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En collaboration avec les Presses Universitaires de Bruxelles

Sacré jeunisme !

Edito par Gabrielle Lefèvre, le 15 septembre 2017

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L’annonce de Laurette Onkelinx quittant la vie politique, au JT de la RTBF. Photo © RTBF/Auvio

Qui, honnêtement, peut dire ce que cache la décision de Laurette Onkelinx de quitter la politique dans deux ans ? Et les commentateurs d’y voir une manœuvre pour échapper aux « scandales » qui entachent le PS, un message envoyé au président du PS Elio Di Rupo afin qu’il dégage, un signe pour que les jeunes remplacent les anciens…

 Et s’il s’agissait tout simplement d’une envie profonde de changer d’air, de vie ? La politique, c’est dur. Surtout maintenant que le moindre travers, le moindre faux pas ou la moindre innovation dérangeante est clouée au pilori non seulement par des médias mais aussi par des réseaux sociaux qui forcent d’ailleurs les médias d’information à la surenchère, oubliant l’essence même de leur métier : on fait de l’info et pas de l’émotion ni du lynchage.

Des partis politiques eux-mêmes lancent l’hallali sur certains de leurs membres avant même qu’une enquête sérieuse n’établisse une quelconque culpabilité. Ce fut le cas d’Yvan Mayeur, ancien bourgmestre de Bruxelles à propos de sa gestion du Samu Social. Il fut d’ailleurs défendu jusqu’au bout par Laurette Onkelinx, cheffe du PS bruxellois. Les libéraux et les « humanistes», confrontés à des scandales avérés et même à une affaire d’Etat comme celle d’Armand De Decker, n’ont pas été aussi radicaux avec leurs pommes vraiment pourries. Si des délits ou de graves manquements éthiques sont prouvés, alors des mesures fermes doivent être prises avec un maximum de publicité.

Et l’on répand l’idée que les jeunes seraient plus purs, plus honnêtes, plus intelligents peut-être ? Sans doute sont-ils physiquement plus résistants à la fatigue des longues séances de négociation et des heures d’analyse de dossiers. La force de travail peut-elle remplacer l’expérience ? Il s’agit alors d’un danger accru de se fourvoyer avec dynamisme dans des impasses dans la gestion des affaires publiques. Par contre, l’alliance de l’expérience et de la jeunesse, dans des équipes fonctionnant bien, où s’échangent les informations et les conseils, où on ne travaille pas que pour la compétition électorale mais pour véritablement répondre aux besoins des citoyens, cela c’est le défi d’une politique moderne. Pas celle de twitter mais celle du temps plus long, du silence de la réflexion, du débat public clair, incluant les mouvements sociaux et citoyens autant que les parlementaires… jeunes et vieux !

 

 

 

 

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