semaine 38
Portrait de Pierre Galand
Pierre Galand

Cher Monsieur De Wever,

Le 20 janvier 2019

Je vous remercie en ce début d’année d’avoir clarifié avec talent votre projet politique.

Vous aviez déjà précisé votre projet économique en déclarant que votre maitre à penser en la matière était le VOKA.

C’est sans état d’âme que vous avez abandonné le navire gouvernemental donnant ainsi raison à votre secrétaire d’Etat Mr Francken qui, n’hésitant pas à fréquenter le Vlaams Belang, jugeait inacceptable l’adoption par la Belgique du Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières, de l’ONU.

Laissant tomber vos partenaires gouvernementaux chrétiens et libéraux, vous partez en campagne pour la conquête du pouvoir en vue d’obtenir deux choses, la fin de l’Etat belge et la déroute des socialistes francophones qui constituent, semble-t-il, une obsession pour vous.

Vous voilà prêt à détruire l’Etat social légué par ces Flamands, Wallons et Bruxellois qui résistèrent contre les nazis et leur programme national-socialiste.

Vous savez qu’aujourd’hui, nos démocraties représentatives ont vieilli et suscitent une certaine méfiance de la part de nos concitoyens. C’est un problème qui touche nombre de pays européens. En réponse, vous avez pris le risque des vieilles recettes, celles du nationalisme, de la xénophobie, du « nous d’abord », cela au moment où le marché de l’emploi se rétrécit et suscite des inquiétudes chez pas mal de travailleuses et travailleurs. Comme Madame Le Pen, vous êtes pour la protection des plus faibles pour autant qu’ils soient estampillés flamands et vous le faites en invoquant comme elle les valeurs républicaines de solidarité.

Vous me semblez un terrible manipulateur politique cachant à vos concitoyens les risques que vous faites courir à la démocratie et à l’Etat de droit construit avec courage et détermination dès après la fin de la deuxième guerre mondiale avec l’ambition de conduire l’Europe vers plus de sécurité et de coopération. Une Europe capable de reconnaitre la fin du colonialisme et de soutenir la fin de l’apartheid, une Europe refusant d’être le champ de bataille de la guerre froide, une Europe contribuant au bien-être de tous ses concitoyens et au développement de toute l’humanité.

La Belgique était la préfiguration de ce que deviendraient le Benelux et l’Union européenne.

Ne soyez pas le fossoyeur de ces projets mais placez votre énergie et votre intelligence dans ce que doit être notre avenir commun : le progrès de l’humanité.

Croyez, cher Monsieur De Wever, en mes meilleures salutations.

 

Image: 
Un jeu très patriotique datant de 1915 porte la devise de la Belgique : « l’union fait la force ». Photo © Musée national de l’éducation, France.

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