semaine 51
Portrait de Jean-Pol Baras
Les calepins de Jean-Pol Baras

Turquie, phase totalitaire?

Le 01 juin 2018

Jeudi 24 mai

 Donald Trump écrit à Kim Jong-un pour lui annoncer qu’il annulait leur rencontre du 12 juin à Singapour. On n’y avait jamais tellement cru et de surcroît, on n’en attendait rien d’autre qu’un effet médiatique. Mais comme, de nos jours, l’effet médiatique domine les relations diplomatiques, cette rencontre n’était point négligeable. On imaginait sérieusement que Trump aurait pu obtenir le prix Nobel de la Paix s’il était parvenu à convaincre Kim de démanteler totalement son arsenal nucléaire. Le Coréen le fera peut-être sans la pression américaine. Ce serait lui, alors qui pourrait être couronné par le jury d’Oslo. Bon sang comme la vie serait monotone sur cette Terre sans ces deux stratèges-là…

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 Avant-hier, reçu au Parlement européen Marc Zuckerberg, le patron de Facebook, dans la tourmente à propos de révélations touchant à des données privées, est apparu assez grave. Toutes les images qui reflètent sa visite et sa prestation en témoignent. Du reste, il a déçu ses interlocuteurs. Hier, il était à l’Élysée. On ne le perçoit que souriant et décontracté. Au premier rang d’une photographie de groupe avec d’autres acteurs puissants du monde numérique, il rayonne. Mais… C’est Paul Kagamé qui se trouve entre Zuckerberg et Macron ! Eh oui ! Le président du Rwanda - qui n’avait plus fréquenté le Palais depuis 2011 - faisait partie du pow-wow. On dit qu’il souhaite procurer des relais informatiques à son continent. En tous cas, il ne perd pas son temps au cours de son périple européen. Il vient de se parer du titre de sponsor principal d’Arsenal, le club de foute londonien ! La saison prochaine, les joueurs porteront sur leur maillot cette invitation au voyage : Visit Rwanda !, le point d’exclamation étant pour l’heure encore en discussion. Et si Kagamé ouvrait là une nouvelle forme de parrainage sportif ? Le petit jeu à la mode serait cocasse. Par exemple, les maillots du Real Madrid invitant à visiter la Corée du Nord… Pourquoi pas ? Dans le football, tout est possible quand l’argent commande.

Vendredi 25 mai

  Á peine sa lettre d’annulation adressée à Kim Jong-un avait-elle été révélée au monde entier que Donald Trump déclarait possible leur rencontre programmée le 12 juin à Singapour. L’imprévisibilité de cet homme - le plus puissant de la planète – déroute au point de transformer les rires en effrois et les effrois en rires. On peut parier qu’il ne s’agit pas de revirement, qu’il est plutôt question de tactique. Mais alors, ce n’est ni risible ni effrayant, c’est inquiétant.

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 Le gouvernement israélien a décrété la construction de quelques milliers de nouveaux logements pour colons en Cisjordanie. C’est tellement banalement courant que l’information est à peine retenue ; et quand elle l’est, le moins que l’on puisse dire est qu’elle ne fait pas de vague. Et que l’ONU, de grâce, ne proteste pas ! : elle se ridiculiserait…

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 Le professeur Robert Anciaux connaît bien l’histoire contemporaine de la Turquie. En conférence, il explique clairement comment Recep Erdogan voulait construire un grand pays libéral prospère. Très impressionnée, l’intelligentsia occidentale se mobilisait pour revendiquer l’entrée de la Turquie dans l’Union. Le souhait ardent confinait parfois au snobisme. Jusqu’à ce qu’en 2011, le parti du sultan, l’AKP, obtienne 49,9 % des voix et une large majorité absolue. La phase libérale céda la place à la phase autoritaire. En avançant la consultation électorale au 24 juin prochain, Erdogan, d’après Anciaux, précipite l’échéance avant l’arrivée de phénomènes économiques qu’il ne pourra pas maîtriser. Mais il ajoute : restera la répression et la fraude. Eh oui ! Après la phase autoritaire, la phase totalitaire… Au-delà du 24 juin, son livre (Turquie, éd. De Boeck) pourrait bien avoir besoin d’un chapitre supplémentaire.

