semaine 29

Noble Belgique plutôt qu'Europe forte

Edito par Jean Rebuffat

Un honneur pour la Belgique. Ah? Capture d'écran du Soir.be

Cocorico! Toute la presse belge s'émeut: ne voilà-t-il pas que le Premier ministre du royaume du surréalisme, des moules, de la BD et du foot vient de sortir du chapeau européen pour succéder à Donald Tusk à la présidence du Conseil de l'Europe. Exactement comme si c'était une compétition sportive et que le Premier ministre venait de gagner le Mondial de foot. Un grand moment de fierté nationale. Dans le Soir, Béatrice Delvaux s'extasie. C'est tout juste si on échappe au podium sur la place de Brouckère comme pour le jubilé du premier succès de Merckx qui fait de Bruxelles la ville départ de la Grande Boucle 2019.

La veille, dans le même journal, l'édito vantait les incomparables mérites de Michel Barnier. Ce n'était pas un pronostic, c'était du lobbying. Est-ce à cela que nous servons, nous autres journalistes? Cirer les pompes ou pleurer devant le drapeau?

Tous ces doctes éditorialistes, commentateurs et autres spécialistes de l'Europe se rendent-ils comptent que ce belgicanisme anachronique est un danger pour cette Union composite qu'ils disent chérir? Tant qu'on ne se fichera pas de la nationalité de qui remplit les fameux top jobs, tant qu'il n'y aura pas un minimum de démocratie directe et transnaionale, on ira dans le sens des chefs de gouvernements, jaloux de leurs pouvoirs et européens quand cela se confond avec leur intérêt national? Au revoir les spitzenkandidaten... Alors on dira que Macron a bien joué le coup et qu'en définitive l'Europe a dansé comme il sifflait... sans noter qu'il a obtenu une victoire à la Pyrrhus, déconstruisant dans les actes ses vocalises européennes.

L'Europe? Le chantier est prometteur mais d'une lenteur désespérante.

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