semaine 42

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En collaboration avec les Presses Universitaires de Bruxelles

Portrait de Jean-Pol Baras
Les calepins de Jean-Pol Baras

Zorba : souvenir lumineux

Le 03 octobre 2018

Dimanche 23 septembre

 Angela Merkel vit un calvaire. La grande coalition fonctionne mal, ses alliés de la CSU lui mènent la vie dure et l’extrême droite progresse encore dans les sondages. La fin de règne est peut-être proche. Mais si elle tient jusqu’au 14 octobre, le destin pourrait lui être favorable. Ce jour-là, des élections régionales auront lieu en Bavière et la CSU pourrait perdre sa majorité absolue. On attribuera la défaite à la politique de la chancelière, mais son opposant interne, qui préside le parti-frère défait, n’échapperait pas aux conséquences de l’échec. L’Europe jouera gros ce dimanche-là.

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 Et s’il n’en reste qu’un ce sera celui-là. Bernard-Henri Lévy continue de penser (en tout cas, c’est ce qu’il dit) que l’intervention militaire de la France en Libye de mars 2011 était une bonne chose. Peut-être que dans le secret de sa conscience… Sarkozy, lui, n’en parle plus. Ni de cela, ni du reste. Le temps n’est pas venu pour lui d’écrire ses mémoires. Il doit encore faire face à deux mises en examen. Hollande ? Ah !, lui, ça va…

Lundi 24 septembre

 On connaît maintenant le nom de « l’inconnu », comme le qualifie la presse à propos des Maldives, tellement convaincue avant le vote de la victoire du sortant, Abdulla Yameen. Il s’appelle Ibrahim Mohamed Solih et il a gagné avec 58,3 % des voix, un score sans appel qui aurait dû alerter les observateurs. Cet événement deviendra, c’est sûr, un bon sujet pour les écoles de journalisme. Il mettra aussi en garde tous les obsédés du scoupe qui se fient aux sondages pour annoncer un résultat prématurément. Il fera réfléchir d’autres Yameen, comme monsieur Recep Erdogan, l’homme fort de la Turquie, qui pratique la répression à outrance, mais dont l’économie s’effondre. Il laissera aux réflexions sur le suffrage universel la fameuse citation de Churchill « le plus mauvais des systèmes à l’exclusion de tous les autres ».

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 Chaque fois que Mélina Mercouri prononçait le nom de Michael Cacoyannis, elle posait trois accents circonflexes sur l’avant-dernière syllabe. Le cinéaste avait réalisé son chef-d’œuvre en adaptant le roman de Nikos Kazantzakis, Zorba le Grec. Les Oscars l’avaient repéré. Grâce à ses artistes, toute la Grèce moderne enivrait les cœurs sur des musiques de Mikis Theodorakis. Tout le monde dansait le sirtaki dans les fêtes de famille et, comme là-bas, dans les bistrots. En 1961, J. Lee Thompson avait tourné Les Canons de Navarone, une adaptation du roman éponyme d’Alistair Mc Lean où, aux côtés de David Niven et de Gregory Peck, Anthony Quinn incarnait un colonel grec entré en résistance contre l’envahisseur allemand durant la Seconde Guerre mondiale. Quinn n’était pas grec. Il était un Mexico-américain comme Trump ne les aime pas, né en 1915 à Chihuahua d’une mère mexicaine et d’un père irlandais. Cependant, tout, dans la personnalité de cet homme, ramenait à la Grèce. Cacoyannis l’engagea pour le rôle principal où l’authenticité devait pourtant dominer. Il eut une deuxième inspiration, sans doute plus évidente, en demandant à Mikis Theodorakis de fournir la musique du film. Et ce fut comme si le soleil des îles enchanteresses avait pris le large pour s’installer dans toutes les chaumières de l’Occident. Zorba le Grec devint l’une des plus belles évasions de la décennie soixante, ces sixties qui, bien qu’elles n’aient pas été golden pour tout le monde, demeurent encore comme un havre de bonheur dans un siècle infernal qui nous laisse toujours ses ramifications dépressives. La péninsule ibérique vivait sous le joug fasciste. Des colonels d’Athènes pensèrent l’imiter en prenant le pouvoir de force en 1967, deux ans après la sortie du film. Ils emprisonnèrent Theodorakis. Ce fut leur principale erreur. Les artistes se mobilisèrent de partout. Mélina parlait de son pays tout le temps. Elle abreuva Pierre Delanoë qui écrivit pour elle Je suis Grecque. Ensuite elle déclina dans ses spectacles et ses prestations télévisuelles un poème de Georges Séféris, prix Nobel de Littérature en 1963,  Où que me porte mon voyage, la Grèce me blesse. La poésie est plus forte que les armes. La junte tomba en 1974 et Theodorakis, comme Mercouri, Costa-Gavras et d’autres, s’installèrent à Paris. Évidemment. La nuit fasciste avait été courte mais suffisamment longue pour que la mode du sirtaki ait pris place dans les souvenirs et les archives. Theodorakis (93 ans depuis juillet) poursuivit son œuvre. En 1976, François Mitterrand lui commanda un hymne pour le parti socialiste en pleine ascension. La musique fut présentée au Congrès de Nantes, en juin 1977. Elle égaya pendant plus d’un quart de siècle tous les rassemblements du PS. Herbert Pagani avait collé des paroles de feu sur les notes de Mikis. La chanson s’appelait Changer la vie, titre emprunté à Rimbaud. Le refrain était simple : « France socialiste / Puisque tu existes / Tout devient possible  / Ici et maintenant » L’ensemble brassait tous les aspects d’un idéal de vie plus juste et plus fraternelle. On y trouvait des vers comme « Tendons la rose rouge de l’espérance aux opprimés de tous les continents » ou encore « Donner la parole aux frères émigrants »…  Zorba le Grec n’est pas un film engagé. C’est une ode à la volonté d’être heureux, coûte que coûte. Mais le contexte dans lequel ce film a été créé, l’enthousiasme des acteurs qui l’ont réalisé ou soutenu, font qu’aujourd’hui, cette fresque cinématographique s’inscrit dans un certain romantisme, un élan de ferveur qui alimentait l’espoir d’un monde nouveau. Ce soir, ARTE diffuse Zorba le Grec. La nostalgie est intacte.

