semaine 32
Portrait de Robert Lemaire
A PA PEUR

LE TEMPS QUI PASSE , PASSE , PASSE, AVEC SA CORDE FAIT DES NOEUDS...(Achille Chavée)

Le 23 février 2020

Vous qui, tout au long de ces saintes journées ponctuées de la vacuité des heures qui passent, cherchez une occupation autre que celles de dormir, manger, regarder voler les mouches, chercher le courrier dans la boite à lettres, envisager de faire une petite promenade jusqu’au bout de la rue, passer d’un fauteuil à l’autre, lire les pubs toutes-boites, choisir un programme télé, tenter de regarder la télé sans s’endormir de par la médiocrité des propos, je vous préviens : ouvrez vos oreilles…Ecoutez, soyez attentif à certaines truculences langagières qui ne devraient pas vous laissez indifférent !

Attention : on relève le menton, on se dessille les yeux, on chasse les brumes enfumées des visions paradisiaques qu’un début de rêve vous a laissé entrevoir ! …et puis Stop : on revient à la réalité ! … écoutez, enlevez le bouchon qui obstrue vos pavillons, entendez-vous ? … non, pas des informations politiques, ni un quelconque bulletin météo de la mi-journée, et encore moins, même dans un langage choisi, la publicité pour un appareil ménager ou pour une voiture ou pour une poudre à lessiver qui lave plus gris que gris…

Non : esgourdez rien qu’un instant ces dizaines de personnes qui vous entourent, écoutez-les parler toutes en même temps, écoutez leurs préoccupations, entendez-les dire et penser qu’ils sont les meilleurs, qu’ils se passent de considérations philosophiques, que les tracas quotidiens des autres ne les intéressent pas! Pourquoi ? Parce qu’ils ont besoin de votre plus grande attention…! Il ont besoin qu’une oreille attentive entendent leurs malheurs…..Ils cherchent quelqu’un qui va les écouter !

Bien entendu, après leurs longues plaintes, ils attendent une réponse, celle-ci par exemple : « Oh, je m’en veux, je m’en veux beaucoup de ne pas vous avoir répondu plus tôt, de ne pas vous avoir dit que je vous tenais en grande estime et que vous méritez, oui, que vous méritez tout le bonheur du monde… Je vous dis tout cela sans cherchez à vous abêtir, sans vous prendre pour des vieillards séniles, au contraire : je vous ai écouté et je suis là, rien que pour vous, et aussi pour vous apporter quelques instants de pure félicité … ».

Pour booster leur moral pourquoi ne pas leur dire  : « Repensez donc à votre jeunesse tumultueuse…les années 60, les golden sixties, les Beattles, Adamo, Brel, Brassens…quelle belle époque ! …une époque pleine de promesse, où les révolutionnaires de 68 mettaient le feu au basques des bourgeois, où l’essence et le gazoil de chauffage n’était pas à des prix exorbitants, où le rideau de fer interdisait toute excursion vers les pays de l’est, une époque où il n’y avait pas de Pic et Pac et Pokémon, pas d'ipads, ni d'iphones et et autres GSM..., où les appareils photos argentiques employaient des rouleaux de pellicules, une époque où l’on pouvait changer de boulot comme de chemise, où le taux de chômage était infime, l’époque où l’on construisait les autoroutes de Wallonie, et puis aussi où l’on ne n’imaginait même pas des voitures électriques et encore moins des trottinettes électriques …

Mais par contre, on avait une profusion d’engins pétaradants qui portaient des noms comme Mobylette, Mopeds, Itom, Nsu, Vespa…et puis et puis et puis, on avait encore et on a toujours : le vélo qui, dès son invention, versa dans le délire ! Cette petite reine qui est, encore et toujours, d’actualité dans notre quotidien 2020 même s'il s'électroliquéfie » !

Petite parenthèse : « Savez-vous, amis du pédalier, que, par rapport à la marche, le vélo est deux à trois fois plus efficace à effort énergétique égal ? …et entre 2 et 4 fois plus rapide ?... Il a été également calculé qu'en termes de conversion en mouvements de l'énergie issue de la nourriture, il s'agit d'une forme de locomotion plus efficace que celle de n'importe quel organisme biologique » !.

Pour en revenir à ces étranges communications où l'un écoute l'autre, soyons objectifs : n'est-ce pas qu'on s’est bien entendu : vous parliez, j’écoutais…(et vice versa)… vous racontiez une ou deux bêtises, je m’esclaffais… j’entendais la nomenclature de vos malheurs et de vos aventures sordides, et vous, vous entendiez mes divagations, mais moi, je percevais nos réflexions réciproques identiques sur mon compte et sur le vôtre : « C’est pas vraiment drôle ce qu’il raconte !  nous disions-nous »… Tout ça parce que je ne compatissais pas assez à l’écoute de vos minables petites aventures étriquées, et vous de même, vous vous disiez à mon propos : « Qu’est-ce qu’il est ringard ce mec, merdalor… » !

C’est sûr qu’il y a toujours des mécontents, des ceusses qui voudraient comparer cette garce de vie à celle de Ste. Thérèse…..mais bon, on ne peut pas contenter tout le monde ! … alors moi, tant pis, je fais à ma manière et j’espère ainsi vous faire découvrir des accents de liberté, si pas d’égalité ou de fraternité…

Mais croyez-moi, quoiqu’on dise, je prétend qu’il n’y a aucune relation de cause à effet entre votre âge (ou le mien) et des divagations quelles qu’elles soient. Je sais : d’aucuns diront « ce n’est pas sùr ! » et je vois déjà votre sourire en coin, ce ton mielleux, cette commisération devant les soi-disantes attaques inéluctables de la vieillesse sur les synapses des lobes frontales de la pauvre cervelle de ce vieillard sénile que je suis devenu...

