon sur un tapis rouge, il devient rouge. On met le caméléon sur un tapis vert, il devient vert, on l’a mis sur un tapis jaune, il est devenu jaune, on l’a mis sur un tapis bleu, il est devenu bleu, et on a mis le caméléon sur un tartan écossais multicolore et le caméléon est devenu fou. Le général de Gaulle a beaucoup ri et il m’a dit : ‘Dans votre cas, il n’est pas devenu fou, il est devenu un écrivain français…’ » On comprend la réponse seyante du général, comme on comprend le besoin de Gary d’évoquer le compliment. Mais l’un et l’autre savent cependant que l’on peut à la fois être fou et être un écrivain français. Et même un grand écrivain français… Comme Romain Gary par exemple…

Jeudi 12 janvier

 Marine Le Pen s’est rendue à la Trump tower de New York. Personne n’était là pour la recevoir mais on la voit quand même attablée avec des hommes sensés être des collaborateurs du futur président. Bien des citoyens voyageant sur les sites informatiques retiendront l’image.

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 Personne ne peut dire comment finira le mandat de Trump. Mais chacun voit déjà comment il commencera : dans la confusion, les querelles médiatiques, les querelles médiatisées, le brouhaha permanent, la vulgarité, la vocifération, les allusions dégradantes, les règlements de comptes… Pouah !

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 Selon Mitterrand, Delors avait envie d’être président mais il n’avait pas envie d’être candidat. Pourrait-on imaginer, à l’inverse,  que Hollande avait envie d’être candidat mais qu’il n’avait pas envie d’être président ? Peut-être…

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 De l’avis des spécialistes, l’exposition que le Centre Pompidou consacre à Magritte (jusqu’au 29 janvier) est la plus impressionnante jamais réalisée. Le commissaire, Didier Ottinger, a choisi de la construire sur un mode thématique, brisant toute forme de chronologie, ajoutant plutôt la référence au temps par une allusion au passé lointain. Ainsi, la partie Les mots et les images est introduite par un extrait de la Bible ; Ombres, profils, silhouettes par des propos de Pline l’Ancien ; Feux, simulacres et aveuglements par Platon, etc.  Par exemple, le tableau La folie des grandeurs  montrant un torse féminin en trois parties inégales qui s’emboîtent figure dans la salle  délimitée par un texte de Cicéron intitulé L’invention, lui-même accompagnant un tableau d’Angelika Kauffmann, Zeuxis choisissant des modèles pour sa peinture d’Hélène, datant de1778. Ces voisinages permettent des raccourcis et des confrontations à travers les époques. Ils offrent aussi au parcours du public une forme d’universalité qui rehausse l’intérêt du visiteur. C’est judicieux et cela démontre également, au passage, la vaste culture du commissaire. Du reste, ce que celui-ci vient de réaliser pourrait constituer la matrice d’une nouvelle méthode, applicable à n’importe quelle élaboration de grande rétrospective. Revoici Magritte en une référence à laquelle même ses spécialistes ne s’attendaient pas.

Vendredi 13 janvier

 La première confrontation télévisée des candidats à l’investiture de la gauche fut assez terne hier soir. Et pourtant, des nuances apparaissaient dans les prises de position, des suggestions intéressantes étaient à déceler,  mais tout cela, il est vrai, s’accomplissait au sein de paroles convenues. C’était un peu du même tonneau, lors du premier débat de la droite. Tout le monde s’observe, chacun est un peu tendu, impressionné, prudent, animé par le désir principal de ne pas commettre un lapsus, ne fût-ce qu’un seul, qui le pénaliserait pour l’ensemble de sa prestation et qui déclencherait une diarrhée de réactions sur les médias sociaux. C’est ce qu’on appelle en boxe le round d’observation et en Formule 1 le tour de chauffe. Eh oui ! On en est là aujourd’hui : le débat politique s’apparente à une compétition sportive ; c’est la télévision qui fait le candidat en lieu et place des partis. Et pour être remarqué, il faut soit lâché un bon mot, une belle allusion vinaigrée à l’endroit d’un concurrent, soit trébucher. En comparaison, le téléspectateur d’un match de boxe attend le K.O. en avidité, celui d’une course automobile jouit d’un carambolage. Cela dit, on a perçu néanmoins des spécificités : Benhamias sera à la gauche ce que Copé fut à la droite, l’amuseur involontaire ;  Montebourg maîtrise bien l’outil audiovisuel, Sylvia Pinel récite le bréviaire de la radicale socialiste, Benoît Hamon tente quelques originalités tandis que Vincent Peillon multiplie les références historiques pour appuyer ses démonstrations. Et puis il y a Valls, Premier ministre sortant retombé ici quasiment à la posture du challenger. Bah ! … On verra bien, lors de la deuxième joute…

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 Nate Parker a réalisé une superbe œuvre cinématographique en retraçant une des toutes premières révoltes des esclaves afro-américains. Elle survint dans le comté de Southampton, en Virginie, durant l’été 1831. On ne peut que s’attendre à des scènes de violences atroces tant du côté des esclavagistes, que dans le combat que les noirs se décident à mener. Mais s’il est fondamental de méditer le présent à la lumière du passé, à l’heure où les religions dominent les idéologies, on remarquera que Nathanaël, « le prêcheur nègre », trouve dans la Bible la possibilité de changer de comportement, de passer de la pacification, du pardon, à l’autorisation divine de tuer, de détruire. « Donnez-moi un mot et je  ferais pendre un homme » disait le Cardinal Richelieu. Dans les Livres de la foi, il y a beaucoup de mots.

