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En collaboration avec les Presses Universitaires de Bruxelles

Portrait de Pierre Galand
Pierre Galand

Appel pour la Tunisie

Le 02 septembre 2016

Une charmante jeune femme tunisienne, rencontrée en ce mois d’août à la Résidence de la Délégation Wallonie-Bruxelles à La Marsa – Tunis, à qui je demandais comment allait la population tunisienne, m’a répondu : « Ils sont tristes, Monsieur. »

Hé oui. Ce peuple chaleureux, courageux, qui a voulu une démocratie sociale et honnête en se débarrassant du président Ben Ali se sent aujourd’hui bien seul. En 2015, il a suffit d’attentats à Sousse et au Bardo, ce magnifique espace d’histoire et de culture, pour que les Etats européens, agences de voyages, industriels se détournent de la Tunisie et laissent le pays au bord du naufrage économique. (1)  Les conséquences sur le niveau de vie de la population sont visibles et la recrudescence de la petite criminalité suit la courbe de la pauvreté.

La Tunisie tangue et les politiques trouvent difficilement le cap, d’autant que les aides extérieures sont rares et souvent mal calibrées.

Sans un sursaut de la part de nos associations, mouvements sociaux, partis, en vue de recréer ou d’amplifier d’urgence les canaux d’échanges, d’entraide, de solidarité, de montages économiques honnêtes, de relance au niveau culturel, universitaire, sans ces efforts concertés, demain, ce magnifique pays risque de sombrer, déçu ou révolté, dans le marasme et l’aventure ultra islamique. 

Il s’en trouvera certains pour faire le constat navrant de « cela devait bien arriver dans ces pays là cher monsieur », puisque n’auront pas été prises les mesures urgentes pour éviter ce piège.

Oui, la Tunisie, c’est un enjeu majeur dans le pourtour méditerranéen car de son avenir dépendra celui de toutes nos relations, de notre regard réciproque entre les deux rives.

Ce peuple qui a accueilli Yasser Arafat obligé de fuir Beyrouth en 1982 et qui l’a vu partir à Gaza en 1993 suite aux Accords d’Oslo, garde un espoir important dans une résolution pacifique des conflits qui minent l’ensemble du pourtour méditerranéen.

Des intellectuels tunisiens ont relancé en février dernier un Comité pour la sécurité et la coopération en Méditerranée, des syndicalistes se battent pour le pluralisme syndical autour d’un grand projet d’économie sociale et solidaire, des juristes s’associent pour défendre les victimes d’injustices qui ne sont souvent que des scories de l’ancien régime, des laïques s’engagent dans un dialogue public pour défendre la liberté de pensée, la séparation du religieux et de l’Etat mais aussi la tolérance et le respect de leurs culture et racines musulmanes.

Soyons capables, non seulement d’inscrire la Tunisie à l’agenda de nos priorités d’action, mais aussi de nous rendre dans ce pays, à la rencontre de cette population chaleureuse et de ses organisations démocratiques.

  1. Avertissement sur le site du SPF Affaires étrangères : « En raison de la persistance d’un niveau élevé de menace terroriste, tous les voyages non-essentiels vers la Tunisie restent déconseillés ».

 

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