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En collaboration avec les Presses Universitaires de Bruxelles

Portrait de Richard Tassart
"Street/Art", le blog de Richard Tassart

Levalet, mettre la Ville en scène.

Le 05 juillet 2017

 

Les street artists ont, le plus souvent, deux productions : une production « dans la rue » et une production pour la galerie. Il y a bien sûr beaucoup de points communs entre les interventions en milieu urbain sous la forme de fresques ou de « murs » et les « œuvres nomades » destinées aux galeries. J’ai déjà, à plusieurs reprises, commenté les œuvres de Marko93 qui réalise « dans la rue » des œuvres de grandes dimensions et en atelier des toiles. Pour que s’exprime pleinement son talent, seuls les formats de plus d’un mètre carré lui conviennent. Cela étant, qu’il peigne un jaguar sur un mur ou sur une toile, les exécutions et les rendus sont sensiblement les mêmes.

Levalet fournit un contrexemple intéressant. Ses œuvres pour la galerie sont remarquables ; on y retrouve son dessin, sa palette et les thèmes qu’il affectionne. Elles sont souvent drôles, absurdes, parfois poétiques. Avec sensibilité, elles abordent des problématiques proches de nos préoccupations : l’Homme écrasé par les machines, sa solitude, son désarroi. Toujours sans pathos, sans dramatisation excessive. L’artiste n’est pas un procureur, encore moins un politique qui pense pour nous. Il montre des situations dans lesquelles chacun se reconnaît,  avec un sourire en coin, comme un Auguste triste.

Sa production « dans la rue » est semblable. Semblable, c’est-à-dire que nous y retrouvons son « style », ce dessin à l’encre de Chine, parfois rehaussé de quelques couleurs, un trait fort, une ligne « claire ». Un dessin qui renonce au réalisme, à la copie du Réel, mais un dessin aisément lisible, excluant la polysémie et l’hermétisme. Si la forme est la même, les sujets sont différents. En fait, pour Levalet, la Ville est un vaste terrain de jeu. Des espaces de l’environnement urbain sont « détournés » pour offrir aux passants des scènes insolites, souvent surréalistes qui arrachent, pour le moins,  un sourire aux badauds, et, pour ceux qui le veulent, une « réflexion » sur notre vie, nos existences, nos destins. Ces « exploitations » du hasard, du fortuit, du conjoncturel, sont à tiroir : un clin d’œil pour la surface des choses et, dans le même temps, une authentique réflexion amusée et désabusée sur nous-mêmes et sur notre société. C’est la surprise de l’endroit trouvé qui alimente « l’inspiration » de l’artiste. L’amusement viendra parfois du rapport entre le lieu donné et l’affiche peinte. Parfois, toujours en partant du lieu, c’est une scène qui nous est donnée à voir ; une saynète avec plusieurs personnages et un décor. Rien de systématique. Levalet semble s’amuser de ces rencontres entre des lieux et son imaginaire. Il en profite comme un moderne La Bruyère pour dresser des portraits, changer la destination des choses et des espaces, instruire quelques procès sans renoncer à l’humour, souvent noir et douloureux.

 

Levalet n’est pas Ernest Pignon-Ernest. Ses interventions dans la Ville, des affiches collées, sont des jeux de l’esprit. Il s’amuse de tout, d’une tête de bœuf en bronze ornant la façade d’une école publique dans le Marais, d’un édicule de la voirie de Paris, d’une porte d’hôtel condamnée. Tout lui est prétexte au rire, au délire, à la mise en scène. C’est peut-être l’expression qui convient pour définir son talent : c’est un metteur en scène qui a la Ville pour décor. 

Image: 

Une oeuvre de Levalet exposée récemment dans une galerie parisienne.

Un hôtel fermé depuis des lustres, une invite au plaisir tarifé.

Une tête de boeuf, une école publique, une curieuse métamorphose en scribe assis directement issu d'un imaginaire de l'Egypte antique.

Une banale armoire électrique, une porte s'ouvre, une cohorte de cols blancs à la triste mine en sort.

Tous les mêmes, interchangeables : pantalon noir, chemise blanche, cravate rouge.

Un édicule de voirie en face d'écoles.

La construction devient un atelier d'art brut et une galerie. Le galeriste "appuie" sa compétence sur un traité. derrière lui, les œuvres.

L'atelier. Un élève en sarrau, la bouche ouverte tant la concentration est grande peint...un rond, pas vraiment circulaire.

La gestation de l'art brut.

L'imagerie début du XXème siècle est "brisée" par un anachronique écriteau.

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Le belvédère a été conçu pour offrir aux visiteurs un remarquable panorama de Paris.

