semaine 25

Ce que pourrait vouloir dire RIP

Edito par Jean Rebuffat

Cette capture d'écran est métaphorique: si le RIP ne se termine pas en queue de poisson, la prophétie chiraquienne selon laquelle les emmerdements volent en escadrille risque de s'appliquer à Emmanuel Macron.

Il y a quelque chose de réjouissant dans le fait de constater qu’en France, il existe encore et malgré tout une opposition. En enclenchant une procédure référendaire, dit Référendum d’initiative partagée (Rip ou RIP, c’est une première, les médias hésitent sur la prononciation), tant la droite que la gauche ont joué un bien mauvais tour au président de la République qui passe son temps à dire qu’il faut écouter les Français mais qui ne pensait sans doute pas à leur demander leur avis sur la privatisation, serait-elle limitée dans le temps, des Aéroports de Paris (ADP).

Or c’est le type même de question simple et sur laquelle, en effet, on ne risque pas de dresser la moitié de la France contre l’autre. Pour le PS français, qui jusqu’ici avait bien du mal à survivre, l’occasion est belle de rappeler qu’il était jadis capable de gouverner. On lui envoie naturellement dans les gencives qu’aux affaires, le PS avait privatisé d’autres aéroports, plus modestes il est vrai. Mais soudain on a tout de même l’impression que la France respire autrement ailleurs que sur les ronds-points ou devant les vitrines explosées des Champs Élysées. Cela ne se passe naturellement pas dans n’importe quel moment. Le Grand Débat National, terme emphatique, est clos et tout le monde, avec plus ou moins de bonne foi, craint que l’on passe du ferme ta gueule au cause toujours, tu m’intéresses. Les cahiers de doléances au feu, on a déjà vu, en France, ce que cela donnait quand on n’y prenait garde…

Le printemps risque d’être intéressant, dans l’Hexagone ! Surtout que la majorité stalinienne de la République en marche est loin d’être monolithique. Par un curieux retournement de l’histoire, la frange droitière du PS, passée avec armes et bagages parmi les marcheurs, semble désormais encline à jouer les frondeurs.  Comme ceux qui ont empoisonné le quinquennat de François Hollande. Alors, RIP, cela risque de sonner comme un tocsin aux oreilles d’Emmanuel Macron.

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