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 De manière tout à fait objective, au moyen de documents inédits, FR 3 propose chaque semaine un documentaire thématique sur les événements de Mai’68. Voici les femmes dans la rue (« et les hommes sur le trottoir ! » clament-elles en plaisantant - mais pas tant que ça… -) En revendiquant, elles chantent, elles sourient, elles taquinent… Quelle fraîcheur ! Le jour où l’on verra pareille manifestation dans les rues du Caire, de Ryad, d’Ankara et de Téhéran, le monde aura vraiment changé.

Samedi 26 mai

 Pendant qu’Emmanuel Macron rend visite à Poutine, François Hollande est reçu par Xi Jinping à Pékin comme un chef d’État. Les images sont comparables. Pas de contraste, si ce n’est, à Moscou, des visages graves, consciencieux, et à Pékin, des regards avenants et des séquences de sympathie, de détente cordiale. Chacun son boulot.

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 La très catholique Irlande a voté à 66 % pour la libéralisation de l’avortement, rejoignant ainsi la quasi-totalité de pays membres de l’Union européenne. Les femmes sont en liesse à Dublin et tous les commentateurs saluent un score net et sans appel. Soit. Sans vouloir jouer les rabat-joie, ne serait-il pas intéressant de se demander comment 34 % des Irlandais (y compris des Irlandaises) s’opposent encore à cette réforme - qui n’est plus, heureusement, une révolution - ? D’autant que ce chiffre minoritaire doit équivaloir à une proportion semblable dans l’ensemble de l’Union. Affirmer qu’un tiers des Européens, soit plus ou moins 120 millions de personnes, considèrent toujours que l’interruption volontaire de grossesse est un délit pénal, c’est une manière de souligner qu’il serait dangereux de penser que l’affaire est dans les mœurs, comme l’été vient après le printemps. Lorsque les républicains français ont commencé à considérer que la laïcité allait de soi puisqu’elle avait été conquise, Marine Le Pen s’est emparée du concept pour en faire l’un de ses chevaux de bataille.

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 Lorsque Zinedine Zidane était la grande vedette des terrains de foute, on le percevait discret, timide, taciturne. L’on se disait qu’après tout, l’important c’est qu’il fasse gagner l’équipe, pas qu’il soit éloquent. On ne lui décelait dès lors pas les capacités d’un chef, d’un meneur autre que par son talent de joueur et ses gestes tourbillonnants. On fut très sceptique lorsqu’il devint l’entraîneur du Real de Madrid. Il est, ce soir, le seul à détenir trois victoires consécutives de champion d’Europe des clubs. Son sourire n’est pas pour autant devenu carnassier mais il dénote le bonheur d’un homme capable d’assumer ses responsabilités autant que ses décisions. Et de les savourer, sans fausse modestie.

Dimanche 27 mai

 Le président italien Sergio Mattarella refuse de nommer un anti-européen très affirmé comme ministre de l’Économie. Du même coup, Giuseppe Conte annonce qu’il refuse le poste de Premier ministre. La nuit des tractations sera encore longue à Rome. Mais que peut-il advenir ? De nouvelles élections ? Comme au bon vieux temps ? … Pas sûr ! L’extrême droite n’appréciera pas cet obstacle présidentiel. Tout est possible, y compris une interprétation de la Constitution. Depuis plus d’un demi-siècle, l’expression « L’Italie est ingouvernable » a été maintes fois utilisée. Le ballet des partis traditionnels finissait par dégager une solution. On n’est plus du tout dans la même épure.

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 Le principe du « cabinet fantôme » hérité du shadow cabinet britannique est-il encore de mise dans le paysage politique d’aujourd’hui ? En tout cas Laurent Waucquiez, le patron des Républicains, annonce qu’il présentera le sien pour la Fête nationale du 14 juillet. L’inconvénient de cette méthode, c’est qu’elle ne peut résister à l’épreuve du temps. Jean-François Revel avait longtemps suivi François Mitterrand, jusqu’à faire partie de son cabinet fantôme en 1965 lorsqu’il s’opposa au général de Gaulle. Dès que Mitterrand passa un accord avec les communistes, Revel, farouchement contre, le quitta. En 1972, après le congrès fondateur d’Épinay, Mitterrand constitua de nouveau un cabinet fantôme. La plupart des noms qui y figuraient (Badinter, Chevènement, Hernu, Mauroy, etc.) se retrouvèrent plus tard au gouvernement sauf un : Jean-François Kahn, qui avait été promu aux Affaires culturelles. Jack Lang n’était pas encore à l’époque le courtisan que l’on connut aux côtés du sphinx, un rôle que J-F.K., homme libre s’il en est, aurait méprisé. Dommage, on aurait aimé le voir assumer la gestion d’un département lui seyant tellement bien, et dont le budget fut en considérable augmentation.

