semaine 50
Portrait de Robert Lemaire
A PA PEUR

"Le temps perdu ne se rattrape guère"

Le 25 novembre 2018

Heureusement, il y a l’amour-mour-mour ! …..C’est notre  fête à nous ! …à nous tous, qui avons aimé, qui aiment encore et qui aimeront toujours…pourvu que le destin et la médecine gériatrique, nous prête vie …à taux d’intérêt raisonnable, Parce que c’est vrai : on prête on prête… on prête vite d’ailleurs sans presque pas de garantie, alors qu’on sait qu’on sera quand même obligé de rembourser un jour ou l’autre, celui de la fameuse échéance !!! …dont la date nous a été soigneusement cachée…alors on suppute, on fait des prévisions à court terme, puis on rachète des rallonges, des « rawètes » pour tenir le coup le plus longtemps possible…

Attention mesdames mesdemoiselles messieurs : c’est l’heure des prolongations ! Voici venir le temps où le temps se raccourcit, le temps où on savoure tout le temps les petits instants comme les grands ! C’est le temps où l’on s’interroge sur ce qu’on a fait et surtout sur ce qu’on n’a pas fait durant cette garce de vie. C’est le temps où l’on s’interroge sur le pourquoi de l’existence…pourquoi on est là, nous les hommes et les femmes ? Pourquoi est-elle si belle et moi si laid ? Pourquoi avons-nous 2 pieds, 2 mains, 2 yeux, 2 oreilles, 2 reins, 2 poumons  et seulement 1 nez, 1 foie, 1 cœur, 1 estomac,  1 cerveau et hélas, un seul et unique sexe !!!

On n’a pas de réponses à ces questions et d’ailleurs, si les animaux pouvaient parler, eux aussi s’interrogeraient : pourquoi ai-je une trompe pense l’éléphant ! Pourquoi suis-je obligé de courir si vite se demanderait le guépard ! Pourquoi ai-je une gueule de singe réfléchirait la guenon ! Pourquoi dois-je respirer de l’air toutes le 20 minutes se questionnerait la baleine et le cachalot plus les dauphins de toutes sortes, alors que les poissons, eux, du plus petit jusqu’au plus grand, inspirent de l’eau salée !!! Par contre, pour pallier ces manques, nous avons inventés, nous les petits futés de la planète terre, nous avons inventés la notion de remplacement : non seulement des prothèses pour mettre à la place de ce qui ne repousse pas, mais aussi des organes empruntés à d’autres qui n’en ont plus besoin ! Je peux donc vivre avec le foie d’un malgache ou le cœur et les poumons d’un esquimau ! Gloire à la chirurgie, gloire au génie humain, gloire à son intelligence qui nous fait croire que l’homme est le roi de la création !

L’homme, l’homme, l’homme, toujours l’homme ! et pourquoi pas la femme ? Pourquoi est-ce que l’homme fait tout le temps sa vedette ? Pourquoi se regarde-t-il tellement souvent le nombril au point que ça en devient une obsession ?

Mais attention , ce n’est pas du mythe de Narcisse dont je parle, vous savez bien : celui qui s’est noyé dans son propre reflet, non, non, ce n’est pas ça, ce n’est pas l’obsession de l’image de soi, ce n’est pas la fixation du regard hagard de l’éphèbe dont l’œil reste accroché à son reflet,  incapable de s’en détacher, non je vous parle de celui qui fait tout ce qu’il peut pour se faire remarquer, pour se faire admirer par les autres d’une manière ou d’une autre, pour qu’on voie qu’il existe en se distinguant, pas seulement par sa beauté (ou sa laideur) ou encore par ses actes qu’ils soient criminels ou altruistes ! I peut aussi se faire remarquer par son savoir, par son talent et même sa grandeur d’âme! Alors en demandant pourquoi l’homme est-il ainsi fait, surgit une question sous jacente : est-ce que l’humanité dans son ensemble est comme ça ou bien est-ce spécifique à la nature de l’hominidé, du mâle dominant en quête continuelle de quelque chose qui le valorise en commençant par l’admiration que les femmes devraient avoir, à ses yeux, en découvrant ses qualités quelles qu’elles soient ? …

Non ! Arrêtons ! stoppons-là ces divagations stériles qui -(tiens donc)-, riment avec séniles !