Samedi 14 janvier

 Les chrétiens sont de plus en plus persécutés en Asie, davantage encore qu’au Moyen-Orient ou qu’en Afrique. Juste retournement de l’Histoire dira-t-on. Certes. Ce n’est pas une raison pour accepter les discriminations parfois meurtrières.

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 Tandis que les artères menant à la Maison Blanche commencent à être préparées pour l’investiture de Trump, un programme de manifestations quotidiennes est organisé par des associations ayant été brocardées par le candidat en campagne. Cela se terminera par un défilé de femmes dont il faudra mesurer l’ampleur pour apprécier le degré de mécontentement que le vociférateur professionnel suscite encore, quelques heures seulement avant d’embrasser la charge suprême. On ne saura sans doute jamais si Poutine a vraiment déstabilisé les débats entre les deux protagonistes. En tout cas, s’il l’a fait, il aura bien réussi son coup.

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 Lors d’une récente prestation sur le plateau d’un Journal de 20 heures, François Fillon s’était défini comme « gaulliste et chrétien ». Au cours du débat de la gauche avant-hier, Vincent Peillon, pourtant très à cheval sur les règles de la République laïque, avait parlé d’un individu « d’origine musulmane ». Qu’on le veuille ou non, la religion va occuper une place importante dans la campagne qui s’annonce. Trop importante du reste, mais cette situation ne sera que le reflet d’une immixtion sourde et tenace dans la sphère publique. La nier n’est pas la solution. En tenir compte ne suffira pas. Il faut des contrefeux. Ou un renouvellement des règles.

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 Cela étant dit, François Fillon a, ce matin, trouvé une autre manière de se définir. Par la négative cette fois. Á la tribune du Conseil national des Républicains qui entérine sa candidature, il a précisé : « Je m’appelle François Fillon, pas François Hollande. » Il parle vrai le gaillard ! Et d’ailleurs, il ne s’appelle pas non plus François Mitterrand ou François le pape, et il ne sera jamais François 1er parce que la place est déjà prise dans l’histoire de France. La précision était, reconnaissons-le, nécessaire, car ce rassemblement de la droite se tenait dans la salle de la Mutualité, un haut-lieu des heures chaudes de la gauche. C’est là que les socialistes avaient donné l’investiture à Lionel Jospin pour la présidentielle de 1995. En passant devant l’église Saint-Nicolas-du Chardonnet, le repaire des intégristes catholiques tout proche, les militants socialistes qui se rendaient à leur congrès se faisaient insulter par les fidèles agglutinés sur le trottoir de leur abri divin. On peut supposer qu’aujourd’hui, vingt-deux ans plus tard, les mêmes ont plutôt applaudi les fillionistes acharnés…   

Dimanche 15 janvier

 … Et pendant ce temps-là, François Hollande se faisait ovationner à Bamako ainsi qu’en exprimant ses adieux au 27e sommet Afrique – France. Les hommages appuyés qu’il reçut le poussèrent même à confier à la tribune son regret de ne pas solliciter un nouveau mandat…

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 Dans un entretien au journal allemand Bild (la plus grosse diffusion de toute l’Europe centrale), Trump continue de prononcer des paroles iconoclastes. Ainsi, entre autres prédictions il annonce la fin de l’Europe. Deux points positifs découlent de cet augure : voilà tout d’abord une belle occasion pour l’Union européenne de se relancer, si elle a encore la capacité de regimber ; et par ailleurs, on peut maintenant affirmer sans craindre de se tromper que Donald Trump sait que l’Europe existe. Peut-être même qu’il sait où elle se trouve sur le planisphère.

 

 Après la projection d’I comme Icare, le film d’Henri Verneuil qui n’a pas vieilli, avec cette intimidante expérience de la soumission à l’autorité qui venait d’être pratiquée aux États-Unis, ARTE diffuse un documentaire sur Yves Montand. Staline, Marylin, Catherine Allégret (dont le fils, Benjamin Castaldi, s’est enrichi en regardant par le trou de la serrure…), les femmes… le tout commenté par Kouchner se donnant un rôle de biographe péremptoire… C’est à peine si l’on sut que cet homme si complexe à la ville était si attachant à la scène. Pas la moindre chanson, pas le moindre extrait de récital qui puissent  laisser un échantillon de joie. Amer, on n’éteignait pas la télé à la fin de ce portrait affligeant car malgré l’heure tardive, la chaîne des réjouissances culturelles proposait un autre documentaire, sur Juliette Gréco cette fois. De quoi prévenir un sommeil serein, grâce à une prestation de la chanteuse à son image : franche et vraie. Á la différence de Montand, Gréco est toujours en vie. Dès lors, c’est elle qui règle la trame tandis qu’on la voit plus souvent que le  roucouleur impénitent chanter dans les salles mythiques. Alors que Montand était fils d’immigré communiste italien fuyant le régime de Mussolini, Gréco était fille et sœur de résistantes envoyées à Ravensbrück comme Simone Weil ou Geneviève de Gaulle. L’engagement politique de l’un et de l’autre, fort évoqué dans ces images-là, démarra donc sur les bases perturbées du XXe siècle infernal, produisant de pareils combats par des voies cependant différentes. Étrange éloignement : Gréco n’apparaît jamais dans la vie de Montand, et inversement.

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Parole d’un sartrien inébranlable, irréductible : « Il a eu bien raison d’avoir toujours tort ! »

                                                       

 

 

 

 

 

 

 

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