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Détail d'une fresque de Seth.

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Les enfants sont au centre du projet de Seth.

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Exemples de carreaux de mosaïque.

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Les alternances de couleur "signent" l’intervention de l'adulte.

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Le tronc fédère les branches et les feuilles.

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Exemple d'une feuille.

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Détail de la table d'orientation.

Détail du côté gauche. Les grands aplats sont composés de fragments de forme irrégulière.

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Détail du côté droit. L'harmonie verte des fragments s'oppose au bleu des céramiques et à la blancheur des dents. Des galets ocres se marient au vert et au bleu.

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Détail de l’œil gauche. Toutes les surfaces sont l'objet de fines décorations.

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Sur fond de miroirs jaunes, un réseau noir, met en valeur une surface composée de millefiori et de "pastilles" céramiques.

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Le même motif est repris mais décliné dans une autre dominante colorée.

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L'intérieur du crâne, une rupture radicale (couleurs, motifs, etc.)

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Un ciel de nuit traité plastiquement de manière plus classique. Au centre géométrique, un croissant de lune. Un dessin "naïf" qui l'apparente à l'Art brut d'un Douanier Rousseau et du Facteur Cheval.

La forme noire, quasi humanoïde, est comme l'écorché d'un immeuble : des "habitants" sont dessinés au feutre fin.

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Une variation fantaisiste d'un portrait ; les yeux sont des visages.

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Un foisonnement des visages d'enfants. Deux postures sont privilègiées : de face et de profil.

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Une forme animale rouge, en aplat, recouvre partiellement des "dessins" d'enfants, des vrais et des réinventés.

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Un portrait en buste, mêlant trait et lettrage poétique en cursive.

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Une "figure" de l'ange.

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Une frise qui évite la narration et la répétition des motifs.

Des visages, toujours différents, douloureux, accèdent à la représentation.

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Un visage, un portrait singulier qui interroge la fonction moderne du portrait.

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Visage mystérieux dans un lieu abandonné.

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Une fresque de plus de 300 m2 représentant Jana, JS et leur chat.

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JS cache son visage derrière celui de Jana et cache les yeux de sa compagne photographe de formation.

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Le visage traduit un sentiment de confiance et de bonheur partagé.

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Les personnages sont sereins, même le chat, compagnon du couple, traduit par sa posture la confiance et le plaisir d'un moment d'amour et de partage.

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Une oeuvre signée par un couple, acteur et sujet de leur art.

Fresque peinte dans la rue dans le quartier de Ménilmontant. Nous retrouvons les Gugusses et des objets récurrents dans l'oeuvre d'Hérard, des bouées (pour nous sauver?), des chaises (pour voir plus loin?). Photographie Richard Tassart.

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Tableau De P.Hérard. Un personnage, à peine esquissé. A côté de sa tête (où dedans?) un autre personnage (à moins que cela soit le même?), dans une position fœtale.

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Une fontaine désaffectée dans le hall de la gare St. Lazare. De part et d'autre, 4 hommes partagés en 2 camps, s'affrontent ; les bleus contre les rouges. Collage de Levalet (photographie R.Tassart)

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"Les chemins de traverse". Une oeuvre allégorique du drame de la migration. Un camion chargé d'un côté de pauvres gens et de l'autre de leurs pauvres bagages. Un camion sans chauffeur, à l'arrêt. Le fond est une carte du monde. Toile de Levalet.

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Toile de Marko93. Une peinture d'une grande force (la puissance contenue du fauve). Un "compromis" entre réalisme et abstraction.
Photographie R.Tassart.

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Tableau de Marko93. Les "calligraphes" en colonnes "s'émancipent" de la calligraphie. Les variations d'épaisseur du trait confèrent dynamisme et énergie au geste de l'artiste. Photographie R.Tassart.

Une oeuvre de Levalet exposée récemment dans une galerie parisienne.

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Un hôtel fermé depuis des lustres, une invite au plaisir tarifé.

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Une tête de boeuf, une école publique, une curieuse métamorphose en scribe assis directement issu d'un imaginaire de l'Egypte antique.

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Une banale armoire électrique, une porte s'ouvre, une cohorte de cols blancs à la triste mine en sort.

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Tous les mêmes, interchangeables : pantalon noir, chemise blanche, cravate rouge.

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Un édicule de voirie en face d'écoles.

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La construction devient un atelier d'art brut et une galerie. Le galeriste "appuie" sa compétence sur un traité. derrière lui, les œuvres.

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L'atelier. Un élève en sarrau, la bouche ouverte tant la concentration est grande peint...un rond, pas vraiment circulaire.

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