semaine 32

Et mes vacances?

Edito par Jean Rebuffat, le 15 mai 2020

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Il fut un temps où les vacances se fichaient bien des masques, du gel hydroalcoolique et de la distanciation sociale... Photo © Jean-Frédéric Hanssens

Confinement, déconfinement, reconfinement, distanciation sociale, gestes barrière, gel hydroalcoolique, masque FFP2, pic, palier, rebond, deuxième vague, télétravail, visioconférence, cours et examen à distance, vaccin, remède, immunité collective, coronavirus, Covid-19, Sars-CoV-2, voilà les mots, dont une bonne partie de néologismes, que l'on entend prononcer ou que l'on lit dans les médias depuis maintenant plus de deux mois et qui régissent nos existences. Avec en perspective une rentrée qui ne s'annonce pas plus riante... Des secteurs entiers sont dévastés, culture, hôtellerie, restauration, aviation, transports publics, agriculture, pêche. Le moyen terme semble aléatoire. L’œil rivé sur les chiffres, l'expert s'interroge, tâtonne et conseille, puis déconseille; le politique tranche dans le stress du mécontentement ambiant et de rancunes antérieures.

Et le court terme?

Eh bien on n'en sait rien. Or qui ne pense aux vacances, à ces moments de découverte, de tranquillité, d'ailleurs, d'autre chose, d'habitudes parfois dans lesquelles on aime remettre les pas (on passe souvent ses vacances au même endroit, même quand on n'a pas de résidence secondaire)? Qui ne rêve de ce glacier de Pézenas, de cette crêperie costarmoricienne, de ce restaurant du bord de Saône, du passage à la fruitière viticole à Arbois, des paysages occitans, bretons, de la mer, des vagues, des campagnes, de Paris, de Rome, de Lisbonne, des terrasses ensoleillées, des musées et des festivals, des rires d'enfants s'ébrouant au bord d'une piscine, de ce livre à lire absolument, la bouteille de rosé à portée de main? (Certains de ces exemples sont purement personnels, le lecteur remplacera par ses préférences à lui.)

Pourtant, il n'y a pas encore de quoi désespérer: tout cela n'est pas impossible et cela peut même apparaître probable. C'est que la part du tourisme et des loisirs, c'est comme le sport qui manque aussi: cela ne compte pas pour rien dans le produit intérieur brut des pays européens, parfois en figurant même à la tête de tous les secteurs. Dans la réflexion qui suivra la crise (en 2021?), il faudra certainement évaluer les priorités. Or culture et loisirs sont des secteurs éparpillés et de ce fait, difficiles à aider. Il ne faudrait pas que cet obstacle aboutisse une fois encore à créer des mammouths avides en aidant les plus forts dans l'espérance futile qu'au lieu d'asseoir leur pouvoir, ils vont laisser ruisseler leurs pactoles en de jolies cascades qui finiront bien par éclabousser tout le monde. Au contraire: ne passerait-on pas de meilleures vacances si l'on était sûr qu'à la reprise, les grands gagnants de l'heure et ceux qu'on aidera massivement rendront bien leur dû à la société tout entière, si les règles changeaient peu ou prou en intégrant au moins dans les calculs de rentabilité les facteurs éthiques et environnementaux?

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