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Contre vents et marées

Edito par Jean Rebuffat, le 07 septembre 2017

Image: 

Tu construis ta maison avec une vue imprenable sur la mer. À moins qu'elle ne décide de la reprendre elle-même malgré rochers et béton... Photo © J. Rebuffat

Le monde change et pourtant... Tenez, prenons l'exemple des cyclones. Autrefois, on leur donnait un prénom féminin. Machisme! Désormais, quel progrès, les cyclones sont alternativement masculins et féminins. Après Harvey – lire l'édito de la semaine passée – voici Irma. Eh bien, la furie qu'est Irma semble revendiquer le titre de numéro 1 dans l'histoire des cyclones. Ainsi, pendant qu'on discute du sexe des anges, les cyclones, eux, dévastent, se moquant bien du prénom que les hommes leur ont choisi.

Pourquoi Irma a-t-elle été si destructrice et menace-t-elle de faire encore mieux en visant la Floride? Parce que le hasard la fait traverser des îles de cartes postales où toute l'économie se base sur le tourisme des nantis? Oui, bien sûr. Or ces îles, Saint-Barthélémy (dites Saint-Barte) ou Saint-Martin (dont la moitié est néerlandaise), sont territoires de pays riches qui construisent des maisons en principe solides. Mais un vent à plus de 300 km/h détruit même les maisons en briques que le souffle du loup ne peut ébranler dans les «Trois petits cochons». Alors, pensez, les maisons en paille ou en planches! On en viendrait à se réjouir qu'Irma ait préféré passer par là que par Haïti...

Mais il n'y a pas que le hasard. Pourquoi les cyclones sont-ils si terrifiants? Parce que les mers sont plus chaudes. Il y a plus d'évaporation. Irma a la taille de la France! Que seront les cyclones dans cinquante ans, quand l'Atlantique aura pris deux ou trois degrés de plus? Et quelles normes de construction faudra-t-il adopter? Peut-on construire des maisons qui résistent à des vents de 350 km/h?

La carte postale est un trompe-l’œil. Là où tout n'était que luxe, calme et volupté, il n'y a plus d'eau courante, il ne reste que des débris et le sentiment est aussi la dévastation.

Faudra-t-il renoncer à vivre près des côtes? Des îles vont être submergées, le cordon littoral recule, le piège de la carte postale se referme même en dehors d'événements extrêmes. Les falaises tombent, les digues s'érigent, les plages s'en vont, l'homme désormais voit en une génération des effets qui passaient inaperçus et qui lui avaient fait croire que le monde était stable. Il en était le roi. Contre vents et marées.

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