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 De Chirac à Hollande, les présidents de la République ont espéré confier un portefeuille à Nicolas Hulot après qu’il eut rempli une mission pour l’État. Hulot accepta les missions, il les mena souvent à bien, mais il n’accepta jamais d’entrer dans leurs gouvernements. Profitant de sa marée victorieuse, Macron y parvint. Un peu plus d’un an après sa désignation, l’âme de l’État connaît des états d’âme. Il laisse entendre qu’il fera le point cet été afin de déterminer s’il reste ou non au gouvernement. Cette question n’intéresse en vérité que le microcosme. La vraie question, c’est en effet de savoir si l’on verra la différence selon qu’Hulot soit encore ou non ministre.

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 Le magazine hebdomadaire Le Point y est allé fort : en couverture, il présente cette semaine un gros plan du visage d’Erdogan assorti de ce titre : Le dictateur. La rédaction fait savoir qu’elle est soumise à des menaces incessantes depuis trois jours. Le sultan est nerveux, ses affidés plus encore. Il a déclenché des élections anticipées pour éviter que la consultation ne soit influencée par une dégradation économique et financière prévisible mais malgré la date rapprochée (24 juin), la dégradation pèsera déjà sur le scrutin. La livre turque a perdu 16 % de sa valeur par rapport à l’euro ; 30 % par rapport au dollar. Et tout indique une évolution négative continue dans les prochaines semaines. En attendant, il faut qu’Erdogan comprenne que s’il met des journalistes en prison dans son pays, en France, on ne badine pas avec  la liberté de la presse

Lundi 28 mai

 Une interviouve émouvante de Joan Baez dans le JDD (Journal du Dimanche). Elle y dit son amour de la France, son admiration pour François Mitterrand, comment elle prépare sa tournée d’adieu, à 77 ans et 60 ans de carrière. Elle se souvient de son premier passage à la télévision française. C’était en 1966 avec Jean-Christophe Averty : « Quel personnage incroyable ! Il n’arrêtait pas de me donner des ordres de manière très autoritaire, presque cassante. Il me coupait en pleine chanson, m’obligeait à recommencer… Á la fin, il m’a dit : ‘Je suis Averty, je suis un génie. Vous êtes Joan Baez, vous êtes un génie aussi’. » Dans son livre Vie et mort de l’image (éd. Gallimard, 1992), Régis Debray fait référence à une prestation du même Averty lors d’une émission de la télévision belge en 1991 : « Je ne me suis jamais pris pour un artiste. J’ai horreur du mot. Je suis un artisan. » Non seulement Averty (1928-2017) est un poète fantasque, mais il se payait aussi parfois des poussées de modestie.

