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En collaboration avec les Presses Universitaires de Bruxelles

Portrait de Robert Lemaire
A PA PEUR

La vraie histoire de « Djisès».

Le 26 mars 2018

Joyeuses Pâques

Joseph-Marie Ben Scrigny, surnommé Djisès par ses proches, est né un 29 février à l’aube d’une nuit sans lune, dans un réduit qui ressemblait  à une étable, où sa mère, Aïfa, s’était réfugiée parce qu’il drachait alors qu’elle était en route pour vendre ses dattes au marché matinal de Bethléem. Il devenait ainsi le septième enfant du couple Aïfa/Joseph Maktulaktulouk Ben Scrigny (dit le charpentier). Le bébé était prématuré et d’une conformité douteuse. Non qu’il ait 7 doigts, mais il était affligé de strabisme, de pieds palmés et d’un bec de lièvre. A l’âge d’un an, Aïfa le  laissa tomber sur le sol par pure maladresse ; il eut ainsi une déformation de la colonne vertébrale qui le rendit bossu.

Il était le contraire de son frère Jacques, surnommé Jack, qui le précédait dans la lignée. Nanti de toutes les qualités physiques que requiert un gamin, celui-ci  devint, en grandissant un véritable éphèbe qui, sa vie durant, séduisit les femmes auxquelles il faisait grande impression. A force de multiplier ses conquêtes, il devint une sorte d’entremetteur. C’est ainsi qu’il eut sous sa coupe plusieurs femmes qu’il envoyait tapiner dans les dunes. Ce qui le fit surnommer au grand dam de ses parents: Jack le Mak …(en araméen, ça se dit « bar Abbas »).

Par contre Djisès, s’il n’était pas beau, avait une grande intelligence, contrairement à son frère, bellâtre à  cervelle d’oiseau.

Inutile de dire que les deux frères se détestaient cordialement.  

Djisès-Marie-Joseph, un brin mythomane, ayant une imagination débordante et un caractère joyeux et farceur, affabulait en faisant croire à son entourage des histoires abracadabrantes dont il était le héros. Il ajoutait, s’il voyait l’incrédulité dans les yeux de ses spectateurs, qu’il fallait le croire vu qu’il était le vrai-le seul-l’unique fils de Dieu. Habile à se débarasser de toutes corvées, il vadrouillait avec une douzaine de potes avec lesquels ils inventèrent des extravagances et propagèrent des rumeurs folles comme cette fameuse journée dans le Sinaï, où il aurait soi-disant nourri 27 paysans pendant une semaine avec une seule miche de pain ; la rumeur s’étant propagée comme une trainée de poudre d’ellébore, la rumeur disait après trois lunes, à qui voulait l’entendre, qu’il en avait nourri plus de sept cent septante-sept !

Pour gagner sa croute, Djisès et ses complices, avaient imaginés un spectacle de rue où ils racontaient de hauts faits enrobés de tours de force et de tours de passe-passe  très (trop) vite nommé « miracle » par le crédule petit peuple, après quoi, ils passaient le chapeau…! Nantis d’une réputation quasi divine, ils écumèrent toute la région, n’épargnant aucun des villages avoisinants!  Ainsi, ils se firent invités partout, là où ils pouvaient faire ripaille, mangeant  et buvant gratuitement, profitant aussi des complaisances de délurées servantes …

Son frère Jack ne supportait pas ces élucubrations délirantes qui ternissaient son aura, d’autant plus que son laideron de frère tournait autour d’une de ses gagneuses ! De plus, c’était la plus belle et la plus rentable de son cheptel de prostituées ; elle se nommait Marie-Madeleine. Djisès l’avait d’abord apitoyée puis séduite, dévoilant sa bosse. Elle pouvait la toucher, ça porte-bonheur… ensuite il lui fit apprécier le contenu de ses braies.

Cependant, Jack le Mak/bar Abbas ne se privait pas de flanquer parfois et même souvent, des torgnoles à celles qui rechignaient devant le travail. Marie-Madeleine était particulièrement rebelle et, pour la mettre au pas, elle recevait plus d’une fois des raclées dont elle aurait dû se souvenir. Du coup, ayant assez de ces brutalités, elle quitta subrepticement le gynécée de Jack, pour suivre la bande à Djisès et leur théâtre ambulant, ce qui l’amusait beaucoup plus que le tapin

Jack la fripouille était excédé des outrecuidances de son Djisès de frère, que l’on considérait, même si on ne le croyait pas vraiment, comme une sorte de divinité burlesque, vrai faiseur de miracles !

Evidemment, je l’ai déjà dit, ça dévalorisait le souteneur à la verge d’airain.

Pour se venger, il fit courir le bruit dans les rang de l’armée romaine d’occupation, que Djisès était un agitateur et qu’il complotait contre les envahisseurs, précisément contre les chefs des centurions avec lesquels Jack le Mak s’entendait comme cochon puisqu’il leur fournissait des filles et du chanvre premier choix.  Finalement, au bout de trois ans de ce manège, un ordre d’arrestation fut lancé envers le dénommé Djisès !

Ce dernier (n’ayant ni la stature ni l’âme d’un héros),  ne fit ni une ni deux, et s’enfuit avec Marie-Madeleine et quelques fidèles! Ils traversèrent la Méditerranée et débarquèrent du coté de Marsala.

Au grand dam de Jack/bar Abbas, le complot contre son frère se retourna contre lui : Ponce Pilate, vexé de n’avoir pas pu attraper Djisès, le fit arrêter . Durant sa détention où il fut quanrt même un peu flagellé, Jack/bar Abbas parvint à corrompre ses gardiens et Ponce-Pilate en personne, en leur graissant la patte et en leur promettant la gratuité de ses services… Bien entendu, il fut gracié alors qu’on condamnait, à sa place, un obscur terroriste qui se disait  être le messie, affabulait et se nommait lui-même fils du Père . Le supplice de la crucifixion fut exécuté le premier dimanche d’avril et Pilate décréta que ce jour-là serait obligatoirement fêté chaque année par la populace afin qu’elle se souvienne de ce qu’il advient aux illuminés et aux agitateurs qui auraient l’audace de remettre en question l’autorité de Rome dont il était le juste représentant.

Plus tard, vraiment plus tard, sous prétexte de solstice, l’autorité religieuse reprit dans son calendrier la date du 25 décembre pour fêter la naissance d’un incertain Jack, surnommé « Christus » (signifiant messie) dont l’emblème était un maquereau stylisé), lui octroyant ainsi le statut de martyr de la cause palestinienne.

Cependant, les on-dits étant ce qu’ils sont, on prétendit que Djisès Marie Joseph Maktulaktulouk Ben Scrigny, officiellement en couple avec Marie-Madeleine, eurent de nombreux enfants dont les innombrables descendants devinrent par la suite, des gens d’armes haut-placés dans la francité européenne naissante …

Fiction? ...a pa peur...

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