Mardi 25 septembre

 Il n’y a pas lieu de tergiverser : la social-démocratie européenne ne se porte pas bien. Pour les uns elle s’essouffle, pour les autres elle s’effondre. Soit. Mais quelle en est la conséquence ? C’est que la droite la plus classique, la plus respectable, se durcit et n’hésite pas à vêtir les habits de l’extrême droite, parfois même de s’unir à elle, afin d’écarter la social-démocratie de la gestion de l’État. C’est ce qui se passe ces jours-ci en Suède. C’est ce qui se démontre un peu partout : en France, la tendance Juppé est complètement minorisée par la tendance Wauquiez ; en Allemagne, une partie de la droite contrarie Merkel afin de faire capoter la grande coalition ; en Italie, le fait est accompli et la situation est affligeante…  Pour abattre la social-démocratie, pour lui donner la pichenette qui l’éliminera du paysage politique, il n’est désormais plus tabou d’avoir recours aux extrêmes, à leurs méthodes et leurs projets. Le cas de la Suède est significatif : Avec 100 sièges sur 349, la social-démocratie est encore de loin le principal groupe parlementaire. Mais l’extrême-droite a progressé de manière telle qu’en force d’appoint à la droite modérée, elles forment un groupe supérieur. Aujourd’hui la force d’appoint, demain la force primordiale ; l’Histoire nous enseigne le mécanisme. Et les citoyens dans ce jeu de tourner autour du pot aux roses ? Les pauvres gênent et ceux qui les défendent aussi. Et d’ailleurs, pourquoi « défendre » ? Parce que « aider » n’est plus de mise. Sauf à l’Armée du Salut.

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 Sus à l’anthropologue australien John Arundel Barnes (1918 – 2010) qui aurait inventé l’expression réseau social et à  l’économiste allemand Andreas Kaplan (1977) qui l’aurait défini dans son application via Internet. Un ou deux brefs survols suffisent pour percevoir que ces réseaux sont plutôt asociaux.

Mercredi 26 septembre

 « Il ne faut pas ternir sa mauvaise réputation » professait Achille Chavée. Donald Trump avait bien entendu le conseil. Á la tribune de l’assemblée générale des Nations-Unies, il s’en est pris violemment et, bien entendu, sans la moindre délicatesse, à l’Iran. Bien qu’il ait espéré, dans la foulée, que les Européens suivraient ses instructions quant aux sanctions, plusieurs gestes ont déjà démontré leur désapprobation. Le Premier ministre belge Charles Michel s’est empressé d’aller serrer la main du président Rohani en se demandant publiquement « s’il fallait toujours suivre les Etats-Unis, même au détriment de nos entreprises ? » Le président français Emmanuel Macron s’est, à la tribune lui aussi, opposé « à l’unilatéralisme ». L’Europe serait-elle enfin en train de s’émanciper des Etats-Unis ? C’est ce que l’on envisageait dès l’élection de Trump. Certes, les paroles ne comptent que si elles sont suivies par des actes. Mais ce rendez-vous annuel des chefs d’État et de gouvernement à New York pourrait bien marquer une balise dans les relations Europe-Amérique.