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 Corentin de Salle est le directeur du Centre Jean Gol, le bureau d’études du parti libéral de Belgique, celui du Premier ministre. Docteur en droit, philosophe, il publie régulièrement des tribunes dans la presse écrite et il intervient aussi de temps en temps sur les ondes. C’est un observateur éclairé, très intelligent, mais il nourrit le même défaut que son administrateur-délégué, le parlementaire Richard Miller : il pense que l’Histoire s’est accomplie telle qu’il l’imagine. Ces temps-ci, il a trouvé un truc. Comme il connaît les citations de Marx qui ont émaillé les époques, il sait que tonton Karl a déclaré un jour que le gauchisme était « la maladie infantile du communisme ». C’est une définition que Lénine reprenait souvent, au point de la choisir comme titre pour l’un de ses ouvrages. « Infantile »!  Quelle délectable qualification ! Approprions-la nous… Après tout, qui connaît encore Lénine aujourd’hui ?  Depuis quelques jours, Corentin se répand là où on l’accueille en clamant, tous muscles gonflés, que « Mai’68 est une révolution infantile ». Les auditeurs de la radio publique l’ont entendu ; aujourd’hui, c’est au tour du quotidien La Libre Belgique de lui offrir la faveur de l’épanchement spirituel. Corentin de Salle est non seulement intelligent, il est aussi cultivé. Sa démonstration se base dès lors sur des grands noms du marxisme, comme Louis Althusser, mais il se permet également d’appeler Kant à la rescousse. C’est époustouflant. Corentin de Salle est né en 1972, quatre ans après les événements. Lorsqu’il poursuivit ses études universitaires, l’alma mater s’était donc déjà bien adaptée aux réformes que mai’68 lui procura. Quand Corentin de Salle poussa son premier cri, il y avait sept ans que Jean Gol avait fondé le PWT (Parti wallon des Travailleurs) avec ses amis de la Gauche radicale, la IVe internationale trotskiste. Sept ans que Jean Gol s’était époumoné à vanter les bienfaits d’une révolution infantile qui n’eut jamais lieu, pas même en mai 1968.

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 Tandis que les musulmans vivent le Ramadan, on se souvient qu’il y a toujours 622 ans d’écart entre l’hégire et le calendrier grégorien. Les musulmans sont en 1440. Imaginons la réunion des Églises de Constantinople et de Rome assortie d’ordinateurs ; ou le procès de Gilles de Rais retransmis par Internet…

Mardi 29 mai

 Bilan de la visite d’Emmanuel Macron chez Vladimir Poutine.

 Côté image, à la différence du contact avec Donald Trump, pas de bisous, pas de papouilles, pas de tapes dans le dos, pas de chênes - ni à planter, ni à abattre – et pas de pellicules sur le veston à enlever.

 Côté points d’accord : la Syrie (« qui a besoin d’un gouvernement stable » … Comment et avec qui ?  On verra plus tard) ; l’Iran, avec qui l’accord sur le nucléaire doit être maintenu.

 Côté sujets évités, par respect pour l’hôte : le moins de mots possible sur l’Ukraine. Les droits de l’Homme ? Bah…

 Côté référence littéraire : une allusion à Dostoïevski, ce grand romancier russe admiré des surréalistes.

Ce Macron, quel talent ! Déjà, devant Brigitte Trogneux, sa prof, à 15 ans, dans le rôle d’un épouvantail, instrument repoussoir …

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 Est-il possible pour un État-membre de sortir de l’Union européenne ? On vient de constater que le président italien Sergio Mattarella contourna la difficulté en refusant la désignation d’un ministre de l’Économie qui en était partisan. Il a pris des risques délicats mais par ce geste, il signifie au peuple italien l’importance vitale d’une appartenance à l’Union. Theresa May aurait incité son gouvernement à reporter le Brexit à 2023. Seul moyen d’éviter une faillite et donc un échec électoral. 2023, autant dire que c’est enterrer le projet.

 Il est vrai qu’avant le référendum britannique, aucun plan de sortie de l’Union n’existait dans les tables de la Commission.

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 Si la trentième édition des Molières du Théâtre français n’enfanta point des pièces extraordinaires et ne révéla point non plus de nouveaux talents, la soirée conduite de main de maître par Zabou Breitman fut très plaisante. Blanche Gardin réussit une nouvelle fois sa prestation humoristique, d’autant que, fait inédit, elle choisit de présenter la remise du Molière de l’humour dans lequel elle concourait. Contrairement aux gens de cinéma saisissant Cannes pour nourrir la révolte féminine, ceux du théâtre choisirent d’aborder le sujet par la dérision. Ainsi, Zabou n’hésita pas à souligner que dans le registre « il y a encore du chemin à faire », la population carcérale ne comprenait que 3,3 % de femmes. Tout le monde s’est bien amusé. Une fois encore, la recommandation s’impose : il faut suivre l’itinéraire de Blanche Gardin, sans oublier qu’un clown peut masquer une tristesse, un mal-être.

