semaine 16

L'actualité bégaie

Edito par Jean Rebuffat, le 08 février 2019

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Est-il nécessaire d'être de mauvaise humeur pour manifester ses inquiétudes? Photo © Jean-Frédéric Hanssens

On dit que l'histoire parfois bégaie mais pour l'instant, c'est l'actualité qui se répète inlassablement. À lire les journaux, l'impression domine que les mêmes sujets reviennent sans cesse et sans changer. Tandis que j'écris ces lignes, des jeunes viennent de défiler pour le climat, des gilets jaunes préparent l'acte XIII, Delphine veut son analyse ADN, Nemmouche ne dit rien, Trump twitte, Maduro persiste, Macron parcourt la France, le Brexit n'avance pas, la Catalogne non plus, etc., etc. Bref faire original n'est pas une sinécure.

Tout se passe comme si désormais la répétition était une nécessité sans laquelle une idée, une position, une mesure ou tout autre événement n'existait plus. Comment ne pas y voir une tendance lourde du XXIème siècle? Même les feuilletons télévisés font x ou y saisons... Les réseaux sociaux font penser à un disque rayé du XXème siècle, chacun y répétant à satiété quelque chose qui ne convaincra de toute façon personne. Il est étonnant, tout de même, de noter que la mondialisation systématique en route depuis un demi-siècle n'aboutit pas à une homogénéisation redoutée, mais à une sorte d'émiettement entêté qui en est quelque part exactement le contraire. Plus tout se ressemble et plus l'individu s'estime au centre de tout.

Je serais curieux de voir ce que les sociologues du XXIIème siècle en penseront... Ce qui m'apparaît probable, c'est qu'on est en train de changer d'époque autant que de climat et que certains idéaux sont aussi menacés que les ours polaires sur leurs banquises fondantes. La première moitié du XXIème siècle ressemble à la seconde moitié du XVIIIème. Mais je ne nourris aucun pessimisme: la prise de conscience des périls ne débouche pas obligatoirement sur la catastrophe et l'avenir, toujours proposé comme radieux, est surtout imprévisible.

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Commentaires

Portrait de Jacques Feron
Jeudi midi, nous entendions P-H. Spaak sur notre radio nationale. Je me disais qu'à l'époque de grands orateurs savaient enflammer les foules. Mais c'était la guerre ou la guerre froide. Je préfère les bégaiements d'aujourd'hui même si je suis parmi les convaincus (depuis logntemps) qu'il faut agir vite. Et pas que pour le climat si nous regardons l'ensemble de l'humanité... Bon, c'est vrai qu'il m'arriver de jeter "l'enveloppe" dans la "poubelle" sans même l'ouvrir, mais j'aime quand même bien lire "entre les lignes...".
Portrait de Coeckelenbergh anne
C'est bien vrai que tout se répète, tout s'emiete et rien ne bouge...
Portrait de ESCOYEZ Elyane
Même si parfois, je n'ouvre pas "l'enveloppe", c'est avec intérêt et plaisir que je prends connaissance de l'"entreleslignes" et par la même occasion, la température de l'actu vu de la Belgique, moi qui réside dans le Périgord. Au plan culturel, le monde de la chanson ne cesse aussi de bégayer, chacune et chacun allant de reprise en reprise….. Nostalgie ou manque de créativité ?

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