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 Manuel Valls a confirmé ce que l’on subodorait : il est candidat pour occuper la mairie de Barcelone. Pourquoi pas ? Cette décision ne peut que renforcer la construction européenne. Un ancien Premier ministre français qui ambitionne de diriger la deuxième ville d’Espagne, n’est-ce pas une conséquence logique dans l’évolution de l’Union ? Et s’il y parvenait, il laisserait son nom dans l’histoire de l’Europe, faute d’avoir pu le laisser dans l’histoire de France autant qu’il l’eût souhaité… En outre, pour couper court à toute ambiguïté, il annonce qu’il va quitter son poste de député français. Il n’y était pas obligé mais le geste est souhaitable. Dès lors, on ne peut que lui souhaiter « bon vent ! » Une grande partie de l’Espagne (à commencer par le gouvernement) doit voir sa candidature d’un bon œil puisque Valls est opposé à l’indépendance de la Catalogne. L’expression « bon vent ! » n’est donc peut-être pas appropriée car un avis de tempête est à prévoir.

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 Mettre fin aux années d’austérité. Voilà le credo de Jeremy Corbyn, décliné dans son discours de clôture du congrès des travaillistes britanniques, en grande majorité unis derrière leur leader. Mais ils savent tous, et Corbyn en premier, que le Brexit est l’axe central de toute perspective politique au Royaume-Uni. Alors ? Un nouveau référendum ? Des élections anticipées ? D’ici à mars, date du divorce, la crise de nerfs sera sur le Parlement et le gouvernement comme l’épée de Damoclès. Bien malin qui pourrait dessiner là-bas le profil politique du semestre qui vient…

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 Boycotter Zemmour ? se demandent certains observateurs. Surtout pas ! On sait que la censure et la victimisation renforcent celui ou celle qui la subit. Il est monté d’un cran dans ses diatribes réactionnaires ? Il en est désormais à choquer toutes les personnes qui possèdent un prénom d’origine étrangère ? Tant mieux ! Il deviendra bientôt sa propre caricature. D’autres manières de le contredire existent, plus ingénieuses et subtiles d’intelligence et d’efficacité, comme le billet de François Morel vendredi dernier, 21 septembre, à la matinale de France inter (Vive la France ! à savourer via Internet) ou les excellents documentaires proposés hier soir sur France 2 (Histoires d’une Nation). Il y en aura d’autres…

Jeudi 27 septembre

 Ford a déjà perdu un milliard de dollars à cause de la guerre commerciale que se livrent les Etats-Unis et la Chine. Ah ! Le temps bénit où Henry Ford, l’apôtre du Welfare capitalism, amassait tellement de bénéfices qu’il finançait l’ascension du parti nazi ! …

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 Le Premier ministre Édouard Philippe affronte le chef des Républicains à l’émission politique de Léa Salamé. Philippe est un honnête homme ; Waucquiez a grandi dans les magouilles de Sarkozy. Il n’a rien oublié des manières du petit voyou. Ces joutes en face-à-face sont désormais bien connues des téléspectateurs : si l’on s’arrête à la perception première (et même primaire), le scélérat est toujours le vainqueur. Une attention plus réfléchie permet d’apprécier l’autre. « Vous avez un problème avec la vérité monsieur Waucquiez … »

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 Les championnats du monde de cyclisme sur route qui se déroulent à Innsbruck révèlent un prodige belge : Remco Evenepoel, Bruxellois et heureux d’être Belge. Il a remporté coup sur coup haut la main le contre-la-montre et la course  en ligne en catégorie juniors. A 18 ans, le voilà déjà détenteur de deux maillots arc-en-ciel. Comme on pouvait s’y attendre, tous les commentaires imaginent qu’un nouvel Eddy Merckx est arrivé… Décidément, avec ce gamin champion du monde et son équipe nationale de football, la Belgique brille dans les deux compétitions sportives les plus médiatisées. Le drapeau tricolore flotte sur toutes les chaînes de télévision. Pas bon pour les séparatistes ça…

Vendredi 28 septembre

 Les parlementaires de la CDU-CSU qui s’acharnent à mettre Angela Merkel en difficulté sont ceux de son parti qui expriment publiquement leur scepticisme à l’égard des perspectives européennes de Macron. Rongée de l’intérieur par l’extrême droite, l’Union européenne voit son moteur en train de tousser. C’est grave docteur ? Peut-être bien…

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 Un voyage aux Antilles assez long pour s’adresser à la métropole, et comme pour reprendre la main. Macron s’emberlificote dans le temps du désamour. On se doutait que celui-ci survînt mais pas si tôt. Quand on n’est ni de droite ni de gauche, on est forcément ailleurs ; parfois n’importe où, et même peut-être aussi, ensuite, nulle part.