Mercredi 30 mai

 La démocratie colombienne ne se porte pas si mal. Sans heurts, sans incidents, le premier tour de l’élection présidentielle a octroyé un score prometteur aux deux candidats de gauche, dont la campagne s’est réalisée sans parti et sans argent. L’ultraconservateur Ivan Duque, très riche lui, devrait quand même l’emporter le 17 juin mais plus difficilement que prévu. La modestie de son résultat devrait peut-être modérer ses ardeurs quant à l’attitude le l’État vis-à-vis des Farc. Ce serait dommage de retrouver ce pays partagé entre la guérilla dans la jungle et les trafiquants de drogue dans les villes.

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 L’Assemblée votre un décret sur l’Alimentation (pour contrer la malbouffe) très en-deçà du programme présidentiel. Le point le plus marquant est le maintien du glyphosate. Les lobbys agro-chimiques semblent avoir plus d’influence sur les députés macroniens que le patron lui-même. Quant à Nicolas Hulot, tandis que les couleuvres qu’il avale ressemblent de plus en plus à des boas, nombreux sont ses amis qui le poussent à quitter le gouvernement. On n’a plus de nouvelles de Notre-Dame-des-Landes, son Lourdes à porter.

Jeudi 31 mai

 Chez les Chinois, pas de bombe et pas de bruit de bottes. Pas d’expansion territoriale, pas de geste à réunir d’urgence le Conseil de Sécurité des Nations-Unies. La colonisation planétaire s’accomplit en douceur. Rien que des infiltrations. Elles progressent bien en Afrique noire, grâce à une immixtion dans les économies dues aux grands travaux. Pour s’attaquer à l’Europe, il faut investir dans le foute. Quelques vedettes du ballon rond furent débauchées à coups de millions (euros ou dollars, ne soyons pas mesquins). Dans quelques jours, en Russie quelques dizaines d’envoyés spéciaux feront leur marché dans les stades de la Coupe du monde. Les Chinois viennent aussi de s’accaparer les droits de retransmission de grands matches, au détriment surtout de Canal+. Tout en douceur on vous dit, sans remous, sans déflagration. Leurs conquêtes sourdes reposent sur deux atouts majeurs : ils ont le nombre, et ils ont le temps. Pour les comprendre, visiter périodiquement leurs proverbes. Exemples : « Paix et tranquillité, voilà le bonheur. » - « Les grandes âmes ont de la volonté, les faibles n’ont que des souhaits. »

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 Les populistes extrémistes italiens se sont ravisés. Ils modifient la composition de leur équipe gouvernementale et assurent dès lors implicitement que le pays ne remettra pas en cause son appartenance à l’euro et à l’Union européenne. Le président Mattarella est donc obligé d’accepter. Revoici Giuseppe Conte au poste de président du Conseil. Les Italiens ne devront pas retourner aux urnes à l’automne. Peut-être pas… Car cette fois, s’ils devaient y retourner, ce serait pour constater l’échec d’une alliance contre nature.

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 On devra un jour publier les portraits que réalise Franz-Olivier Giesbert de sa plume acérée. En voici deux, captés au vol, dans l’actualité :

  • « Michel Onfray écrit comme il respire. De sa corne d’abondance sortent sans cesse des essais puissants, taillés dans le roc, mais aussi des petits bijoux. »
  • « S’il ne faut pas abuser des comparaisons, reconnaissons que sont innombrables les rapprochements possibles entre le Führer et RecepTayip Erdogan, le dictateur élu de Turquie, le moindre n’étant pas qu’ils apparaissent tous deux comme des produits avariés de la démocratie. »

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 Zinedine Zidane est né le 23 juin 1972 à Marseille. Il aura donc bientôt 46 ans. Il est très riche et après avoir connu la gloire en tant que joueur de football, il la savoure à présent en tant qu’entraîneur puisqu’il vient de réaliser l’exploit avec le Real de Madrid (voir 26 mai). Il annonce donc – et on le comprend – que c’est le bon moment pour s’en aller ; il quitte le club et ne cherche pas un autre emploi. Que va-t-il faire de tout son temps, de tout son argent ? Attention à l’ennui ou à l’oisiveté ! Et s’il devenait un grand peintre ?

Image: 

« Whistle Down the Wind » est le dernier et sans doute l’ultime album de la grande chanteuse Joan Baez. Photo © Joan Baez

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