Chers lecteurs, chères lectrices, si vous croyez mordicus que je divague, et bien détrompez-vous ! Si vous croyez que divaguer, dire n’importe quoi et voler au ras des pâquerettes, c’est très facile, c'est vrai,  je ne vous contredirais pas : c’est très-très facile…Pourquoi ? mais parce que, si on veut faire passer un message important, ne faut-il pas tourner 7 fois sa langue dans la bouche ? Ce que je fais rarement…Mais d’autres, eux, le font très souvent ! Voulez-vous que je vous cite quelques auteurs qui restent en mémoire ? Vous avez dit oui ?

Alors devinez qui a dit :

« La vie est la farce à mener par tous »

puis :

« La morale est la faiblesse de la cervelle » !

Ça, c’est du Rimbaud pur sucre!

Mais je peux aussi vous en citer d’autres :

« Le monde est comme une pirogue, qui, tournant et tournant, ne sait plus si le vent voulait rire ou pleurer »…

et encore :

« Ne me chanterez-vous pas un chant du soir à la mesure de mon mal ? »

Ben oui, du Saint John Perse, même pas rassis …

...ou alors dans un tout autre genre :

« Je mourrai rongé vivant par des vers, je mourrai les mains attachées sous une cascade, je mourrai brûlé dans un incendie triste, je mourrai un peu, beaucoup, sans passion, mais avec intérêt, et puis quand tout sera fini, je mourrai ! »

…Bravo, vous avez trouvé : oui, c'est du Boris Vian, qu’on oublie un peu trop souvent…

Par contre, mes amis et amies…un que nous n’oublierons pas, même si c’est souvent hors de portée du commun des mortels :

« Nous bâtissons notre nid sur l’arbre de l’avenir ; des aigles nous apporterons de/a nourriture dans leurs becs, à nous autres, solitaires »

… Friedrich NIETZSCH, extrait de «  Also sprach Zarathoustra »

... pour terminer, ne terminons pas...

Bon, maintenant, je m’adresse à tous les mécontents, les aigris, les malembouchés, les obsédés de la chope, les siffleurs de vinasse, les piqués à l’héro., les fumeurs invétérés, les piliers de bistrot, les alcoolos au volant et les conducteurs fantômes : Arrêtez ! Arrêtez tout de suite ! Arrêtez de croire que c’est la fin du monde chaque matin au p’tit déj. ! N’essayez pas de nous faire croire qu’il aurait mieux valu que vous ne fussiez pas ! Taisez-vous si c’est pour dire des bêtises ou pour déblatérez sur les autres qui sont plus beau, plus jeune, plus riche, ..Et quoi ? vous n’avez rien à dire ? Alors chantez ! Fredonnez du Bob Dylan par exemple ou les romances de votre enfance ! Celles que vous entendiez à la radio, lorsque vous étiez moufflet ! Et ne nous cassez pas les oreilles avec vos plaintes, vos récriminations et vos frustrations d’adolescent qui a eu peur de passer à l’âge adulte !

Bon, ça va mieux, mon coup de blues est passé, j’ai remonté la pente et j’ai dit non à l’adversité, j’ai pris des décisions drastiques , j’ai décidé que l’avenir m’appartenait !

Voilà : il suffisait de le vouloir ! La route est devant moi et il n’y a plus qu’à l’emprunter pour aller là où je veux aller ! Pas difficile, « a pas peur »...Je ne suis pas seul, il y en a d’autres qui étaient comme moi, avec le moral dans les chaussettes.

Vous qui n’avez plus d'envie, qui ne sait quoi faire de vos dix doigts, vous qui tournez en rond, qui hésitez encore, mais qui finissez malgré tout à faire comme moi, à balayer devant la porte, à jeter tout à la poubelles, à recommencer à espérer, à faire des projets et à prendre le taureau par les cornes… puis à se retroussez les manches et à se mettre au boulot !

Aaaah ! Quel Bonheur ! J’adore l’optimisme béat de tous ceux de qui ont un contrat à durée indéterminée, de ceux qui ont le sourire aux lèvres même en dormant…tout ça parce qu’ils sont nommés ! et quand on est nommé, on ne peut pas vous mettre à la porte, isn't ! On ne peut pas vous licencier, vous déboulonner, vous mettre à pied et devenir prépensionné, non ! Vous resterez à votre poste jusqu’à la fin, vous déjeunerez encore à la cantine de nombreuses années.

Je vous vois comme si je vous avait fait : lever 6.30…Ablutions, pipi caca, s’habillez 7.30 ! Petit déjeuner, café ou thé au lait, tartine grillée, confiture de fraise ou fromage blanc Maigre, bien entendu 8.10 ! Veste et manteau sans oublier la serviette aux documents importants…ensuite d’un bon pas, trajet vivifiant jusque la gare, train de 8.19, place habituelle 3ièmesiège à droite, arrivée 8.44 puis, en douceur jusqu’au bureau pour s’asseoir, le sourire éclatant et pétant de santé devant l’ordi à 9.oo très précise ! Ouf ! quel Bonheur !....A pa peu r? Vraiment pas de quoi !

Image: 

Stock de citations

Ajouter un commentaire

entreleslignes.be ®2020 design by TWINN