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 Une fois encore, le mot de Franz-Olivier Giesbert sonne juste. C’est à propos d’Éric Zemmour. Ne surtout pas lui interdire les plateaux, pas de boycott, en effet. Mais pourquoi ? « Parce qu’il adore être détesté. »

Samedi 29 septembre

 « Échec, décisions injustes, comportements excessifs… » Les expressions fusent de jour en jour. François Hollande est reparti au front. Dimanche dernier à Tulle, jeudi dans Régions magazine, et aujourd’hui dans L’Écho républicain, il ne manque pas une occasion d’égratigner son successeur. Comme il est là parti, on ne voit pas pourquoi il s’arrêterait.

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 Á Épinal, au cours d’une vente aux enchères, six lettres de Karl Marx à son éditeur à propos de son maître-livre Le Capital ont été acquises pour 255.000 euros. Le commissaire-priseur souligne que par ces écrits-là, on s’aperçoit que le philosophe attachait une certaine importance à l’argent. Ben oui, et alors ?

Dimanche 30 septembre

 Pour la première fois depuis sa déroute électorale, la gauche italienne est sortie dans la rue. 70.000 personnes se sont retrouvées sur une place de Rome pour écouter quelques discours mobilisateurs ; celui de Maurizio Martini, le secrétaire général du Parti démocrate,  dénonçant un gouvernement animé par la haine, celui de Matteo Renzi, ancien Premier ministre, qui clame : « Nous sommes en présence d’irresponsables et de bons à rien ! » On est loin d’y déceler une véritable force d’opposition, encore moins une coalition susceptible de recouvrer le pouvoir, mais l’embryon d’une renaissance est bien vivant qui peut grandir et gonfler d’autant plus vite que les dirigeants actuels de l’Italie deviennent de plus en plus insupportables.

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 Un problème à débattre dans les écoles de journalisme : lorsque survient une catastrophe naturelle, faut-il assortir l’annonce d’un premier bilan concernant les victimes alors que l’expérience autorise à pressentir une escalade macabre au compteur des deuils ? En milieu de semaine, l’Indonésie subit un séisme déclenchant un tsunami. Pendant deux jours, on évoque 34 victimes. Hier, le chiffre monte à 48. Ce matin, cette somme avait décuplé. Á midi, on en était à 832… Et les communiqués précisaient que le bilan était encore « très provisoire » On est tenté de pratiquer l’humour noir en lançant : « Qui dit mieux ? »

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 Ordinairement, Anne Sinclair consacre sa chronique du Journal du Dimanche (JDD) a posteriori. Un livre, un discours,  un concert, une exposition, bref, une manifestation culturelle ou politique lui donne l’occasion d’exprimer une opinion à laquelle nombre de lecteurs doivent se sentir attachés. Aujourd’hui, la voici qu’elle choisit l’information a priori pour annoncer que l’excellente émission Un jour, un destin de Laurent Delahousse sur France 2 sera consacrée dimanche prochain à son ami Robert Badinter. « Je l’avoue, j’aime Robert Badinter… » Pourquoi serait-ce un aveu, chère Madame ? Il n’y a rien d’honteux à cela…  Nous aussi nous aimons Robert Badinter, et nous nous reconnaissons pleinement dans l’éloge que vous nous livrez… Comme dans celui de Cabu du reste, qui couvre la deuxième partie de votre chronique… Et nous nous empressons, suivant votre conseil, d’inscrire le rendez-vous télévisuel dans l’agenda…

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 La galerie de Marie-Ange Bouchez située à la rue des Pierres, en plein centre de Bruxelles, a déménagé à l’avenue du Grand forestier, 5, à Watermael-Boitsfort, la cité des artistes, juste à côté de l’excellent restaurant éponyme de Frédéric et Albert-Jean Niels. On y retrouve les papiers marouflés de Noëlle Koning aux couleurs enchanteresses. Moins vives, plus proches de tons pastels, elles sont désormais aussi plus aérées dans une surface où les bords de la toile sont laissés vides. Cela renforce la respiration nécessaire que les taches pouvaient réclamer, tant elles se trouvaient parfois étouffées dans la recherche de l’harmonie. Noëlle Koning progresse dans une abstraction dont les éclats de lumière apprivoisent toujours le regard jusqu’à le retenir à la frontière de l’onirisme. Marie-Ange Bouchez annonce une exposition de Jefan De Villiers, exilé en Charente-Maritime, que l’on reverra en joie, et Christian Rolet le majestueux tournaisien, qui ne laisse jamais indifférent. Ce coin boisé de la banlieue bruxelloise pourrait bien devenir un nouveau rendez-vous de promeneurs curieux et gourmands. 

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