Revenons aux amoureux que nous sommes … à ceux et à celles qui s’adonnent aux plaisirs de la chair (et de la bonne chair) ! Mais par pitié, ne versons pas dans la vulgarité. Magnifions cette formidable invention qu’est l’amour d’une personne pour une autre concrétisé par ce parfait ensemble de bêlant emmêlement emberlificoté qui fait voir la feuille à l’envers ! Souvenez-vous de ce moment crucial qui nous fait faire d’abord des choses aberrantes afin d’aboutir à ce qu’on nomme « la petite mort » !!! Pourquoi, mais pourquoi ? Parce que, pendant ces quelques secondes là, on oublie tout, on ne pense plus aux vicissitudes de l’existence, on est saisi par l’instant présent, le hic et nunc, l’ici et maintenant qui ne s’éternise que pendant 15 à 20 secondes….. !  Dans toute la littérature, les auteurs se sont échinés à tenter de décrire le coït, ce plaisir que l’on peut ressentir à ce moment là et on peut dire que, depuis que l’humanité s’exprime, c’est un échec cuisant ! On a pondu des milliers de livres, des récits, des descriptions de cet instant sublime mais on n’est jamais arrivé à en révéler l’exacte amplitude, sa grandeur, cette perception aigue d’un instant magique parfaitement renouvelable : ces 15 ou 20  secondes qui sont pour nous tous, ce qui nous poussent à défendre notre territoire, nos concitoyens, nos vie, celles de nos femmes, de nos enfants ! Oui, bien sur, il y en a quelques uns que ça énerve et qui s’isolent et qui se vont cacher, et qui se retirent du monde en des endroits sauvages pour tenter de canaliser  leurs pulsions afin ne pas subir la dictature du sexe !... mais Bernique !...ce sont des orgueilleux qui se croient au dessus des lois que la nature leur impose, contraints d’accepter ces émotions contradictoires qui les submergent, en subissent un jour ou l’autre le contre coup et leurs conséquences !

Alors ? Vous avez dit alors !!!  …Alors,  croyez-le ou ne le croyez pas, ils s’enfoncent plus profondément encore en l’esseulement…..

Ah la solitude ! Quelle chose aberrante ! On aura beau faire on aura beau dire, c’est ça qui nous mine, qui nous désespère, qui fait que nous nous réunissons par milliers pour des concerts ou des manifestations noir, orange ou même jaunes…politiques ou pas…..

Cependant, ne trichons pas : On sait qu’on est toujours seul au milieu de la foule ! A contrario, c’est dans l’Amour, avec un grand A, qu’on espère se réunir une fois pour toutes ! …dans l’Amour on essaie d’effacer le terrible malentendu entre l’homme et la femme et, sans doute aussi, entre les femmes et les femmes et entre les hommes et les hommes. Qui a dit que nous tentons désespérément de retrouver ce corps unique dont les mythes nous disent qu’à la création l’homme et la femme ne faisait qu’un et que, par la suite d’un terrible malentendu, ils ont été séparés…et que depuis lors ils essaient chacun de retrouver cette partie perdue, cette parole de l’Autre dont nous avons terriblement besoin. Voilà pourquoi nous nous perpétuons, voilà aussi la raison de tous ces conflits entre les peuples, voila pourquoi on se tourne vers le ciel pour lui poser la question, voila pourquoi on attend une réponse qui n’arrive jamais et voilà pourquoi, grâce à l’amour, nous transmettons ce questionnement à nos enfants, dans l’espoir que eux, enfin, auront droit à l’illumination qui leur ouvrira les portes des « splendides villes » !!!

Oui je sais c’est grandiloquent…un peu beaucoup passionnément, mais a pa peur…

 

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